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cheveux de femme grosse ensemble. Ceux qui la Barbe-à-Dieu sauront par-dessus la planche passeront, et ceux qui ne la sauront, au bout de la planche s'assiseront, crieront, braieront: « Mon Dieu, hélas! malheureux état! » Est comme petit enfant celui qui la Barbe-à- Dieu n'apprend. »
Barbeloth. — Des gnostiques , appelés barbeh'ots ou barboriens, disaient qu'un Éon immortel avait eu commerce avec un esprit vierge appelé Barbeloth, à qui il avait successivement accordé la prescience, l'incorruptibilité et la vie éternelle; que Barbeloth un jour, plus gai qu'à l'ordinaire, avait engendré la lumière qui, perfectionnée par Tonction de l'esprit, s'appela Christ; que Christ désira Tintelligence et l'obtint; que l'intelligence, la raison, l'incorruptibilité et Christ s'unirent; que la raison et l'intelligence engendrèrent Autogène ; qu'Autogène engendra Adamas , l'homme parfait, et sa femme la connaissance parfaite; qu'Adamas et sa femme engendrèrent le bois ; que le premier ange engendra le Saint-Esprit , la sagesse ou Prunic ; que Prunic engendra Protarchonte ou premier prince, qui fut insolent et sot; que Protarchonte et Arrogance engendrèrent les vices et toutes leurs branches. Les barbeliots débitaient ces merveilles en hébreu, et leurs cérémonies n'étaient pas moins abominables que leur doctrine était extravagante *.
Barbier. — Pline le jeune* avait un affranchi nommé Marc, homme quelque peu lettré, qui couchait dans un même lit avec son jeune frère. Marc , dans le sommeil , crut voir une personne assise au chevet du lit qui lui coupait les cheveux du haut de la tète. A son réveil il se trouva rasé, et ses cheveux jetés au milieu de la chambre. — La même chose arriva, dans le même temps, à un jeune garçon qui dormait avec plusieurs autres dans tine pension. Il vit entrer par la fenêtre deux hommes vêtus de blanc, qui lui coupèrent les cheveux comme il dormait. A son réveil , on trouva ses cheveux répandus sur le plancher. — « A quoi cela peut-il être attribué, dit D. Calmet », si ce n'est à des follets? » ou aux compagnons de lit? — Il y a quelques lutins, du genre de ceux-là , qui ont fait pareillement les fonctions de barbiers. Les contes populaires de l'Allemagne vous apprendront que les revenants peuvent ainsi faire la barbe aux vivants*.
* Bcrgier, Dict. tbéolog., au mot Barbelios.
^ Lib. XVI, epist. 27.
^ Dissertation sur les apparitions, cli. 33, 1»« part.
< Voyez les Légendes infernales.
Barbîerl. — Dialogues sur la mort et sur les âmes séparées : Dialoghi délia morte e deir anime separate, di Barbieri. In 8*>. Bologna, 4600.
Barba. — On appelle démon barbu le démon qui enseigne le secret de la pierre pbilosophale. On le connaît peu. Son nom semblerait indiquer que c'est le même que Barbatos, qui n'a rien d'un démon philosophe. Ce n*est pas non plus Bai-bas , qui se mêle de mécanique. On dit que le démon barbu est ainsi appelé à cause de sa barbe remarquable. . Voy. Berith.
Bareite (ëug£.\k] , — auteur de la Fin des Temps et de quelques idées prophétiques dont l'avenir dira la valeur.
Barkokebfts OU B«rohooh«baf , — imposteur qui se fit passer pour le Mesi^ie juif sous l'empire d'Adrien. Après avoir été voleur de grand chemin , il changea son nom de Bar— koziba, fils du mensonge, en celui de Barko— kebas^ fils de rétoile, et prétendit qu'il était l'étoile annoncée par Balaam. Il se mit a faire des prodiges. Saint Jérôme raconte qu'il vomissait du feu par la bouche au moyen d'un morceau d'étoupes allumées qu'il se mettait dans les dents, ce que font maintenant les charlatans des foires. Les Juifs le reconnurent pour leur Messie; il se fit couronner roi, rassembla une armée , et soutint contre les Romams une guerre assez longue. Mais enfin , en l'année 136, l'armée juive fut passée au fil de l'épée et Barkokebas tué. Les rabbins assurent que , lorsqu'on voulut enlever son corps pour le porter à l'empereur Adrien, un serpent se présenta autour du cou de Barkokebas, et le fit respecter des porteurs et du prince lui-même.
Barnaud (NicoLAs), — médecin protestant du seizième siècle, qui rechercha la pierre philosophale. Il a publié sur l'alchimie divé^ petits traités recueillis dans le troisième volume du Theatrum chimicum , compilé par Zetzner; Strasbourg, 4659.
