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Cfni est ie plus précieux de lous les biens. Quand ils mouraient, on ne les enterrait pas comme les autres , mais on les brûlait avec des réjouissances publiques ; les hommes et les femmes dansaient péle-mè'e autour da bôcher- Dès que les os étaient réduits en cendres ^ chacun tâchait d en emporter dans sa maison , et les buvait ensuite avec du vin , comme un préservatif contre toutes sortes de maux. — Quand on brûlait le cor^w de quelque empereur du Mexique , on égorgeait d'abord sar son bûcher l'esclave qui avait eu soin , pendant sa vie , d'allumer ses lampes , a6n qu'il lui allât rendre les mêmes devoir^ dans l'autre monde. Ensuite on sacrifiait deux cents esclaves, tant hommes que femmes, et, parmi eux, quelques nains et quelques bouffons pour son divertissement. Le lendemain, on enfermait les cendres dans une petite grotte voûtée, toute peinte en dedans, et on mettait au-dessus la figure du prince, à qui l'on faisait evii^ore de temps en temps de pareils sacrifices ; car, ie quatrième jour après qu'il avait été brûlé, on lui envoyait quinze esclaves en l'honneur des quatre saisons, afin qu'il les eût toujours belles ; on en sacrifiait cinq le vingtième jour^ afin qu'il eû^ tonte l'éternité, une vigueur pareille à celle de vingt ans ; le soixantième , on en immolait trois autres afin qu'il ne sentit aucune des trois principales incommodités de la vieillesse, qui sont la langueur, le froid et l'humidité; enfin, au bout de l'année, on lui en sacrifiait encore neuf, qui est le nombre le plus propre à exprimer l'éternité, pour lui souhaiter une éternité de plaisir. — Quand les Indiens supposent qu'un de leurs chefs est près de rendre le dernier soupir, les savants de la nation se rassemblopt. Le grandprêtre et le médecin apportent et consultent chacun la figure de la divinité , c'est-à-dire de l'esprit bienfaisant de l'arr et de celui do feu. Ces figures sont en bois, artistement taillées , et représentent un cheval, un cerf, un castor, un cygne , un poisson , etc. Tout autour sont suspendues des dents de castor, deâ griffes d'ours et d'aigles. Leurs mafires se placent avec elles dans un coin écarté de la cabane pour les consulter ; il existe ordinairement entre eux une rivalité de réputation , d'autorité , de crédit : s'ils ne tombent pas d'accord sur la nature de la maladie, ils frappent violemment ces idoles les unes contre les autres, jusqu'à ce qu'une dent ou une griffe en tombe. Cette perte prouve la défaile de ridole qui l'a éprouvée, et assure par conséquent une obéissance fomtelle à l'ordonnance de son compétiteur. — Aux funérailles du roi d^ Méchoacan, le corps était porté par
te prince que le défunt avait chohï pour son successeur ; la noblesse et le peuple suivaient le corps avec de grandes lamentations. Le convoi ne se mettait en marche qu'à minuit, à la lueur des torches. Quand il était arrivé au temple, on faisait quatre fois le tour du bûcher, après quoi on y déposait le corps et on amenait les officiers destinés à le servir dans l'autre monde ; entre autres, sept jeunes filles , l'une pour serrer ses bijoux , l'autre pour lui présenter sa coupe, la troisième pour lui laver les mains , la quatrième pour lui donner la serviette î la cinquième pour faire sa cuisine , la sixième pour mettre son couvert , la septième pour laver son linge. On mettait lo feu au bûcher, et toutes ces malheureuses victimes, couronnées de fleurs, étalent assoinmées à grands coups de massue et jetées dans les flammes. — Chez les sauvages de la Louisiane , après les cérémonies des obsèques, quelque homme notable de la nation, mais qui doit n'être pas de la famille du mort , fait son éloge funèbre. Quand il a fini, les assistants vont tout nus, les uns après les autres, se présenter devant l'orateur, qui leur applique à chacun, d'un bras vigoureux, trois coups d'une lanière large de deux doigts, en disant : « Souvenez-vous que pour être un bon guerrier comme Tétait le défunt, il faut savoir souffrir. » — Les protestants luthériens n'ont point de cimetière et enterrent indistinctement les morts dans un champ, dans un bois, dans un jardin. « Parmi nous, dit Simon de Paul, l'un de leurs prédicateurs, il est fort indifférent d'être enterré dans les cimetières, ou dans les lieux où l'on écorche les ânes. » « Hélas l disait un vieillard du Palalinat, faudra-t-il donc qu'après avoir vécu avec honneur, j'aille demeurer après ma mort parmi les raves , pour en être éternellement le gardien?» — Les Circassiens lavent le» corps des morts, à moins que le défunt ne soit mort loyalement dans une bataille pour la défense du pays, auquel cas on l'enterre dans son harnais, sans le laver, supposant qu'il sera reçu d'emblée en paradis *. — Les Japonais témoignent la plus grande tristesse pendant la maladie d'un des leurs, et la plus grande joie à sa mort. Ils s'imaginent que les maladies sont des démons invisibles ; et souvent ils présentent requête contre elles dans les temples. Ces mêmes Japonais poussent quelquefois si loin la vengeance, qu'ils ne se contentent pas de faire périr leur ennemi ; mais ils se donnent encore la mort, pour aller l'accuser devant leur dieu et le prier d'em-
I Stani&las Bell, Voyage en Çirca&sie.
