‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 313 sur 319 · VUE · texte numérisé non relu

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cbe de coquillages et d*hert)es mannes, comme s'il n'eût pas été nettoyé depuis de longues années, il s'en détacha une barque, qui semblait plutôt voler que flotter sur cette mer orageuse, laquelle ayant bien accosté, il en sortit un homme ayant la barbe longue, le teint pâle et les yeux fixes et creux comme ceux d'un cadavre; glissant sur la lisse et puis sur le pont sans faire le moindre bruit, comme si c'eût été une ombre, il alla se placer au pied du mât d'artimon et engagea , en pleurant, les matelots à recevoir un paquet de lettres qu'il tenait dans sa main osseuse comme celle d'un squelette; ce que le capitaine leur fit signe de refuser. J'avais oublié de vous dire, continua le narrateur en baissant la voix, tandis que ses auditeurs terrifiés se serraient de plus en plus les uns contre les autres, qu'aussitôt que l'épouvantable apparition eut posé les pieds sur le pont, toutes les lumières s'étaient subitement éteintes, même c^lle qui éclairait la boussole dans l habitacle, et qu'au môme instant aussi, chose non moins étrange , le navire commença à marcher à reculons avec une étonnante rapidité , contre le vent et les vagues , tandis que des milliers de petites flammes se jouaient dans les cordages et jetaient une étrange lueur sur les visages des matelots frappés de terreur. « An nom de Dieu tout-puissant , je t'ordonne de quitter mon bord! » s'écria enfin le capitaine en s'adressant au spectre. A peine ces mots eurent-ils été prononcés , qu'un cri long et aigu, tel que mille voix humaines n'auraient pu en produire un semblable, domina le bruit de la tempête, qu'un horrible coup de tonmerre ébranla le bâtiment jusqu'à sa quille...» — Le navire eut le bonheur d'échapper, ce qui est rare. On dit encore que ceux qui ont reçu les lettres que les matelots fantômes du navire appelé le Voltigeur hollandais ^ envoyaient à leurs parents et amis, ont vu qu'elles étaient adressées à des personnes qui n'existent plus depuis des siècles.

VrouoolaeAf OU Broucolaquet , — voy.

Vampires.

Vue. — - Il y a des sorcières qui tuent par leur regard, mais, en Ecosse, beaucoup de femmes ont ce qu'on appelle la seconde vue, c'est-à-diro le don de prévoir l'avenir et de l'expliquer , et do connaître par une mystérieuse intuition ce qui se passe au loin.

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, — voy, Vadb.

liralkalU, — paradis des guerriers chez les anciens Scandinaves. Pour y entrer, il fallait être mort en combattant. On y buvait de la bière forte dans une coupe qui ne se vidait jamais. On y mangeait des biftecks d'un sanglier vivant , qui se prétait à la chose et qui était toujours entier.

'Walfcîrief , — fées des Scandinaves. Elles ont , comme la mythologie dont elles dépendent, un caractère très-sauvage.

"Wall , — grand et puissant duc du sombre empire ; il a la forme d'un dromadaire haut et terrible ; s'il prend figure humaine, il parle égyptien; il connaît le présent, le passé et l'avenir ; il était de Tordre des puissances ; trente-six légions sont sous ses ordres.

iValter. — Jacques 1«', roi d'Ecosse, fut massacré de nuit, dans son lit , par son oncle Walter, que les historiens français ont appelé Gauthier, et qui voulait monter sur le trône. Mais ce traître reçut, à Edimbourg, le prix de son crime; car il fut exposé sur un pilier, et là , devant tout le monde , on lui mit sur la tête une couronne de fer qu'on avait fait rougir dans un grand feu , avec cette inscription : Le roi des traîtres. Un astrologue lui avait promis qu'il serait couronné publiquement dans une grande assemblée de peuple. . .

Valter Boéix. -» L'illustre romancier a publié sur la Détnonologie et Ux sorciers un recueil de lettres intéressantes qui expliquent H qui éclaircissent les particularités mystérieuses , les croyances et les traditions populaires dont il a fait usage si souvent et si heureusement dans ses romans célèbres. Peutêtre les opinions religieuses de l'auteur onte'.les laissé dans son esprit un peu irop de scepticisme ; peut-être est-il trop enclin à ne voir, dans les matières qui font le sujet de ses lettres , que les aspects poétiques, il est toutefois agréable de suivre le grand écrivain dans des recherches aussi piquantes. — Dans la première lettre , il établit que le dogme incontestable d'une âme immatérielle a suffi pour accréditer la croyance aux apparitions. Il voit dans la plupart des apparitions de véritables hallucinations; il a raison en général. Mais il ne faut pas faire de cette explication un système > à I9 manièrf des esj^its qui veu*

