‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 174 sur 319 · JE · texte numérisé non relu

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brité par ses cures merveilleuses, que le souverain du ^ays Tadmit en sa présence. Jean donna à ce prince une superbe épée enchantée; elle s'entourait merveilleusement, dans le combat, de cent quatre-vingts couteaux tirés. Il lui donna aussi un bouclier portant un miroir, qu1l disait avoir la vertu de divulguer les plus grands secrets. Ces armes disparurent un jour ou furent volées; sur quoi Delancre conclut ^ que si les rois de France dressaient, comme les ducs d'Italie, des arsenaux de vieilleries (ce qu'ils font à présent), on y trouverait de ces armes enchantées et fabriquées par quelque magicien ou sorcier.

Jean ,,-7- patriarche schismatique de Conslantiapple. Zonaras conte que l'empereur grec Théophile, j^e voyant obligé de mettre à la raison une province révoltée sous la conduite de trois capitaines, consulta le patriarche Jean, habile enchanteur. Celui-ci fit faire trois gros marteaux d'airain, les mit entre les mains de trois hommes robustes, et conduisit ces hommes au milieu du cirque^ (devant une statue de bronze à trois tètes. lis abattirent deux de ces tètes avec leurs marteaux, et firent pencher le cou à la troisième sans l.'aT battre. Peu après une bataille se donna entre Théophile et les rebelles : deux des capitaines furent tués, le troisième fut blessé et mit hors de combat, et tout rentra dans Tordre.

Jei» ZZXZ, — pape, mort en 4334, après un pontificat de dix-huit ans. On lui attribue lesTaoces de la chambre apostolique, traduites GQ français sous le titre de Taaoes des parties casuelles de la boutique dupape. C'est une supposition d'un protestant faussaire. On attribue encore à Jean XXII VElixir des philosophes ou Art transmutatoire des métaux, livre qu'il n'a pas fait. Ce livre a été traduit du latin en français; in-42, Lyon, 4557. — On dit encore que Jean XXII ou Jean XXI s occupait d'jastrologie et s amusait à supputer les changements de temps. On a fait làAlessus de petits contes imaginaires.

Jean OU Zwan dasllowîtz, — grand -duC

de Moscovie, au quatorzième siècle, tyran cruel; à l'article de la mort, il tomba, dit-on, dans des pâmoisons terribles ; et son âme fit de pénibles voyages. Bans le premier, 11 fut tourmenté eh un lieu obscur, pour avoir tenu au cachot des prisonniers innocents; dans là seconde excursion, il fut encore 'p\us tourmenté pour avoir accablé le peuple d'impôts; et son successeur Théodore eut soin de l'en décharger en partie. Iwan mourut dans le

^ Tabl<sau de rinconsUnce des démons, etc.. liv. v, p. 343.

troisième voyage ; son corps jeta une puan^ teur si infecte qu'on ne pouvait l'approcher ; ce qui fit penser que son âme, avait été emportée par le diable; d'autant plus que son corps disparut le jour fixé pour l'enterrement ^

Jean-Baptûte* — Il y a des paysans qui croient qu'il est né dans un chameau. Voy, à l'article Tboupeaux, la garde contre la gale.

Jean d'Arrat» -^ écrivain français du quatorzième siècle, qui compila le roman de Me^ Imine. Voy, ce mot.

Jean d'ibiampet. — D'anciennes chroniques rapportent que Jean d'Estampes, l'un des gardes de Charlemagno, mourut e;D 4439, après avoir vécu 336 ans ; mais d autres disent qu'il ne vécut que 250 ans : malheureusement son secret de longévité n'est connu do personne «.

Jean de Meung, -r- astrologue qui composa le roman do la Rose , où il montra bien son savoir, quoiqu'il ne fût âgé que dé dixneuf ans lorsqu'il le fit« Il est aussi l'auteur d'un livre intitulé : Traité s\tr la direction des nativités et. révolutions des ans; il traduisit le livre des Merveilles d'Irlande, On prétend que c'est lui qui.a prédit les hauts faits d'armes du connétable de France Bertrand du Guesclin '.

Jean âm Blilan, — astrologue du quinzième siècle, qui prédit à Velasquez, gouverneur d'Hispaniola ou Saintr-Domingue, l'heureuse issue de la guerre du Pérou , entreprise pbr Fernand Cortez.

