‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 205 sur 319 · MAC · texte numérisé non relu

MAC

MAG

la Révolution des années du monde; 3® un troisième , De la Signification des planètes pour les nativités^ Nuremberg, 4549. La bibliothèque Bodléienne a parmi ses manuscrits une traduction hébraïque de ses Problèmes astrologiques^ faite par Aben-Ezra.

Machlyet, — peuple fabuleux d'Afrique, que Pline prétend avoir eu les deux sexes et deux mamelles , la droite semblable à celle d'un homme , et la gauche à celle d'une iemme.

Blacreuses , — oiseaux de la famille des canards, qui sont très-communs sur les côtes d'Angleterre , d'Ecosse et d'Irlande. Ils ont été le sujet de bien des contes. Plusieurs auteurs ont assuré que ces oiseaux sont produits sans œufs ; les uns les font venir des coquilles qui se trouvent dans la mer ; d'autres ont avancé qu'il y a des arbres semblables à des saules, dont le fruit se change en macreuses, et que les feuilles de ces arbres qui tombent sur la terre produisent des oiseaux , pendant que celles qui tombent dans l'eau deviennent des poissons. Il est surprenant , dit le P. Lebrun , que ces pauvretés aient été si souvent répétées, quoique divers auteurs aient remarqué et assuré que les macreuses étaient engendrées de la même manière que les autres oiseaux. Albert-le-Grand l'avait déclaré en termes précis , et depuis un voyageur a trouvé , au nord de l'Ecosse , de grandes troupes de macreuses et les œufs qu'elles devaient couver, dont il mangea. — « Il n'y a pas trois ans qu'un journal de Normandie nous racontait sérieusement, dit M. Salgues ', qu'on venait de pêcher, sur les côtes de Granville, un mât de vaisseau qui dormait depuis plus de vingt ans sous les eaux ; que l'on fut fort étonné de le trouver enveloppé d'une espèce de poisson fort singulier, que les Normands nomment bernacle ou bemache. Or, cebernacheoubernacleestun long boyau rempli d'eau jaunâtre, au bout duquel se trouve une coquille qui renferme un oiseau, lequel produit une macreuse. Cette absurde nouvelle se répandit; et les Parisiens , ajoute M. Salgues, furent bien étonnés d'apprendre qu'il y avait des oies qui naissaient au bout d'un boyau dans une petite coquille. » — Johnston , dans sa Thaumatographie naturelle y rapporte que les macreuses se forment dans le bois pourri , que le bois pourri se change en ver et le ver en oiseau. Boëtius est celui dont l'autorité lui paraît la plus imposante. Or ce savant rapporte qu'en 1 490 on pécha sur les côtes d'Ecosse une pièce do bois pourri , qu'on l'ouvrit

» Des Erreurs et des préj ugés, t. I'-,. p. 44?.

en la présence du seigneur du lieu , et qu'on y trouva une quantité énorme de vers ; mais ce qui surprit singulièrement l'honorable baronnet et les spectateurs, c'est que plusieurs de ces vers commençaient à prendre la forme d'oiseau , que les uns avaient des plumes et que les autres étaient encore tout rouges. Ce phénomène parut si étonnant, que l'on déposa la pièce de bois dans l'église voisine, où elle fut conservée. Boëtius ajoute qu'il fut luimême témoin d'un prodige semblable : que le ministre d'une paroisse voisine des bords de la mer ayant pêche une grande quantité d'al* gués et de roseaux, il aperçut, à l'extrémité de leurs racines, des coquillages singuliers, qu'il les ouvrit et y trouva au lieu do poisson un oiseau. L'auteur assure que le pasteur lui Gt part de cette merveille , et qu'il fut luimême témoin de la vérité de ce fait

Macrodur , — médecin écossais dont voici l'aventure : « En l'année 4574, un nommé Trois-Rieux s'cbliL-ea envers un médecin écossais nommé Macrodor (tous deux habitants de Bordeaux) de lui servir de démon après sa mort ; c'est-à-dire que son esprit viendrait lui obéir en toutes choses et lui faire connaître ce qui était caché aux hommes. Pour parvenir à ces fins, ils signèrent un pacte en lettres de sang sur un parchemin vierge. Ce Macrodor était regardé comme sorcier et magicien ; il eut une fin misérable, ainsi que loule sa famille. On surprit chez lui l'obligation que nous venons de mentionner, avec une pialine de cuivre ronde, de médiocre grandeur, sur laquelle étaient gravés les sept noms de Dieu, sept angvs, sept planètes et plusieurs autres figures, caractères, lignes, points, tous inconnus *.

Magaret , — sorciers de Mingrélie , fort redoutés des gens du pays parce qu'ils nouaient l'aiguillette. Aussi la cérémonie du mariage se faisait toujours en secret , et sans qu*on en sut le jour, de peur que ces prétendus sorciers ne jetassent quelques sortilèges fâcheux sur les époux.

Magei,.— sectateurs de Zoroastre, adorateurs du feu et grands magiciens. Çest d'eux que la magie ou science des mages tire son nom. Ils prêchaient la métempsycose astronomique; c'est-à-dire que, selon leur doctrine , les âmes au sortir de ce monde allaient habiter successivement toutes les planètes avant de revenir sur la terre.

Magie et BSagîcîens. — La magie est l'art de produire dans la nature des choses au-

I De! ancre. Tableau de rinconstanco des dém., etc., liv. II, p. 174.