Barrabas. — « Quand les sorcières sont entre les mains de la justice, dit Pierre Delancre *, elles font semblant d'avoir le diable leur maître en horreur, et l'appellent par dédain Barrabas ou Barrabam. »
Bartholîn (Thomas), — né à Copenhague en 4649. On recherche de lui le livre De unguento armario. Ce traité de la poudre de sympathie se ressent du temps et de la crédulité de l'auteur. On y trouve cependant des
* Tableau de Tinconstancc des mauvais a''Ç08, etc., liv. M, djsc. 3. Pajis, 1612.
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choses singulières et qui no sonl pas indignes de quelque a lien tien.
BATtfaole, — juriconsulle, mort à Pérouse en 1356. II commença à mettre de Tordre dans la jurisprudence; mais on retrouve les bizarreries de son siècle dans quelques-uns de ses ouvrages. Ainsi , pour faire connaître la marche d*une procédure , il imagina un procès entre la sainte Vierge et le Diable, jugé par notre Seigneur Jésus-Christ*. Les parties plaident en personne : le Diable demande que le ^enre humain rentre sous son obéissance ; il fait observer qu'il en a été le maître depuis Adam ; il cite les lois qui établissent que celui qui a été dépouillé d'une longue possession a le droit d'y rentrer. La sainte Vierge lui répond qu'il est un possesseur de mauvaise foi, et que les lois qu'il cite ne le concernent pas. On épuise des deux côtés toutes les ressources de la chicane du quatorzième siècle, et le diable est débouté de ses prétentions.
(Elisabeth), — religieuse de Kent qui prévit et révéla en 4525 les excès où tomberait bientôt le schisme qu'elle voyait naftreeh Angleterre. Les partisans de Henri VIH s'écrièrent qu'elle était possédée du diable. La protection de Thomas Morus , loin de la sauver, la perdit : en 4533, celte pieuse et sainte fille fut mise à mort avec beaucoup d'autres, sous prétexte de sorcellerie, par les réformés qui se vantaient d'apporter la lumière et la liberté.
(. — Qui a haussé un de ses bas à l'envers, recevra dans la journée un conseil, — probablement celui de le retourner.
âe, — sorte de fascination employée par les magiciens grecs ; elle troublait tellement les yeux, qu'on voyait tous les objets a rebours, blanches les choses noires, rondes les choses pointues, laides les plus jolies figures , et jolies les plus laides.
Buîle. — - Michel Glycas * raconte que l'empereur Basile, ayant perdu son fils bienaimé, obtint de le revoir peu après sa mort, par le moyen d'un moine magicien ; qu'il le vit en effet et le tint embrassé assez longtemps, jusqu'à ce qu'il dii*parût denlre ses bras. « Ce n'était donc qu'un fantôme qui pa-* rut sous la forme de son fils '. »
' Ce singulier otivrafre , intitulé Processus Satan» contra Virginem curam judicc Jesu. est imprimé dans le Processus jiivisjocoscrms. In-8». Hanau, 1611.
^ Annal., part. 4.
^ D. Calmet, pissertation de« revenants «n corp.s, ch. 16.
Basile -Valentia, — alchimiste qui est pour les Allemands ce que Nicolas Flamel est pour nous. Sa vie est mêlée de fables qui ont fait croire à quelques-uns qu'il n'a jamais existé. On le fait vivre au douzième, au treizième, au quatorzième et au quinzième siècle. On ajoute même , sans preuve , qu'il était bénédictin à Erfurt. C'est lui qui, dans ses expériences chimiques, découvrit Tantimoine^ qui dut son nom à cette circonstance, que, des pourceaux s'étant prodigieusement engraissés pour avoir avalé ce résidu de métal, Basile en fit prendre à des religieux, ' qui en moururent. — On conte que long-, temps après sa mort, une des colonnes de la cathédrale d'Erfurt s'ouvril comme par miracle, et qu'on y trouva ses livres sur l'alchimie. Les ouvrages de Basile, ou du moins ceux qui portent son nom, écrits en haut allemand, ont été traduits en latin, et quelques-uns du latin en français. Les adeptes recherchent de lui VAzoth i, les Douze Clefs de la philosophie de frère Basile Valcntin , traitant de la vraie médecine métallique *, à la suite de la traduction de l'Azoth, in-12, 4660; in-S", 4669; V Apocalypse chimique ', la Révélation des mystères des teintures essentielles des sept métaux et de leurs vertus médicinales *, in-i*, Paris, 4646; du Micro-^ cosme, du grand mystère du monde et de la Médecine de l'homme » ; Traité chimico-philosophique des choses naturelles et surnaturelles des minéraux et des métaux ^ ; Haliographie j de la préparation, de l'usage et des vertus de tous les sels minéraux, animaux et végétaux, aecueillis par Antoine Solmincius dans les manuscrits de Basile Valentin 7, etc. La plupart de ces ouvrages ont fait faire des pas à la chimie utile.
