‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 256 sur 319 · FUS · texte numérisé non relu

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VMtes des floii(M. «^ Dans Virgile , Tune est de corne, Tautre est d*ivoire. Par la porte de corne passent les songes véritables, et par la porte d'ivoire les vaines illusions et les songes trompeurs.

Pottédét. ^ Le bourg deTcilly, à (rois lieues d'AmieDS, donna en 4 81 6 le spectacle d'une fille qui voulait se faire passer pour possédée. Elle était, disait-elle , au pouvoir de trois démons, Mimi,Zozo etCrapoulet. Un honnête ecclésiastique prévint l'autorité, qui reconnut que cette fille était malade. On la fit entrer dans un hôpital, et il ne fut plus parlé de la | ossession. — On trouve de la sorte duns le passé beaucoup de supercheries, que la bonne foi de nos pères n'a pas su réprimer assez lot. Cependant il y eut bien moins de scandales qu'on ne le conte , et les possessions n étaient pas de si libre allure qu'on le croit.— Une démoniaque commençait à faire du bruit sous Henri III; le roi aussitôt envoya son chirurgien Pigray, avec deux autres médecins, pour examiner l'affaire. Quand la possédée fut amenée devant ces docteurs, on l'interrogea, et elle débita des sornettes. Le prieur des Capucins lui fit des demandes en latin auxquelles elle répondit fcrl mal; et enfin on trouva dans certains papiers qu'elle avait été déjà, quelques années précédemment, fouettée en place pubîiquepouravoir voulu se faire passer pour démoniaque ; on la condamna à une réclusion perpétuelle. — Du temps de Henri III , une Picarde se disait possédée du diable, apparemment pour se rendre formidable. L'évéque d'Amiens , qui soupçonnait quelque imposture , la fit exorciser par un laïque déguisé en prêtre, et lisant les épitres de Cicéron. La démoniaque, qui savait son rôle par cœur, se tourmenta , fit des grimaces effroyables , des cabrioles et des cris, absolument comme si le diable, qu'elle disait chez elle, eût été en face d'un prêtre lisant le livre sacré *. Elle fut ainsi démas* quée. — Les vrais possédés ou démoniaques sont ceux dont le diable s'est emparé. Plusieurs aujourd'hui prétendent que toutes les possessions sont des monomanies , des folies plus ou moins furieuses, plus ou moins bizarres. Mais comment expliquer ce fait qu'à Gheel en Belgique , où l'on traite les fous colonisés, on guérit les fous furieux en les exorcisant ? Le savant docteur Moreau , dans la visite qu'il a faite à Gheel en 1842, et qu'il a publiée , a reconnu ce fait , qui ne peut être contesté. Le diable serait-il donc pour quelque chose dans certaines folies? et eonnaissons-nous bien tous les mystères au milieu

^ pigray, Traité de chirurgie.

desquels nous vivons? -* Dans tous les cas beaucoup de possessions, et la plupart, ont été soupçonnées de charlatanisme. Nous croyons que souvent le soupçon a été fondé.

— On a beaucoup écrit sur les démoniaques, qui sont, disent les experts, plus ou moins tourmentés, suivant le cours de la lune.** L'historien Joséphe dit que ce ne sont pas les démons, mais les âmes des méchants, qui entrent dans les corps des possédés et les tour«menlent. — On a vu des démoniaques à qui les diables arrachaient les ongles des pieds sans leur faire du mal. On en a vu marcher à quatre pattes , se traîner sur le dos , ramper sur le ventre, marcher sur latélc. 11 y en eut qui se sentaient chatouiller les pieds sans sa* voir par qui ; d'autres parlaient des langues qu'ils n avaient jamais apprises, etc. — En l'an 4556, il se trouva à Amsterdam trente enfants démoniaques , que les exorcismes ordinaires ne purent délivrer ; on publia qu'ils n'ét«iient en cet état que par maléfices et sortilèges ; ils vomissaient des ferrements , des lopins de verre, des cheveux, des aiguilles et autres choses semblables. On conte qu'à Rome, dans un hôpital, soixante-dix filles devinrent folles ou démoniaques en une seule nuit ; deux ans se passèrent sans qu'on les pût guérir. Cela peut être arrivé, dit Cardan, ou par le mauvais air du lieu , ou par la mauvaise eau , ou par la fourberie, ou par suite de mauvais déporteincnis. — On croyait reconnaître autrefois qu'une personne était démoniaque à plusieurs teignes : i® les contorsions ; 2^ l'enflure du visage ; Z^ l'insensibilité et la ladrerie ; 4® rimmobililé ; 5® les clameurs du ventre ; 6® le regard fixe ; 7^ des réponses en français à des mots latins ; 8<» les piqûres de lancette sans effusion de sang, etc.

— Mais les saltimbanques et les grimaciers font des contorsions, sans pour cela être possédés du diable. L'enflure du visage , de la gorge, de la langue, est souvent causée par des vapeurs ou par la respiration retenue. L'insensibilité peut bien être la suite de quelque maladie, ou n'être que factice, si la personne insensible a beaucoup do force. Un jeune Lacédémonien se laissa ronger le foie par un renard qu'il venait de voler, sans donner le moindre signe de douleur ; un enfant se laissa brûler la main dans un sacrifice que faisait Alexandre, sans faire aucun mouvement : du moins les historiens le disent. Ceux qui se faisaient fouetter devant l'autel de Diane ne fronçaient pas le sourcil. — L'immobilité est volontaire, aussi bien dans les gestes que dans les regards. On est libre de se mouvoir ou de ne se mouvoir pas, pour

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