MAG

MAG

dessus du pouvoir des hommes, par le secours des démons, ou en employant certaines cérémonies que la religion interdit. Celui qui exerce cet art est appelé magicien. On dislingue la magie noire , la magie naturelle , la cœleslialis, c'est-à-dire Tastrologie judiciaire, et la cœremonialis ; cette dernière consisie dans l'invocation des démons, en conséquence d'un pacte formel ou tacile fait avec les puissances infernales. Ses diverses branches sont la cabale, l'enchantement, le sortilège, révocation des morts et des esprits malfaisants, la découverte des trésors cachés et des plus grands secrets ; la divination , le don de prophétie, celui de guérir par des termes magiques et par des pratiques mystérieuses les maladies les plus opiniâtres , de préserver de tous maux, de tous dangers, au moyen d'amulettes, de talismans; la fréquentation du sabbat, etc. — La magie naturelle , selon les démonographes , est l'art de connaître l'avenir et de produire des effets merveilleux par des moyens naturels , mais au-dessus de la portée du commun des hommes. La magie artificielle est Fart de fasciner les yeux et d'étonner les hommes, ou par des automates, ou par des escamotages , ou par des tours de physique. — La magie blanche est l'art de faire des opérations surprenantes par l'évocation des bons anges, ou simplement par adresse et sans aucune évocation. Dans le premier cas, on prétend que Salomon en est l'inventeur; dans le second , la magie blanche est la même chose que la magie naturelle , confondue avec la magie artificielle. — La magie noire ou diabolique, enseignée par le diable, et pratiquée sous son mfluence, est l'art de commercer avec les démons, en conséquence d'un pacte fait avec eux, et de se servir de leur ministère pour faire des choses au-dessus de la nature. C'est de cette magie que sont entichés ceux qu'on appelle proprement magiciens.

Cham en a été, dit-on, l'inventeur ou plutôt le conservateur ; car Dieu n'envoya le déluge, disent les démonomanes, que pour nettoyer la terre des magiciens et des sorciers qui la souillaient. Cham enseigna la magie et la sorcellerie à son fils Misraïm , qui , pour les grandes merveilles qu'il faisait, fut appelé Zoroastre. Il composa cent mille vers sur ce sujet , et fut emporté par le diable en présence de ses disciples. — 11 n'est pas nécessaire d'établir ici la vérité des faits rapportés dans rËcriture sainte sur la magie et les magiciens. Us ne sont contestés que par la mauvaise foi des incrédules qui ont leur parti pris de nier. C'est plus tôt fait. Tous les peuples ont reconnu Texistence de la magie. Mais on a

attribué à cet art noir bien des accidents qui n'en ont pas été le produit ; et il est constant que les écrivains des siècles passés ont entouré les historiens magiques d'une crédulité trop étendue. La magie , disent-ils , donne à ceux qui la possèdent une puissance à laquelle rien ne peut résister; d'un coup de baguette, d'un mot, d'un signe , ils bouleversent les éléments , changent l'ordre immuable de la nature, livrent le monde aux puissances infernales, déchaînent les tempêtes, les vents et les orages, en un mot, font le froid et le chaud. Les magiciens et sorciers , dit Vecker, sont portés par l'air d'un Irès-léger mouvement, vont oii ils veulent, et cheminent sur les eaux , comme Oddon le pirate, lequel voltigeait çà et là , en haute mer, sans esquif ni navire .... — On conte qu'un magicien coupa la lèîe d'un valet en présence de plusieurs personnes qu'il voulait divertir, et dans le dessein de la remettre; mais pendant qu'il so disposait à rétablir celte tète , il vit un autre magicien qui s'obstinait à le contrecarrer, quelque prière qu'il lui adressât ; il fit naître tout d'un coup un lys sur une table, et en ayant abattu la tête, son ennemi tomba par terre sans tôle et sans vie. Puis il rétablit celle du valet, et s'enfuit. — Mais voici un fait moins grotesque. — Les habitants d'Hamel sur le Wéser, en Basse-Saxe, étant, en l'année 4284, tourmentés d'une quantité surprenante de rats et de souris, jusque-là qu'il ne leur restait pas un grain qui ne fût endommagé, et plusieurs d'entre eux songeant aux moyens de se délivrer de ce fléau , il apparut tout d'un coup un homme étranger, d'une taille extraordinaire, qui entreprit, moyennant une somme d'argent dont on convint, de chasser sur l'heure toutes les souris hors du territoire de la ville. Après que le marché fut conclu, il tira une flûle de sa gibecière, et se mita en jouer. Aussitôt tous les rats qui se trouvaient dans les maisons, sous les toits, dans les planchers, sortirent par bandes, en plein jour, et suivirent le joueur de flûte jusqu'au Wéser, où ayant relevé ses habits il entra dans la rivière, et les rats qu'il entraînait s'y noyèrent. — Lorsqu'il eut ainsi exécuté sa promesse, il vint demander l'argent dont on était convenu avec lui ; mais il ne trouva plus les bourgeois dans la disposition de le lui compter. Cette mauvaise foi le rendit furieux ; il les menaça d'une vengeance terrible s'ils ne le satisfaisaient sur-le-champ. Les bourgeois se moquèrent de lui et de ses menaces. — Mais, le lendemain, le magicien leur apparut, avec une mine effrayante, sous la figure d'un chasseur ; il avait un chapeau de

MAG

pourpre sur la tête ; il joua d'une autre flûte tout à fait différente de la première, et tous les enfants de la ville, depuis quatre ans jusqu'à douze, le suivirent spontanément. Il les mena dans une caverne, sous une montagne hors la ville, sans que depuis ce temps-là on en ait jamais revu un seul, et sans qu'on ait appris ce que tous ces enfants étaient devenus.— Depuis cotte surprenante aventure, on a pris, dans Hamel, la coutume de compter les années depuis la sortie des enfants , en mémoire de ceux qui furent perdus de cette nianière ; et les annales transylvaines disent que, vers ce temps-là , il arriva en Transylvanie quelques enfants dont on n'entendait pas la langue, et que ces enfants, s'y étant établis, y perpétuèrent aussi leur langage, tellement qu'encore aujourd'hui on y parle allemand-saxon. — La première preuve de cette histoire consiste dans Fa vitre d'une église d'Hamel, sur laquelle elle est peinte, avec quelques lettres que le temps n'a pas encore effacées. La seconde preuve était sur la porte appelée la Neuve , où l'on voyait des vers latins qui apprenaient qu'en 1284 un magicien enleva aux habitants cent trente enfants, et les emmena sous le mont Coppenberg. — Ces inscriptions ne prouvent pas tout à fait que cette histoire soit vraie , mais seulement qu'on le croyait ainsi. — Mouchemberg, dans la suite de l'Argenis, raconte les aventures singulières du magicien Lexilis. Ce magicien ayant été mis en prison par ordre du souverain de Tunis (le fait a eu lieu quelque temps avant la splendeur de Rome) , îl arriva dans ces entrefaites une étrange aventure au fils du geôlier de la prison où Lexilis était détenu. Ce jeune homme venait de se marier, et les parents célébraient les noces hors de la ville. Le soir venu , on joua au ballon. Pour avoir la main plus libre, le jeune marié ôta de son doigt l'anneau nuptial , et le mit au doigt d'une statue qui était près de là. Après avoir bien joué, il retourne vers la statue pour reprendre son anneau ; mais la main s'était fermée , et il lui fut impossible de le retirer. Il ne dit rien de ce prodige ; mais quand tout le monde fut rentré dati^ la ville, il revint seul devant la statue, trouva la main ouverte et étendue comme auparavant , toutefois sans la bague qu'il y avait laissée. Ce second événement le jeta dans une grande surprise. Il n'en alla pas moins rejoindre sa famille. Mais il voulut inutilement se rap~ prêcher de sa femme. Un corps solide se plaçait continuellement devant lui. — « C'est moi que tu dois embrasser, lui dit-on enfin , puisque tu m'as épousée aujourd'hui : je suis la