Bafîlîo , — petit serpent , long d'un demimètre, qui n'a été connu que des anciens. Il avait deux ergots, une tète et une crête de coq, des ailes, une queue de serpent ordinaire, etc. Les uns disent qu'il naît de l'œuf d'un coq couvé par un serpent ou par un cra-
' Azoth. sive aureliœ philosophorum. Francfort, 1613. In-4o, traduit en français en 1660.
2 Practica, una cum duodecim clavibus et appendice. Francfort, 161S. In-4».
3 Apocalypsis chimica. Erfurt, 1624. In-8».
^ Manifestatio artificioruro etc. Erfurt, 1624. In-4« La traduction dont on indique le titre est de J. Israël.
^ De microscomo, de que macno mundi mysterio et medicina hominis. Marpurg, 1609. In-8».
^ Tractatus chimico-pbilosophicus de rébus naturalibns et pneternaturalibus metallorum et mineralium. Francfort, 1676. In-8".
7 Haliograpbia, de pneparatinne, ntm ac virtutihus omnium saiium mineralium, animalium ac vef^etabilium, ex manuscriptis Basilii Valentini collecta ab Antonio Salmincio. Bologne, 1644. In-8".
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paud. Boguet, au chapilre 44 de ses Discours des sorciers, le fait produire de l'accouplement du crapaud et du coq, comme le mulet naît d'un âne et d'une jument. — C'est une opinion encore répandue dans les campagnes que les vieux coqs pondent un œuf duquel natt un serpent ; ce petit œuf imparfait n'est, comme on sait, que l'effet d'une maladie chez les poules, et l'absurdité de ce conte bleu n*a plus besoin d'être démontrée. — Il est possible que les anciens, dans leurs expériences, aient pris des œufs de serpent pour des œufs de coq. Voy. Coq. — Quoi qu'il en soit, on croit que le basilic tue de ses regards ' ; et • l'on cite je ne sais quel «historien qui raconte qu'Alexandre-le-Grand, ayant mis le siège devant une ville d'Asie, un basilic se déclara pour les assiégés, se campa dans un trou des remparts, et lui tua jusqu'à deux cents soldats par jour. Une batterie de canons bien servie n*eût pas fait mieux. — « tl est vrai, ajoute M. Salgues ', que si le basilic peut nous donner la mort, nous pouvons lui rendre la pareille en lui présentant la surface polie d'un miroir; les vapeurs empoisonnées qu'il lance de ses yeux iront frapper la glace et, par réflexion, lui renverront la mort qu'il voudra donner. C'est Aristote qui nous apprend cette particularité. » — Des savants ont regardé en facétie serpent qu'on appelle aujourd'hui basilic, et qui n a pas les accessoires dont les anciens l'ont embelli, et, malgré tous les vieux contes, ils sont sortis bien portants de cette épreuve. Mais nous le répétons, le reptile au quel les modernes donnent le nom de basilic n'est sans doute pas le basilic des anciens; car il y a des races perdues.
Batilide, — hérétique du deuxième siècle, qui se fit un système en mêlant les principes de Pylhagore et de Simon, les dogmes des chrétiens et les croyances des juifs. Il prétendit que le monde avait été créé par les ange^. « Dieu (Abracax), disait-il, produisit Tln- Leliigence, laquelle produisit le Verbe, qui produisit la Prudence. La Prudence eut deux filles, la Puissance et la Sagesse, lesquelles produisirent les vertus, les princes de l'air et les anges. Les anges étaient de trois cent soixante-cinq ordres; ils créèrent trois ceoi soixante-cinq cieux ; les anges du dernier ciel firent le monde sublunaire; ils s'en partagèrent l'empire. Celui auquel échurent les Juifs, étant puissant, fit pour eux beaucoup de prodiges ; mais , comme il voulait soumettre les
I Matkiole demande comment on a su que le basilic tuait par son regard, s'il a tué tous ceux qui l'ont tu!
» Des Erreurs et des préjugés, etc., 1. 1", p. 413.
