‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 295 sur 319 · TOU · texte numérisé non relu

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lence qui lui avait déjà donné tant de peines. Mais personne ne voulut reculer; après qu*ils se furent disputés assez long -temps, ils s'aperçurent tous deux, à leur grande surprise , qu'ils avaient traversé le pont tout entier sans faire un pas. L'ange conduisit alors Tondal dans d'autres lieux non nioins horribles, et le rannena ensuite dans son lit. Il se leva et se conduisit mieux depuis*.

TowMvre. — Le tonnerre a été adoré comme dieu. Les Egyptiens le regardaient comme le symbole de la voix éloignée, parce que de tous les bruits c'est celui qui se fait entendre le plus loin. Lorsqu'il tonne, les Chingulais se persuadent que le ciel veut leur infliger un châtiment, et que les âmes des méchants sont chargées de diriger les coapg pour les tourmenter et les punir de leurs p^ chés. En Bretagne on a l'usage quand il tonne de noettre on morceau de fer dans le nid des poules qui couvent*, comme préservatif du tonnerre. Vùy, Cloches, EvANGas de Saint* Jean, etc.

Tocpi (Grand). — Les Âraucans, peuplades indépendantes du Chili , reconnaissent sous ce nom un grand esprit qui gouverne le monde. Ils lui donnent des ministres infcrieurs chargés dos petits détails d'îidministration, tels que les Faisons, les vents, les tempêtes , la pluie et le beau temps. Ils admettent aussi un mauvais génie qu'ils appellent Guéciiba, qui se fait un malin plaisir de troubler l'ordre et de molester le grand Toqui.

Torngarfiik. — Les Groenlandais ne font ni prières ni sacrifices , et ne pratiquent aucun rit ; ils croient pourtant à l'existence de certains être surnaturels. Le chef et le plus puissant de ces êtres est Torngarsuk, qui habite selon eux sous la terre , et qu'ils représentent sous la forme d'un ours, tantôt sous celle d'un homme avec un bras , tantôt enfin sous celle d'une créature humaine, grande au plus comme un des doigts de la main. C'est auprès de cette divinité que les anguekkoks sont obligés de se rendre pour lui demander conseil quand un Groenlandais tombe malade ou qu'il se trouve dans quelque autre embarras. Indépendamment de ce bon génie qui est invisible à tout te inonde, cxccplé de l'anguekkok, il en est plusieurs autres qui sont moins puissants; ce sont les génies du feu, de l'eau, de Tair, etc., qui, par l'entremise de Tanguekkok, leur enseignent ce qu'ils doivent faire ou ce qu'ils doivent éviter pour être

> DyoBisU CarthiuiaBi, art. 49. «Him prolixias de* •cribuntor inUbeUo qui virio ToadaU noacupatur.

' Çambr^, Yoyaya diM 1« F&iiiftèn, t. II, p. 16.

heureux. Chaque anguekkok a en outre son esprit familier qu'il évoque et qu'il consulte comme un oracle ^

Tarqaenaada (ANTOINE DE) , — auteur espagnol de ÏHeaoamenm ou six journées , contenant plusieurs doctes discours , etc. ; avec maintes histoires notables et non encore ouïes, mises en français par Gabriel Chappuys, Tourangeau. Lyou, 4582, in-8°; ouvrage plein de choses prodigieuses et d'aventures de spectres et de fantômes.

TorrebUttM (François), — jurisconsulte de Cordoue, auteur d'un livre curieux sur les crimes des sorciers *.

Tortwr*. — Quand on employait la torture contre les sorciers , et que les tourments ne les faisaient pas avouer, on disait que le diable les rendait insensibles à la douleur.

Totam , — esprit qui garde chaque sauvage de l'Amérique septentrionale. Ils se le représentent sous la forme de quelque bète ; et, en conséquence, jamais ils ne tuent, ni ne chassent, ni ne mangent l'animal dont ils pensent que leur totam a pris la figure.

Tottpan, — esprit malin qui préside au tonnerre chez les naturels brésiliens.

