VOI
l'évidence ; mai3 le docteur, honteux d'avoir, par sa sotte frayeur, démenti le caractère d'intrépidité qu'il avait toujours affecté , voulait rosser ces coquins , qui , disait-il, avaient fait une si grande peur à son ami.
Vooératrîoef.— Lorsqu'un homme est mort, en Corse, particulièrement lorsqu'il a été assassiné, on place son corps sur une table; et les femmes de sa famille , à leur défaut des amies ou même des femmes étrangères connues par leur talent poétique, improvisent devant un auditoire nombreux des complaintes en vers dans le dialecte du pay?. On nomme ces femmes vocerairici, ou , suivant la prononciation corse, buceratrici, et la complainte s'appelle vocero, buceru, buceralu, sur la côte orientale ; ballata sur la côte opposée. Le mot vocerOf ainsi que ses dérivés vocerar, voceratrice vient du latin vociferare. Quelquefois plusieurs femmes improvisent tour à tour, et fréquemment la femme ou la fille du mort chante elle-même la complainte funèbre *.
Voile. — Chez les Juifs modernes, c'est une tradition qu'un voile qu'on se met sur le visage, empêche que le fantôme ne reconnaisse celui qui a peur. Mais si Dieu juge qu'il l'ait mérité par ses péchés , il lui fait tomber le masque , afin que l'ombre puisse le voir et le mordre.
VoMîn (la), — devineresse qui tirait les cartes , faisait voir tout ce qu'on voulait dans un bocal plein d'eau, et forçait le diable à paraître à sa volonté. Il y avait un grand concours de monde chez elle. Un jeune époux , remarquant que sa femme sortait aussitôt qu'il quittait la maison, résolut de savoir qui pouvait ainsi la déranger. Il la suit donc un jour, et la voit entrer dans une sombre allée ; il s'y glisse, l'entend frapper à une porte qui s'ouvre, et, content de savoir où il peut la surprendre, il regarde par le trou de la serrure, et entend ces mots : « Allons, il faut vous déshabiller; ne faites pas l'enfant, ma chère amie, hâtons-nous.... » La femme se déshabillait; le mari frappe à la porte à coups redoublés. La Voisin ouvre, et le curieux voit sa/emme, une baguette magique à la main , prête à évoquer le diable.... — Une autre fbis, une dame très-riche était venue la trouver pour qu'elle lui tirât les caries. La Voisin, qui à sa qualité de sorcière joignait les talents de voleuse, lui persuade qu'elle fera bien de voir le diable , qui ne lui fera d'ailleurs aucun mal ; la dame y consent. La bohémienne lui dit d'ôter ses vêtements et ses bijoux. La
* Prospcr Mérimée, Colomba. .