Jean de sîcilè , — habite astrologue et Ihéologien qui prédit le couronnement de Tempe reor Sigismond. C'est encore lui qui annonça à Boucicault ce qui lui devait advenir, et qui l'avertit do la trahison que firent aux Français le marquis de Montferrat et le comte Francisque . trahison qu'il évita en fuyant *.

Jeanne d'Aro , — dite la Pucelle d'Orléans, née on Champagne, à Domrémi près de Vaucouleurs sur la lisière de la Lorraine, en 4 11 0. Jamais la France ne fut accablée de calamités aussi grandes que durant le demi-siècle qui précéda l'année mémorable où l'on vit le courage abattu de ses guerriers , près de subir le joug de l'étranger, se ranimer à la voix d'une jeune fille de dix-huit ans. Charles VU était sur le point de céder Chinon à l'ennemi , lorsque Jeanne d*Ârc parut dans cette place

' Leloyer. Hist« des spectres et des apparitions des esprits, liv. iv, p. 3Q1.

* Légal], Calend. véritab., p. 140.

3 Manuscrit de la Bibliothèque du roi, cité dans les Remarguea sur Bayle.

4 Manuscrit de la Bibliothéq;ue du roi ; extrait du livre de Joly.

vers la fin de février 4 4^9. Ce n'élait qu'une simple paysanne. Son père se nonamait Jacques d'Arc; sa mère, Isabelle Romée. Dès sa plus tendre enfance elle avait montré une timidité sans exemple et fuyait le plaisir pour se livrer tout entière à Dieu ; mais elle s'exerçait à manier les chevaux , et Ton remarquait déjà en elle l'ardeur martiale qui devait signaler la libératrice des Français. A l'âge de seize ans, le cœur de Jeanne s'exalta. Vers l'heure de midi , elle croyait voir dansle jardin de son père l'archange Michel et l'ange Gabriel, sainte Catherine et sainte Marguerite , tout resplendissants de lumière. Ces saintes la guidaient dans ses actions. Lesvoiao (car elle s'exprimait ainsi] lui ordonnèrent d'aller en France , et de faire lever le siège d'Orléans. Malgré les avis contraires, elle obéit et se rendit d'abord à Vaucouleurs. Jean de Metz se chargea de la présenter au roi. Ils arrivèrent tous deux, le 24 février 4429, à Chinoh, où Charles tenait sa cour. Jeanne s'agenouilla devant lui. « Je ne suis pas le roi, lui dit-il pour l'éprouver ; le voici , ajoutal-il en lui montrant un des seigneurs de sa suite. — Gentil prince, lui dit la jeune vierge , c'est vous et non un autre ; je suis envoyée de la part de Dieu , pour prêter secours à vous et à votre royaume , et vous mande le roi des cieux par moi que voussorez sauvé, et courouné en la ville de Reims, et serez lieutenant du roi des cieux qui est le vrai roi de France. » — Charles surpris la tira à l'écart, et, après un court entretien, il déclara que Jeanne lui avait dit des choses si secrètes, que nui ne pouvait le savoir que Dieu et lui : ce qui attira la confiance de la cour. Cependant un doute restait à éclaircir, c'était de savoir si elle était pure : ce qui fut reconnu ; si elle était inspirée du ciel ou de l'enfer: ce qui sembla devoir être interprété en faveur du ciel. Après plusieurs consultations, on lui donna des chevaux et des hommes ; on l'arma d'une épée que , sur sa révélation , on trouva enterrée dans l'église de Sainte-Catherine de Fierbois ; elle se rendit aussitôt sous les murs d'Orléans, et combattit avec un courage qui éclipsa celui des plus grands ca* pitaines. Elle chassa les Anglais d'Orléans, fit ensuite , selon l'ordre qu'elle avait reçu , sacrer son roi à Reims , lui rendit Troyes , Châlons, Auxerre, et la plus grande partie de son royaume. Après quoi , elle voulut se retirer, disant que sa mission était accomplie. Mais elle avait donné trop de preuves de sa vaillance, on ne voulut pas lui acarder cette liberté. Ce fut la cause de ses malheurs ; bientôt, s'étant jetée dans Compiègne pour dé-

