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elle éclairait continuellement, sans jamais s'é* teindre, et sans avoir besoin d'aucun aliment. On disait que le diable entretenait cette lampe, et venait passer la nuit avec Jéchiel. Aussi tous les passants heurtaient à sa porte pour .rinterrompre. Quand des se gneurs ou d'hon* nétes gens frappaient, la lampe jetait une lueur éclatante, et le rabbin allait ouvrir; mais toutes les fois que des importuns faisaient du bruit pour le troubler dans son tra* vail , la lampe pâlissait ; le rabbin , averti , donnait un coup de marteau sur un grand clou fiché au milieu de la chambre ; aussitôt la terre s'entr'ouvrait et engloutissait les mauvais plai* sants *. — Les miracles de la lampe inextinguible étonnaient tout Paris. Saint Louis, en ayant entendu parler, fit venir Jéchiel, afin de le voir ; il fut content, disent les Juifs, de la science étonnante de ce rabbin.
Xrfunpet perpétuelle!. — En ouvrant quelques anciens tombeaux, tels que celui de la fille de Cicéron, on trouva des lampes qui répandirent un peu de lumière pendant quelques moments, et même pendant quelques heures ; d'où Ton a prétendu que ces lampes avaient toujours brûlé dans les tombeaux. Mais comment le prouver? dit le père Lebrun; on n'a vu paraître des lueurs qu'après que les sépulcres ont été ouverts et qu'on leur a donné de l'air. Or il n'est pas surprenant que dans les urnes qu'on a .prises pour des lampes il y eût une matière qui , étant exposée à l'air, devint lumineuse comme les phosphores. Oo sait qu'il s'excite quelquefois des flammes dans les caves, dans les cimetières, et dans tous les endroits où il y a beaucoup de sel et de salpêtre. L'eau de la mer, l'urine, et certains bois , produisent de la lumière et même des flammes, et l'on ne doute pas que cet eff'et ne vienne des sels qui sont en abondance dans ces sortes de corps. — Mais d'ailleurs Ferrari a montré clairement , dans une savante dissertation, que ce qu'on débitait sur ces lampes éternelles n'était appuyé que sur des contes et des histoires fabuleuses.
Iiampon , — devin d'Athènes. On apporta un jour à Périclès, de sa maison de campagne, un bélier qui n'avait qu'une corne très-forte au milieu du front ; sur quoi Lampon pronostiqua ( ce que tout le monde prévoyait ) que la puissance , jusqu'alors partagée en deux factions, celle de Thucydide et celle de Périclès , se réunirait dans la personne de celui chez qui ce prodige était arrivé.
Xrfunproies , — poisson à qui l'on a donuvî neuf yeux; mais on a reconnu que c'était une
» Sauva), Antiquités de Paris, ctc
erreur populaire , fondée sur ce que les lamproies ont sur le côté de la tète des cavités, qui n'ont aucune communication avec le cer« veau *.
Zianoînet. — Les roîs de France ont , de temps immémorial , revendiqué l'honneur de guérir les écrouelles. Le premier qui fut guéri fut un chevalier nommé Lancinet. Voici comment le fait est conté. — Il était un cavalier Lancinet, de l'avis duquel le roi Ctovis se servait ordinairement lorsqu'il était question de faire la guerre à ses ennemis. Étant affligé de cette maladie des écrouelles, et s'étant voulu servir de la recette dont parle Cornélius Celsus. qui dit que les écrouelles se guérissent si l'on mange un serpent, l'ayant essayée par deux fois» et ce remède ne lui ayant point réussi, un jour, comme le roi Clovis sommeillait , il lui fut avis qu'il touchait doucement le cou à Lancinet, et qu^au même instant ledit Lancinet se trouva guéri sans que même il parût aucune cicatrice. — Le roi s'élant levé plus joyeux qu'à l'ordinaire, tout aussitôt qu'il fit jour, manda Lancinet , et essaya de le guérir en le touchant, ce qui fut fait; et toiyoars depuis, cette vertu et faculté a été comme héréditaire aux rois de France, et s'est transmise à leur postérité >. — Voilà sans contredit un prodige : mais on représentera que personne ne se nommait Lancinet du temps de Clovis ; que ni Clovis, ni Clolaire, ni le roi Dagobert, ni aucun des Mérovingiens , ne se vantèrent de guérir les humeurs froides ; que ce secret fut également inconnu aux Carlovingiens , et qu'il faut descendre aux Capétiens pour en trouver Torigine '.
