‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 173 sur 319 · JAU · texte numérisé non relu

JAU

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— Tun des adjoints de Leviatan dans la possession de Loudun.

Islandais. — Les Islandais sont si experts dans Part magique, dit lin voyageur du dernier siècle , qu'ils font voir aux étrangers ce qui se passe dans leurs maisons, même leurs pères, mères, parents et amis vivants ou morts «.

Xsle en Jourdain (Malnfroy DE l'), — habile devin qui découvrit par Tastrologie Thorrible conduite de deux chevaliers, Philippe et Gauthier d'Âunoy, lesquels étaient amants , Tun de Marguerite de Navarre , femme de Louis-le-HuLin, et l'autre de Blanche, femme de Charles- le-Bel ; on prouva encore qu'ils envoûlaient les maris de ces deux dames. C'étaient les deux frères de Philippe de Valois. Le roi Philippe en Gt justice ; les deux chevaliers furent écorchés vifs et pendus, et les deux dames périrent en prison *.

* Nouv. voyage vers le septent., 1708, chap. 66.

' Manuscrit de la Bibliothèque, cité par Joly dasa ses JRemarquf.8 sur Bat/le.

Ztparetu, — idole principale des habitants de la côte du Malabar. Antérieurement à toute création, Isparetta se changea en un œuf, d'où sortirent le ciel et la terre et tout ce qu'ils -contiennent. On le représente avec trois yeux et huit mains, une sonnette pendue au cou, une demi-lune et des serpents sur le front.

kiraSl ou Au-afil , — voy* ÂSBAFIL.

Xthyphalle , — nom d'une espèce d'amulettes que l'on petidait au cou des enfants et des vestales ; on leur attribuait de grandes vertus. Pline dit que c'était un préservatif pour les empereurs mêmes , qu'il protégeait contre les effets de l'envie.

Zwan Baailowita, — voy. Je AN.

Zvmngta, — sorciers des îles Moloques, qui font aussi le métier d'empoisonneurs. On prétend qu'ils déterrent les corps morts et s'en nourrissent; ce qui oblige les MoUiquois à monter la garde auprès des sépultures jusqu'à ce que les cadavres soient pourris.

JalMuniab , — mot puissant de la cabale élémentaire, lequel prononcé par un t?age cabaliste restitue les membres tronqués.

JaoobîiM de 9erne, — voy, Jetzer.

Jac<|uet !«''. — Le roi d'Angleterre Jacques I", que Henri IV appelait si plaisamment maître Jacques, ne se contentait pas de faire brûler partout les sorciers, il a fait encore, sous le titre de Démonologie, un gros volume pour prouver que les sorciers entretiennent un commerce exécrable avec le diable. On trouve dans ce livre toutes les idées de son temps, dont quelques-unes sont étroites.

Jade, — pierre à laquelle les Indiens attribuaient, entre autres propriétés merveilleuses, celles de soulager les douleurs de reins, quand on l'y appliquait, et de faire écouler le sable de la vessie. Ils la regardaient aussi commeun remède souverain contre l'épilepsie, et s'étaient persuadé que, portée en amulette, elle était un préservatif contre les morsures des bêtes venimeuses. Ces prétendues propriétés lui avaieût donné la vogue à Paris, il y a quelques années ; mais cette pierre prodigieuse a perdu sa réputation, et ses grandes vertus sont mises au rang des fables.

Jakiset, — esprits malins répandus dans l'air chez les Japonais. On célèbre des fêtes pour obtenir leurs bonnes grâces.

Jamanbavea, — espèces de fanatiques japonais qui errent dans les campagnes el prétendent converser familièrement. avec le diable. Quand ils vont aux enterrements, ils enlèvent, dit-on, le corps sans qu'on s'en aperçoive, et ressuscitent les morts. Après s'être meurtris de coups de bâton pendant trois mois ils entrenten nombre dans une barque, s'avancent en pleine mer, font un trou à la barque, et se noient en l'honneur de leurs dieux. Cette sorte de fakirs fait profession , à ce qu'on assure, entre les mains du diable même, qui se montre à eux sous une forme terrible. Ils découvrent les objets perdus ou dérobés ; pour cela ils font asseoir un petit garçon à terre , les deux pieds croisés ; ensuite ils conjurent le diable d'entrer dans le corps du jeune homme, qui écume, tourne les yeux , et fait des contorsions effrayantes. Le jamambuxe, après l'avoir laissé se débattre, lui recommande de s'arrêter et de dire où est ce qu'on cherche ; le jeune homme obéit, et prononce d'une voix enrouée le nom du voleur, le lieu où il a mis

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l'objet volé, le temps où il Ta pris, et la manière dont on peut lé faire rendre.

