MOU
Tame ne saurait être portée par les anges jusqu'au lit de Dieu , pour s'y reposer éternellement ; mais que, tristement obligée d'errer çà et là, elle serait rencontrée par des troupes de démons qui lui feraient souffrir mille peines. Ils disent qu'avant d'entrer en paradis ou en enfer, l'âme revient pour la dernière fois dans le corps et le fait lev^r sur ses pieds ; qu'alors l'ange de la mort s'approche avec une chaîne dont la moitié est de fer et l'autre moitié de feu , et lui en donne trois coups : au premier, il disjoint tous les os et les fait tomber confusément à terre ; au second, il les' brise et les éparpille ; et au dernier, il les réduit en poudre. Les bons anges viennent ensuite et ensevelissent les cendres. — Les Juifs croient que ceux qui ne sont pas enterrés dans la terre promise ne pourront point ressusciter; mais que toute la grâce que Dieu leur fera , ce sera de leur ouvrir de petites fentes , au travers desquelles ils verront le séjour des bienheureux. — Cependant, le rabbin Juda , pour consoler les vrais Israélites, assure que les âmes des justes enterrés loin du pays de Chanaan, rouleront par de profondes cavernes qui leur seront pratiquées sous terre, jusqu'à la montagne des Oliviers, d'où elles entreront en Paradis. — En Bretagne, on croit que tous les morts ouvrent la paupière à minuit ^; et à Plouerden, près Landernau, si l'œil gauche d'un mort ne se ferme pas, un des plus proches parents est menacé sous peu de cesser d'être *. On dit ailleurs que tout le monde voit les démons en mourant, et que la Siiinte- Vierge fut seule exemptée de ctîlto vision. — Les Arméniens frottent les morts d'huile , parce qu'ils s'imaginent qu'ils doivent lutter corps à corps avec de mauvais génies. Chez les chrétiens schismatiques de l'Archipel grec, si le corps d'un mort n'est pas bien raide , c'est un signe que le diable y est entré, et on le met en pièces pour empêcher les fredaines. — Les Tonquinois de la secte des lettrés rendent un culte religieux à ceux qui sont morts de faim ; les premiers jours do chaque semaine , ils leur présentent du riz cuit qu'ils ont été mendier par la ville. Voy, Nécromancie , Yaupires , Revein'Ants , etc.
Mortemart. — Un seigneur de cette famille célèbre perdit sa femme, quMl chérissait. Tandis qu'il se livrait à son désespoir, le diable lui apparut et lui offrit de ranimer la défunte s'il voulait se donner à lui. Le mari, dit-on, y consentit; la femme revécut. Mais un jour qu'on prononça devant elle le nom de
' Cambry, Voyage dans le Finistère, t. II, p. 15. » idenif ibid.f t. II, p. 170.
Jésus, elle retomba morte, et ce fut tout de de bon.
Moit-Mastîte , ~* voy Mariage.
Motelu, — démon que Ton trouve cité dans le procès intenté à Denise de Lacaille.-
Mouche. — Le diable apparaît quelquefois en forme de mouche ou de papillon. On le vit sortir sous cette forme de la bouche d*un démoniaque de Laon*. Les démonomanes appellent Belzébulh seigneur des mouches; les habitants de Ccylan appellent le diable Achor, qui signifie en leur langue dieu des mouches ou chasse-mouches ; ils lui offrent des sacrifices pour être délivrés de ces insectes , qui causent quelquefois, dans leur pays, des maladies contagieuses ; ils disent qu'elles meurent aussitôt qu'on a sacrifié à Achor. — M. Éméric David , à propos de Jupiter, dit que les ailes de mouches qui dans quelques monuments forment ( à ce qu'on prétend ] la barbe do Jupiter, sont un hommage au feu générateur, les mouches étant produites par la canicule... Voy. Granson, Mviagoriis, etc.
BlouDÎ, — esprits que reconnaissent les Indiens, quoiqu'aucun de leurs livres sacrés n'en fasse mention ; ils leur attribuent les qualités que les Européens accordent aux esprits follets. Ces esprits n'ont point de corps, mais ils prennent la forme qui leur plait ; ils rôdent la nuit pour faire mal aux hommes, tachent de conduire les voyageurs égarés dans des précipices , des puits ou des rivières, se transformant en lumière et cachant le péril où ils les entraînent. C'est pour se les rendre proprices que les Indiens élèvent en leur honneur de grossières statues colossales, auxquelles ils vont adresser des prières.
Mouton. — Le diable s'est montré plusieurs fois sous la forme d'un mouton. Le sorcier Âupelit, qui fut condamné à être brûlé vif, avoua qu'il s'était présenté à lui sous la Bgure d'un mouton plus noir que blanc, et qu'il lui avait dit que toutes les fois qu'il verrait dans 1ns nuages un mouton, ce serait le signal du sabbat *. — Quand vous rencontrez dans un voyage des moutons qui viennent à vous, c'est un signe que vous serez bien reçu ; s ils fuient devant vous , ils présagent un triste accueil. Voy» Morts.
Mouxouko, — nom que les habitants du Monomotapa donnent au diable , qu'ils représentent comme fort méchant ^,
' Lolnycr, Hist. et Disc, des spectres, etc.
' Dclancrc, Tubleau de IMnconstanec des démons, etc., p. 503.
^ Àbréf^é des Voyages, par de La Harpe, t. IV, p. 34.