Irtuidéla , — magicienne. Foy. Harpb.
iiangeao , — ministre de France , qui employait beaucoup d'espions, et qui fut souvent accusé de communiquer avec le diable *.
Iiangue. — On lit dansDiodore de Sicile que les anciens peuples de la Taprobane avaient une langue double, fendue jusqu'à la racine, ce qui animait singulièrement leur conversation et leur facilitait le plaisir de parler à deux personnes en même temps ^ Mahomet vit dans son paradis des anges bien plus merveilleux ; car ils avaient chacun soixante- dix mille têtes ; à chaque tête soixante-dix mille bouches, et dans chaque bouche soixante-dix mille lan-
» Brown, Des Erreurs popul., t. !•', liv. m, p. 349.
a Delancr«, Traité de rattoncbement, p. 159; Foret* tel, De Imper, et philosop. gall.
3 M. Saignes, Des Erreurs et des préjugés, etc., t.I", p. 273.
* Berlin, Curiosités de la littérature, 1. 1«, p. 51.
^ M. Sa'gues, Des Erreurs et dçs préjugés, t, UI, p. 119,
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guegqui parlaient chacune soixante-dix mille idiomes différents.
Zrfiii§;ae primStive. — On a cru autrefois que si on abandonnait les enfants à Tinstruction de la nature ils apprendraient d'euxmêmes la langue primitive, c'est-à-dire celle que parlait Adam, que l'on croit èlre l'hébreu. Mais malheureusement Texpértence a prouvé que cette assertion n'était qu'une erreur populaire ^ Les enfants élevés par des chèvres parlent Tidiome des boucs , et il est impossible d'établir que le langage n'a pas été révélé.
Irfingaet, — curé de Saint-Sulpice, qui avait un talent tout particulier pour l'expulsion de certains esprits malins ; quand on lui amenait une de ces prétendues possédées qui ont donné matière à tant de scandales, il accourait avec un grand bénitier plein d'eau commune, qu'il lui versait sur la tète, en disant : u Je t'adjure de te rendre tout à l'heure à la Salpètrière^ sans quoi je t'y ferai conduire à l'instant. » La possédée ne reparaissait plus.
Xrfmtlûla, — nom que les habitants des Moluques donnent à un être su()érieur qui commande à tous les Nétos ou génies malfaisants.
I^palod , — voy. PAtro.
Ziapotis. — Les Lapons se distinguent un peu des autres peuples. La hauteur des plus (grands n'excède pas un mètre et demi ; ils ont la lète grosse, le visage plat, le nez écrasé, les yeux petits , la bouche large , une barbe épaisse qui leur pend sur l'estomac. Leur hubit d'hiver est une peau de renne, taillée comme un sac, descendant sur les genoux, et rehaussée sur les hanches avec une ceinture ornée de plaques d'argent ; ce qui a donné liqu à plusieurs historiens de dire qu'il y avait des hommes vers le nord velus comme des bètes , et qui ne se servaient point d'autres habits que ceux que la nature leur avait donnés. — On dit qu'il y a chez eux une école de magie, où les pères envoient leurs enfants, persuadés que la magie leur est nécessaire pour éviter les embûches de leurs ennemis , qui sont eux-mêmes grands magiciens! Ils font passer les démons familiers dont ils se servent en héritage a leurs enfants, afin qu'ils les emploient à surmonter les démons des autres familles qui leur sont contraires. — Ils se servent souvent du tambour pour les opérations de leur magie. Quand ils ont envie d'apprendre ce qui se passe en pays étranger, un d'entre eux bat ce tambour, mettant dessus, à l'endroit où l'image du soleil est dessinée , des
* Thomas Brovp, Essais sur 1«8 erreurs, t. II, cb. 23;
