PRI
— Ua peu avant l'invasion des Espagnols au Mexique , on prit au lac de Mexico un oiseau de la forme d*une grue, qu'on porta à l'empereur Montézuma, comme une chose prodigieuse. Cet oiseau , dit le conte , avait au haut de la tète une espèce de miroir où Montézuma vit les deux parsemés d'étoiles , de quoi il s'étonna grandement. Puis levant les yeux au ciel, et n'y voyant plus d'étoiles, il regarda une seconde fois dans le miroir, et aperçut un peuple qui venait de l'Oriei^t, armé, combattant et tuant. Ses devins étant venus pour lui expliquer ce présage, l'oiseau disparut, les laissant en grand trouble, a C'était , à mon avis, dit Delancre, son mauvais démon qui venait lui annoncer sa fin, laquelle lui arriva bientôt.» — Dans le royaume de Loango en Afrique, on regarde comme le présage le plus funeste pour le roi que quelqu'un le voie boire et manger ; ainsi il est absolument seul et sans domestiques quand il prend ses repas. Les \oyageurs, en parlant de cette superstition , rapportent un Irait barbare d'un roi de Loango : Un de ses 61s, âgé de huit ou neuf ans, étant entré imprudemment dans la salle où il mangeait, et dans le moment qu'il buvait, il se leva do table, appela le grand-prétre, qui saisit cet enfant, le lit égorger, et frotta de son sang les bras du père , pour détourner les malheurs dont ce présage semblait le menacer. Un autre roi de Loango fil assommer un chien qu'il aimait beaucoup, et qui, l'ayant un jour suivi , avait assiste à son dîner *. — Les hur lements des bêles sauvages , les cris des cerfs et des singes sont des présages sinistres pour les Siamois. S'ils rencontrent un serpent qui leur barre le chemin , c'est pour eux une raison suffisante de s'en retourner sur leurs pas, persuadés que l'aflaire pour laquelle ils sont sortis ne peut pas réussir. La chute de quelque meuble que le hasard renverse est aussi d'un très-mauvais augure. Que le tonnerre vienne à tombor, par un effet naturel et commun , voiià de quoi gâter la meilleure affaire. Plusieurs poussent encore plus loin la superstition et l'exlravagance. Dans une circonstance critique et embarrassante, ils prendront pour règle de leur conduite les premières paroles qui échapperont au hasard à un passant, et qu'ils interpréteront à leur manière. — Dans le royaume de Bénin, en Afrique, on regarde comme un augure très-favorable qu'une femme accouche de deux enfants jumeaux : le roi ne manque pas d'être aussitôt informé de cette imporlante nouvelle, et l'on célèbre par des concerts et des festins un événement si heureux. Le même présage est
^ Saiot-Foix, Essais historiques.
regardé comme très-sinistre dans le village d'Ârebo, quoiqu'il soit situé dans le même royaume de Bénin.
Vretoleiiee , — Connaissance certaine et in* faillible de l'avenir. Elle n'appartient qu'à Dieu. Rappelons-nous ici la maxime d'Hervey : tt Mortel, qui que tu sois, examine et pèse tant que tu voudras ; nul sur la terro ne sait quelle On l'attend. »
PréfcnraUfs , — voy. AMULETTES, C0RNB8,
Phylactères , Troupeaux , etc.
PntMntîiiient — Suétone assure que Calpurnie fut tourmentée de noirs pressentiments peu d'heures avant la mort de César. Mais que sont les pressentiments? est-ce une voix secrète et intérieure ? est-ce une inspiration céleste ? est-ce la présence d'un génie invisible qui veille sur nos destinées ? Les an* ciens avaient fait du pressentiment une sorte de religion , et de nos jours on y ajoute foi. M. C. de R..., après s'être beaucoup amusé au bal de l'Opéra, mourut d'un coup de sang en rentrant chez lui. Madame dej^., sa sœur, qui l'avait quilté assez tard, fut tourmentée toute la nuit de songes affreux qui lui représentaient son frère dans un grand danger, l'appelant à son secours. Souvent réveillée en sursaut, et dans des agitations continuelles, quoiqu'elle sût que son frère était au bal de lOpéra, elle n'eut rien de plus pressé, dès que le jour parut, que de demander sa voiture et de courir chez l'objet de sa tendresse fraternelle. Elle arriva au moment que le suisse avait reçu ordre de ne laisser entrer personne, et de dire que M. C. de R.... avait besoin de repos. Elle s'en retourna consolée et riant de sa frayeur. Ce ne fut que dans l'après-midi qu'elle apprit que ses noirs pressentiments ne l'avaient point trompée . Voy, Songes.
