‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 207 sur 319 · MAL · texte numérisé non relu

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fice, le fil brûler, et ?on mari rcviiil à elle '. — Un panvre jeune homme ayant quille ses sabols pour monter à une éehclle , une sor* cière y mit quelque poison sans qu*il s'en aperçût, et le jeune homme, en descendant, s'élant donné une entorse, fut boiteux toute sa vie'. — Une femme ensorcelée devint ?\ grasse, dit Deirio, que c'était une boule dont on ne voyait plus le visage, ce qui ne laissait pas d'être considérable. De plu.«, on entendait dans ses entrailles le même bruit que font les poules, les coqs, les canards, les montons, les bcBufs, les chiens, les cochons et les chevaux, de façon qu'on aurait pu la prendre pour une basse^cour ambulante. — Une sorcière avait rendu un maçon impotent et tellement courbé qu'il avait presque ta tète entre les jambes. Il accusa la sorcière du maléfice qu'il éprouvait; on l'arrêta, et le juge lui dit qu'elle ne se sauverait qu'en guérissant le maçon. Elle se fit apporter par sa fille un petit paquet de sa maison, et, après avoir adoré le diable, la face en terre, en marmottant quelques charmes, elle donna le paquet au maçon, lui commanda de se baigner et de le mettre dans son bain , en disant : Va de par le diable! Le maçon le fît, et guérit. Avant de mettre le paquet dans le bain, on voulut savoir ce qu'il contenait ; on y trouva trois petits lézards vifs; et quand le maçon fut dans le bain, il sentit sous lui comme trois grosses carpes, qu'on chercha un moment après sans rien trouver '. — Les sorciers mettent parfois le diable dans des noix, elles donnent aux petits enfants, qui deviennent malé- Hciés. Un de nos démonographes ( c'est , je pense, Boguet) rapporte que, dans je ne sais quelle ville, un sorcier avait mis sur le parapet d'un pont une pomme maléficiée, pour un de ses ennemis , qui était gourmand de tout ce qu'il pouvait trouver sans desserrer la bourse. Heiireusenœnt le sorcier fut aperçu par des gens expérimentés , qui défendirent prudemment à qui que ce fût d'oser porter la main à la pomme , sous peine d'avaler le diable. Il fallait pourtant Téter, à moins qu'on ne voulût lui donner des gardes. On fut long-temps à délibérer, sans trouver aucun moyen de s'en défaire; enfin it se présenta un champion qui, muni d'une perche, ti'avança à une distance de la pomme et la poussa dans la rivière , où étant tombée on en vit sortir plusieurs petits diables en forme de poissons. Les spectateurs prirent des pierres et les jetèrent à la léle de ces petits démons, qui ne se montrèrent plus...

I Deirio, Disquîsitions magiques.

» Delaiîcre, De l'Inconstance, etc.

3 Bodtn, Démonomanie.

— Boguet conte encore qu'une jeune fille ensorcelée rendit de petits lézards, lesquels s'envolôrent par un trou qui se fit au plancher. Voy, CiiABMES, Enghanteuënts , Magiciens ^ SoBciBi^s , elc.

Blaltoet du BèfAon. — On trouve sur ce chapitre des légendes bien naïves. Il y avait à Bonn , dit Césaire d'Heislerbacb , un prêtre remarquable par sa pureté, sa bonté et sa dévotion. Le diable se plaisait à lui jouer de petits tours de laquais; lorsqu'il lisait son bréviaire, l'esprit malin s'approchait sans se laisser voir, mettait sa griffe sur la leçon du bon curé et l'empêchait de finir; une autre fois il fermait le livre, ou tournait le feuillet à contre-temps. Si c'était la nuit , il soufflai! la chandelle. Le diable espérait se donner la joie d'impatienler son homme ; mais le bon prôlre recevait tout cela si bien et résistait si constamment à l'impatience , que l'imporlun esprit fut obligé de chercher une autre dupe *.

— Gissien parle de plusieurs esprits ou démons de la niômc trempe qui se plaisaient à tromper les passants , à les détourner de leur chemin et à leur indiquer de fausses routes , le tout par malicieux divertissement*. — Un baladin avait un démon familier, qui jouait avec lui et se plaisait à lui faire des espiègleries. Le matin il le réveillait en tirant les couvertures, quelque froid qu'il fît ; et qnand le baladin dormait trop profondément, son démon l'emportait hors du Ht et fe déposait au milieu de la chambre '. — Pline parte do quelques jeunes gens qui furent tondu» par le diable. Pendant que ces Jeunes gens dormaient, des esprits familiers, vêtus de blanc, entraient dans leurs chambres , se pof aient sur leur lit, leur coupaient les cheveux proprement, et s'en allaient après les avoir répandus sur le plancher *.

Malin. — C'est une des épithètes qu'on donne volontiers au démon , appelé souvent l'esprit malm.

BiallebraiMjhe , — marqueur dc jeu de paume , demeurant en la rue Sainte-Geneviève, à Paris, lequel fut, le H décembre 1 61 8, visité par un revenant. C'était sa femme , morte depuis cin<) ans. Elle lui donna de bons conseils qui redressèrent sa mauvaise vie , mais parla sans se montrer. On a fait là-dessus une brochure in-12 , mtituiée : Histoire nouvelle et remarquable de l'esprit d'une femme

I Csesarii Heisterb. niiracul., lib. v, cap. 53. > Cassiani collât, f, cap. 32.

3 Guillelmi Parislens's, partis 2 princip., cap. 8. ♦ Pline, lib. xvr, cpit. 37.

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