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loup; mais ce duc, ayant préparé deux dogues, les fit lancer contre ce misérable, qui aussitôt fut mis en pièces. — On amena au médecin Pomponace un paysan atteint de lycanthropie , qui criait à ses voisins de s'enfuir s'ils ne voulaient pas qu'il les mangeât. Comme ce pauvre homme n'avait rien de la forme d'un loup, les villageois, persuadés pourtant qu'il l'était , avaient commencé à l'écorcher, pour voir s il ne portait pas le poil sous la peau. Pomponace le guérit; ce n'était qu'un hypocondre. — J. deNynauld a publié en 1615 un traité complet de la Lycanthropie , qu'il appelle aussi Folie louvière et hjcaonie, mais dont il admet incontestablement la réalité. Un sieur de Beauvoys-de-Chauvincourt, gentilhomme angevin, a fait imprimer en i599 (Paris, petit in-12) un volume intitulé: Discours de la lycanthropie j ou de la transmutation des hommes en loups. Claude, prieur de Laval , avait publié quelques années auparavant un autre livre sur la môme matière, intitulé : Dialogues de la lycanthropie. Ils affirment tous qu'il y a certainement des loupsgarous. — Ce qui est plus singulier, c'est qu'il n'y a peut-être pas de village qui n'ait encore ses loups-garous ; celui dont on va parler est peut-être encore aux galères. Il ^c faisait appeler Maréchal , et demeuraiten 1 804 au village dé Longueville , à deux lieues do Méry-sur-Seine. Il était bûcheron, faisait des fossés, et s'occupait de divers métiers qui s'exercent dans la solitude et sont par conséquent propres à la sorcellerie. — Avec l'aide du diable , il se changeait toutes les nuits en loup ou en ours , et faisait de grandes peurs aux bonnes gens. — Un jeune paysan s'arma d'un fusil et Tatterdit une nuit. Il aperçut un monstre à quatre pattes, qui venait lourdement à lui. Il le coucha on joue et le manqua. Le loup-garou, qui avait aussi un fusil, lira à son tour sur le paysan et le blessa à la jambe. Celui-ci , stupéfait de se trouver en face d'un loup qui tirait des coups de fusil, se mita fuir. — A la fin, la justice informée s'empara de l'homriie. On ne trouva dans le protendu sorcier qu'un vaurien, coupable do vols et de brigandages qu'il exerçait dans ses courses nocturnes. On le condamna aux galères perpétuelles. — Le lecteur fera sans doute ici une réflexion toute naturelle : comment se fait-il qu*un loup-garou épouvante une contrée pendant trois ou quatre ans sans que la justice l'arrête ? C'est encore une des misères de nos paysans. Comme il y a chez eux beaucoup de méchants , ils se craignent entre eux , ils ont un discernement et une expérience qui leur apprennent que la justice n'est pas toujours