‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 206 sur 319 · MAL · texte numérisé non relu

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chambre voisine. Les deux magiciens , se voyant découverts, s'enfuirent au plus vite, et on ne les trouva plus •. — Les voleurs ne peuvent se servir de la main de gloire quand on a eu la précaution de frotter le seuil de la porte avec un onguent composé de fiel de chai noir, de graisse de poule blanche et de sang de chouette, lequel onguent doit être fait dans la canicule*.

Maîn învnîble. — Gaspard Schotter, dans sa Maj^ie universelle , livre 4, page 407, rapporte le fait suivant, dont il a été témoin dans son enfance, et qu'il a entendu raconter à des témoin? plus â;^és que lui : Deux Compagnons sortaient d'une ville , armés et portant lour bagage, pour aller travailler dans une antre contrée. L'un d'eux, ayant trop bu , attaque l'autre, qui refuse de se battre avec un homme ivre. Mais il reçut un coup à la tôte; voyant couler son sang, il riposta et perça de part en part le malheureux ivrogne. On accourt aussitôt de la ville, et parmi les assistants se trouve la femme même du mort. Dans le moment qu'elle donne des soins à son époux, le meurtrier, qui s'enfuyait, se sentit saisi par une main invisible, et fut entraîné auprès du magistrat, lequel le fit mellrc en prison. Qu'était-ce que cette main invisible? Celle du mort, qui revenait dégrisé.

Maînfroi OU SCanfred , — roi de Naples ,

qui lé^na dans les Deux-Siciles de 1254 à 4i66, fils naturel de l'empereur Frédéric U. Lorsqu'il fut excommunié, il s'occupa, dit-

qui fit quelque bruit. On vit tout à coup voler en l'air des bouteilles, depuis la cave jusqu'au grenier; plusieurs personnes furent blessées , les débris de bouteilles restèrent entassés dans le jardin sans que la foule des curieux pût découvrir d'où provenait ce phénomène.

On consulta des physiciens et des chimistes , ils ne purent pas même dire de quelle manufacture venaient les bouteilles qu'on leur montra. Les gens du peuple se persuadèrent qu'elles venaient de la manufacture du diable, et que celte aventure ne pouvait être que l'ouvrage des sorciers ou des revenants ; les personnes plus instruites, tout aussi crédules, ne surent que penser. La police découvrit enfin que ces revenants n'étaient que des habitants de la maison voisine, aidés d'un physicien de leurs amis, qui au moyen de Télec- Iricité, et d'un trou imperceptible pratiqué dans le mur, parvenaient à faire mouvoir à leur gré les meubles do la maison prétendue ensorcelée. Ils avaient pour objet d'empêcher le propriétaire de la vendre ; ils se vengeaient en même temps d'une personne dont ils croyaient avoir à se plaindre •. Voy, AlessANDRo, Athénodore, Ayola, Bolacré, Cham-

BRES INFESTÉES, REVENANTS, etC.

Malade. — a Divers sont les jugements qui se font d'aucuns, si un malade doit vivre ou mourir; mais je publierai ce présent signe infaillible, duquel se pourra servir un chacun, et en faire un ferme jugement : prenez une ortie, et la mettez dans l'urine du malade

on , de la magie. Pic de La Mirandole conte ' incontinent après que le malade l'aura faite

que Mainfroi, étant en guerre contre Charles d'Anjou , voulut savoir du diable l'événement de la bataille qu'il allait lui livrer, et que le démon pour le tromper ne lui répondit qu'en paroles ambiguës , quoique cependant il lui prédit sa mort; et en effet, malgré le secours qu'il reçut des Sarrasins, il fut tué dans le ombat par un soldat. — On remarque que Charles d'Anjou écrivit à Mainfroi avant la bataille : a Aujourd'hui je t'enverrai en enfer ?i tu ne m'envoies pas en paradis. » —Ou a attribué à Manfred un livre latin intitulé : la Pomme philosophique t où il traite de la science de l'alchimie , qu'il dit être la sœur germaine de la magie 3.

Maiton eiuoroelée. — A la fin de nivôse an 43 (4805), il s'est passé à Paris, rue Notre-Darae-de-Nazareth, dans une ancienne maison de religieuses Cordelières , une scène

et avant qu'elle soit corrompue ; laissez l'ortie dans ladite urine l'espace de vingt-quatre heures; et après, si l'ortie se trouve verte > c'est un signe de vie *. » — Delancre'^ nous conseille de ne pas admettre l'opinion des gnostiques, qui disent que chaque maladie a son démon, et d'iéviter Terreur populaire qui prétend que tous ceux qui tombent du hautmal sont possédés. ^ Les maladies ont souvent c^usé de grands désordres. Le P. Lebrun rapporte l'exemple d'une femme attaquée d'une maladie de l'œil , qui lui faisait voir une foule d'images bizarres et effrayantes ; elle se crut ensorcelée : un habile oculiste l'opéra , et guérit en même temps son œil et son imagination. — La plupart des sorciers , loups^arous et possédés n'étaient que des malades.

Bblafar, — VOy. ValAFAR.

' Deirio, Disquisitions magiques.

> Le Solide trésor du Petit Albert.

3 LelojN^, Ilist. des spectres et apparitions des es prits, liv.ïv, p.3U9.

I M. Salguea, Des erreurs et des préjugés.

a Le Peut Albert, p. 172.

