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peu qu'on ait de fermeté ilutis les nerfs. Les clameurs el jappements que les possédés fai-» salent entendre dans leur ventre sont expli-» qués p^r nos ventriloques. — On attribuait aussi ô la présence du diable les piqûres d'aiguille ou de lancette sans effusion de sang; mais ddns leâ mélancoliiiues, le sang, qui est épais et grossier; ne peut souvent sortir par une petite ouverture , et les médecins disent que certaines personnes piquées de la lan*cette ne saignent point. — On regardait encore comme po^édés les gens d'un estomac faible, qui , ne digérant point , rendaient les choses telles qu'ils les avaient avalées. Les fous et les maniaques avaient la môme réputation. Les symptômes de la manie sont si aifreux ', que nos ancêtres sont trës-excusablcs de l'avoir mise sur le compte des esprits malins. — On a publié un traité sur les démoniaques intitulé : Recherches sur ce qu'il faut entendre par les démoniaques dont il est parlé dans le Nouveau Testament, par T. P. A. P. 0. A. B. J. T. G 0. 8.,in-42, 4738.
PoëèédéM de Flandre. — L'affaire des possédées de Flandre , au dix-septième siècle, a fait trop de bruit pour que nous puissions nous dispenser d'eu parler. Leur histoire a été écrite en deux volumes in-8^, par les pères Domptius et Michaelis. — Ces possédées étaient trois femmes qu'on exorcisa à Douay. L'une était Didyme, qui répondait en vers et en prose , disait des mots latins et des mots hébreux , et faisait des impromptus. C'était une religieuse infectée d'hérésie et convaincue de mauvaises mœurs. La seconde était une nile, appelée Simone Dourlet, qui ne répugnait pas à passer pour sorcière. La iroisiéitie était Marie de Sains , qui allait au sabbat et prophétisait par l'esprit de Satan. La presse du temps a publié un factum curieux intitulé : les Confessions de Didyme, sorcière pénitente, avec lès choses qu'elle a déposées touchant la synagogue de Satan^ Plus y ks in^nces que celte complice {qui depuis est rechutée) a faites pour rendre nulleè ses premières confessions : véritable récit de tout ce qui s'est passé eh cette affaire. Paris , 4633. — On voit, dans celte pièce, que « Di-
I La manie unÎTerselIe est le spectacle Te plus hideux et le plus terrible qu'on puisse voir. De milaitque a les yeux fixes, sanglants, tantôt hors de l'orbite , tantôt en* foncés, le visage rouge, les vaisseaux engorgés, les traits altérés, tout le corps en contraction; il ne reconnaît
f»lus i^i amis, ni parents, ni .enfants, ni épo^ise. Sombre, liricux, rêveur, cherchant la terre nue et Tobscurité, il 6'irrite du contact de ses vêtements, qu'il déchire avec les ongles et avec les dents, même de celui de l'air et de la lumière, contre lesquels il s'ép lise en sputations et en veci rérations. La faim, la soif, le chaud, le froid, de« viennent souy^nt, pour le maniaque, des s^sations inconnues, d'autres fois exaltées. (Le docteur Fod<5ré, Médecine légale.)
(lynic n'était pas en réputation ùb aaialioté, mais suspecte au contraire à cause de ses mœurs fâcheuses. » On la reconnut possédée et sorcière; on découvrit le 29 mars 1617 qu'elle avait sur le dos une marque faite par le diable. Elle confessa avoir été à la synagogue (c'est ainsi qu'elle npmmait le sabbài), y avoir eu commerce avec le diable et y avoir reçu ses marques. Elle s'accusa d'avoir fait des maléfices , d'avoir regii du diable des poudres pour nuire , et de les avoir employées avec certaine formule de paroles terribles. Elle avait, disait-elle, un démon familier de Tordre de Belzébuth. Elle dit encore qu'elle avait entrepris d'ôter la dévotion à sa communauté pour la perdre; que, pour elle, elle avait mieux aimé te diable que son bieu. Elle avait renoncé à Dieu, livrant corps et âme au démon ; ce qu'elle avait confirmé en donnant au diable quatre épingles; convention qu'elle avait signée de son sang, tiré de sa veine avec une petite lancette que le diable lui avait fournie. Elle se confessa encore de plusieurs abominations , et dit qu'elle avait entendu parler au sabbat d'un certain grand miracle par lequel bleu exterminera la synagogue ; et alors ce sera fait de Bélzébutli qui sera plus piini que les autres. Elle parla de grands combats que lui livraient le diable et la princesse des enfers pour empêcher sa confession, t'uis elle désavoua tout ce qu'elle avait confessé ^ s'écriaut que le diable la pcidait. Elait-co folie? dans tous lès cas celte folie était affreuse. — Marie de Sains disait de son côté qu'elle s'était aussi donnée aii diable, qu'elle avait assisté au sabbat, qu'elle y avait adçré le diable , une chandelle noire à la main. Elle prétendit que l'Antéchrist était venu , et elle expliquait l'Apocalypse. -^Simone bourlei, avait aussi fréquenté le sabbat. Mais comme elle lémoighait du repentir, on la mit eu liberté , car elle était arrêtée comiiio sorcière. Un jeune homme dé Valenclehnc^, de ces jeunes gens dont la race n'est pas perdue, pour qui le scandale est uh aUrait, s'éprit alors de Simone Dourlet et voulût l'épouser. L'ex- sorcière y consentit. Siais le comte d'Eslaires la fil remettre en prison , où elle fut retenue long-temps avec Marié de Sains. Didyme fut brûlée. Voy. Sabbat.
Poetel (GuiLtAuiaE}, visionnaire dii seizième siècle , né au diocèse d'Avranclies. Il fut si précoce qu*à Tûge de quatorze ans on le fit maître d'école. Il ne devint absurde que dans l'âge mûr. On dit qu'une lecture trop approfondie des ouvrages des ràbbînç et là vivacité de son imagination lé précipitèrent dans des écarts qui. semôreoi sa vie de trou-