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autres nations, il y eut des querelles et des guerres, et le mal fit de grands progrès. Dieu, ou l'Être supérieur, touché des misères d'icibas, envoya Jésus, son premier fils, ou Ta première intelligence créée, pour sauver le monde. 11 prit la figure d'un homme, fit les miracles qu'on raconte, et, pendant la passion, il donna sa figure à Simèon le Cyrénéen, qui fut crucifié pour lui, pendant que sous les traits de Siméon il se moquait des Juifs ; après quoi iî remonta aux cieux sans avoir été précisément connu. » — Basilide, à côté de ce système étrange, enseignait encore la nnétempsycose, et il donnait aux hommes deux âmes, pour accorder les combats qui s'élèvent sans cesse entre la raison et les passions. 11 était très-habile, ajoute-t-on, dans la cabale des juifà, et c*est lui qui inventa le puissant talisman Ahracadabra, dont nous avons parlé, et dont l'usage fut long-temps extrêmement répandu. Il fit un évangile apocryphe et des prophéties qu'il publia sous les noms de Barcabas et de Barcoph. Il plaçait Dieu dans le soleil et révérait prodigieusement leg trois cent soixante-cinq révolutions de cet astre autour de la terre. Voy. Abracax.
BatiKos. — H y eut à Rome, du tetnps de saint Grégoire, un sénaletir de bonne et ancienne famille, nommé Basilius^ magicien, scélérat et sorcier, lequel, s'étant rendu «iorne pour éviter la peine de mort, fut enfin brûlé avec son compagnon Prétextatus, comme lui sénateur romain et de maison illusltre : a Ce qui montre, dit Delancre ^ que la sorcellerie n'est pas une tâche de simple £emmelette, rustiques et idiots. »
Batfanim (JACQUES), ^ Bstrologue écossais qui , en 4562 , prédit à sir Robert Melvil, si l'on en croit les mémoires de Jacques Melvil, son frère, une partie des événements arrivés depuis à Marie Stuart, alors réfugiée en Angleterre. Il ne fallait que pour cela que quelque connaissance du temps et des hommes. Les autres prédictions de Bassantin ne se réalisèrent pas. Son grand tr«ké àtAstronomie, ou plutôt é'Astrohgiej a été publié en françaiseten latin.On cherche Téditioû latinede Genève, 4599, que les éditeurs appellent inffens et doctum volumen. Tous ses ouvrages présentent un mélange d'heureuses observatioos et d'idées superstitieuses '.
^ Delancre, De l'Inconstance des démons, etc., liv. iv, p. 416.
* Astronomia Jacobi Bassantini Scoti. etc. In-fol. Genève, 1699. Paraphrase de Tastrolabe, avec une explication de l'usage de cet instrument. In-8". Paris, 1617. Super mathematica genethliaca; arithmctfca; musica Becnndnm Platonem ; de mathesi in génère, etc.
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BAteleurf y — faiseurs de tours en plein air, avaleurs de couleuvres et de baguettes, qui passaient autrefois pour sorciers, comme les escamoteurs et même les comédiens.
BAthym, — voy. Mârthym.
Bâton du diable. — On conserve, dit-on, à Tolenlino, dans la marche d'Âniôno, un bâton dont on prétend que le diable a fait usage.
Bâton du bon voyageur. — a Cueillez le
lendemain de la Toussaint une forte branche de sureau, que vous aurez soin de ferrer par le bas ; ôtez~en la moelle ; mettez à la place les yeux d'un jeune loup, la langue et le cœur d'un chien, trois lézards verts et (rois cœurs d'hirondelles, le tout réduit en poudre par la chaleur du soleil, entre deux papiers saupoudrés de salpêtre; placez par-dessus tout cela, dans le cœur du bâton, sept feuilles de verveine cueillies ta veille de la Saint- Jean-Baptiste, avec une pierre de diverses couleurs qui se trouve dans Je nid delà huppe ; bouchez ensuite le bout du bâton avec une pomme à votre fantaisie, et soyez assuré que ce bâton vous garantira des brigands, des chiens enragés, des bêtes féroces, des animaux veuimeux, des périls, et vous procurera la bienveillance de ceux chez qui vous logerez * » — Le lecteur qui dédaigne de tels
secrets ne doit pas oublier qu'ils ont eu grand crédit, et qu'on cherche encore, dans beaucoup de villages, à se procurer le bâton du bon voyageur
Batrachyte, — pierre qui, suivant que Tindiqueson nom grec, se trouve dans le corps de la grenouille, et qui a, disent les bonnes gens, de grandes vertus contre les poisons et les maléfices.
Batscum-baMa OU Batioum-paoba, — démon turc que l'on invoque en Orient pour avoir du beau temps ou de la pluie. On se le rend favorable en lui offrant des tartines de pain grillé, dont il est très-friand *.