3 Tableau de rinconstance des dém., sorc. et magie.» liv. IV, p. 284.

i\|AL — 3ie ~ MAL

— nom général des anges du dessein de nuire aux hommes , aux animaux

ou aux fruits de la terre ; on appelle encore malénccs les maladies el antres accidents mal-

premier ordre chez les habitants de Mada-* gascar. Ces anges font mouvoir les cieux, les étoiles, les planètes, et sont chargés du gouvernement des saisons : les hommes sont confiés à leur garde ; ils veillent sur leurs jours, détournent les dangers qui les menacent , et écartent les démons.

Blal «aduo — Pour guérir ce mal on se sert d'un anneau dont voilà la recelte : Vous ferez un anneau de pur argent, dans le chaion duquel vous enchâsserez un morceau do corne de pied d'élan ; puis vous choisirez un lundi du printemps auquel la lune sera en aspect bénin ou en conjonction avec Jupiter ou Vénus, et à l'heure favorable de la constellation vous graverez en dedans de l'anneau ce qui suit : -+- Dabi, + Habi, + Haber, + Habi. Soyez assuré qu'en portant hîibituellement cet anneau au doigt du milieu de la main , il vous garantira du mal caduc ' . Si vous n'y croyez pas, moi non plus.

Maldonat, — célèbre jésuite, né en 1534, à Casas de la Reina dans l'Estramadure. Il étudia à Salamanque , et entra chez les jésuites de Rome en 4562. Deux ans après, il ouvrit , au collège de Clormont , à Paris , un cours de philosophie, dans lequel il obtint tes plus brillants succès , quoiqu'il n'eût encore que trente ans. Ayant formé le dessein de travailler à un commentaire sur les quatre évangélistes , il crut voir, pendant quelques nuits, un homme qui l'exhortait à Bnir promptement cet ouvrage, et qui l'assurait qu'il l'achèverait, mais qu'il survivrait peu de jours à sa conclusion ; cet homme lui marquait en même temps un certain endroit du ventre, qui fui le même où Maldonat sentit les vives douleurs dont il mourut en 1583 , peu de temps après avoir achevé son ouvrage.

llale*l»èi«, — monstre qui passait autrefois , dans l'opinion du peuple de Toulouse , pour courir les rues la nuit. La superstition avait fait croire que tous ceux qui rencontraient ou envisageaient la male-béte , mouraient le lendemain.

Malebranche ( NICOLAS ), — savant prêtre de rOraloîre , né à Paris en 1638, mort en 1715. On trouve dans sa Recherche de la Vérité de fort bonnes choses sur la sorcellerie , qu'il regarde comme une maladie d'imagination. — On dit qu'il n'osait pas se moucher, parce qu'il était persuadé qu'il lui pettdiHt un gigot de mouton au bout du nez.

Maléfiofes. — On appelle maléfices toutes pratiques superstitieuses employées dans le

» Le Petit Albert, page 166.

heureux causés par un art infernal, et qui ne peuvent s'enlever que par un pouvoir surnaturel. Il y a sept principales sortes de maléfices employés par 1rs sorciers : 1*> ils mettent dans le cœur une passion criminelle ; 'i9 ils inspirent des sentiments de haine ou d'envie à une personne contre une autre ; 3" ils jettent des ligatures ; 4® ils donnent des maladies ; 5° ils font mourir les gens ; 6" ils ôlent l'usage de la raison ; 7'» ils nuisent dans les biens et appauvrissent leurs ennemis. Les anciens se préservaient des maléfices à venir en crachant dans leur sein. — En Allemagne, quand une sorcière avait rendu un homme ou un cheval impotent et maléficié, on prenait les boyaux d'un autre homme ou d'un cheval mort ,' on les traînait jusqu'à quelque logis, sans entrer par la porte commune, mais par le soupirail de la cave, ou par-dessous terre, et on y brûlait ces intestins. Alors la sorcière qui avait jeté le maléfice sentait, dans les entrailles , une violente douleur, et s'en allait droit à la maison où l'on brûlait les intestins pour y prendre un charbon ardent, ce qui faisait cesser le mal. Si on ne lui ouvrait promplement la poi te, la maison se remplissait de ténèbres avec un tonnerre effroyable, et ceux qui étaient dedans étaient contraints d'ouvrir pour conserver leur vie ' — Les sorciers, en étant un sort ou maléfice, sont obligés de le donner à quelque chose de plus considérable que rêtre ou l'objet à qui ils lôtent : sinon , le maléfice retombe sur eux. Mais un sorcier ne peut ôter un maléfice s'il est entre les mains de la justice; il faut pour cela qu'il soit pleinement libre. Voy. Hocque. — On a regardé souvent les épidémies comme des maléfices. Les sorciers, disait-on, mettent quelquefois, ?ous le seuil de la bergerie ou de rétable qu'ils veulent ruiner, une touffe de cheveux , ou un crapaud , avec trois maudissons, pour faire mourir éliques les moulons et les bestiaux qui passent dessus : on n'arrête le mal qu'en ôlant le maléfice. Delancre dit qu'un boulanger de Limoges voulant faire du pain blanc suivant sa coutume , sa pâte fot tellement charmée et maléficiée par une sorcière, qu'il fit du pain noir, insfpkfe el infect. — Une magicienne ou sorcière, pour gagner le cœur d'un jeune homme marié , mit sous son lit, dans un pot bien bouché, un crapaod qui avait les yeux fermés; le jeune homme quitta sa femme et ses enfants pour s'attacher à la sorcière; mais la femme trouva lemalé-

• Bodin, Démonomanie, liv. iv.

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