‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 168 sur 319 · HUG · texte numérisé non relu

HUG

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celte constellation sera chaste, honnête, ti* mide, prévoyante et spirituelle. Elle aimera à faire et à dire du bien. Elle rendra service toutes les fois qu'elle le pourra ; mais elle sera un peu irascible. Cependant sa colère ne sera ni dangereuse ni de longue durée. — On peut espérer que le lecteur ne s'arrêtera à cette ridicule prescience que pour se divertir un instant.

Btortîloplti (Jeanne de), — sorcière du pays de Labour, arrêtée comme telle en '1603, dès l'âge de 4 4 ans, et châtiée pour avoir été au sabba?.

Bouille. — Le charbon de terre qui se trouve dans le Hainaut et dans le pays de Liège, et que l'on y brûle communément, porte le nom de houille, à cause d'un certain maréchal nommé Prudhomme-le-HouilleuXj qui, dit-on, en fit- la première découverte au onzième siècle ; et des doctes assurent qu'un fantôme, sous la figure d'un vieillard habillé de blanc, ou d'un ange, lui montra la première mine et disparut.

Houmanî, — génie femelle qui gouverne la région des astres chez les Orientaux. Voy.

SCHADA-SCHIVAOUN. .

Hourit, — vierges merveilleuses du paradis de Mahomet; elles naîtront des pépins de toutes les oranges servies aux fidèles croyants dans ce séjour fabuleux. Il y en aura de blanches, de jaunes, de vertes et de rouges. Leur crachat sera nécessairement parfumé,

Huba«r (Etienne), — revenant de Bohème.

Plusieurs auteurs ont dit qu'il parut quelques temps après s^ mort dans sa ville , et ^u'il embrassa même de ses amis qu'il rencontra ' .

Bugon, — epèce de fantôme malfaisant à l'existence duquel le peuple de Tours croit très-fermement. Il servait d'épouvantail aux petits enfants, pour qui il était une manière de Croquemltaine. Cest de lui, dit-on, que les réformés sont appelés huguenots, à cause du mal qu'ils faisaient et de l'etlroi que semait leur passage au seizième siècle, qu'ils ont ensanglanté.

Bagues, — ■ bourgeois d'Épinal. Voy, Esprits.

Hugues-le-Grand, — chef des Français, père de Hugues-Capet. Gualbert-Radulphe rapporte qu'il était guetté par le diable à l^heure de la mort. Une grande troupe d'hommes noirs se présentant à lui, le plus apparent iDi dit : « Me connais-tu? — Non, répondit Hugues; qui peux-tu être? — Je suis, dit l'homme noir , le puissant des puissants,

* Lenglet-Dufrcsnoy , Dissert., t. hf.

le riche des riches ; si tu veux croire en moi, je te ferai vivre. » Quoique ce capitaine eût été assez dérangé dans sa vie, il fit le signe de la croix. Aussitôt cette bande de diables se dissipa en fumée i.

Buîle bouîllanie. — Les habitants de Ceylan et des côtes de Malabar emploient l'huile bouillante comme épreuve. Les premiers ne s'en servent que dans les affaires de grande importance, comme lorsqu'ils ont des procès pour leurs terres, et qu'il n'y a point do lémoins. — On se servait autrefois en Europe de l'épreuve par l'huile bouillante pour les affaires obscures. L'accusé mettait le poing dans la chaudière ; s'il le retirait sans brûlure, il était absous.

Buile de baume. — L'huile de baume, extraite du marc de l'eau céleste, dissipera la surdité, si on en met dans les oreilles trois gouttes de temps en temps, en bouchant les oreilles avec du colon imbibé de ce baume. Il guérit toute sorte de gale et de teigne la plus invétérée, apostèmes, plaies, cicatrices, ulcères vieux et nouveaux; toutes sortes do morsures venimeuses, de serpents, scorpions, etc. ; toutes fistules, crampes et érysipèles; toute palpitation de cœur et des autres membres, par fomentation et emplâtre. Crollius en fait tant d'estime qu'il le nomme par excellence huile mère de baume *.

Buile de talc. — Le talc est la pierre philosophale fixée au blanc. Les anciens ont beaucoup parlé de l'huile de talc, à laquelle ils atlribuaient tant de vertus que presque tous les alchimistes ont mis en œuvre tout leur savoir pour la composer. Ils ont calciné, purifié, sublimé le talc, et n'en ont jamais pu extraire cette huile précieuse. Quelques-uns entendent, sous ce nom, Télixir des philosophes hermétiques.

Hu-Juna-Sîii, — célèbre alchimiste chinois qui trouva, dil-on, la pierre philosophale. Ayant tué un horrible dragon qui ravageait le pays, Hu-Jum-Sin attacha ce mopstre à une colonne qui se voit encore aujourd'hui, et s'éleva ensuite dans le ciel. Les Chinois, par reconnaissance, lui érigèrent un temple dans lendroit môme où il avait tué le dragon.

Bulin, — petit marchand de bois d'Orléans ; étant ensorcelé à mort , j l envoya chercher un sorcier qui se vanta\it d'enlever toutes les maladips. Le sorcier répondit qu'il ne pouvait le guérir, s'il ne donnait la maladie à son fils qui était encpre à, la pianielie.

' Leloyer, Histoire des spectres ou apparitions des esprits, liv. iir, p. 273

» Le Petit-Albert, p. 112.