Bauma «ûvertel , — élixir composé par les alchimistes : c'egt , disent-ils, le remède souveraio et iofalUble de toutes les maladies ; il peut mêncie au besoin ressusciter des morts.
yoy, ÂLCIIIHIB.
Bav*A (Madeleine), — sorcière célèbre dans les fastes du sabbat au dix-septième siècle. Voy, Sabbat.
Baxter, — écrivain anglais qui publia, à la fin du dix-septième siècle, un livre intitulé : Certitude du monde des esprits,
* Secrets merveilleux du Petit Albert, p. 92.
* Joaonis Cuspiniani, De Tuxcor. relig.
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Bayard, — cheval des quatre fils Âymon. Il avait la taille d'un cheval ordinaire lorsqu'il ne portait qu'un des frères, et s'allongeait lorsqu'il les fallait porter tous quatre. On conte beaucoup de merveilles sur cette monture célèbre, qui se distinguait surlout par une vitesse incroyable, et qui a laissé la trace d'un de ses pieds dans la forêt de Soigne en Brabant.
Bayemon. — Le grimoire attribué stupide-^ ment au pape Honorius donne ce nom à un roi de l'occident infernal ; on le conjure par cette prière : « 0 roi Bayemon, très-fort, qui règnes aux parties occidentales, je t'appelle et invoque au nom de la Divinité; je te con>mande, en vertu du Très-Haut, de m'en^ voyer présentement devant ce cercle ( on nomme l'esprit dont on veut se servir Passiel, Rosus, etc. ) et les autres esprits qui te sont sujets, pour répondre à tout ce que je leur demanderai. Si tu ne le Jais, je te tourmen^ terai du glaive du feu divin ; j'augmenterai tes peines et te brûlerai . Obéis, roi Bayemon » . »
^iayer. — En 1Î26, un curé du diocèse de Constance, nommé Bayer, pourvu de la cure de Rutheim, fut inquiété par un spectre ou mauvais génie qui se montrait sous la forme d'un paysan mal vêtu , de mauvaise mine et très-puant. Il vint frapper à sa porte; étant entré dans son poêle , il lui dit qu'il était envoyé par le prince de Constance, son évèque, pour certaine commission qui se trouva fausse. Il demanda ensuite à manger. On lui servit de la viande, du pain et du vin. H prit la viande à deux mains et la dévora avec les os, disant : « Voyez comme je man^e la chair et les os ; faites-vous de même ^? » Puis il prit le vase où était le vin , et l'avala d'un trait ; il en demanda d'autre qu'il but de même. Après cela, il se retira sans dire adieu ; et la servante, qui le conduisait à la porte, lui ayant demandé son nom, il répondit : « Je suis né à Rutsingue, et mon nom est George Raulin ; » ce qui était faux encore. Il passa le reste du jour à se faire voir dans le village, et revint le soir à minuit à la porte du curé en criant d'une voix terrible : « Monsieur Bayer , je vous montrerai qui je suis. » — Pendant trois ans, il revint tous les jours vers quatre heures après midi, et toutes les nuits avant le point du jour» Il paraissait sous diverses formes, tantôt sous la figure d'un chien barbet, tantôt sous celle d'un lion ou d'un autre animal terrible ; quelquefois sous la forme d'un
» Grimoire du pape Honorins.
^ Dom Calmet, Traité sur les apparitions, etc., t. II, ch. 48.
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homme ou sous celle d'une femme , ou bien il faisait dans la maison un fracas semblable à celui d'un tonnelier qui relie des tonneaux ; certains jours, on aurait dit qu'il voulait renverser le logis par le grand bruit qu'il y causait. Pour avoir des témoins, le curé fit venir le marguitlier et d'autres personnes du village. Le spectre répandait partout une odeur insupportable , mais ne s'en allait pas. On eut recours aux exorcismes, qui ne produisirent aucun effet; on résolut de se munir d'une branche bénite le dimanche des Rameaux, et d'une épée aussi bénite, et de s'en servir contre le spectre. On le fit deux fois , et depuis ce temps il ne revint plus. Ces choses, rapportées par Dom Calmet, peuvent s'expliquer par les frayeurs qu'un garnement aura causées au curé, frayeurs qui ont pu lui donner des visions.
Bayer (Jean), — ministre protestant^ né à Augsbourg au seizième siècle. On recherche de lui une thèse sur cette question : a Si l'existence des anges peut se démontrer par les seules lumières naturelles ' ? »
Bayle (FRANÇOIS), — professeur de médecine à Toulouse, mort en n09. Nous ne citerons de ses ouvrages que la Relation de Vétat de quelqttes personnes prétendues possédées, faite de l'autorité du parlement de Toulouse, in-12; Toulouse, 4682. Il veut prouver que les démoniaques, s'ils ne sont pas des charlatans, sont très -souvent des fous ou des malades.