518 — MAG

statue au doigt do qui tu as mis ton anneau, o — Le jeune époux, effrayé, révéla la chose à ses parents. Son père lui conseilla d'aKer trouver Lexilis dars son cachot; il lui cû remit la clef. Le jeune hommes'y rendit et trouva le magicien endormi sur une table. Après avoir attendu long-temps sans qu'il s'éveillât, il le lira doucement par le pied ; le pied avec

la jambe lui demeura dans les mains —

Lexilis, s'éveillant alors, poussa un cri: la porte du cachot se referma d'elle-même. Le marié tremblant se jeta aux genoux du magicien , lui demanda pardon de sa maladresse, et implora son assistance. Le magicien promît de le débarrasser de la statue, moyennant qu'on le mît en liberté. Le marché fait, il rajusta sa jambe à sa place, et sortit. — Quand il fut libre, Lexilis écrivît une lettre qu'il donna au jeune homme : « Va-t'en à minuit, lui dît-il, dans le carrefour Voisin où aboutissent quatre rues ; attends debout et en silence ce que ïo hasard t'amènera. Tu n'y seras pas long-temps sans voir passer plusieurs personnages, chevaliers, piétons, laquais, gentilshommes; les uns armés, les autres sans armes; los uns tristes, les autres gais. Quoi que tu voies et que tu entendes, garde-toi de parler ni de remuer. Après celte troupe , suivra un certain , puissant de taille, assis sur un char; tu lui remettras ta lettre, sans dire un mot, et tout ce que tu désires arrivera. » — Le jeune homme fit ce qui lui é^ait prescrit, cl vit passer un grand cortège. hhi maître de lô compagnie venait le dernier, monté sur un char triomphal. Il passa devâni le (\ls du geôlier; et, jetant sur lui des regards terribles, il lui demanda de quel front il osait se trouver à sa rencontre? Le jeune homme, mourant de peur, eut pourtant le courage d'avancer la main et de présenter sa loi' Ire. L'esprit, reconnaissant le cachet, la lut aussitôt et s'écria : « Ce Lexilis seVa-l-il long-temps encore sur la terre!...» Un instant après , il envoya un de ses gens ôter l'anneau du doigt de la statue, et le jeune époux cessa d'être troublé. — Cependant le geôlier fil annoncer au souverain de Tunis que Lexilis s'était échappé. Tandis qu'on, le cherchait de toutes parts , le magicien entra dans le palais, suivi d'àrie vingtaine de jeunes filles qui portaient des mets choisis pour le prince. Mais , tout en avouàbt qu'il n'avait rien mangé de si délicieux , le roi de Tunis n'^èh renouvela pas moins l'ordre d'arrêter Lexilis. Les gardes voulant s'emparer de lui ne trouvèrent à sa place qu'un chien mort, sur le ventre duquel ils avaient tous la main... — Ce prestige excita la risée générale. Après qu'on se fut

MAG

Mxa

^nlmo, on alla à la maison du magicien; il était à sa fenôlre , regardant venir son monde. Aussitôt que les soldats le virent, ils coururent à sa porle, qui se ferma incontinent. De par le roi, le capitaine des gardes lui commanda de se rendre , îe menaçant d'enfoncer la porle s*il refusait d'obéir. « Et si je me rends, ditLexilis, que ferez-vous de moi? — Nous vous conduirons courtoisement au prince. — Je vous remercie de voire courtoisie; mais par où irons-nous au palais? — Par cette rue, » reprit le capitaine, en la montrant du doigt. Et en même temps il aperçut un grand fînuve qui venait h lui en grossissant ses eaux , et rempissait la rue qu'il venait de désigner, tellement qu'en moins de rien ils en eurent jusqu'à la gorge. Lexilis , riant, leur crja'it : « Retournez au palais, car pour moi je ne me soucie pas d'y aller en barbet. » — Le prince ayant appris ceci résolut de perdre' la couronne plutôt que de laisser le magicien impuni. 11 s'arma lui-même pour aller à sa poursuite, et le trouva dans la campagne qui se promenait paisiblement. Les soldats Tentourèrent pour le saisir ; mais Loxilis faisant un geste, chaque soldat se Irouva la tête engagée entre deux piquets , avec deux cornes de cerf qui l'empêchaient de se retirer. Ils restèrent long-teaips dans celte posture, pendant que desenfants leur donnaient de granclscoups de houssine sur les cornes... — Le magicien sautait d'aise à ce spectacle , et le prince était furieux. Ayant aperçu à terre, aux pieds de Lexilis, un morceau de parchemin carré , sur lequel étaient tracés des caractères , le roi de Tunis se baissa et le ramassa, sans être vu du magicien. Dès qu'il eut ces caractères dans la main, les soldats perdirent leurs cornes; les piquets s'évanouirent : Lexilis fut pris, enchaîné, mené en prison, et de là sur l'échafaud pour y être rompu. Mais ici il joua encore un tour de son métier ; car, comme le bourreau déchargeait la barre de fer sur lui, le coup tomba sur un tambour plein de vin , qui se répandît sur la place, et Lex'lis ne reparut plus à Tunis..... — Voicî une autre histoire contée par Wierus. — Un magicien de Magdèbburg gagnait sa vie en faisant des tours de son métier, des enchantements, des fascinations et des prestiges , sur un théâtre public. Un jour qu'il montrait , pour quelque monnaie , un petit cheval à qui il faisait exécuter, par là force dé sa riiagie, des choses incroyables, après qu'il eut fini $on jeu, il s'écria qu'il gagnait trop peu d'argent avec les hommes, et qu'il allait monter au ciel... Ayant donc jeté son fouet en l'air, ce fouet commença de s'enlever. Le petit cheval ayant

