‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 259 sur 319 · FRÉ · texte numérisé non relu

FRÉ

les fables des Egyptiens et des Ghaldéens, ce paradoxe eut un moment des sectateurs, comme en ont toutes les absurdités. Desmarais, qui professait à Groningue, le combattit, et plus tard Tauleur même se rétracta.

Piréej, — voy. Rambouillet.

FrédîoUoas. — Pompée , César et Crassus avaient été assurés par d*habiles astrologues qu'ils mourraient chez eux comblés de gloire, de biens et d'années, et tous trois périrent misérablement. Charles-Quint, François \" et Henri Vm, tous trois contemporains, furent menace do mort violente, et leur mort ne fut que naturelle. — Le grand seigneur Osman voulant déclarer la guerre à la Pologne en 4621, malgré les remontrances de ses ministres, un santon aborda le sultan et lui dit : « Dieu m'a révélé la nuit dernière dans «une vision que, si Ta Hautesse va plus loin, elle est en danger de perdre son empire; ton épée ne peut cette année faire de mal à qui que ce soit — Voyons, dit Osman, si la prédiction est certaine ; » et donnant son cimeterre à un janissaire, il lui commanda de couper la tète à ce prétendu prophète , ce qui fut exécuté sur-le-champ. — Cependant Osman réussit maj dans son entreprise contre la Pologne, et perdit, peu de temps après, la vie avec Tempire.— On cite encore ie fait suivant, comme exemple de prédiction accomplie : ^ Un ancien coureur, nommé Languilie , s'était retiré sur ses vieux jours à Aubagne près de IMarseille. U se prit de querelle avec le bedeau de la paroisse, qui était en même temps fossoyeur; cette dispute avait produit une haine si vive, que Languille avait signifié au bedeau qu'il ne mourrait jamais que par lui ; de sorte que le pauvre bedeau effrayé t'évitait comme un ennemi formidable. — Peu de temps après, Languille mourut, âgé de soixante-quinze ans. Il logeait dans une espèce de chambre haute où l'on montait par un escalier étroit et très* roide. Quand il fut question de l'enterrer, le bedeau bien joyeux alla le chercher, et chargea sur ses épaules la bière dans laquelle était le corps de Languille , qui était devenu assez gros. Mais en le descendant d'un air triomphal, il fit un faux pas, glissa en avant; la bière tombant &ur lui t'écrasa. Ainsi s'accomplit la menace de Languille, autrement sans doute qu'il ne l'avait entendu. — Manière de prMre l*avenir. — Qu'on brûle de la graine de lin , des racines de persil et de violette ; qu'on se mette dans cette fumée , on prédira les choses futures *... Voy. As- TaoLOGiB, etc.

» Wecker, des Secrets merveilleuse.

PrélaU, — charlatan de magie. Voy. Raiz*

Prètage*. — Cette faiblesse, qui consiste à regarder comme des indices de l'avenir les événements les plus simples et les plus naturels, est l'une des branches les plus considérables de la superstition. U est à remarquer qu'on distinguait autrefois les présages des augures , en ce que ceux-ci s'entendaient des augures recherchés ou interprétés selon les règles de l'art augurai , et que les présages qui s'effraient fortuitement étaient interprétés par chaque particulier d'une manière plus vague et plus arbitraire. — De nos jours on regarde comme d'un très-mauvais augure de décliu:fx trois fois ses manchettes ; de trouver sur une table des couteaux en croix , d'y voir des salières renversées , etc. Quand nous rencontrons en chemin quoiqu'un qui nous demande où nous allons , il faut retourner sur nos pas, de peur que mal ne nous arrive. — Si une personne à jeun raconte un mauvais songe à une personne qui ait déjeuné , le songe sera funeste à la première. Il sera funeste à la seconde , si elle est à jeun, et que la première ail déjeuné. Il sera funeste à toutes les deux , si toutes les deux sont à jeun. Il serait sans conséquence , si toutes les deux ont l'estomac garni. — Malheureux généralement qui rencontre le malin, ou un lièvre, ou un serpent , on un lézard , ou un cerf^ ou un chevreuil , ou un sanglier I Heureux qui rencontre un loup, une cigale, une chèvre, un crapaud! Voy. Araignée, Chasse, Pie, Hibou , etc. , etc. , etc. — Cécilia , femme de Métcllus, consultait les dieux sur l'établissement de sa nièce , qui était nubile. Cette jeune fille, lasse de se tenir debout devant l'autel sans recevoir de réponse , pria sa tante de loi prêter la moitié de son siège. « De bon cœur, lui dit Cécilia, je vous cède même ma place tout entière. » Sa bonté lui inspira ces mots, qui furent pourtant, dit Valère-Maxime, un présage de ce qui devait arriver; car Cécilia mourut quelque temps après, et Métellus épousa sa nièce. — Lorsque Paul-Ëmile faisait la guerre au roi Persée, il lui arriva quelque chose de remarquable. Un jour, rentrant à sa maison , il embrassa , selon sa coutume, la plusjeuqe de sesfilleè, nommée Tertia, et la voyant plus triste qu'à l'ordinaire, il lui demanda le sujet de son chagrin. Celte petite fille lui répondit que Persée était mort (un petit chien que l'enfant nommait ainsi venait de mourir). Paul saisit le présage ; et en effet , peu de temps après , il vainquit le roi Persée , et entra triomphant dans Rome*.

' Vtière Maxime,

FRt:

— Ziii —

Page 1