‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 178 sur 319 · JUP · texte numérisé non relu

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bois que sollicitent ces enfants est dvfitiné à brûler Us Juifs. C'est le soir du jeudi saint des Grecs qu'on allume les feux ; chaque petite troupe allonie le sien. On fabrique un homme de paille avec le costume juif, et la victime en effigie est ainsi conduite devant le feu, au milieu des clameurs et des huées. Les enfants délibèrent gravement sur le genre de supplice auquel il faut condamner Tlsraélite ; les uns disent : Crucifions-le, il a crucifié Jésus- Cbrist; les autres : Coupons-lui la barbe et les bras, pais la tète ; d'autres enfin : Fendonsle, déchirons*-lut les entrailles, car il a tué notre Dieu. Le chef de la troupe, prenant alors la parole : « Qu'est*il besoin, dit-il, de recourir à tous ces supplices ? H y a là un feu tout allumé; brûlons le juif. » Et le juif est jeté dans les flammes. « Feu , feu , s'écrient les enfants, ne l'épargne pas, dévore-le ; il a souffleté Jésus-Christ ; il lui a cloué les pieds et les mains. » Et les enfants énunièrent ainsi toutes les souffrances que les Juifs firent endurer au Sauveur. Quand la victime est consumée, on jette au vent ses cendres avec des imprécations ; et puis chacun se retire, satisfait d'avoir puni le bourreau du Christ. — De semblables coutumes portent avec elles leur caractère , et n'ont pas besoin d'être accompagnées de réflexions *. » — Les diverses religions sont plus ou moins tolérées dans les états des Turcs et des Persans. Des juifs , à Constantinople, s'avisèrent de dire, en conversation , qu'ils seraient les seuls qui entreraient dans le Paradis. « Où serons-nous donc, nous autres? » leur demandèrent quelques Turcs avec qui ils s'entretenaient. Les Juifs, n'osant pas leur dire ouvertement qu'ils en seraient exclus , leur répondirent qu'ils seraient dans les cours. Le grand-vizir, informé de cette dispute, envoya chercher les chefs de la synagogue, et leur dit que, puîsqu'ilspiaçaient les musulmans dans les cours du paradis, il était juste qu'ils leur fournissent des tentes, afin qu'ils ne fussent pas éternellement exposés aux injures de l'air. On prétend que c'est depuis ce temps-là que les juifs , outre le tribut ordinaire , paient une somme considérable pour les tentes du grand-seigneur et de toute sa maison quand il va à l'armée *«

Julien TApottat , — né en 334 , empereur romain, mort en 363. — Variable dans sa philosophie , inconstant dans sa manière de penser, après avoir été chrétien j il retomba dans le paganisme. Les ennemis seuls de l'Église ont trouvé dans quelques qualités appa-

' Michand et Poujoulat, Correspondance de l'Orient. > Saiat-Foix, Eisais, t. n.

rentes des prétextes pour faire son éloge. Ce sage consultait Apollon et sacrifiait aux dieux de pierre , quoiqu'il connût la vérité. Les dé-

* monomanes l'ont mis au nombre des magiciens ; et il est vrai qu'avec Maximus et Jamblique il évoquait les esprits et recherchait l'avenir par la nécromancie. Il avait des visions; Ammien Marcellin rapporte que, peu avant sa mort, comme il écrivait danssa tentq, à l'imitation de Jules César, il vit paraître devant lui le génie de Rome avec un visage blême. — Il fut tué par un trait que personne ne vit venir, à l'âge de trenle-deux ans. Ennemi acharné de Jésus-Christ, il recueillit, dit-on, en tombant un peu de son sang dans sa main et le lança vers le ciel, en disant : « Tu as vaincu, Galiléen I » — Aprèi sa mort, on trouva, dans le palais qu'il habitait , des charniers et des cercueils pleins de tètes et de corps morts. En la ville de Carres de Mésopotamie, dans un temple d'idoles, on trouva une femme morte

' pendue par les cheveux , les bras étendus , le ventre ouvert et vide. On prétend que Julien l'avait immolée pour apaiser les dieux infernaux auxquels il s'était voué, et pour apprendre par l'inspection du foie de cette femme le résultat de la guerre qu'il faisait alors contre les Perses. — La mort de l'Apostat fut signifiée, dit-on , dans plusieurs lieux à la fois, et au même moment qu'elle advint. Un de ses domestiques, qui allait le trouver en Perse, ayant été surpris par la nuit, et obligé de s'arrêter dans une église faute d'auberge, vit en songe des apôtres et des prophètes assemblés qui déploraient les calamités de l'Église sous un prince aussi impie que Julien, et un d'entre eux, s'étant levé, assura les autres qu'il allait y porter remède. La nuit suivante, ce valet, ayant vu dans son sommeil la même assemblée, vit venir l'homme de la veille qui annonça La mort de Julien. Le philosophe Didyme d'Alexandrie vit aussi en songe des hommes montés sur des chevaux blancs, et courant dans les airs en disant : « Annoncez à Didyme qu'à cette heure Julien l'apostat est tué. T>

3nTkg , — auteur allemand , vivant encore sans! doute; il a écrit sur les esprits un ouvrage intitulé Théorie de Geister-Kunder , Nuremberg, 4808, in-8®.

Jnpiter-AmflBoa. — Les Égyptiens por^ talent sur le cœur, comme un puissant préservatif, une amulette ou philactère, qui était une lame sur laquelle ils écrivaient le nom de Jupiter-Ammon. Ce nom était si grand dans leur esprit, et même chez les Romains, qu'on ' en croyait Tinvocation suffisante pour obtenir

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toutes sortes de biens. On sait que Jupiter- Ammon avait des coraes de bélier. Sa statue, adorée à Thèbes, dans la Haute-Egypte, était un automate qui faisait des signes de tête.