saisi, avec sa mâchoire; l'extrémité du fouel, s'enleva pareillement. L'enchanteur, comme s'il eût voulu retenir'son bidet, lé prit par la queue , et fut emporté de même. La femme de cet habile magicien empoigna à son loiir les jambes de son mari, qu'elle suivit ; enfin , la servante s'accrocha aux pieds de sa maîtresse, le valet aux jambes de la servante, et bientôt le fouet , le petit cheval , le sorcier, la femme, la cuisinière, le laquais, s'enlevèrent si haut qu'on ne les vit plus. — Pendant que tous les assistants demeuraient tout stupéfaits d'admiration , il survint un homme qui leur demanda pourquoi ils bayaient aux corneilles; et quand il le sut : «Soyez en paix, leur dit-il, votre sorcier n'est pas perdu, je viens de le voir à l'autre bout de la ville , qui descendait à son aubei^e avec tout son monde.... *. » Voy. Hoque, Agrippa, Faust, etc. , etc. — On raconte qu'Hemmingius, théologien célèbre , cita un jour deux vers barbares dans une de ses leçons , et ajouta, pour se divertir, qu'ils pouvaient chasser la fièvre, parce qu'ils étaient magiques. L'un de ses auditeurs en fit l'essai sur son valet, et le guérit. Puis après on fil courir le remède, et il arriva que plusieurs fébricitants s'en trouvèrent bien. Hemmingius, après cela , se crut obligé de dire qu'il n'avait parlé de là sorte qu'en riant, et que ce n'était qu'un jeu d'esprit. Dès lors le remède tomba ; mais il y en eut beaucoup qui ne voulurent point se dédire de la confiance qu'ils y avaient ajoutée. — Les maladies n'existent souvent que dansl'jmagination : telle personne guérira avec uft charlatan en qui elle a confiance ; telle autre ne guérira point avec un excellent médeciiî de qui elle se défie. — Il y a eu de tous temps, chez tous les peuples peu éclairés , grand nombre de magiciens , et on a beaucoup écrit contre eux. Nous citerons ici quelques-uns des mille et un volumes qui traitent de cette matière ex professo : 1 « le Traité de la magie blanche, ou de l'escamotage, de Decremps ; 2° la Magie naturelle de Porta ; S" la Véritable magie noire, ou le Secret des secrets, manuscrit trouvé à Jérusalem , dans le sépulcre de SalOmoA , contenant quarante-cinq talismans, avec la manière de s'en servir et leurs merveilleuses propriétés; plus, tous les caractères magiques connus jusqu'à ce jour, traduit de l'hébreu du mnge Iroé-Grego, Ronie, 1750. Cet ouvrage stupide est donné comme un écrit de Salomon. On y trouve surtout des conjurations ; 4» Trinum magicum, ou Traité des secrets magiques , contenant des recherches sur la magie naturelle, artificielle

* Wierus, De prœst., lib. n, cap. 7.

MAG

et superslitieuse , les lalismans, les oracles de Zoroastre, les mystères des Égyptiens, Hébreux , Chaldéens , etc. , in-8°. Francfort , 1673; 5® Lettres de Saint-André, conseillermédecin ordinaire du roi , à quelques-uns de ses amis, au sujet de la magie, des maléfices et des sorciers , eto , Paris , in-1 2 , 1725 ; fj® Traité sur la magie , le sortilège , les possessions, obsessions cl maléfices, etc. ; par M. Daugis; Paris, in-12, 4732.— Voy. Bodin, Delancre , Loyer , Wierus , etc.

Mag^îe îslandaîfe. — La première magie de ces peuples consiste à évoquer des* esprits aériens, et à les faire descendre sur terre pour s'en servir. Elle était regardée comme la magie des grands ; cependant ces derniers en avaient une seconde , qui consistait à interpréter le chant des oiseaux, surtout des corneilles, les oiseaux les plus instruits dans la connaissance des affaires d'État et les plus capables de prédire l'avenir ; mais , comme il n'en existe point en Islande , les corbeaux remplissaient cet office : les rois ne faisaient pas même scrupule de se servir de celte magie.

MUgnétîsnie. — Science occulte , pratiquée autrefois par l'hérétique Marc , renouvelée par Mesmer pour la guérison des maladies , perfectionnée pour la pratique manuelle par Puységur, et qui produit des effets surprenants, dit-on, mais quelquefois ténébreux; car tous ne supportent pas la lumière. Pîgault- Lebrun , qui ne croyait à rien , croyait au magnétisme. Un Gascon , venu à Paris en octobre 1819, pour solliciter une place, alla trouver un magnétiseur illustre. « Monsieur le comte, lui dit-il, je suis atteint d'un mal

où les médecins ne peuvent rien j'ai

sans cesse des besoins.... des inquiétudes.... j'éprouve un vide insupportable.... un grand appétit.... je suis d'humeur enjouée, et je me désole....» — Cette maladie sembla si embrouillée qu'on négligea les autres cures pour s'en occuper. On fit dîner le Gascon , qui manoea honorablement ; le soir môme on voulut le magnétiser. On l'endormit si bien , qu'il n'éprouva aucune crise de somnambulisme, et qu'il ne put répondre à rien. L'expérience fut répétée plusieurs fois sans que le malade voulût jamais parler dans son sommeil magnétique. 11 n'en parut que plus intéressant; on le soigna mieux, et, pour apprendre enfin la cause du mal qui le tourmentait, on le conduisit éveillé devant une dame qui se faisait magnétiser quelquefois, qui, dans ces sortes de circonstances , devinait avec le plus grand talent. Elle n'eut pas plutôt touché le Gascon qu'elle s'écria qu'il avait le ver