Jamblique , — philosophe platonicien du quatrième siècle , né en Syrie sous le règne de Constanljin le Grand. Il fut disciple d'Anatole et de Porphyre. Il admettait l'existenee d'une classe de démons ou esprits d'un ordre inférieur, médiateurs entre Dieâ et les hommes. Il s'occupait des divinations» et on a vu à Taf ticie Aiectryomancie , que c'est lui qui prédit par cette divination l'avéneraent au trône de Théodose. On ignore où , quand et comment il mourut ; mais Bodin assure qu'il s'empoisonna lui-même pour éviter le supplice que Valens réservait aux mai^iciens. — On conte qu'étant un jour dans la ville de 6adare en Syrie, pour faire voir sa science .magique, il 6t sortir en présence du peuple deux génies ou démons d'une fontaine ; il les nom** mait Amour et Contre-Amour * ^ l'Amour avait les cheveux dorés , tressés et flottants sur les épaules ; ils paraissaient éclatants comme les rayons du soleil ; l'autre était moins brillant ; ce qui attira l'admiration de toute la populace. Leloyer dit^ encore que c'est Jamblique et Maximus qui ont perdu Julien l'apostat. — On recherche do Jamblique le traité des Mystères des Egyptiens, des Chaldéens et des Assyriens '. Il s'y montre crédule pour toutes les rêveries des astrologues.

Jambrèt et Jamnèt, — sorciers égyptiens les plus anciens que les saints livres nous 'fassent connaître par leur nom après Cham. Ils faisaient apparaître des grenouilles , des serpents ; ils changeaient l'eau du Ni! en sang , et tâchaient d'anéantir par leurs prestiges fâ vérité des miracles que Dieu faisait par l'organe de Moïse *.

Jainma-lK>oon, — enfer indien d'où, après certain temps de peine et de souffrance , les âmes reviennent en ce monde pour y. animer le premier corps où elles peuvent entrer.

Jarretière. — Secret de la jarretière pour les voyageurs. Vous cueillçfrez de l'herbe que l'on appelle armoise, dans le temps que le soleil fait son entrée; au premier signe du Capricorne; vous la laisserez un peu séchera l'ombre, et en ferez des jarretières avec la peau d'un jeune Jièvre, c'est-à-dire qu'ayant coupé la peau du lièvre en courroie de la

* éros et Antéros.

> Hist. des spectres oa apparitions des esprits, Ilv. iv, p. 312.

3 Jamb1ichus,Dc mysleriiSiEgyptiorum» Chaldœorum, Assyriorura, avec d'antres opuscules. In-16, 1607.

■^^ .IjeJoyeri.Hist. des spectres ou apparit. des esprits, liv. Il, p. 129.

largeur de deux pouces, vous en ferez un redoublé dans lequel vous coudrez ladite herbe * et les porterez aux jambes. Il n'y a point de cheval qui puisse suivre long-temps un homme de pied qui est muni de ces jarretières. — On bien vous prendrez un morceau de cuir de la peau d'un jeune loup , dont vous ferez deux jarretières sur lesquelles vous écrirez avec votre sang les paroles suivantes : Ahûmafith cados; vous serez étonné de la vitesse avec laquelle vous cheminerez étant muni dé ces jarretières à vos jambes. De peur que récriture ne s'efface, il sera bon de doubler la jarretière d'uA padoue de fil blanc du côté de l'écriture. — « Il y a encore une manière de faire la jarretière, que j'ai lue dans on vieux manuscrit en lettres gothiques. En voici la recette. Vous aurez les chevenk d'un larron pendu, desquels vous ferez des tresses dont vous formerez des jarretières que vous coudrez entre deux toiles de telle couleur qu'il vous plaira ; vous les attacherez aux jambes de derrière d'un jeune poulain; puis vous laisserez échapper le poulain, le ferez courir à perte d'haleine , et vous vous servirez avec plaisir de ces jarretières >. — On prétendait autrefois qtie les magiciens pouvaient donner une jarretière enchantée, avec laquelle on faisait beaucoup de chemin en peu do temps. C'est là peut-être l'origine des bottes de sept lieues.

Jannisie. — Les rois de Hongrie croyiiîcnt avoir le privilège de guérir la jaunisse par l'attouchement».

Jayet d'XsUnde. — L6s à'ncîéné Islandais attribuaient des vertus surnaturelles "S "ce jayet , qu'ils regardaient conime un ambre noir. Sa principale qualité était de préserver de tout sortilège celui qui en portait sur soi. En second lieu , ils le croyaient un antidote contre le poison. Sa troisième propriété était de chasser les esprits et les fantômes, lorsqu'on en brûlait dans une maison; la quatrième, de préserver de maladies épîdémîqucs les appartements qui en étaient parfumes. La plupart de ces idées superstitieuses subsistent encore.

^ean (ÉVANGILÉ DE SAINT) , — Voy, Bl- BLIOHANCIE.

JTean, — ; magicien sectateur d'Apollonius de Tyane. Il courait de ville en ville , faisant le ipétier de charlatan , et portait, une chaîne de fer au cou. Ap;;ès avoir. séjourné quelque temps à Lyon , il acquit une si grande celé-

• Secrets du Petit Albert, p. 90.

> Saignes, Des erreurs et Oies préjugés, 1. 1, p. 272.

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