Pr«MÎae , — VOy, MÉLUSINB Prctiantmt , — VOy, ExTASES.
Pr«ttîget. — « Il y a eu de nos jours , dit Gaspard Peucer, en ses commentaires de Divinatione, une vierge bateleuse à Bologne, laquelle, pour l'excellence de son art, était fort renommée par toute ritalie ; néanmoins elle ne sut, avec toute sa science, si bien prolonger sa vie qu'enfin, surprise de maladie, elle ne mourût. Quelque autre magicien, qui l'avait toujours accompagnée, sachant le profit qu'elle retirait de son art pendant sa vie , lui mit, par le secours des esprits, quelque charme ou poison sous les aisselles , de sorte qu'il semblait qu'elle eût vie, et commença à
I Spectriana, p. 64.
se rolrouver aux assomblées jouant de lu harpe, chanianl, sautant et dansant, comme elle avait accoutumé ; de sorte qu'elle ne diiférai^ d'une personne vivante que par sa couleur qui éldlt excessivement pà\e. i*éu de Jtkl^s après, il se trouva â fiologne un autre magicien^ lè- (juél , averlî dé l'excellence de l'art de cette (illè , là voulut voir jouer comthe les autres. Maiâ à t)eine Teut-il vue, qu'il s'écria : «Que faites- vous ici, messieurs? celle que vous vd^éz devant vg(s yeux , qui fait de si jolis soubresauts, n'est autre qu'une charogne morte; » et à l'instant elle tomba merle à terre. Au moyen de quoi le prestige et l'enchan* teur furent découverts. »
Prétettat, — voy. Extases. — Une jeune femme dé la ville de Laon vit le diable sous la forme de son grand- père, puis sous celles d'une bête vfelue, d'un chat, d'un escarbot,* d'Une guêpe et d'une jeune fille *. Voy. AppARirjo.NS, Enchantements, Sicidites, Méta- ■oRPHosES, Charmes^ etc.
ll^rètret noîrt. — C'est le nom que donnérit les sorciers aux prêtres du sabbat.
^nèreè •uperttîtîeuèet. — NoUS empruntons à l'abbé Thiers cl à quelques autres ces petits chefs-d'œuvre de niaiserie ou do naïveté. — Pour le inaî de denU: Sainte Apolline qui est assise sur la pierre ; sainte Apolline, que faites-vous là? — Je suis vende îcl |îour le mal de dents. Si c'est un ver, ça è'ôtera ; si c'est une goutte, ça s'en ira. — Contre le tonneire. Sainte Barbe, sainte Fleur, la vraie croix de notre Seigneur ; partout où cette oraison se dira , jamais le tonnerre ne tombera. — Pour toutes les blessures. Dieu me bénisse et me guérisse, moi pauvre créature, de toute espèce de blessure, quelle qu'elle soit, en l'honneur de Dieu et de la Vierge Marie, et de messieurs saint Cosme et saint Damien. Anien. — Pour tes maladies des yeuœ. Monsieur saiht Jean pa^sftnt pal' ici trouva trois vierges en son cbeaiiD. Il leur dit: Vierge^, que faites^vous . ici ? — Nous guérissons de la maille. — Oh ! guérissez, vierges, guérissez cet œil. — Pour arrêter le sang du nez. Jésus- Christ est ne en Bethléem, et a souffert en Jérusalem. Son sang s'est troublé; je le dis et te commande, sang, que tu t'arrêtes par la puissance de Dieu, par l'aide de saint Fiacre et de tous les saints , tout ainsi que le Jourdain, dans lequel saint Jean- Baptiste baptisa notre Seigneur, s'est arrêté. Au nom du Père et du Fils et du Saint-E^^prit. Voy, Oraison du Loup , Gardes , Babbe-abiEv, etc.