320 — MAI

solitaire , la rate dérangée et une foule d'autres maladies. On cria merveille ; mais le lendemain, lorsqu'on voulut achever l'opération , le Gascon troubla l'allégresse générale. « Le vide dont je vous ai parlé , dit-il , est dans ma bourse ; j'étais malade de n'avoir pas d'argent ; je viens d'obtenir ma place, je suis guéri et reconnaissant de la bonne chère que vous m'avez faite, car je n'avais pas de crédit. » — Les partisans du magnétisme peuvent lire VHistoire critique du magnétisme animal j par M. Deleuze, 2 vol. in-8^; Paris , 1813. Les incrédules consulteront aussi les Recherches et doutes sur le magnétisme animal, par M. Thouret, in-12, 1784.

Blagoa, — l'un des plus puissants démons, roi de l'Orient ; on l'évoque f>ar l'oraison suivante , prononcée au milieu d'un cercle. Elle peut servir tous les jours et à toute heure, dit un Grimoire : — « Je te conjure et invoque , ô puissant Magoa , roi de l'Orient , je le fais commandement d'obéir, à ce que tu aies à venir ou m'envoyer sans retardement Massayel, Asiel, Satiel, Arducl, Acorib, et sans aucun délai, pour répondre à tout ce que je veux savoir et faire , etc.

Maillât (Louise) , — petite démoniaque, qui vivait en 1598 : elle perdit l'usage de ses membres; on la trojjva possédée de cinq démons, qui s'appelaient loup, chat, chien, joly, griffon. Deux de ces démons sortirent d'abord par sa bouche en forme de pelotes grosses comme le poing ; l'une rouge comme du feu ; et l'autre , qui était le chat , sortit toute noire ; les autres partirent avec moins de violence. Tous ces démons, étant hors du corps de la jeune personne , firent plusieurs tours auprès du feu , et disparurent. On a sa que c'était Françoise Secrélain qui avait fait avaler ces diables à cette petite fille dans une croûte de pain de couleur de funiier *.

Maîmon, — cbcf de la neuvième hiérarchie des démons, capitaine de ceux qui sont tentateurs, insidiateurs , dresseurs de pièges, lesquels se tortillent autour de chaque personne pour contrecarrer le bon ange".

Main. — Les gens superstitieux prétendent qu'un signe de croix fait de la main gauche n'a pas de valeur, parce que la main droite est destinée aux œuvres pieuses ; c'est pourquoi on habitue les enfants à tout faire de la main droite et à regarder la gauche comme nulle. Ce serait pourtant un avantage que de pouvoir se servir également des deux mains.

< M. Garinct, Hist. de la magie en France, p. 162.

* Delanere, Tableaa de l'inconstance desdém., etc, liv. 1, p. 22.

MAI

— Les nègres ne f orient jamais les morceaux à la bDuche que de la main droite, parce que, l'autre étant destinée au travail, il serait indécent , disent-ils , qu'elle touchât le visage , et c'est sacrilège chez eux que de blesser ce préjugé. Les habitants du Malabar ne sont pas moins scrupuleux : c'est chez eux un crime de toucher les aliments de la main gauche. Dès les temps anciens , les Perses et les Mèdes faisaient toujours serment de la main droite; les Romains lui donnaient une si haute préférence sur la gauche , que lorsqu'ils se mettaient à table ils se couchaient sur le côté gauche pour avoir l'autre entièrement libre ; ils se défiaient tellement de la main gauche , que quand ils voulaient représenter l'amitié , ils la figuraient par deux mains droites réunies. — Aristole cite l'écrevisse comme un être privilégié d'une patte droite beaucoup plus grosse que la gauche *. Voy, Génirs. — Voici les principes de l'art de dire la bonne aventure dam la main , science célèbre parmi les sciences mystérieuses . appelée par les adeptes chiromancie et chiroscopie, et cultivée spécialement par les bohémiennes. — Il y a dans la main plusieurs parties qu'il est important de distinguer : la paume ou dedans de la main ; le poing ou dehors de la main . lorsqu'elle est fermée; les doigts, les ongles, les jointures , les lignes et les montagnes. — Il y a cinq doigts, le pouce, l'index, le doigt du milieu , l'annulaire , l'auriculaire ou petit doigt. Il y a quinze jointures : trois au petit doigt, trois à l'annulaire, trois au doigt du milieu , trois à l'index , deux au pouce et une entre la main et le bras. — Il y a quatre lignes principales. La ligne de la vie , qui est la plus importante, commence au haut de la main , entre le pouce et l'index , et se prolonge au bas de la racine du pouce, jusqu'au milieu de la jointure qui sépare la main du bras; la ligne do la santé et de l'esprit, qui a la même origine que la ligne de vie, entre le pouce et l'index , coupe la main en deux et finit au milieu de la base de la main, entre la jointure du poignet et l'origine du petit doigt ; la ligne de la fortune ou du bonheur, qui commence à l'origine de l'index , finit sous la base de la main , en deçà de la racine du petit doigt; enfin la ligne de la jointure, qui est la moins importante, se trouve sous le bras, dans le passage du bras à la main; c*est plutôt un pli qu'une ligne. — On remarque une cinquième ligne qui ne se trouve pas dans toutes les mains ; elle se nomme ligne du triangle, parce que, commençantau milieu de la jointure, sous la racine du pouce,

> M. Saignes, Des Erreurs et des préjugés, p. 123.

