‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 23 sur 319 · ANG · texte numérisé non relu

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sait que je n'ai pas le moyen de le nourrir. Lève-toi, » ajoulail-il. L'âne n'en faisait rien. Ce que voyant , le maître annonçait que le Soudan avait fait crier à son de trompe que le peuple eût à se trouver le lendemain hors da la ville du Kaire, pour y voir de grandes magnificences, a II veut, ajoulait-il, que les plus nobles dames soient montées sur des ânes...» — L'âne se levait à ces mois, dressant la tôle et les oreilles en signe de joie. « Il est vrai, ajoutait le bateleur, que le gouverneur de mon quartier m'a prié de lui prêter le mien pour sa femme , qui est une vieille roupilleuse édentée. » L'âne baissait aussitôt les oreilles et commençait à clocher corpme s'il eût été boiteux *. — Ces ânes merveilleux, disent les déraoïfographes, étaient, sinon des démons, au moins des hommes métamorphosés, comme Apulée, qui fut, ainsi qu'on sait, transmué en âne. Vincent de Beauvais parle* de deux femmes qui tenaient une petite auberge auprès de Rome , et qui allaient vendre leurs hôtes au marché après les avoir changés en cochons de lait, en poulets, en moutons. Une d'elles, ajoute-t-il, changea un comédien en âne, et, comme il conservait ses talents sous sa nouvelle peau, elle le menait dans les foires des environs, où il lui gagnait beaucoup d'argent. Un voisin acheta très-cher cet âne savant ; en le lui livrant, la sorcière se borna à lui recommander de ne pas le laisser entrer dans Peau, ce que le nouveau maître de l'âne observa quelque temps. Mais un jour le pauvre animai , ayant trouvé moyen de rompre son licou , se jeta dans un lac, où il reprit sa forme naturelle, au grand étonnement de son conducteur. L'affaire fat portée au juge, qui fit châtier les deux sorcières. — Les rabbins font très-grand cas de Fânesse de Balaam. C'est, disent-ils, un animal privilégié que Dieu forma à la fin du sixième jour. Abraham se servit d'elle pour porter le bois destiné au sacrifice dlsaac ; elle porta ensuite la femme et le fils de Moïse dans le désert. Ils assurent que cette ânesse est soigneusement nourrie et réservée dans un lieu secret jusqu'à l'avènement du Messie juif, qui doit la monter pour soumettre toute la terre. Voy. Borack.

Angat. — * Nom du diable à Madagascar, où il est regardé comme un génie sanguinaire et cruel. On lui donne la figure du serpent.

AiigeK«ri $ — Sicilien du dix-septième siècle, qui n'est connu que par un fatras dont

* Léon Africanus, part. 8 délia Âfrica, cité dans Lo> loyer.

* tn Specul. natur., lib. m, cap. 109.

il publia deux volumes, et dont il en promettait vingt-quatre, sous le tilre de Lumière mayiqm , ou origine , ordre et gouvernement de toutes les choses célestes, terrestres et infernales, etc. *. Mongitore en parle dans le tome \^^ de sa Bibliothèque sicilienne,

Angéliqae, — plante qui passe pour un préservatif contre les fascinations de la magie. On la mettait en manière d'amulette au cou des petits enfants pour les garantir des maléfices.

Angerbode OU Angurbode, — femme gigantesque qui se maria avec le diable , selon l'opinion des Scandinaves, et qui enfanta trois monstres : le loup Fcnris, le serpent Jormungandur et la démone Héla, qui garde le monde souterrain.

Anges. — Les Juifs, à l'exception des sa-ducéens, admettaient et honoraient les anges, en qui ils voyaient, comme nous, des substances spirituelles, intelligentes, et les premières en dignité entre les créatures. — L'Écriture sainte a conservé quelquefois aux démons le nom d'anges, mais anges de ténèbres ou mauvais anges. Leur chef est appelé le grand dragon et l'ancien serpent, à cause de la forme qu'il prit pour tenler la femme. — Zoroastre enseignait l'existence d'un nombre inQni d'anges ou d'esprits médiateurs, auxquels il attribuait non-seulement un pouvoir d'intercession subordonné à la providence continuelle de Dieu, mais un pouvoir aussi absolu que celui que les païens prêtaient à leurs dieux '. C'eât le culte rendu à des dieux secondaires que saint Paul a condamné '. Les musulmans croient que les hommes ont chacun deux anges gardiens , dont l'un écrit le bien et l'autre le mal. Ces anges sont si bons, ajoutent-ils, que, quand celui qui est sous leur garde fait une mauvaise action, ils le laissent dormir avant de l'enregistrer, espérant qu'il pourra se repentir à son réveil. — Les Persans donnent à chaque homme cinq anges gardiens, qui sont placés : le premier à la droite pour écrire ses bonnes actions, le second à sa gauche pour écrire les mauvaises , le troisième devant lui pour le conduire , le quatrième derrière pour le garantir des démons, et le cinquième devant son front pour tenir son esprit élevé vers le prophète. D'autres portent le nombre des anges gardiens jusqu'à cent soixante.— Les Siamois divisent les anges en sept ordres, et les char-

I Lux magica acadeirica . cœlestium , terrestrium et infernornmorigo, ordo et subordinatio cunctorum quoad esse, fieri et opcrari, XXIV voluminibiis divisa. Pars 1, Venise, 1696. sous le nom de Lfvio Betani; para ^, Venise, 1687. Ces deux vol. sont in-4".

» BcTgier, Dictiotinairé théologique,

3 Ck)Io8S., cap. 8, vers, 18.

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