‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 284 sur 319 · STU · texte numérisé non relu

STU

L'esprit lui tendit la main , comme pour s*a8suror de sa parole ; mais Simon , craignant qu'il ne lui arrivât quelque chose , présenta le banc où il était assis, et le spectre; l'ayant touché, y imprima la main, avec les cinq doigts et les jointures, comme si le feu y avait passé et y eût laissé une impression profonde. Après cela, il s'évanouit avec un si grand bruit , qu'on l'entendit trois maisons plus loin. Ce fait est rapporté dans plusieurs recueils.

Steraomanoîe , — divination par le ventre. Ainsi on savait les choses fi tu res lorsque l'on contraignait un démon ou un esprit à parler dans le corps d'un possédé , pourvu qu'on entendit distinctement '. C'était ordinairement de la ventriloquie.

StollUr , — mathématicien et astrologue allemand, qui florissait vers la fin du quinzième siècle. Il annonça qu'il y aurait un déluge universel au mois de février ^ 524 ; Saturne , Jupiter, Mars et les Poissons devaient être en conjonction. Celle nouvelle porta l'alarme dans l'Europe : tous les charpentiers furent requis pour construire galiotes , nacelles et bateaux ; chacun se munissait de provisions, lorsque le mois do février 45:24 arriva. Il ne tomba pas une goutte d'eau ; jamais il n'y avait eu de mois plus sec. On se mocqua de Stoffler ; mais on n'en fut pas plus raisonnable : on continua de croire aux charlatans , et Stoffler continua de prophétiser ^ .

Stoiobéomanoîe , -* divination qui se pratiquait en ouvrant les livres d'Homère ou de Virgile , et prenant oracle du premier vers qui se présentait. C'est une branche de la rhapsodomancie.

Stolat, — grand prince des enfers , qui apparaît sous la forme d'un hibou ; lorsqu'il prend celle d'un homme , et qu'il se montre devant l'exorciste, il enseigne l'astronomie. Il connaît les propriétés des plantes et la valeur des pierres précieuses. Vingt-six légions le reconnaissent pour général *.

Stolîtobiancie , — divination par la manière de sliabiller. Auguste se persuada qu'une sédition militaire lui avait été prédite le matin, par la faute de son valet, qui lui avait chaussé le soulier gauche au pied droit.

Stnwîte, — pierre fabuleuse à laquelle on attribuait la vertu de faciliter la digestion.

Stryges. — C'étaient de vieilles femmes chez les anciens. Chez les Francs, nos an-

' Delancre ^ IhcréduUté et mécréance du sortilège pleinement convaincues, p. 279.

^ M. Saignes, Des Erreurs et des préjugés, etc., 1. 1",

^ Wierus, in Fseudom. diem.

cétres, c'étaient des sorcières ou des spectres qui mangeaient les vivants. Il y a même , dans la toi salique, un article contre ces monstres : cr Si une stryge a mangé un homme , et qu'elle en soit convaincue , elle paiera une amende de huit mille deniers , qui font deux cents sous d'or. » Il parait que les stryges étaient communes au cinquième siècle , puisqu'un autre article de la même loi condamne à cent quatre-vingt-sept sous et demi celui qui appellera une femme libre stryge ou prostituée. Comme ces stryges sont punissables d'amende, on croit généralement que ce nom devait s'appliquer, non à des spectres insaisissables, mais exclusivement à des magiciennes. — Il y eut, sous prétexte de poursuites contre les stryges , des excès qui frappèrent Charlemagne. Dans les capitulaires qu'il composa pour les Saxons , ses sujets de conquête , il condamne à la peine de mort ceux qui auront fait brûler des hommes ou des femmes accusés d'être stryges. Le texte se sert des mots stryga veî masca ; et l'on croit que ce dernier terme signifie, comme larva^ un spectre, un fantôme, peut-être un loup-garou, — On peut remarquer, dans ce passage des capitulaires S que c'était une opinion reçue chez les Saxons qu'il y avait des sorcières et des spectres (dans ce cas des vampires] qui mangeaient ou suçaient les hommes vivants; qu'on les brûlait; et que, pour se préserver désormais de leur voracité , on mangeait la chair de ces stryges ou vampires. Quelque chose de semblable s'est vu dans le traitement du vampirisme au dix-huitième siècle. Ce qui doit prouver encore que les stryges des anciens étaient quelquefois des vampires, c'est que, chez les Russes , et dans quelques contrées de la Grèce moderne où le vampirisme a exercé ses ravages , on a conservé aux vampires le nom de stryges. Voy, Vampires.

Stttffe (Frédéric). — Sous Rodolphe de Habsbourg, il y eut, en Allemagne, un magicien qui voulut se faire passer pour le prince Frédéric Stuffe. Avec le secours des diables , il avait tellement gagné les soldats que les troupes le suivaient au moindre signal , et il ^'était fait aimer en leur fascinant les yeux. On ne doutait plus que ce ne fût le vrai Frédéric, lorsque Rodolphe, fatigué des brigandages que ce sorcier exerçait, lui fit la guerre. Le sorcier avait pris la ville de Cologne ; mais, ayant été contraint de se réfugier à Wetzlar, il y fut assiégé , et comme les choses étaient aux dernières extrémités, Rodolphe fit déclarer qu'on eût à lui livrer le faux prince

> Capital. Carpli Ma^ pro partibu9 S^xoni», cap. 6,

sup

Page 1