21 — MAI

elle finit sous lu racine du petit doigt. — Il y a au.=si sept tubérosités ou montagnes, qui portent le nom des sept planètes. Nous les désignerons tout à l'heure. — Pour la chiromancie , on se sert toujours de la main gauche, parce que la droite, étant plus fatiguée, présente quelquefois dans les lignes des irrégularités qui ne sont point naturelles. On prend donc la main gauche lorsqu'elle est reposée, un peu fraîche et sans aucune agitation , .pour voir au juste la couleur des lignes et la forme des traits qui s'y trouvent. La figure de la main peut déjà donner une idée, sinon du sort futur des personnes, au moins de leur naturel et de leur esprit. En général , une grosse main annonce un esprit bouché, à moins que les doigts ne soient longs et un peu déliés. Une main potelée, avec des doigts qui se terminent en fuseaux , comme on se plaît à en souhaiter aux femmes, n'annonce pas un esprit très-étendu. Des doigts qui rentrent dans la main sont le signe non équivoque d'un esprit lent, quelquefois d'un naturel enclin à la fourberie. Des doigts qui se relèvent au-dessus de la maiii annoncent des qualités contraires. Des doigts aussi gros à l'extrémité qu'à la racine n'annoncent rien de mauvais. Des doigts plus gros à la jointure du milieu qu'à la racine n'annoncent rien que de bon.

— Nous donnons sérieusement ces détails, ne pensant pas qu'il soit nécessaire de les réfuter. — Une main large vaut mieux qu'une main trop étroite. Pour qu'une main soit belle, il faut qu'elle porte en largeur la longueur du doigt du milieu. — Si la ligne de la jointure ^ qui est quelquefois double , est vive et colorée, elle annonce un heureux tempérament. Si elle est droite, également marquée dans toute sa longueur, elle promet des richesses et du bonheur. Si la jointure présentait quatre lignes visibles, égales et droites, on peut s'attendre à des honneurs, à des dignités, à de riches successions. Si elle est traversée de trois petites lignes perpendiculaires , ou marquée de quelques points bien visibles , c'est le signe certain qu'on sera trahi. Des lignes qui partent de la jointure et se perdent le long du bras annoncent qu'on sera exilé. Si ces lignes se perdent dans la paume de la main , elles présagent de longs voyages sur terre et sur mer. — Une femme qui porte la figure d*une croix sur la ligne de la jointure est chaste, douce, remplie d'honneur et de sagesse; elle fera le bonheur de son époux.

— Si la ligne de vie, qui se nomme aussi ligne du cœur, est longue, marquée, égale, vivement colorée, elle présage une vie exempte de maux et une belle vieillesse. Si cette ligne

MAI

MAI

est sans couleur, tortueuse, courte, peu apparente, séparée par de petites lignes transversales, elle annonce une vie courte, une mauvaise santé. Si cette ligne est étroite, mais longue et bien colorée , elle désigne la sagesse, l'esprit ingénieux. Si elle est large et pâle , c'est le signe quelquefois de I9 sottise. Si elle est profonde et dune couleur inégale, elle dénote la malice , I0 babil , la jalousie , la présomption. Lorsqu'à son origine, entre le pouce et Tindex , la ligne de vie se répare en deux , de manière à former la fourche , c'est le signe de l'inconstance. — Si cette ligne est coupée vers le milieu par deux petites lignes transversales bien apparentes, c'est te signe d'une mort prochaine. Si la ligne de vie est entourée de petites rides qui lui dtmnent la forme d'une branche chargée de rameaux, pourvu que ces rides s'élèvent vers le haut de la main , c'est le présage des richesses. Si ces rides sont tournées vers le l>as de la main , elles annoncent la pauvreté. Toutes les fois que la ligne de vie est interrompue , brisée , c'est autant de maladies. — La hgne de la santé et de l'esprit est aussi appelée ligne du milieu. Lorsqu'elle est droite, bien marquée, d'une couleur naturelle, elle donne la sanlé et l'esprit, le jugement sain, une heureuse mémoire et une conception vive. Si elle est langue , on jouira d'une santé parfaite. Si elle est tellement courte qu'elle n'occupe que la moitié de la main , elle dénote la timidité , la faiblesse , l'avarice — Si la ligne de santé est tortueuse , elle donne le goût du vol; droite, au contraire , c'est la marque d'une conscience pure et d'un cœur juste. Si cette ligne s'interrompt vers le milieu pour former une espèce de demi -cercle , c'est le présage qu'pn sera exposé à de grands périls .avec les bêles féroces. — La ligne de la fortune ou du bonheur commence, comme nous l'avons dit, sous la racine de l'index, et se termine à la base de la m^in , en deçà de la racipe du petit doi^t : elle est presque parallèle à la ligne de santé. Si la ligne de la fortune est é^ale, droite, assez longue et bien marquée , elle annonce un excellent, naturel , la force , la modestie et la constance dans le bien. Si, au lieu de commencer sous la racine de l'index , entre Ijudex et le doigt du milieu, elle commence presqu'au haut de la maiq, c'est le signe de l'orgueil. Si e|le est très -rouge dans sa parlie supérieure , die dénote l'envie. — Si la ligno dp la fortune est chargée (le petites lignes fprmant des rameaux qui s'élèvent vers le haut de la main , elle présage les dignités^ le bonheur, la puissance et les richesses ; mais si celte ligne est