lent tout comprendre , dans un monde où nous sommes environnés de tant de choses que nous ne comprenons pas. C'est une hallucination épidémique que l'exemple cité de l'Écossais Patrick Walter, si , en eiïei , il n'y avait là que les phénomènes d'une aurore boréale. — a En l'année 4686 , aux mois de juin et de juillet, dit l'honnête Walker, plusieurs personnages encore vivants peuvent attester que, prèâ le bac de Crosford , éewc milles au dessous de Lanark, et particulièrement aux Mains^ sur la rivière de la Clyde , une grande foule de curieux se rassembla plusieurs fois après midi pour voir une pluie de bonnets , de chapeaux, de fusils et d'épées; les arbres et le terrain en étaient couverts : des compagnies d'hommes armés marchaient en l'air le long de la rivière, se ruaient les unes contre les autres, et disparaissaient pour faire place à d'autres bandes aériennes. Je suis allé là trois fois consécutivement dans l'après-midi, et j'ai observé que les deux tiers des témoins avaient vu , et que l'autre tiers n'avait rien vu. Quoique je n'eusse rien vu moi-même, ceux qui voyaient avaient une telle frayeur et un tel tremblement, que ceux qui ne voyaient pas s'en apercevaient bien. Un gentilhomme, tout près de moi, disait : a Ces damnés sorciers ont une seconde vue; car le diable m'emporte si je vois quelque chose ; » et sur-le-champ il s'opéra un changement dans sa physionomie. Il voyait. Plus effrayé que les autres , il s'écria : « Vous tous qui ne voyez rien , ne dites rien ; car je vous assure que c'est un fait visible pour tous ceux qui ne sont pas aveugles. » Ceux qui voyaient ces choses-là pouvaient décrire les espèces de batteries des fusils , leur longueur et leur largeur, et la poignée des épées , les ganses des bonnets , etc. » — Ce phénomène singulier, auquel la multitude croit, bien que seulement les deux tiers eussent vu , peut se comparer, ajoute Walter Scott , à l'action de ce plaisant qui , se posant dans l'attitude de l'étonoement, les yeux fixés sur le lion de bronze bien connu qui orne la façade de l'hôtel de Northumber* land dans le Strand (à Londres] , attira l'attention de ceux qui le regardaient en disant ; « Par le ciel , il remue I... il remue de nou«<p veau! » et réussit ainsi en peu de minutes à faire obstruer la rue par une foule immense ; les uns 8'ima|[inant avoir effectivement aperçu

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le lion de Percy remuer la queue ; les aulres atlendant pour admirer la même merveille. — De véritables hallucinations sont enfantées par une funeste maladie que diverses causes peuvent faire naître. La source la plus fréquente de cette maladie est dans les habitudes d'intempérance de ceux qui , par une suite d'eicès de boissons, contractent ce que le peuple nomme les diables bleus, sorte de spleen ou désorganisation mentale. Les joyeuses illusions que dans les commencements enfante Tivresse s'évanouissent avec le temps, et dégénèrent en impressions d'effroi. — Le fait qui va suivre fut raconté à l'auteur par un ami du patient. Un jeune homme riche, qui avait mené une vie de nature à compromettre à la fois sa santé et sa fortune , se vît obligé de consulter un médecin. Une des choses dont il se plaignait le plus, était la présence habituelle d'une suite de fantômes habillés de vert, exécutant dans sa chambre une danse bizarre dont il était forcé de supporter la vue , quoique bien convaincu que tout le corps de balkt n'existait que dans son cerveau. Le médecin lui prescrivit un régime; il lui recommanda de se retirer à la campagne, d'y observer une diète calmante , de se lever de bonne heure, de faire un exercice modéré, d'éviter une trop grande fatigue. Le malade se conforma à cette prescription et se rétablit. — Un autre exemple d'hallucinations est celui de M. Nicolaï, célèbre libraire de Berlin. Cet homme ne se bornait pas à vendre des livres, c'était encore un littérateur; il eut le courage moral d'exposer à la société philosophique de Berlin le récit de ses souffrances, et d'avouer qu'il était sujet à une suite d'illusions fantastiques. Les circonstances de ce fait peuvent être exposées très-brièvement, comme elles l'ont été au public , attestées par les docteurs Ferriar et Hibbert, et aulres qui ont écrit sur la démonologie. Nicolaï fait remonter sa maladie à une série de désagréments qui lui arrivèrent au commencement de 1791. L'affaissement d'esprit occasionné par ces événements fut encore aggravé , par ce fait qu'il négligea l'usage de saignées périodiques auquel il était accoutumé ; un tel état de santé créa en lui la disposition à voir des groupes de fantômes qui se mouvaient et agissaient devant lui, et quelquefois même lui parlaient. Ces fantômes n'offraient rien de désagréable à son imagination , soit par leur forme, soit par leurs actions, et le visionnaire possédait trop de force d'âme pour èire saisi à leur présence d'un sentiment autre que celui de la curiosité , convaincu qu*il était pendant toute la durée de l'accès que ce singu-

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