Basine, — célèbre reine des Tongres, qui épousa Childéric et qui fut mère de Clovis. Elle est représentée par les vieux historiens comme une habile magicienne. On sait qu'elle était femme de Bising, roi de Tongres ; que Childéric, chassé de ses états par une révolution et réfugié à la cour de Bising, plut à sa femme ; que, lorsqu'il fut rétabli sur son trône, Bazine quitta tout pour venir le trouver. Childéric l'épousa. Le soir de ses noces, quand elle fut seule avec lui, elle le pria de passer la première nuit dans une curieuse observation. Elle l'envoya à la porte de son palais en lui enjoignant de venir rapporter ce qu'il y aurait vu. — Childéric, connaissant le pouvoir magique de Bazine, s'empressa d'obéir. Il ne fut pas plutôt dehors qu'il vit d'énormes animaux se promener dans la cour; c'étaient des léopards, des licornes, des lions. Étonné de ce spectacle, il vint en rendre compte à son épouse; elle lui dit, du ton d'oracle qu*elle avait pris d'abord, de ne point s'effrayer, et de retourner une seconde fois et même une troi-
' An Angcluriim existcntia à folo lutnine naturali possit demonstraril In-l». Wittebergjp, 1658.
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sième fois. Il vit à la seconde fois des ours et des loups, et à la troisième des chiens et d'autres petiis animaux qui s'entre-déchiraient. — a Les prodiges que vous avez vus, lui dit-elle, sont une image de l'avenir : ils représentent le caractère de toute notre postérité. Les lions et les licornes désignent le hisqui naîtra de nous; les loups et les ours sont ses enfants , princes vigoureux et avides de proie ; et les chiens, c'est le peuple indocile au joug de ses maîtres, soulevé contre ses rois, livré aux passions des grands et malheureuse victime des uns et des autres '. » — Au res'e, on ne pouvait mieux caractériser les rois de celte première race; et si la vision n'est qu'un conte, il est bien imaginé *.
Béai, — VOy. BÉRITH.
Beanvoy § de OhauTÎnoourt , — gentilhomme angevin, fit imprimer en 4599 un volume intitulé : Disœurs de la Lycanthropie ou de la transmutation des hommes en loups.
Bél»al, — prince de l'enfer, assez inconnu. Voy. Paymon.
Béohard , — démon désigné dans les Clavicules de Salonion comme ayant puissance sur les vents et les tempêtes. Il fait grêler, tonner et pleuvoir , au moyen d'un maléfice qu'il compose avec des crapauds fricassés et autres drogues.
Béohet , — démon que l'on conjure le vendredi. Voy. Conjurations.
Bédé (le vénérable) . — né au septième siècle, dans le diocèse do Durham, en Angleterre. Ih mourut H soixante-trois ans. On dit qu'il prévit l'heure précise de sa mort. Un instant avant d'expirer, il dictait quelques passages qu'il voulait extraire des œuvres de saint Isidore; le jeune moine qui écrivait le pria de se reposer parce qu'il parlait avec peine : « Non, répondit Bède, prenez une autre plume , et écrivez le plus vite que vous pourrez. » Lorsque le jeune homme eut dit : « C'est fait, — Vous avez dit la vérité, » répliqua Bède; et il expira. Peu de temps après sa mort, on dit qu'il se fit voir à un moine nommé Gamèle,'à qui il témoigna le désir d'être enterré à Durham auprès de saint Cuthbert. On se hâta de le satisfaire, car on avait un grand respect pour sa mémoire.
Béhémoth , — démon lourd et stupide, malgré ses dignités. Sa force est dans ses reins,
I Selon d'aMtres chronique?!, elle dit que U'S lions et les licornes représentaient Clovis, les loups et les ours ses enfants, ci les chiens les derniersi rois de la race, qui seraient un jour renversés du trône par les grands et le peuple, dont les petits animaux étaient la figure.
