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champ avec la plus parfaite obéissance. Tous les juges s'étaient engagés par serment à dénoncer en cas de délit père, mère, frère, sœur, ami , parent sans exception ; et à immoler ce qu'ils auraient de plus cher dès qu'ils en recevraient l'ordre ; celui qui ne donnait point la mort à son frère condamné la recevait aussitôt. On peut juger de l'obéissance qu exi« geait le tribunal secret de la part de ses membres par ce mot du duc Guillaume de Brunswick, qui ^tait du nombre des francs -juges : a II faudra bien , dit-il un jour tristement, que je fasse pendre le duc Adolphe de SIeswick s'il vient me voir, puisqu'autremen^. mes confrères me feront pendre moi-même.» — Il arriva quelquefois qu'un franc-juge , rencontrant un de ses amis condamné par le tribunal secret, l'avertit du danger qu'il courait en lui disant : On mange ailleurs aussi bon pain qu*ici. Mais dès lors les francs-juges ses confrères étaient tenus par leur serment de pendre le traître sept pieds plus haut que tout autre criminel condamné au même sup-plice. — Ce tribunal subsista plusieurs siècles en Allemagne. Il devint si terrible que la plupart des gentilshommes et des princes furent obligés de s'y faire agréer. Vers la fin du quinzième siècle, on le vit s'élever tout à coup à un degré de puissance si formidable , que TAllemagne entière en fut effrayée. Quelques historiens affirment qu'il y avait à cotle époque dans l'empire plus de cent mille francsjuges. On raconte que le duc Frédéric de Brunswick, condamné par les francs-juges, s'étant éloigné de sa suite à peu près de la portée d'un arc, le chef de ses gardes, impalicnlé, alla le rejoindre, le trouva assassiné et vit encore le meurtrier s'enfuir. — Après avoir été réformé à plusieurs reprises par quelques empereurs, le tribunal secret fut entièrement aboli par l'empereur Maximilien I^** au commencement du seizième siècle ^ Mais il en reste peut-être des vestiges en Allemagne ; et l'assassin de Kotzebue était membre d'une société secrète où l'on a cru retrouver l'esprit de l'ancien tribunal secret de Westphalie.
Trithème (Jean) , — savant abbé de Tordre de Saint-Benoît, qui chercha à perfectionner la stéganographie ou l'art d'écrire en chiffres. On prit ses livres pour des ouvrages magiques, et Frédéric II, électeur palatin, fit brûler pubUquement les manuscrits originaux qui se trouvaient dans sa bibliothèque ^ Mort en 4516.
» On croît que ce Tut en 1512.
» M. T. P. Bertin, Curiosités de la littérature, 1. 1«, p. 48.
T^oîa. — Les anciens crachaient trois fois dans leur sein pour détourner les enchantements. En Bretagne , un bruit qui se fait entendre trois fois annonce un malheur. On sait aussi que trois flambeaux allumés dans la même chambre &ont un mauvais présage.
Troîa-^ohellea , — sorcier de Charles IX , qui le fit brûler à la fin pour avoir joint aux sortilèges les empoisonnements et les meurtres. Il avoua dans son interrogatoire que le nombre de ceux de son temps qui s'occupaient de magie passait dix-huit mille. — Bodin raconte le tour suivant de ce sorcier : En présence du duc d'Anjou , depuis Henri III, il attira les chaînons d'une chaîne d'or d'assez loin, et les fit venir dans sa main ; après quoi la chaîne se trouva entière. Naudé parle de Trois-Ëchelles dans le chapitre m de son Apologie des grands personnages soupçonnés de magie. Il reconnaît que c'était un charlatan , un escamoteur et un fripon.
Troîf-Rleuz , — voy. Macrodor.
Trollen, — esprits follets qui, selon Leloyer, se louent comme domestiques dans le Nord , en habits ^e femme ou d'homme , et s'emploient aux services les plus honnêtes de la maison. Ce sont les mêmes que les drolles.
Trono dVrbre. — Le diable prend quelquefois cette forme au sabbat.
Trophonîua, — VOy, SoNGES.
Trou du chàteftn de Oarnoet. — J'ai visité, dit Cambry dans son Voyage du Finistère, les ruines massives de l'antique château de Carnoët, sur la rive droite du Laïla (c'est le nom que l'Isole et l'Elté prennent après leur réunion); les pans de murs, couverts de grands arbres, de ronces, d'épines, de plantes de toute nature ne laissent apercevoir que leur grandeur ; des fossés remplis d'une eau vive l'entouraient, des tours le protégeaient [ c'était sans doute un objet de terreur pour le voisinage ; il y paraît par les contes qu'on nous en rapporte. Un de ses anciens propriétaires, type de la Barbe Bleue, égorgeait ses femmes dès qu'elles étaient grosses. La sœur d'un saint devint son épouse ; convaincue , quand elle s'aperçut de son état , qu'il fallait cesser d'être, elle s'enfuit; son barbare époux la poursuit, l'atteint, lui tranche la tête et retourne dans son château. Le saint, son frère, instruit de cette barbarie, la ressuscite et s'approche de Carnoët : on lui refuse d'en baisser les ponts-levis. A la troisième supplication sans succès, il prend une poignée de poussière, la lance en l'air; le château tombe avec le prince, il s'abîme dans
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