« Cornelii GemmaB Cosmocriticsb, lib. il, cap. 2.
PllO
Prodige, -* événement surprenant dont on ignore la cause, et que Ton est tenté de regarder comme surnaturel. C'est la définition de Bergier. Sous le consulat de Volumnius , on entendit parler un bœuf; il tomba du ciel, en forme de pluie, des morceaux de chair, que les oiseaux dévorèrent en grande partie ; le reste fut quelques jours sur la terre sans rendre de mauvaise odeur. Dans d'autres temps, on rapporta des événements aussi extraordinaires , qui ont néanmoins trouvé créance parmi les hommes : un enfant de six mois cria victoire dans un marché de bœufs. Il plut des pierres à Picenne. Dans les Gaules, lin loup s'approcha d'une sentinelle, lui tira l'épée du fourreau et l'emporta. Il parut en Sicile une sueur de sang sur deux boucliers ; et, pendant la seconde guerre punique, un taureau dit en présence de Cneus Domitius : Homey prends garde à toi^ ! Dans la ville de Galène , sous le consulat de Lépide , on entendit parler un coq dinde, qui ne s'appelait pas alors un coq d'Inde ; car c'était une pintade. Voilà des prodiges. — Delancre parle d'un sorcier qui, de son temps, sauta du haut d'une montagne sur un rocher éloigné do deux lieues. Quel saut!... — Un homme ayant bu du lait, Schenkius dit qu'il vomit deux petits chiens blancs aveugles. — Vers la fin du mois d'août 1682, on montrait à Charenton une fille qui vomissait des chenilles, des limaçons, des araignées et beaucoup d'autres insectes. Les docteurs de Paris étaient émerveillés. Le fait semblait constant. Ce n'était pas en secret, c'était devant des assemblées nombreuses que ces singuliers vomissements avaient lieu ; d<^jà on préparait de toutes parts des dissertations pour expliquer ce phénomène , lorsque le lieutenant criminel entreprit de s'immiscer dans l'affaire. Il interrogea la maléficiée, lui fit peur du fouet et du carcan, et elle avoua que depuis sept ou huit mois elle s'éliiit accoutumée /i avaler des chenilles, des araignées et des insectes; qu'elle désirait depuis long-temps avaler des crapauds, mais qu'elle n'avait pu s'en procurer d'assez petits*. On a pu lire il y a vingt ans un fait pareil rapporté dans les journaux. Une femme vomissait des grenouilles et des crapauds ; un médecin peu crédule, appelé 'pour vérifier le fait, pressa de questions la malade, et parvint à lui faire avouer qu'elle avait eu recours à celte jonglerie pour gagner un peu d'argent^.
* Valère Makimc.
' Dict. des merveUies de la nature, article Bstomitc.
3 M. Salgues, Des erretiri et .des préjugés, t. Il, p. 94.
Pl\0
J^romèthée. — Atlas et Promélhée, tous deux grands astrologues , vivaient du temps de Joseph. Quand Jupiter délivra Prométhée de Taigie ou du vautour qui devait lui dévorer les entrailles pendant trente mille ans, le dieu y qui avait juré de ne le point détacher du Caucase^ ne voulut pas fausser son serment, et lui ordonna de porter à son doigt un anneau où serait enchâssé un fragment de ce rocher. C'est là , selon Pline , l'origine des bagues enchantées.
Fronottîot populaires. — Quand les chénes portent beaucoup de glands, ils pronostiquent un hiver long et rigoureux. — Tel vendredi , tel dimanche. Le peuple croit qu*un vendredi pluvieux ne peut être suivi d'un dimanche serein. Racine a dit au contraire :
Ma foi sar Tavenir bien fou qai se fiera, Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera.
Si la huppe chante avant que les vignes ne gern^en^ , c'est un signe d'abondance de vin :
De saint Pan] la claire journée Nous dénote une bonne année.
Si Ton voit épais les brouillards, Mortalité de toutes parts.