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brasser leur querelle ; on conte même que des veuves, non contentes d'avoir bien tourmenté leur mari pendant sa vie, se poignardent pour avoir encore le plaisir de le faire enrager après^sa mort. — Quand un Caraïbe est mort, ses compagnons viennent visiter le corps et lui font mille questions bizarres , accompagnées de reproches sur ce qu'il s'est laissé mourir, comme s'il eût dépendu de lui de vivre plus long-temps : « Tu pouvais faire si bonne chère ! il ne te manquait ni manioc, ni patates, ni ananas; d'où vient donc que tu es mort? Tu étais si considéré! chacun avait de Teslime pour toi , chacun t'honorait, pourquoi donc es- tu mort?... Tes parents t'accablaient de caresses; ils ne te laissaient manquer de rien ; dis-nous donc pourquoi tu es mort? Tu étais si nécessaire au pays ; lu t'étais signalé dans tant de combats, tu nous mettais à couvert des insultes de nos ennemis ; d'où vient donc que tu es mort? » — Ensuite, on l'assied dans une fosse ronde ; on l'y laisse pendant dix jours sans l'enterrer ; ses compagnons lui apportent tous les matins à manger et à boire ; mais enfin , voyant qu'il ne veut point revenir à la vie, ni loucher à ces viandes, ils les lui jettent sur la tète, et, comblant la fosse, ils font un grand feu autour duquel ils dansent, avec des hurlements. — Les Turcs, en enterrant les morts, leur laissent les jambes libres, pour qu'ils puissent se mettre à genoux quand les anges viendront les examiner; ils croient qu'aussitôt que le mort est dans la fosse, son âme revient dans son corps et que deux anges horribles se présentent à lui et lui demandent : « Quel est ton dieu, ta religion et ton prophète ? » S'il a bien vécu , il répond : « Mon dieu est le vrai Dieu, ma religion est la vraie religion, et mon prophète est Mahomet. r> Alors, on lui amène une belle figure, qui n'est autre chose que ses bonnes actions, pour le divertir jusqu'au jour du jugement , où il entre en paradis. iVIais , si le défunt est coupable, il tremble de peur et ne peut répondre juste. Les anges noirs le frappent aussitôt avec une massue de feu, et l'enfoncent si rudement dans la terre , que tout le sang qu'il a pris de sa nourrice s'écoule par le nez. Là-dejBsus, vient une figure trèsvilaine ( ses mauvaises actions ) qui le tourmente jusqu'au jour du jugement, où il entre en enfer. C'est pour délivrer le mort de ces anges noirs , que les parents lui crient sans cesse : « N'ayez pas peur et répondez bravement, » — Ils font une autre distinction des bons et des méchants , qui n'est pas moins absurde. Ils disent qu'au jour du jugement Mahomet viendra dans la vallée de Josaphat,
pour voir si Jésus- Christ jugera bien les hommes ; qu'après le jugement il prendra la forme d'un mouton blanc, que loua les Turcs se cacheront dans sa toison , changés en petite vermine, qu'il se secouera alors, et que tous ceux qui tomberont seront damnés, tandis que tous ceux qui resteront seront sauvés, parce qu'il les mènera en paradis. — Des docteurs musulmans exposent encore autrement la chose : au jugement dernier, Mahomet se trouvera à côté de Dieu , monté sur le Borak et couvert d'un manteau fait des peaux de tous les chameaux qui auront portée la Mecque le présent que chaque sultan y envoie à son avènement à l'empire. Les âmes des bienheureux musulmans se transformeront en puces, qui s'attacheront aux poils du manteau du prophète, et Mahomet les emportera dans son paradis avec une rapidité prodigieuse ; il ne sera plus question alors que de se bien tenir, car les âmes qui s'échapperont, soit par la rapidité du vol , ou autrement , tomberont dans la mer, où elles nageront éternellement.
— Parmi les Juifs modernes, aussitôt que le malade est abandonné des médecins, on fait venir un rabbin, accompagné, pour le moins, de dix personnes. Le Juif répare le mal qu'il a pu faire; puis il change de nom , pour que l'ange de la mort qui doit le punir, ne le reconnaisse plus; ensuite, il donne sa bénédiction à ses enfants, s'il en a, et reçoit celle de son père s'il ne l'a pas encore perdu. De ce moment, on n'ose plus le laisser seul, de peur que ran.îi^e de la mort, qui est dans sa chambre, ne lui ifasse quelque violence. Ce méchant esprit, disent-ils, avec l'épée qu'il a dans sa main , paraît si effroyable , que le malade en est tout épouvanté. De cette épée qu'il tient toujours nue sur lui , découlent trois gouttes d'une liqueur funeste : la première qui tombe lui donne la mort , la seconde le rend pâle et difforme , la dernière le corrompt et le fait devenir puant et infect. — Aussitôt que le malade expire, les assistants jettent par la fenêtre toute l'eau qui se trouve dans la maison : ils la croient empoisonnée, parce que l'ange de la mort, après avoir tué le malade, y a trempé son épée pour en ôt'er le sang. Tous les voisins, dans la même crainte, en font autant. — Les Juifs racontent que cet ange de la mort était bien plus méchant autrefois ; mais que^ par la force du grand nom de Dieu, des rabbins le lièrent un jour et lui crevèrent l'œil gauche : d'où vient que, ne voyant plus si clair, il ne saurait plus faire tant de mal.
— Dans leurs cérémonies funèbres, les Juifs sont persuadés que, si on omettait une seule des observations et des prières prescrites,