^tti'éiiieiit. — « C'est une chose honteuse, dit Uti boh légendaire, que d'entendre si souvent répéter le nom du diable sans nécessité. Un père en colère dit à ses enfants : « Venez ici, mauvais diables. » Un autre s'écrie; « Te vt)ilà, bon diable ! » Celuî-ci, qui a fl-oid, voue l^bpprend en disant : « Diable 1 le temps est rude. )> Celui-là qui soupire après ta table dit qu'il a tine f^im de diable. Un autre, qui s'impatiente, souhaite que le diable l'emporte. Un savattt de société , quand il a proposé une énigme, s'écrie bravement : a Je me donne au diable si vbus devinez cela, b Une chose paralt-ètté embrouillée, on vous avertit que le diable s*en piêlé. Une bagatelle est-elle perdue, Ott dit qu'elle est à tous les diables. Un homme làborieliit prend-il quelque sommeil, un plaisatit Vient vous dire que le diable le bercé. — Ce qu'il y a de pis , c'est que des gehs emploient le nom du diable en bonne part; ainsi on vous dira d'une chose médiocre : « Ce n'est pas le diable. » Un homme fôit-il plus qu'on ne demande, on dit qu'il travaille comme le valet du diable. Que l'on voie passer un grenadier de cinq pieds dix pouces, on s'écrie : « Quel grand diable I » D'un qui vous étonne par son esprit, par son adresse ou par ses talents, vous dites : « Quel diable d'homme! » On dit encore : a Une force de diable, un esprit de diable, un courage de diable; un homme franc est un bon diable; un homme qu'on plaint , un pauvre diable ; un homme divertissant a de l'esprit en diable , etc. ; et une foule de mots semblables. — Un Ipère en colère dit un jour à son fils : « Va-Veîi au diable. » Le fils étant sorti peu après rencontra le diable , qui l'emmena ; et on ne le revit plus*. Un autre homme irrité contre sa fille , qui mangeait trop avidement Une èèuelle de lait, eut l'imprudence de lui dire : « Poisses-lu avaler le diable datis ton ventre I » La jeune fille sentit aussitôt la présence du ëémon, et elle futipossédée plusieurs mois '. Un mari de mauvaise humeur donnai sa iéttoie «m diable ; au même instant, comme s'il fût sorti de la bouehe de ['«fMux^ i& dé«09 entra par l'oreille dans le corps de cette pauvre dftme. Ces contes vous font )4pe , tnie^isMMMls

* '<CflAiti-ii fîdsftnrb. mirseul., y^, 6, cap. 12. ^ Bjnâdem, cap. % iîbîd.

VOUS corriger 1 1 » «— Un avocat gascon avait recours aux grandes figures , pour émouvoir ses juges. Il plaidait au quinzième siècle, dans * ces temps où les jugements de Dieu étaient encore en usage. Un jour qu'il défendait la cause d'un Manceau cité en justice pour une somme d'argent dont il niait la dette, comme il n'y avait aucun témoin pour éclaircir l'affaire , les juges déclarèrent qu'on aurait re~ cours à une épreuve judiciaire. L'avocat de la partie adverse, connaissant l'humeur peu belliqueuse du Gascon, demanda que les avocats subissent l'épreuve, aussi bien que leurs clients ; le Gascon n'y consentit qu'à condition que répreuve fût à son choix. «^ La chose se passait au Mans. Le jour venu, Tavocat gascon ayant longuement réfléchi sur les moyens qu'il avait à prendre pour ne courir aucun péril , s'avança devant les juges, et demanda qu'avant de recourir à une plus violente ordalie , OH iui permit d'essayer d'abord celle-ci, c'està^ire qu'il se donnait hautement et fermer ment au diable, lui et sa partie, s'ils avaient touché l'argent dont ils niaieni la dette. Les juges, étonnés de l'audace du Gascon, se pcr» suadèrent là-dessus qu'il était nécessairement fort de son innocence et se disposaient à l'absoudre; mais, auparavant, ils ordonnèrent à l'avocat de la partie adverse de prononcer le même dévouement que venait de faire l'avocat gascon. « Il n'en est pas besoin, » s'écria aus^ sitôt du fond de la salle une voix ratique. En même temps on vit paraître un monstre noir, hideux , ayant des cornes au front , des ailvs do chauve-souris aux gaules , et avançant les griffes sur l'avocat gascon..* Le champicn, tremblant, se hâta de révoquer sa parole^ en suppliant les ju^es et les assistants ée le tirer des gri#es de l'ange de ténèbres, a Je ne céderai, répondit le diable, que quand le ^ime sera révàé....» fin disantces mots, il s'avança encore sur le plaideur manceau et sur l'avocat gascon. Les deux menteurs interdits se bâtèrent d'avouer ; l'un , qu'il devait la somme qu'on lui demandait; l'autre^ qu'il «mi tenait sciemment une inauvaise cause. Alors le diab'e se retira , mais on sut par la suhe qoe le second avocat, sachant combien le Giaaeon éCBit f!ieuiie»x , iiuait été instruit de son idée ; qtt'ii avait en conséquence ^ublé^39n deoia^ tique d'un habit noir bizarrement taillé » et l'avait équipé d'ailes et de coraes , pour éécoavrir la vérité par ce ministère.

^ ^Qsdem, cfkp. 2, iMd,

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