S*ii fait vent, nous aurons la guerre ; S^il neige ou pleut, cherté sur terre; 8i beaucoup d'eau tombe en ce mois, Lors peu de vin croître tu vois.
Des étoiles en plein jour pronostiquent des inc^ndi.es et des guerres. Sous le règne de Constance, il y eut un jour de ténèbre^ pendant lequel op vit les étoiles ; le soleil à son lever était aussi p^le que la lune : ce qui ftrésageait fa famine et Iq pe$te.
Du jour de saint Médard, en juin, Le laboureur se 4onne soin ; Car les anciens disent, s'il pleut^ Que trente jours durer il peut.
Et s'il fait beau, sois tout certain I>'avoir abondamment du grain.
Les tonnerres du soir amènent un orage ; les tonnerres du matin promettent des vents; ceux qu'on entend vers midi annoncent la pluie. Les pinies de pierres pronostiquent des charges et des surcroîts d impôts.
Quiconque en août dormira Sur midi, s'en repentira.
Bref en tous temps je te prj^j|i Qu'il ne faut dormir à midi.
Trois soleils pronostiquent un irjumvirat. On . {rit trois sqIeilS) ^it Cardan, après la mort de
Jples César ; la même chps^ eui lieu un peu
ayant Je règne de François P^ Charles-Quijit rfii Henri VIII. — Si le soleil luit avant la ]infisse le jour de i^ Chandeleur, p'est un si- .gnc que l'hiver sera encore bien long, r-* Qui
se couche avec lés chiens se lève avec lès
puces'.
Prophètes . — Le» Turcs en reconnaissent plus de cent quarante mille ; les seuls que nous devions révérer comme vrais prophètes sont ceux des saintes Écritures. — Toutes les fausses religions en on(i eu de Sbux comme elles.
Prophéties, — VOy. PRÉDICTIOXS, SIBYL- LES , Devins , etc.
Proserpme , — épouse de Pluton selon les païens, et reine de l'empire infernal. Selon les démonomanes, Proserpine est archiduchesse et souveraine princesse des esprits malins. Son nom vient de proserpere, ramper, serpenter ; les interprètes voient en elle le serpent funeste.
;pro«tropli»es > — esprils pialfaisan^ qu'il fallait supplier avec ferveur, chez les anciens, poqr éviter leur colère.
PrnlUs ou 9«sa«, — grand prince et ^andduc de l'empire infernal. Il régna dans Babylone , quoiqu'il eût la tôte d'un hit)ou. H excite les discordes , allume les guerres , les querelles , et réduit à la mendictié ; il répond avec profusion à tout ce qu'on lui demande , il a vingt-six légions sous ses ordres *,
Psèpkos, — sorte de divination où Ton faisait usage de petits cailloux, qu'on cachait dans du sable.
Psyokomanoîe , — divination par les esprits, ou art d'évoquer les morts. Voy. Nécromancie.
Psjrlles, — peuples de Libyp, dont l^ présence seule charmait le poisop je plus subi il (des serpents las plus redoutables. )ls pféteudaient aussi guérir la morsure des serpenjs avec leur salive ou p^r leur simple attouchement. Hérodote prétend que les anciens Psy)les périrent dans la guerre ipspnsfée qu'ils entreprirent contre le vent dij fn\^di, indignés qu'ils étaient de voir leurs sources desséchées.
PaylotoTOtes, — peuple imagif^s}|)re (}^ Lucien. ^Is étaient niontés sur des pMces grosses comme des éléphants.
Pobtîpit, ~ voy. TÉme.
Paoel, — grand et puissant duc de Tefife^; il parait sous la forme d'uq ange obscur ; il répond sur les sciences occultes ; il apprend ia géométrie et les arts libéraux ; il cause de grands bruits et lait entendre le mugissement des eaux dans les lieux où il nV en a pas. Jl commande quarante-huit légions'. Il pourrait bien être )e même que Pocel.
Piioelle A^Orléans, — i;ot/. JEANNE B'AnG.
< Wierus, in Pseudomonarchiâ dtem.
> Wierus, in Pseudoroon. dwm.