Tour de foroe. — Deirio rapporte cette hig* loire plaisante : Deux troupes de magiciens s'étaient réunies en Allemagne pour célébrer le mariage d'un grand prince. Les chefs de ces troupes étaient rivaux et voulaient chacun jouir sans partage de l'honneur d'amuser la cour. C'était le cas de combattre avec toutes les ressources de la sorcellerie. Que fit l'un des deux magiciens ? Il avala son confrère, le garda quelque temps dans son estomac, et le rendit ensuite par où vous savez. Cette espièglerie lui assura la victoire. Son rival honteux et confus décampa avec sa troupe et alla plus loin prendre un bain et se parfumer.

Tour enobantèe , — voy. RoDERIR.

Tour de BEkmtpellSer. — Il y a sans doute encore à Montpellier une vieille tour que le peuple de cette ville croit aussi ancienne que le monde ; sa chute doit précéder de quelques minutes la déconfiture de l'univers.

Tour de T^igla, — tour maudite de la Norwège où le roi païen Vermund fit brûler les mamelles de Saint e-Eihelréda avec du bois de la vraie croix , ap{X)rté à Copenhague par Olaiis III. On dit que depuis on a essayé inutilement de faire une chapelle de celte tour

> ExpMition da capitaine Graah dans le Groenland.

* Epitome delictorum, sive de Magiâ, in qnâ aperta vel occulta iavocatio dieunonis interrenit, etc., editio noyissimat Lu^dnai, 1679, ia-i*.

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maudite ; lovtes les eroix qu'on y a placées gncoessiTemeiit onl élé consumées par le fao du ciel ^.

- TooHerelle. — SI on porto le e«Bor de eet oiseau dan» une peau de leop , il éteindra fo«i8 les senlimentâ. Si on pend ses pieds à on arbre , l'arbre ne portera jamais de fruit. Si on frotte de son sang , mêlé avec de Feau dans laqnelle on aura fait cuire une taupe, un endroit couvert de poils, tous tes poils noirs tomberont *. . .

^aditîonf . — Nuus avons Fu, n n'y a pas fort long-temps, une piquante dissertation du Quarterly magazine sur les traditions populaires du moyen âge et des temps modernes. Nous en conserverons ici les passages les plus saillants. — C*est , dit l'auteur, sur la fatalité et rantagonisme du bien et du mal que se fonde la philosophie des traditions du peuple. Cette base se retrouve dans le conte le plus trivial où Ton introduit un pouvoir surnaturel ; et la nourrice , qui fait son récit au coin de la cheminée rustique, a la même science que les hiérophantes de la Grèce et les mages de la Perse. Le principe deatrocteur étant le plus actif dans ce bas monde, il reparait dans toutes lea croy^incas supentilieuses sous une variété infmie de lormes , les unes sombres, les autres brillantos; on re« trouve partout les mêmes personnitioations dOromase et d'Ârimane, et Thérésie des Manichéens. — La vague crédulité du villageois ignorant s'accorde avec la science mythologique des anciens sages. Des peuples que rOcéan sépare sont rapprochés pur lours fa-* bies; les hamadryades de la Grèce et les lu* lins de la Scandinavie dansent une ronde fratierpelle a?ec les fantômes évoqués par le sorcier moderne ; celui-ci compose ses phiU très, comme Canidie, avec la mandragore ^ la ciguë , les langues de vipère et les autres ingrédients décrits par Virgile et Horace. A la voix des sorciers nwdwiiés , tomme à celle des magiciens de Thessalie , on entend entîore le hibou crier, le corbeau croasser, le serpent siffler, et les ailes noires des scarabées s'agiter. — Toutefois , le Satan des légendes n*est jamais revêtu de la sombre dignité de Tange déchu ; c'est le diable, l'en*nemi^ méchant par essence, de temps immé* morial. Sb rage est souvent impuissante, à moins qu'il n'ait recours à la ruse : il inspire la peur encore plus que la crainte* De là vient cette continuelle succession de caprices bizarres et de malices grotesques qui le ca-

> Victor HogDi Han d'fslAndë, chap. 12.