MOZ
MLM
Mosart. — Un jour que Mozart, célèbre compositeur allemand , était plongé dans SCS rêveries mélancoliques , devenues habituelles par l'idée de sa mort dont il s*était frappé, il entendit un carrosse s'arrêter à sa porte ; on lui annonce un inconnu qui demande à lui parler, a Un grand personnage m*a chargé de venir vous trouver, dit l'inconnu. — Quel est cet homme? interrompt Mozart. — Il ne veut pas être nommé. — Que désire-t-il? — II vous demande un Requiem pour un service solennel. » —Mozart se sentit frappé de ce discours , du ton dont il était prononcé, de l'air mystérieux qui semblait répandu sur cette aventure ; la disposition de son âme fortifiait encore ces impressions. Il promit de faire le Requiem, a Meitez à cet ouvrage tout votre génie ; vous travaillez pour un connaisseur. — Tant mieux.
— Combien de temps demandez-vous ? — Quatre semaines. — Eh bien , je reviendrai dans quatre semaines. Quel prix mettez-vous à votre travail ? — Cent ducats. » L'inconnu les compta sur la table et disparut. — Mozart reste plongé quelques moments dans de profondes réflexions, puis tout à coup il se met à écrire. Celte fougue de travail continua pendant plusieurs jours. Il travailla jour et nuit a\ec une ardeur qui semblait augmenter en avançant, mais son coqs ne put résister à cotte fatigue. Il tomba un jour sans connaissance. Peu de lomps après, sa femme cherchant à le distraire des sombres pensées qui Tassiégeaient , Mozart lui dit brusquement: « Cela est certain ; ce sera pour moi que je ferai ce Requiem , il servira à mes funérailles. » Rien ne put le détourner de celle idée ; il continua de travailler à son Requiem, comme Raphaël travaillait à son tableau de la Transfiguration, frappé aussi de l'idée de sa mort. Mozart sentait ses forces diminuer chaque jour, et son travail avançait lentement. Les quatre semaines qu'il avait demandées s*élant écoulées, il vit entrer l'inconnu. « H ma été impossible , dit Mozart , de tenir ma parole.
— Ne vous gênez pas, dit l'étranger; quel temps vous faut-il encore? — Quatre semaines ; l'ouvrage m'a inspiré plus d'intérêt que je ne croyais , et je l'ai étendu plus que je ne voulais. — En ce cas, dit l'inconnu , il est juste d'augmenter les honoraires. Voici cinquante ducats de plus. — Monsieur, reprit Mozart toujours plus étonné , qui êtes vous donc? — Cela ne fait rien à la chose. Je reviendrai dans quatre semaines. » Mozart envoya surle-champ sa servante à la suite de cet homme exlraordinaife, pour savoir où il s'arrêterait; mais la servante vint rapporter qu'elle n'avait
pu retrouver sa trace. — Mozart se mit dans la tête que cet inconnu n'était pas un être ordinaire, qu'il avait sûrement des relations avec l'autre monde, qu'il lui était envoyé pour lui annoncer sa fin prochaine. Il n'en travailla qu'avec plus d'ardeur à son Requiem, qu'il regarda comme le monument le plus durable de son talt^nt. Pendant ce travail, il tomba plusieurs fois dans des évanouissements alarmants. Enfin l'ouvrage fut achevé avant les quatre semaines. L'inconnu revint au terme convenu... Mozart n'était plus. — Saliéri en mourant avoua que c'était lui qui avait joué le personnage de l'inconnu , et s'accusa de la mort de Mozart, dont il était envieux.
Mohaumîm , — nom que les Africains donnent à leurs possédés; ils font des cercles, impriment des caractères sur le front de ces muhazimim, et le diable qui les possède déloge aussitôt*.
Blall«r ( Jban ) , — astronome et astrologue, plus connu sous le nom de Regiomontanus, né en U36 en Franconie, mort à Rome en •1 476. Il paraît qu'il prophétisait aussi , puisqu'on dit qu'il annonça la fin du monde en même temps que StoÉer. Ces deux hommes firent tant de bruit que les esprits faibt&s crurent que le monde finirait infailliblement en 4588. On dit qu'il fit deux automates merveilleux : 4^ un aigle qui volait et qui alla audevant de l'empereur lors de son entrée à Ratisbonne ; 2® une mouche de fer qui faisait le tour d'nne table en bourdonnant à l'oreille de chaque convive, et revenait se poser sur sa main. Ses contemporains voyaient dans ces deux objets des œuvres de magie.
MuliiB, — démon d'un ordre inférieur, premier valet de chambre de Beizébuth. — Il y a aussi dans quelques procès de sorciers , un certain maître Jean Mullin , qui est le lieutenant du grand-maître des sabbats.
Btummol. — En 578, Frédégonde perdit un de ses fils, qui mourut de la dyssenterie. On accusa le général Mummol , qu'elle baissait , de l'avoir fait périr par des charmes et des maléfices. Il avait eu l'imprudence de dire à quelques personnnes qu'il connaissait une herbe d'une efiicacité absolue contre la dyssenterie. Il n'en fallut pas davantage pour qu'il fût soupçonné d'être sorcier. — La reine fit arrêter plusieurs femmes de Paris, qui confessèrent qu'elles étaient sorcières, qu'elles avaient tué plusieurs personnes , que Mummol devait périr, et que le prince avait été sacrifié pour sauver Mummol. De ces sorciè-
' Godin, DémoDomaiiie, p. 396.