‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 232 sur 319 · NOS · texte numérisé non relu

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que le meunier ni sa femme n'en surent trouver le défaut. Le maître du moulin, avant été appelé, il s'avisa d'y amener ladite sorcière, qui, s'étant mise à genoux sur Tengin avec lequel le meunier avait coutume d'arrêter l'eau , fit en sorte qu'un quart d'heure après le moulin se remit à moudre avec plus de vitesse qu'il n'avait jamais fait ^

Ifodier ( CHARLES ), — Spirituel auteur de Trilby ou le lutin d'Argail (Argyle), et beaucoup d'écrits charmants où les fées et les follets tiennent poétiquement leur personnage.

Hoel (Jacques), — prétendu possédé qui fit quelque bruit en 1667. Il était neveu d'un professeur de philosophie au collège d'Harcourt à Paris. Il s'imaginait sans cesse voir des spectres. Il était sujet aux convulsions épileptiques , faisait des grimaces, des contorsions, des cris et des mouvements extraordinaires. On le crut démoniaque, on l'examina; il prétendit qu'on l'avait maléficié, parce qu'il n'avait pas voulu aller au sabbat. Il assura avoir vu le diable plusieurs fois en différentes formes ■. On finit par découvrir qu'il était fou.

Hoh, — nom du premier homme selon les Holtentots. Ils prétendent que leurs premiers parents entrèrent dans le pays par une porte ou par une fenêtre; qu'ils furent envoyés de Dieu même, et qu'ils communiquèrent à leurs enfants l'art de nourrir les bestiaux avec quantité d'autres connaissances.

Woîx. — « Un grand secret est renfermé dans les noix ; car si on les fait brûler, qu'on les pile et qu'on les mêle avec du vin et de l'huile , elles entretiennent les cheveux et les empêchent de tomber '. »

Mono , — génies malfaisants que les Indiens des îles Philippines placent dans des sites extraordinaires entourés d'eau ; ils ne passent jamais dans ces lieux, qui remplissent leur imagination d'efi'roi , sans leur en demander permission. Quand ils sont attaqués de quelque infirmité ou maladie, ils portent à ces génies en forme d'offrande du riz, du vin , du coco , et le cochon qu'on donne ensuite à manger aux malades.

Wornef , — - fées OU parques chez les Celtes. Elles dispensaient les âges des hommes , et se nommaient Urda (le passé), Verandi (le présent) , et Skalda (l'avenir).

« I>elancre, Tncrëdulité et ntécréance de Iji divination, da sortilège, etc., xt. 6, p. 3l8.

* Lettres de Saint- André sur la magie, etc.

3 Albert le Gr:\r.d, p. lyg.

Hottradamut (Michel), — médecin et astrologue, né en 1503 à Saint-Remi en Provence, mort à Salon en 1566. Les talents qu'il déploya pour la guérison de plusieurs maladies qui aflligeaient la Provence lui attirèrent la jalousie de ses collègues ; il se retira de la société. Vivant seul avec ses livres , son esprit s'exalla au point qu'il crut avoir le don de connaître l'avenir. Il écrivit ses prédictions dans un style énigmatique ; et pour leur donner plus de poids , il les mit en vers. Il en composa autant de quatrains , dont il publia sept centuries à Lyon en 1555. Ce recueil eut une vogue inconcevable; on prit parti pour le nouveau devin : les plus raisonnables le regardèrent comme un visionnaire , les autres imaginèrent qu'il avait commerce avec le diable, d'autres qu'il était véritablement prophète. Le plus grand nombre des gens sensés ne virent en lui qu'un charlatan qui, n'ayant pas fait fortune à son métier de médecin, cherchait à mettre à profit la crédulité du peuple. La meilleure de ses visions est celle qui lui annonça qu'il s'enrichirait à ce métier. Il fut comblé de biens et d'honneurs par Catherine de Médicis, par Charles IX, et par le peuple des petits esprits. — Le poète Jodelle fit ce jeu de mots sur son nom :

No 'ira damus cùm falsa damus, namfallerc nosirum est; Et cùm falsa damus, nil nisi nottra damua.

Ce n'est point merveille, dit Naudé, si, parmi le nombre de mille quatrains, dont chacun parle toujours de cinq ou six choses différentes, et surtout de celles qui arrivent ordinairement, on rencontre quelquefois im hémistiche qui fera mention d'une ville prise en France, de la mort d'un grand en Italie, d'une peste en Espagne, d'un monstre, d'un embrasement, d'une victoire, ou de quelque chose de semblable. Ces prophéties ne ressemblent à rien mieux qu'à ce soulier de Théramène , qui se chaussait indifféremment par toutes sortes de personnes. Et quoique Chavigny, qui a tant rêvé là-dessus, ail prouvé dans son Janus français que la plupart des prédictions de Noàlradamus étaient accomplies au commencement du dix- septième siècle, on ne laisse pas néanmoins de les remettre encore sur le tapis. Il en est des prophéties comme des almanachs; les idiots croient à tout ce qu'ils y lisent, parce que sur mille mensonges ils ont rencontré une fois la vérité. — Nostradamus est enterré à Salon ; il avait prédit de son vivant que son tombeau changerait de place après sa mort. On l'enterra dans l'église des Cordcliers, qui fut détruite. Alors le tombeau se trouva dnns un champ, et le peuple

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