> Lc8 Admirables sccrfela d'Alberl-le-Orahd, p. 113.

ractérise; de là cette familiarité qui diminue la terreur causée par son nom : les mêmes éléments entrent dans la composition de toutes les combinaisons variées du mauvais principe qui engendra la race nombreuse des lutins sortis de l'enfer. Si le rire n'est pas toujours méchant et perfide , il exprime assez bien du moins la malice et la perfidie. C'est de Talliance du rire et de la malice que sont nés tous ces moqueurs placés par les royllMik^es au rang des divinités. Tel est le Ifomos de» Grecs et le Loki des Scandinaves, l'un btmU-. fon de l'Olympe , l'autre boutTon des banquets du YaUialla. — Satan nous est singulièrement dépeint, par le pape saint Grégoire, dans sa Vie de saint Benoit. Un jour que le saint allait dire ses prtèrea à loratoire de Saînl-Jea», sur le Montr-Cassin , il rencontra le diable soui la forme d*un vétérinaire, avec une iole d une main et un licou de l'autre. Le texte éisait : in mufomtiiw speeie; pai* IHntroduolion ë*mN| vif^ule qui décompose le mot : in mtilo , mé* dici speeie , un copiste fit du diable ainsi dé^ guisé un véritable docteur monté sur sa mHle, comme cheminaient les docteurs en nAédecioa avant l'invention des carrosses ; et un tableau de cet épisode ayant été exécuté d'après ce texte corrompu , Satan a élé souvent repré» sente avec la robe doctorale et les instruments de la profession en croupe sur sa monture. — Une autre fois , on dénonça à saint Benoit la conduite légère d'un jeune frère apparte^ nant à Tun des douze monastères affiliés à la règle du réformateur. Ce moine ne voulait ou ne pouvait prier avec assiduité ; à p^ne s^était-il mis à genoux , qu'il se levait et altail se promener. Saint Benoit ordonna qu'on le lui amenât au Mont-Cassin ; et là , lorsque le moine, ^lon son habitude, interrompit ses devoirs et sortit de la chapelle, le saint vit un petit diable noir qui le tirait de toutes ses forces par le pan de sa robe. — Parmi les innombrables épisodes de l'histoire du diable dans les Vies des Saints, quelques-uns sont plus comiques, quelques autres plus pittoresques. Saint Antoine vit Satan dresser sa tête de géant au-dessus des nuages, et étendre ses larges mains pour intercepter les âmes des morts qui prenaient leur vol vers le ciel. Parfois le diable est un véritable singe , et sa malice ne s*exerce qu'en espiègleries. C'est ainsi que , pendant des années , il se tint aux aguets pour troubler la piété de sainte Gudule. Toutes ses ruses avaient été vaines, lorsqu'enfin il se résolut à un dernier effort. C'était la coutanoa de cette noble et chaste vierge de se leYM> sii ehBiii.dii ooq et d'aller prier à l'égKsé; pi^dée^de^sft ser#tte por-

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tant une lanterne. Que fit le père de tonte malice, H étergnit la lanterne en soufflant dessus. La sainte eut recours à Dieu , et, à sa prière, la mèche se ralluma, miracle de la foi qui suffit pour renvoyer le malin honteui et confus. II n'est pas sans exemple que le dfable se laisse tromper par les plus simples artifices , et une équivoqae suffit souvent pour le rendre dupe dans ses marchés avec les sorciers: comme lorsque Nostradamus obtint son secours à condition qu'il lui appartiendraft tout entrer après sa mort , soit qu'il fût enterré dans une église , soit qu'il fût enterré dehors... Mais Nostradamus avant ordonné