anneaux de laiton attachés ensemble par une chaîne de même métal. Il frappe sur ce tam-» bour avec un marteau fourchu , fait d'un os , de telle sorte que ces anneaux se remuent. Le curieux chante en même temps, d'une voix distincte , une chanson que les Lapons nomment jonk ; tous ceux qui sont présents, hommes et femmes, y ajoutent chacun leur couplet, exprimant de temps en temps le nom du lieu dont ils désirent savoir quelque chose. Le Lapon qui frappe le tambour le met ensuite sur sa tôle d'une certaine façon , et tombe aussitôt par terre, immobile, sans donner aucune marque de vie. Les assistants continuent de chanter jusqu'à ce qu'il soit revenu à lui ; car si on cesse de chanter , l'homme meurt , disent-ils, ce qui lui arrive également si quelqu'un essaie de l'éveiller en le touchant de la main ou du pied. On éloigne même de lui les mouciies et les autres animaux qui pourraient le faire revenir. — Quand il reprend ses sens de lui-même , il répond aux questions qu'on lui fait sur le lieu où il a été envoyé. Quelquefois il ne se réveille qu'au bout de vingt* quatre heures , selon que le chemin qu'il lui a fallu parcourir a été long ou court ; et pour ne laisser aucun doute sur la vérité de ce qu'il raconte, il se vante d avoir rapporté du pays où il a élé la marque qu'on lui a xieroandée, comme un couteau, un anneau, un soulier ou quelqu'autre chose. — Les Lapons as servent aussi du même tambour pour savoir la cause d'une maladie, ou pour faire perdre la vie ou la santé à leurs ennemis. — Parmi ces peupies, certains magiciens ont une espèce de gibecière de cuir, dans laquelle ils tiennent des mouches magiques ou des démons, qu'ils lâchent de temps en temps contre leurs ennemis, ou contre leur bétail, ou simplement pour exciter des tempêtes et faire lever des vents orageux. En6n ils ont une sorte de dard qu'ils jettent en l'air, et qui, dans leur opinion, cause la mort à tout ce qu'il rencontre. Ils se servent encore, pour ce même effet, d'une pelote nommée tyre, de la grosseur d'une noix, fort légère, presque ronde, qu'ils envoient contre leurs ennemis pour les faire périr ; si par malheur cette pelote rencontre en chemin quelque autre personne , ou quelque animal , elle ne manque pas de lui causer la mort*. Voy, FiNNBS.
Xrfu'cw. — Les lares étaient, chez les anciens, des démons ou des génies, gardiens du foyer. Cicéron , traduisant le Timée de Platon , appelle lares ce que Platon nomme démons.
Festus les appelle dieux ou démons inférieurs,
< Dom Calmet, Sur les Vampires.
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gardiens des totls et des maisons. Aptiléo dît que les lares n'étaient autre chose qu« lés âmes de ceux qui avaient bien vécu et bien rempli leur carrière. Au contraire, ceux qui avaient mal vécu erraient vagabonds et épou^ vantaient les hommes. Selon âervtus , le coite des ûimx lares est venii de ce qu*on avait coutume autrefois d*enterrer les corps dans les maisons ; ce qui donna occasion au peuple crè» dule de s'imaginer que leurs âmes y demeuraient aussi comme des génies secourables ei propices, et de les honorer en cette qualité. On peutajouler que, la coutume s'étant tntro-^ dutte plus fard d'inhumer les morts sur les grands chemins, ce pouvait bien être de là qu'on prit occasion de les regarder comme les <lieux des chemins. C'était le sentiment des platonidens, qui des âmes des bons faisaient îes lares , et les lémures des âmes des mé* chants. On plaçait leurs statues dans un ora* toire que l'on avait soin de tenir proprement. Cependant quelquefois on perdait le respect à leur égard, comme à la mort de quelques per*sonnes chères ; on les accusait de n'avoir pas bien veillé à leur conservation , et de s'être laissé surprendre par les esprits malfaisants. Calignla fit jeter tes siens par la fenêtre, parce que, disait-il , il était mécontent de leur service. Quand les jeunes garçons étaient devenus assez grands pour quitter les bulles qu'on ne portait qu'en la première jeunesse, ils les j>endaient au cou d^s dieux lares. Les esclaves y pendaient aussi leurs chaînes lorsqu'ils re* cevaient la liberté. Voy. Larves.