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Lo père y consentit. La nourrice, ayant entendu cela, s'enfuit avec Tenfant pendant que lo sorcier touchait le père pour lui ôler le mal. Quand il eut fait, il demanda où était Tenfnnt. Ne le trouvant pas, il commença à s'érrier : « Je suis mort, où est l'enfant? » puis il s on alla : mais il n'eut pas plutôt mis les pieds hors la porte , que le diable le tua soudain. Il devint aussi noir que si on l'eût noirci do propos délibéré ; car la maladie était restée sur lui * .

Bomma, — dieu souverain des Cafres, qui fait tomber la pluie, souffler les vents, et qui donne le froid et le chaud. Ils ne croient pas qu'on soit obligé de lui rendre hommage, parce que , disent-ils , il les brûle de chaleur et de sécheresse, sans garder la moindre proportion.

Ranério. — Avant la persécution d'Hunéric, fils de Genseric, roi des Vandales, qui fut si violente contre les catholiques d'Afrique, plusieurs signes annoncèrent, dit-on, cetoraï;e. On aperçut sur le mont Ziquen un homme de haute stature, qui criait à droite et à gaucbe : « Sortez, sortez, o On vit aussi à Cartilage, dans ré2:lise de Saint-Fauste, une grande trcupe d'Éthiopiens qui chassaient les saints comme le pasteur mène ses brebis. Il n'y eut guère de persécution d'hérétiques contre les catholiques plus forte que celle-là «.

Bunt . — Les anciens historiens donnent à ces peuples l'origine la plus monstrueuse. Jornandès raconte * que Philimer, roi des Golhs, ' entrant dans les terres gétiques, n'y trouva que des sorcières d'une laideur affreuse; qu'il les chassa loin de son armée; qu'elles errèrent seules dans les déserts, où des démons s'unirent avec elles. C'est de ce commerce infernal que naquirent les Huns, si souvent nppelés les enfants du diable ^. Ils étaient d'une difformité horrible. Les historiens disent qu'à leurs yeux louches et sauvages, à leur figure torse, à leur barbe de bouc, on ne pouvait s'empêcher de les reconnaître pour enfants de démons. Voy. Ogues.

Buppe, — oiseaM commun, nommé par les Chaldéens Bori , et pur les Grecs fsan. Celui qui le regarde âevientgros; si on porte ses

* Dodin, Démonomanie, p. 330.

' Lcloyer, Hist. des spectres, p. 272.

^ De rébus gotfaicis.

4 BesoMus prétend, après Scrvin, que le nom de IIun$ vient d'un mot tudesque, ou celtique, ou barbare, qui signifie puissants par la magie, grands magiciens. De Bonnairu dit, dans ton Histoire de France, c\ix^ les Huns, venant faire la guerre à Ciierebert, ou Caribert, furent attaqués près de la rivière d'Elbe par Sigebert, roi de Metz, et qa« les Francs furent obligés de combattre contre les Huns et contre les spectres dont ces barbares avaient rempli Tair, par un effet de la magie; ce qui rendit leur victoire plus distinguée.

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yeux sur l'estomac, on se réconciliera avec tous ses ennemis; et de peur d'être trompé par quelque marchand, on a sa tète dans une bourse ^.

Rutgiii, — démon qui prend plaisir à obliger les hommes, se plaisant en leur société, répondant fi leurs questions, et leur rendant service quand il le peut , selon les traditions do la Saxe. Voici \me des nombreuses complaisances qu'on lui attribue : — Un Saxon partant pour un voyage, et se trouvant fort inquiet sur la conduite de sa femme, dit à Hutgin : a Compagnon , je te recommande ma femme, aie soin de la garder jusqu'tà mon retour. » La femme, aussitôt que son mari fut parti, voulut se donner des licences; mais le démon l'en empocha. Enfin le mari revint; Hutgin courut au-devant de lui et lui dit : « Tu fais bien de revenir, car je commence à me lasser de la commission que tu m'as donnée. Je l'ai remplie avec toutes les peines du monde ; et je te prie de ne plus t'absenter, parce que j'aimerais mieux garder tous les pourceaux de la Saxe que ta femme *. » On voit que ce dénjon ne ressemble guère aux autres.

Rvergelmer, — fontaine infernale. Voy.

NiFLUElM.

Hyaoipthe, — pierre précieuse que Ton pendait au cou pour se défendre do la peste. De plus elle forlihait le cœur, garantissait de la foudre, et augrpentait les richesses et les honneurs.

Bydraoth, — magicien célébré par le Tasse ; il était père du roi de Damas, et oncle d'Armide, qu'il instruisit dans les arts magiques '.

Hydromancîe OU Hydrosoopie , — art de

prédire l'avenir par le moyen de l'eau ; on en attribue l'invention aux Perses. On en distingue plusieurs espèces : — 1» lorsqu'à la suite des invocations et autres cérémonies magiques, on voyait écrits sur l'eau hîs noms des personnes ou des choses qu'on désirait de connaître ; ces noms se trouvaient écrits à rebours; — 2*» on se servait d'un vat^e plein d'eau et d'un anneau suspendu à un fil, avec lequel on frappait un certain nombre de fois les côiés du vase ; 3° on jetait successivement et à de courts intervalles trois petites pierres dans une eau tran |uille et dormante ; et des cercles qu'en formait la surface, ainsi que de leur intersection, on lirait des pri'^sages ; — i"on examinait attcnlivemenl les divers mouvements et i'aeitation des flots de la mer. Les

' Secrets d'Albert-le-Grand, p. 111.

* Wicrus, De preestigiis daem., etc.

^ Delancre, Tableau de l'inconstance de» démons, etc. , liv. I, p. 57.

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