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loir une pénitence , m'imposa celle de porter pendant deux ans une ceinture de crin ; ce que je n'ai pu exécuter à cause de mes grossesses et maladies. Ne voulez-vous pas bien, ma fille, accomplir pour moi celle pénitence? » La fille le lui promit. La mère la chargea ensuite de déjeuner au pain et à l'eau pendant quatre vendredis et samedis qui restaient jusqu'à l'Ascensioti prochaine, de faire dire une messe à Gomérvillfe, de payer au nonimé Lanier, merciier, vingt-six sOus qu'elle lui devait pour du fil qu'il lui avait vendu; d'aller dans la cave de la maison bù elle était morte, qu'elle y trouverait la somme de vingt-sepl livre» sous la troisième marche. Elle lui fit beaucoup de remontrances, lui disant surtout de prier toujours la Sainte-Vierge. — Le lendemain, la servante fit dire une messe, et pendant deux jours elle vit sa mère à côté d'elle. Ses maîtres acquittèrent au plus tôt ce dont elle s'était chargée; ensuite elle alla à Chartres, où elle fit dire trois mrsses, se confessa et cominunia dans la chapelle basse. En sortant, sa mère lui apparut encoi'e, en lui disant: a Ma fille, vous voulez donc faire tout ce que jie vous ai dit? — Oui, ma mère. — Eh bieni je m'en décharge sur vous. Adieu, je vais à la gloire éternelle. » Dépuis ce temps, la fille ne vit, n'entendit plus rien. Elle porta la ceinture de crin nuit et jour pendant les deux ans que sa mère lui avait recommandé de le faire ; — et voilà comment s'est terminée l'histoire de l'esprit de Dourdans.
Rhapsodomanoîe, — divination qui se faisait en ouvrant au hasard les ouvrages d'un poète, et prenant l'endroit sur lequel on tombait pour une prédiction de ce qu'on voulait savoir. C'était ordinairement Homère et Virgile que l'on choisissait. D'autres fois on écrivait des sentences ou des vers détachés du poète ; on les remuait dans une urne; la sentence ou le vers qu'on en tirait était le sort. On jetait encore des dés sur une planche où des vers étaient écrits, et ceux sur lesquels s'arrêtaient les dés passaient pour contenir la prédiction. Chez les modernes , on ouvrait le livre avec une épingle, et on interprétait le vers que l'épingle marquait.
Itboni&iig , -^ inâtrumèrtt ifiagique des Grecs, espèce dé toupie dont on se servait darts les sortilèges. On l'eritourait de lanières tressées, d l'aide desquelles on la faisait pirouetter. Les magiciens prétendaient que le mouvement de cette toupie avait la vertu de donner aux hommes les passioris et les mouvements qu'ils voulaient leur inspirer; quand ort ravaJl fait tourner dans un seni^ , si l'on
voulait corriger l'effet qu'elle avait produit et lui en donner un contraire, le magicien la reprenait et lui faisait décrire un cercle opposé à celui qu'elle avait déjà parcouru. Les amants malheureux la faisaient tourner en adressant à Némésis des imprécations contre l'objet de leur amour, dont ils étaient dédaignés.
Rhotomago, — magicien fameux au tbéâtre des ombres chinoises. M. Berbiguier en fait sérieusement une espèce de démon , qui serait le grand-maître des sorciers *.
Ribadin (Jeannette], — jeune personne de dix-huit ans, dont l'histoire a fait du bruit au seizième siècle. Elle était de la paroisse de Jouin de Cernes, aux environs de Bordeaux. Cueillant un dimanche des herbes dans la campagne, elle fut réprimandée par Jean d'Etouppe, prêtre, qui voulut qu'elle publiât sa faute en pleine assemblée, et la conduisit à la paroisse après lui avoir donné ses instructions. Un grand concours arriva ; la jeune fille annonça au peuplé assemblé qu'elle avait eu grand mal pour avoir travaillé le dimanche; ce qu'il fallait éviter pour ne pas s'attirer les mêmes maux de la part de Dieu ; ensuite elle eut des extases, se roula par terre , se releva et prononça d'un ton prophétique que Dieu ne voulait pas que les femmes portassent des manches froncées, ni les hommes des bonnets rouges. — L'affaire parvint aux oreilles de l'archevêque de Bordeaux , qui la fit arrêter avec ses complices, reconnut la fraude, et fit avouer à la fille que l'argent que les fidèles lui donnaient pour ses prétendues révélations était partagé entre trois suborneurs qui l'avaient engagée à contrefaire la sainte. Le juge ecclésiastique la condamna à faire amende honorable en l'église métropolitaine de Saint- Andréy la torche au poing, et là demander pardon à Dieu. Cette sentence fut exécutée; mais elle fut encore renvoyée en la cour, où, par arrêt donné à la Touruelie^ elle fut condamnée comme criminelle d'imposture, de séduction , d'impiété, d'abus et de scandale public (4587). Ses complices furent condamnés à la réclusion perpétuelle , comme convaincus de séductions envers cette malheureuse fille'. Co qui fait voir que les fraudes pieuses n'étaient pas encouragées autrefois, comoie le disent les menteurs qui attaquent la religion.
Aibenxal, — Spectre dont h peuple en Silésië place la demeirre au sommet du t(isemberg C'est lui, dans leur idée, qui couvre subitement cette montagne de nuages et qui ex-
> Les farfadets, t. I«s p. 275.
3 Delancre, Tableau de rinconstance des déin., t'x., liv. M, p. 440.