par testament que son cercueil fût déposé dans la muraille de la sacristie, son corps y repose encore. — Le vieil Hey wood a rédigé en vers une nomenclature curieuse de tous les petits démons de la superstition populaire : il y comprend les farfadets, les follets, les alfs, les Robin Goodfellows , et ces lutins qne Shakspeare a donnés pour sujets à Oberoii et à Titania. On a prouvé que le roi ou la reine de féerie n'est autre que Satan lui-même , n'importe son déguisement. C'était donc un démon que ce Puck qui eut long-temps son domicile chez les dominicains de Schwerin dans le Mecklembourg. Malgré les tours qu'il jouait aux étrangers qui venaient visiter le monastère, Puck, soumis aux moines, était pour eux un bon serviteur. Sous la forme d'un singe , il tournait la broche , tirait le vin . balayait la cuisine. Cependant , malgré tous ces services , le religieux à qui nous devons la Veridictt relatio de dœmonio Puck ne reconnaît en lut qu'un esprit malin. Le Puck de Schwerin recevait pour ses gages deux pots d'étain et une veste bariolée de grelots pour Boutons. — Le moine Rush de la légende suédoise , et Bronzet , de l'abbaye de Moutmajor, prés d'Arles , sont encore Puck èous d'autres noms. On le reirouve en Angleterre sous la forme de Robin Goodfellow ou de Robin Hood , le fameux bandit de la forêt de Sherwood ayant reçu ce surnom à cause de sa ressemblance avec ce diable populaire. Enfin Robin Hood est aus^i le Red Cap d'Ecosse , et le diable saxon Hodeken , ainsi appelé de l'hoodiwen , ou petit chaperon rouge qu'il porte en Suède lorsqu'il y apparaît sous la forme du Nisse ou Nissegodreng. — Puck, en Suède , se nomme Nissegodreny (ou Nisse le bon enfant) , et vit en bonne intelligence avec Tomtegobbe, ou le Vieux du Grenier, qui est un diable de la même classe. On trouve Nissegodreng et Tom^ tegobbe dand presque toutes les fermes, complaisants et dociles si on les traite avec douceur, mais iraFcibles et capricieux : malheur

à qui les offense ! Dans le royaume voisin , en Danemark , les Pucks ont un rare talent comme musiciens. Il existe une certaine danse appelée la gigue du roi des Elfs , bien connue des ménétriers de campagne, et qu'aucun d'eux n'oserait exécuter. L'air seul produit le même effet* que le cor d'Oberon : â peine la première note se fait-elle entendre, vieux et jeunes sont forcés de sauter en mesure ; les tables , les chaises et les tabourets de la maison commencent à se briser, et le musicien imprudent ne peut rompre le charme qu'en jouant la même danse à rebours sans déplacer une seule note , ou bien en laissant approcher un des danseurs involontaires assez adroit pour passer derrière lui et couper toutes les cordes du violon par-dessus son épaule. — Les noms des esprits de cette classe sont très-significatifs : de Gob le vieillard, deventi un nom du diable, les Normands semblent avoir fait Gobelin. On appelait Gobelîn ce diable d'Évreux que saint Taurin expulsa, mais qui . ayant montré un respect particulier au saint exorciste, obtint la permission de ne pas retourner en enfer, et continua de hanter la ville sous diverses formes , à condition qu'il se contenterait de jouer des tours innocents aux bons chrétiens de l'Eure. Le Gobelin d'Évreux semble s'être ennuyé de ses espiègleries depuis quelques années, et il a rompu son ban pour aller tourmenter les habitants de Caen. L'un de ces derniers hivers, les bourgeois de la bonne ville de Guillaomé-le- Bàtard furent souvent effrayés de ses appètritioQS. Ils s'était affublé d'une armure blanche , et se grandissait jusqu'à pouvoir regarder à travers les fenêtres des étages les plus élevés. Un vieux général rencontra ce diable importun dans un impasse et le défia , mais Gobelin lui répondit : « Ce n*est pas de toi que j'ai reçu ma mission , ce n'est pas à toi que je dois en rendre compte. » Le général ayant insisté , six diables blancs de la liiême taille sortirent tout à coup de terre , et le général jugea prudent de battre en retraite devant le nombre. Le journal du département rendit justice à son courage : mais le général ti'eut pas moins besoin de se faire saigner par lé docteur Vastel. — Le Duende espagnol correspond au Gobelin normand et ati Tomtegobbe suédois. Duende, selon Cobaruviàs, est une contraction de dueno de casa, mettre de la maison. Ce diable espagnol fut de totit ^ temps cité pour la facilité de ses métamorphoses. — Le diable a souvent fait parler de lui en Espagne comme partout; citons la légende relative à l'origine démoniaque de la noble famille de Haro. Don Diego Lopez, ëe^

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