^ Dreux du Radier, Tablettes des re1ne« de Frfincf
nv.K
ses domaines sont In gourmandise el les plaisirs (lu ventre. Quelques démonomanes disent qu'il est aux enfers sommelier et grand échanson. Bodin croit * que Béhémolh n*est autre chose que le Pharaon d'Egypte qui persécuta les Hébreux. H est parlé de Béhémoth dans Job, comme d'une créature monstrueuse. Des commentateurs prétendent que c'est la baleine, et d'autres que c'est l'éléphant; mais il y eut d'autres monstres dont les races ont disparu. On voit dans le procès d'Urbain Grandierque Béhémolh est bien un démon. Delaiicre dit qu'on l'a pris pour un animal monstrueux parce qu'il se donne la forme de toutes les grosses bêtes. Il ajoute que Béhémoth se déguise aussi avec perfection en chien, en renard et en loup. Si Wiérus, noire oracle en ce qui concerne les démons, n'admet pas Béhémoth dans son inventaire de la monarchie infernale, il dit, livre !•% des Prestiges des démons, chapitre 21, que Béhémoth ou l'éléphant pourrait bien être Satan lui-même , dont on désigne ainsi la vaste puissance. Enfin , parce qu'on lit dans le chapitre 40 de Job que Béhémolh mange du foin comme un bœuf, les rabbins ont fait de lui le bœuf merveilleux réservé pour le festin de leur Messie. Ce bœuf est si énorme, disent-ils , qu'il avale tous les jours le foin de mille montagnes immenses, dont il s'engraisse depuis lecommencementdu monde. Il ne quitte jamais ses mille montagnes , où l'herbe qu'il a mangée le jour repousse la nuit pour le lendemain. Ils ajoutent que Dieu tua la femelle de ce bœuf au commencement ; car on ne pouvait laisser multiplier une telle race. Les Juifs se promettent bien de la joie au festin où il fera la pièce de résistance. Ils jurent par leur part du boeuf Béhémoth.
Béhèrit , — démon sur lequel on a trèspeu de renseignements, à moins qu'il ne soit le même que Bérith, Voy. ce mot. 11 est cité dans la possession de Loudun. li avait même promis d'enlever la calotte du sieur commissaire, et de la tenir en l'air à la hauteur de deux piques ; ce qui n'eut pas lieu, à sa honte *.
Bekker (Balthasar) , — docteur en théologie réformée , et ministre à Amsterdam, né en 4634. tf Ce Balthasar Bekker, grand ennemi de l'enfer éternel et du diable, et encore plus de la précision . dit Voltaire, fit beaucoup de bruit en son temps par son gros livré du Monde (nchanté. » Alors la sorcellerie, les possessioDs, étaient en vogue dans toute l'Europe , ce qui le détermina à combaltre le diable.
' Démonomanie des sorciers, liv. i, ch. 1.
* Saint-Albin, Histoire des diables de Loiidan.
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« 0:i eut beau lui dire, en prose et en vers , qu'il avait tort de l'attaquer, attendu qu'il lui ressemblait beaucoup, étant d'une laideur horrible : rien ne l'arrêta ; il commença par nier absolument le pouvoir de Satan, et s'enhardit jusqu'cà soutenir qu'il n'existe pas. « S'il y avait un diable, disait-il, il se vengerait de la guerre que je lui fais. » Les ministres , ses confrères , prirent le parti de Satan et déposèrent Bekker. » Il avait déjà fait l'esprit fort dans de précédents ouvrages. Dans l'un de ses catéchismes , le Mets de carême *, il réduisait les peines de l'enfer au désespoir des damnés, et il en bornait la durée. On l'accusa de socinianisme, et son catéchisme fut condamné par un synode. — L'auteur alla s'établir à Amsterdam, où il publia, à l'occasion de la comète de 1680, des Recherches sur les comètes , imprimées en flamand , in-S» , Leuwarde , 1683. — Il s'efforce de prouver que ces météores ne sont pas des présages de malheurs, et combat les idées superstitieuses que le peuple attache à leur apparition. Cet ouvrage fut reçu sans opposition. Il n'en fut pas de même de son livre De Betooverde wereld (le monde ensorcelé), imprimé plusieurs fois, et traduit en français sous ce titre : « Le Monde enchanté, ou exa^men des communs sentiments touchant les esprits , leur nature, leur pouvoir, leur administration et leurs opérations, et touchant les effets que lès hommes sont capables de produire par leur communicati(m et leur vertu ; divisé en quatre livres ; » 4 forts volumes petit in-12, avec le portrait de l'auteur ^ Amsterdam, 1694. — L'auteur, dans cet ouvrage, qui lui fit perdre sa place de ministre 5, cheri he à prouver qu'il n'y a jamais
< n publia deux espèces de catéchisme en langue hollandaise, Vastti spixe | le Mets de carême ), et Gksneden brood (le Pain coupé).
^ Bekker était si laid que La Monnoye flt sur lui cette épigramm'e :
Oui, par toi, de Batan la puissance est bridée ; Mais tu n'as cependant pas encore assez fait : Pour nous 6ter du diable entièrement l'idée, Bekker, supprime ton portrait.