ab?olument nue , unie , sans rameaux , elle prépare la misère et l'infortune. — S'il se trouve une petite croix sur la ligne de la fortune , c'est la marque d'un cœur libéral , ami de la véracité, bon , affable, orné de toutes les vertus. *- Si la ligne du bonhear ou (}e la fortune, au lieu de naître où nous l'avons dit, prend racine entre le pouce et l'index, 'au même lieu que la ligne de santé , de façon que les deux lignes forment ensemble un angle aigu , on doit s'attendre à de grands périls, à des chagrins. Si la ligne de santé ne se trouvait pas au milieu de la main , et qu'il n'y eût que la ligne de vie et la ligne de la fortune ou du bonheur, réunies à lenr origine, de manière à former un angle , c'est le présage qu'on perdra la tête à la bataille, eu qu'on sera blessé mortellement dans quelque affaire. — Si la ligne de la fortune est droite et déliée dans sa partie supérieure , elle donne le talent de gouverner sa maison et de faite une face honnête à ses affaires. Si cette hgne est interrompue vers le milieu par de petites lignes transversales, elle indique la duphcité. — Si la ligne de la fortune est pâle dans toule sa longueur, elle promet la pudeur et la chasteté. — La ligne du triangle manque dans beaucoup de mains , sans qu'on en soit plus nàalheureux. Si la ligne du triangle est droite, apparente (car ordinairement elle parait peu), et qu'elle s'avance jusqu'à la ligne de la santé, elle promet de grandes richesses. Si elle se prolonge jusque vers. la racine du doigt du milieu , elle donne les plus heureux succès. Mais si elle se perd au-dessous de la racine du petit doigt, vers le bas do la main, elle amène des rivalités. Si elle est tortueuse, inégale, de quelque côté qu'elle se dirige, elle annonce que l'on ne sortira pas de la pauvreté. — L'éminence qui se trouve à la racine du pouce et s'étend jusqu'à la ligne de la vie se nomme la montagne de Vénus, Quar.d cette tubérpsilé est douce, unie, sans rides, c'est l'indice d'un heureux tempérament. Si cette montagne est ornée d'une petite ligne parallèle à la ligne de vie, et voisine de ceUc ligne , c'est le présage des richesses. — Si le pouce est traversé dans sa longueur de peliles lignes qui se rendent de l'ongle à la jointure, ces lignes promettent un grand héritage. Mais ^i le pouce est coupé de lignes transversales, comme le pli des jointures, c'est le signe qu'on fera des voyages longs et périlleux. Si le pouce ou la racine du pouce présentent des points ou des étoiles , c'est la gaieté. — L'éminence qui se trouve à la racine <)e l'iiidex se nomme la mcaitc^ne de Jupiter .awnà cette tubérosité est unie et si§réablement^--

MAI

MAI

*ôrée , c'est le signe d'un heureux nalurel et d'un cœur porté à la vertu. Si elle est chargée de petites lignes doucement marquées, on recevra dés honneurs et des dignilés importantes. — La lubérosité qui s'élève dans la paume de la main à la racine du doigt du milieu se nomme la montagne de Saturne. Si cette émineiice est imie et naturellement colorée, elle marque la simplicité et l'amour du travail ; mais si elle est chargée de petites rides, c'est le signe de l'inquiétude, c'cal l'indice d'un esprit prompt à se cha;j:riner. — Si la jointure qui sépare la main du doigt du milieu présente des plis tortueux, elle désigne un jugement lent , un esprit paresseux , une conception dure. Une femme qui aurait sous le doigt du milieu, entre la seconde jointure et la jointure voisine de l'ongle, la figure d'une -petite croix, porterait là un signe heureux pour Taventr. La lubérosité qui se trouve à la racine du doi^t annulaire se nomme la montagne du Sokil. Si cette montagne est chargée de petites lignes naturellement marquées, elle annonce un esprit vif et heureux, de l'éloquence , des talents pour les emplois , un peu d'orgueil. Si ces lignes ne sont qu'au nombre de deux , elles donnent moins d'éloquence, mais aussi plus de modestie. Si la racine du doigt annulaire est chargée de lignes croisées les unes sur les autres, celui qui porte ce signe sera victorieux sur ses ennemis et l'emportera sur ses rivaux. — L'éminence qui s'élève dans la main à la racine du petit doigt se nomme la montagne de Mercure, Si cette éminence est unie , sans rides , on aura un heureux tempérament , de la con- ^stance dans Ce^rit et dans le cœar ; les hommes, de la modestie; les femmes, de la pudeur. Si cette éminence est traversée par deux lignes légères qui se dirigent vers le petR doigt, c'est la marque de la libéralité. — L'espace qui se trouve sur le bord inférieur de la main au-dessous de la montagne de Mercure, depuis la ligne du bonheur jusqu'à l'extrémité de la ligne de l'esprit , se nomme la montorfne de la Lune. -«- Quand cet espace eat uni, doux , net, il indique la paix de l'âme et un jBspril fiatureUemeiU tranquille. Lorsqu'il est fort coloré , c'est le signe de la tristesse , d'un ejfuril chagrin et morose , et d'un tempérament mélancolique. Si cet es()aoe est diargé de rides , il annonce des voyages et des dangers sur mer. — L'espace qui se trouve sur le bord inférieur de la main , en deçà de la inontag-oe de la Lune , depuis l'extrémité de la ligne de Tesprit jusqu'à l'extrénûté inférieure ()e la ligne de la jointure , se nomme la mun^gne de Mars. Quand cet espace est

uni, doux et nol, il est le caractère du vrai courage et de celte bravoure que la prudence accompagne loujour:i. S'il est fortement coloré , il désigne l'audace, la témérité. — Lorsque la montagne de Mars est chargée de grosses rides , ces rides sont autant de dangers plus ou moins grands , suivant la profondeur et la longueur des rides ; c'est aussi le présage d'une niort possible entre les mains des brigands, si les lignes sont livides; Hlrs sont l'indice d'un trépas funeste si elles sont fort rouges, d'une mort glorieuse au champ de bot aille si elles sotit droites. Des croix sur la montagne de Mars promettent des dignités et des commatidements. — N'oublions pas les signes dos ongles. — De petits signes blanchâtres sur Us ongles présagent des craintes; s'ils sont noirs, ils annoncent des frayeurs et dos dangers ; s'ils sont rouges , ce qui est plus rare, des malheurs et des injustices; s'ils sont d'un blanc pur, des espérances et du bonheur. — Quand ces signes se trouvent à la racine de l'ongle, l'accomplissement de ce qu'ils présagent est éloigné. Ils se rapprochent avec le temps, et se trouvent à la sommité de l'ongle quand les craintes et les espérances se justifient par Tévénement. — Poiir qu'une main soit parfaitement heureuse, il faut qu'elle ne soit pas trop potelée , qu'elle soit un peu longue , que les doigts ne so'ent pas trop arrondis , qtie Ton distingue les noeuds des jointures. La couleur en sera fraiehe et douce, les ongles plus longs que larges; la ligne de la vie bien marquée , égale , fraîehe , ne sera point interrompue et s'éteindra dans la ligne de la jointure. La ligne de la sandé occupera les trois quarts de l'étendue de 2a main. La ligne de la fortune sera diargée de rameaux et vivement colorée. — On voit, dans tous les livres qui traitent de la chiromancie, que les doctes en cette manière reconnaissaient deux sortes de divinations par le moyen de la maiA : la chiromancie physique, qui, par la simple inspection de la main , devine le caractère et les destinées des personnes ; et la chéromancie astrologique , qui exuinilie ies influences des planètes sur les lignes de la main, cl croit pouvoir déterminer le caractère et prédire ce qui doit arriver eo calculant ces influences. Noi»s nous sommes plus appesantis sur les principes de la chiromancie physiqire , parce que c'est la seule qui soit encore en usage. C'est aussi la plus claire et la plus ancienne. — Arislote regarde la chiromancie comme une science certaine ; Auguste disait lui-même la bonne aventure dans la main ; mais Torquemada pense qu'on ne peut pas être chiromancien sans avoir aussi