Iiarmes. — Les femmes accusées de sorcellerie étaient regardées comme véritablement sorcières lorsqu'elles vouUiienl pleurer et qu'elles ne le pouvaient. Une sorcière, dont parle Boguet dans son premier avis , ne put jeter aucune larme, bien qu'elle se fût plusieurs fois efforcée devant son juge : « Car il ïi été reconnu par expérience que les sorciers ne jettent point de larmes : ce qui a donné occasion à Spranger, Grilland et Bodin de dire que Tune des plus fortes^ présomptions que l'on puisse élever contre le sorcier est qu'il ne larmoie point*. »
MâmMivmj ( PiEKBE ), *— ancien poète dra^ jnatiqye du seizième «iède, né à Xroyes en 4596. Il s'est fait connaître par un Alvtàmiach avec grandes prédictions, le tout diligemment calculé , qu'il publia de 4618 à 4647. Il précéda ainsi Mathieu Laensbergh. Il ne mangeait point de poisson , parce que , selon son horoscope , il devait mourir étranglé par une
I Boguet, Premier «vis, n? 60, p. S6.
arête, prédiction qui ne fut pas accomplie. — Les almanachs qui continuent de porter son nom sont encore irès-esiimés dans le midi de la France , eomme ceux d9 Maitlûeu Laeas* bergh dans le nord.
imtvw, — âmes des méchants, que l'on dit errer çà et là pour épouvanter les vlvanfâ; on les conibnd souvent avec les lémures , mais les larves ont quelque chose de plus effrayent. *^ Lorsque Caligula fut assassiné, on dit que son palais devint inhabitable, à cause des larves qui l'occupaient , jusqu'à ce qu'on lui €ût décerné une pompe funèbre, F^j/. Fan- TÔNBâ, Spectrbs, etc.
Idiunay ( Jean ), — célèbre docteur de Sor* bonne, né le 24 décembre 4603 à Valdéric, diocèse de Cout<inces. Il a laissé un ouvrage pédantesque intitulé : Dissertation sur la eision de Simon Stokius , un vd. in-8*; Paris, 4653 et 4663.
Itfturier, — arbre qu'Apulée met an rang des plantes qui préservent les hommes des esprits malins. On croyait aussi ches les anciens qu'il garaîilissait de la foudre.
Zrfiuthu , — magicien tunquinois , qui prétendait avoir été porté soixante-dix km ^ns le sein de>a mère. Ses disciples le regardaknl comme le créateur de toutes chose». Sa naorale est très-ralàchée ; c'est celle que suit le peuple , tandis que la cour suit c-elLe de Con^ fucius.
(Lotis) , — théologien fMrotestant, né à Kybourg en i5â7, «uteur d'un traité sur ies Spwtrts, ies Lémurw ' , etc. Zuricfa, 4S70, 10-4^, plusieurs fois réimprimé.
Idivàter (Jean-Gaspard), — né à Zurich «n 4744 , mort en 48(>l , auteur célèbre de l'art déjuger les hommes par la physionomie. Voij, Phtsiognomonie.
I.avisari. — Cardin écrit qu'un Italien nommé Lavisari, conseiller et secrétaire d'un prince , se trouvant une nuit seul dans un sentier, le long d'une rivière , et ne sachant Ou élait.le gué pour la passer, poussa un cri, dans l'espoir d'être entendu des environs. Son cri ayant été répété p«ir une voix de l'autre côté de Feau^ il se persuada que quelqu'un lui répondait , et demauda : Dois- je passer ici? la VOIX lui répondit : Ici. U vit alors qu'il était sur le bord d'un gouffre où Teau se jetait en tournoyant. Épouvanté du danger que ce gouffre lui présentait, il s'écrie encore une fois : Faut-il que je passe ici? la voix lui ré-
X De spectris, lemuribiis et magnis atquc insolilis fragoribus et prœsagUiooibus qoce obitiim Jiomnittm. clades, mutationesque imperiorum prœcedunt, etc.