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fendre celte place contre le duc de Bourgogne, elle fut prise par un gentilhomme picard qui la vendit à Jean de Luxembourg, lequel la revendit aux Anglais. Pour se venger de ce qu'elle les avait trop souvent vaincus , ceux-ci l'accusèrent d'avoir employé les sortilèges et la magie à ses triomphes. On la traduisit devant iin tribunal corrompu , qui la déclara fanatique et sorcière. Ce procès serait ridicule s'il n'était atroce. Ce qu'il y a de plus horrible, c'est que l'ingrat monarque qui lui devait sa couronne l'abandonna ; il crut n'avoir plus besoin d'elle. — Le procès se poursuivit avec activité; à la treizième séance, on voulut lui faire comprendre la différence qui existait entre l'église triomphante et l'église militante. On lui demanda ce qu'elle en pensait. « Je me soumets au jugement du Saint-Siège , » répondit-elle. On lui demanda si , dès son enfance, les saints qui lui apparaissaient parlaient anglais ou français , s'ils avaient des boucles d'oreilles , des bagues , etc. « Vous m'en avez pris une , dit-elle pour toute réponse, rendez-la-moi. — Les saints sont-ils nus ou habillés ? — Pensez-vous que Dieu n'ait pas de quoi les vêtir ? » — Comme on insistait sur la chevelure de saint Michel, elle dit : « Pourquoi la lui aurait-on coupée? — Avez-vous vu des fées? — Je n'en ai point vu , j'en ai entendu parler ; mais je n'y ajoute aucune foi. — Avez-vous une mandragore ? qu'en avez-vous fait ? — Je n'en ai point eu ; je ne sais ce que c'est. On dit que c'est une chose dangereuse et criminelle. » — Quelquefois plusieurs juges l'interrogeaient à la fois. « Beaux pères, disait-elle, Tun après l'autre, s'il vousplatt. » Durant l'instruction, Lign y-Luxembourg vint la voir, accompagné de Warwick et de Straffort : « Je sais bien, leur dit-elle , que ces Anglais me feront mourir, croyant qu'après ma mort ils gagneront le royaume de France; mais, seraientils cent mille avec ceux qu'ils sont à présent, ils n'auroot pas ce royaume. » — Fatiguée de mauvais traitements, elle tomba dangereusement malade. Bedfort , Wincester, Warwick chargèrent deux médecins d'en avoir soin, et leur enjoignirent de prendre garde qu'elle ne mourût de sa mort naturelle ; le roi d'Angleterre l'avait trop cher achetée pour être privé de la joie de la faire brûler. — Le 24 mai, on la conduisit à la place du cimetière de l'abbaye de Rouen. Guillaume Érard déclama contre le roi de France et contre les Français ; puis , s'adressent à la Pucelle : « C'est à toi , Jeanne, que je parle, et te dis que ton roi est hérétique et schismatique. » L'exécuteur attendait la victime à l'extrémité