MAI

MAI

un peu de nécromancie , et que ceux qui devinent juste , en vertu de cette science , sont inspirés par quelque mauvais esprit K — a Gardez-vous, en chiromancie, dit M. Saignes", des lignes circulaires qui embrasseraient la totalité du pouce ; les cabali^tes les nomment l'anneau de Gygès, et Ad'ien Sicler nous prévient que ceux qui les portent courent risque qu'un jour un lacet fatal ne leur serre la jugulaire; pour le prouver, il ciio Jacquin Caumont, enseigne de vaisseau , qui fut pendu pour ne s'être pas assez méfié de cette funeste figure. — Ce serait bien pis si ce cercle était double en dehors et simple en dedans ; alors nul doute que votre triste carrière ne se terminât sur une roue. Le même Adrien Sicler a connu à Nimes un fameux impie , qui fut roué en \ 559, et qui portait ce signe mortel à la première phalange. Il n'est pas possible de vous tracer toutes les lignes décrites et indiquées par les plus illustres chiromanciens pour découvrir la destinée et fixer l'horoscope de chaque individu; mais il est bon que vous sachiez qu'Isaac Kim-Ker a donné soixante-dix figures de mains au public; le docte Melampus, douze; le profond Gompotus, huit; Jean de Hagen, trente-sept; le subtil Romphilius, six; l'érudit Corvœus, cent cinquante; Jean Cirus, vingt; Patrice Tricassus, quatre-vingts ; Jean Belot, quatre; Traisnerus, quarante, et Perruche, six; ce qui fait de bon compte quatre cent vingt-trois mains sur lesquelles votre sagacité peut s'exercer. — Mais , dites-vous , l'expérience et les faits parlent en faveur de la chiromancie. Un Grec prédit à Alexandre de Médicis, duc de Toscane , sur Tinspection de sa main , qu'il mourrait d'une mort violente; et il fut en effet assassiné par Laurent de Médicis, son cousin. De tels faits ne prouvent rien ; car si un chiromancien rencontra juste une fois ou deux , il se trompa mille fois. A quel homme raisonnable persuadera- t-on en effet que le soleil se mêle de régler le mouvement de son index (comme le disent les maîtres en chiromancie astrologique) ? que Vénus a soin de son pouce , et Mercure de son petit doigt? Quoi 1 Jupiter est éloigné de vous d'environ cent cinquante millions de lieues dans sa moindre distance ; il est quatorze cents fois plus gros que le petit globe que vous habitez, et décrit dans son orbite des années de douze ans, et vous voulez qu'il s'occupe de votre doigt médius!... — Le docteur Bruhier, dans son ouvrage des Caprices de l'imagination, rapporte qu'un homme de quarante ans, d'une

' Hexameroii,4« jo-rnée.

■ Des erreurs et des préjugés, etc., t. If, p. 49 eî suiv.

Inmrur vive et enjouée, rencontra en société une femme qu'on avait fait venir pour tirer des horoscopes. 11 présente sa main, la vieille le regarde en soupirant : « Quel dommage qu'un homme si aimable n'ait plus qu'un mois à vivre! » Quelque temps après, il s'échauffe à la chasse , la fièvre le saisit, son imaginalion s'allume, et la prédiction de la bohémienne s'accomplit à la lettre.... »

Main de gloire. — Ce que les sorcicrs appellent main de gloire est la main d'un pendu, qu'on prépare de la sorte : on l'enveloppe dans un morceau de drap mortuaire, en la pressant bien , pour lui faire rendre le peu de sang qui pourrait y être resté ; puis on la met dans un vase de terre, avec du sel , du sal- |)êlre, du zimat et du poivre long, le tout bien pulvérisé. On la laisse dans ce pot l'espace de quinze jours; après quoi on l'expose au grand soleil de la canicule, jusqu'à ce qu'elle soit parfaitement desséchée ; si le soleil ne suffit pas, on la met dans un four chauffé de fougère et de verveine. — On compose ensuile une espèce de chandelle, avec de la grai:?se de pendu, de la cire vierge et du .sésame de Laponie ; et on se sert de la main de gloire, comme d'un chandelier, pour tenir celle merveilleuse chandelle allumée. Dans tous les lieux oij l'on va avec ce funeste instrument, ceux qui y sont demeurent immobiles , et ne peuvent non plus remuer que s'ils étaient morts. — 11 y a diverses manières de se servir de la main de gloire, que les scélérats connaissent bien; mais, depuis qu'on ne pend plus chez nous , ce doit être chose rare. — Deux magiciens, étant venus loger dans un cabaret pour y voler, demandèrent à passer la nuit auprès du feu ; ce qu'ils obtinrent. Lorsque tout le monde fut couché, la servante , qui se défiait de la mine des deux voyageurs, alla regarder par un trou de la porte pour voir ce qu'ils faisaient. Elle vit qu'ils tiraient d'un sac la main d*un corps mort, qu'ils en oignaient les doigts de je ne sais quel onguent, et les allumaient, à l'exception d'un seul qu'ils ne purent allumer, quelques efforts qu'ils fissent; et cela parce que , comme elle le comprit , il n'y avait qu'elle des gens de la maison qui ne dormit point; car les autres doigts étaient allumés pour plonger dans le plus profond sommeil ceux qui étaient déjà endormis. Elle alla aussitôt à son maître pour l'éveiller, mais elle ne put en venir à bout , non plus que des autres personnes du logis , qu'après avoir étemt les doigts allumés , pendant que les deux voleurs commençaient à faire leur coup dans une

MAI

Page 1