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de la place, avec une charnelle , pour la conduire au bûcher. Mais lout cet effrayant appareil n'avait pour but que de lui arracher des aveux. On lui lut une formule par laquelle elle prometlait de ne jamais monler à cheval, de laisser croître ses cheveux , de ne plus porter les armes a l'avenir. Il fallait mourir ou signer cet écrit. Elle signa, mais on avait substitué une cédule, par laquelle elle se reconnaissait dissolue, hérétique, séditieuse, invocatrice des démons et sorcière. Cette su- I)ercherie servit de base au jugement. Elle fut condamnée à passer le re?te de ses jours dans une prison perpétuelle, au pain de douleur et à Teau d'angoisse. Les juges, après l'arrêt, furent poursuivis à coups de pierres par le peuple ; en même temps les Anglais voulaient les exterminer, les accusant de n'avoir reçu l'argent du roi d'An.ilelerre que pour le tromper. « Ne vous embarrassez pas, dit l'un d'eux; nous la rattraperons bien. — Jeanne avait promis de no plus porter d'habits d'homme, et repris ceux de son sexe. La nuit, les gardes de sa prison enlovorcnt ses habits et v substituèrent des babils d'homme. Lorsque le jour vint, elle demanda qu'on la déferrât, c'est à-dire qu'on relâchât la chaîne qui l'attachait par le miheu du corps. Puis, voyant des habits d'homme , elle supplia qu'on lui rendit ses vêtements du jour précédent, mais on les lui refusa. Elle resta couchée jusqu'à midi. Alors elle fut forcée de s'habiller avec les seuls vêleuients qu'elle eut à sa disposition. Des témoins apostos entrèrent pour constater sa désobéissance ; les juges accoururent. Incontinent, elle fut condamnée comme relapse, hérétique, sorcière, excommuniée, rejetée du sein de l'Église. On lui lut sa sent?nce de mort, qu'elle entendit avec constance. Elle demanda qu'il lui fût permis de s'approcher de reuchari?tie : ce qui lui fut accordé. Massieu, curé de Saint-Claude de Rouen , qui avait la charge de la conduire devant ses juges, lui permettait de faire sa prière devant la chapelle. Celte indulgence lui attira de sanglants reproches. — Jeanne alla au supplice le 30 mai, sdus l'escorte de cent vingt hommes. On l'avait revêtue d'un habit de femme ; sa tète était chargée d'une mitre en carton, sur laquelle étaient écrits ces mots : Hérétique , relapse, apostate, idolâtre. Deux pères dominicains la soutenaient ; elle s'écriait sur la route; « Ah! Rouen, Rouen, seras -tu ma dernière demeure ?» On avait élevé ,deux échafauds sur la place du Vieux-Marché. Les juges attendaient leur victime chargée de fers. Son visage était baigné de pleurs :.on la fit monter sur le bûcher, qui était fort

élevé, pour que le peuple entier pût la voir. — Lorsqu'elle sentit que la flamme approchait, elle avertit les deux religieux de se retirer. Tant qu'elle conserva un reste de vie, au milieu des gémissements que lui arrachait la douleur, on l'entendit prononcer le nom de Jésus, en baisant une croix de bois qu'elle tenait de ses mains enchaînées. Un dernier soupir, longuement prolongé , avertit qu'elle venait d'expirer. — Alors le cardinal de Win- • cester fit rassembler ses cendres, et ordonna qu'elles fussent jetées dans la Seine. Son cœur fut respecté par les flammes : on le trouva sain et entier. En face du bûcher se trouvait un tableau portant une inscription qui qualifiait Jeanne de roeurderesse, invocatrice des démons, apostate et mal créante de la foi de Jésus-Christ. — Louis XI fit ré habiliter la mémoire de Jeanne d'Arc. Deux de ses juges furent brûlés vifs, deux autres exhumés pour expier aussi dans les flammes leur jugement inique; mais le procès de la Pucelle n'en sera pas moins a jamais un sujet d'opprobre pour les Anglais, et aussi pour les Français de l'époque.

Jeanne BibUton,— sorcière arrêtée à Tâge . de vingt-neuf ans : on l'avait vue plusieurs fois danser au sabbat ; elle disait que ceux qui y vent trouvent le temps si court, qu'ils n'en peuvent sortir sans regret. 11 ne paraît pas qu'elle ait été brûlée '.

Jeanne du Bard, — sorcière Saisie à l'âge de cinquante-six ans. On la trouve impliquée dans l'affaire de Marie Chorropique , pour lui avoir touché le bras, lequel devînt comme mort. Nous ne dirons pas si elle fut brûlée \

Jeanne (Mère). — Une vieille fille vénitienne , connue sous le nom de mère Jeanne, infalua tellement Guillaume Postel de ses rêveries, qu'il soutint, dans un livre émt à son sujet , que l'a rédemption des femmes n'avait pas encore été achevée, et que cette Vénitienne devait accomplir le grand ouvrage. C'était la mère que cherchent les saints-simoniens. Voy. Postel.

Jeanne Southcott , — visionnaire anglaise du dernier siècle , qui se fit une secte avec des cérémonies bizarres. De temps à autre on entend encx)re parler de cette fanatique. Une centaine de sectaires se sont réunis dans un bois , il y a une trentaine d'années, aupr(s de Svdenham, et ont commencé leur culte superstitieux par le sacrifice d'un petit cochon

* Delancre, Tableau de l'Inconstance des démons, etc., Hrt IT, p. 127.

2 Delancre, Tableau d« lMiicoiist«n«e des démons, e*. c. , liv. II. p. 107.

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