3 Pendant que les ministres d'Amsterdam prenaient le parti du diable, un ami de Tautear le défendit dans un ouvrage intitulé : Le Diable triomphant, parlant sur le mont Parnasse; mais le synode, qui avait déposé B«kker, ne révoqua pas sa sentence. On écrivit contre lui une multitude de libelles. Benjamin Binet Ta réfuté dans un volume intitulé : Traité historique des dieux dn paganisme, avec des remarques critiques sur le système de Balthasar Bekker. Delft, 16%. In-12. Ce volume se joint ordinairement aux quatre de Bekker: il a aussi été imprimé sous le titre d'idée générale de la théologie païenne, servant de réfutation au système de Balthasar Bekker, etc. Amsterdam et Trévoux, 1699. Les autres réfutations du Monde enchanté sont : Melchioris Leydekkeri dissertatio de vulgato nuper Bekkeri volumine, etc. In -S". Ultrajecti, 1693. Bievis meditatio academica de spirituum actionibus in homines spirituatibus, cujus doctrin» usus contra Bekkemm et alios fanaticos exhibitur a J. Zipellio. In -8». Francorfurti, 1701, etc.
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eu ni possédés ni sorciers ; que loutce qu^on dit des esprits malins n*est que superstitions, etc. Un peu plus tard pourtant, dans une défense de ses opinions , il admit l'existence du diable ; mais il ajouta qu'il le croyait enchaîné dans les enfers et hors d'état de nuire. — Il ne fallait pas poursuivre si sérieusement un livre que sa prolixité seule devait rendre inlisible. a 11 y a grande apparence, dit encore Voltaire, qu'on ne le condamna que par le dépit d'avoir perdu son temps à le lire. » — Dans le livre I®', ou premier volume, qui a quatre cents pages, l'auteur examine les sentiments que les peuples ont eus dans tous les temps et qu'ils ont encore aujourd'hui touchant Dieu et les esprits ; il parle des divinations, de l'art magique, des manichéens et des illusions du diable ; il entre en matière dès le tome second. Ce tome ou livre second a 733 pages énormes. L'auteur traite de la puissance des esprits, de leur influence, des effets qu'ils sont capables de produire. Il prétend qu'il n'y a aucune raison de croire qu'il y ait des démons ou anges, ou vice-dieux ; il s'embarrasse cependant avec les anges d'Abraham et de Loth ; il dit que le serpent qui tenta nos premiers parents n'était pas un diable, mais un vrai serpent ; il soutient que la tentation de Notre- Seigneur par le diable est une allégorie, ainsi que le combat du diable avec saint Michel ; que Job ni saint Paul n'ont été tourmentés corporellement par le diable ; il dit que les possédés sont des malades, que les vrais diables sont les hommes méchants , etc. — Dans le troisième volume, Bekker veut démontrer, dans le même style prolixe, que le commerce avec ie diable et les pactes des sorciers sont des idées creuses ; il remarque que les livres saints ne font aucune mention d'actes de société avec le diable, que les devins de l'antiquité étaient des imbéciles sans talent et sans pouvoir, il se moque, dans le quatrième volume, de ceux qui croient à la magie, et des juges qui condamnent les sorciers.
Bel, — divinité suprême des Chaldéens.
Wiérus dit que c'est un vieux démon dont 1$ voix sonne le creux *. Les peuples qui en firent un dieu contaient qu'au commencement le monde n'était qu'un chaos habité par des monstres; que Bel les tua, arrangea l'univers, se fil couper la tête pat* un de ses serviteurs , détrempa la terre avec son sang et en forma les animaux et les hommes.
Belwtim , — démon dont on ne sait rien sinon qu'en 4632 11 entra dans le corps d'une
' De Priestigiis dKm., lib. I, cap. 5.
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des possédées de Loudun, avec Isaacarum et Béhémoth : on le força de déloger *.
Belb«€h ou Belbof.— Foy. BelsÉBItTII.
BélèphattUs , — astrologue chaldéen qui prédit à Alexandre, selon Diodore de Sicile, quo son entrée à Babylone lui ^erak funeste : ce qui advint , comme chacun sait.
Belette. — Les anciens croyaient que la belette faisait ses petits par la gueule, parce qu'elle les porte souvent entre ses lèvres, comme font les chattes. Plutarque remarque que les Thébains honoraient la belette, tandis que les autres Grecs regardaient sa rencontre comme un présage funeste. On prétend que sa cendre, appliquée en cataplasme, guérit les migraines et les cataractes ; et le livre des Admirables Secrets d'Albert-le-Grand assure que, si on fait manger à un chien le cœur et la langue d'une belette, il perdra incontinent la voix. Il ajoute imprudemment un secret qu'il dit éprouvé, et qu'il certifie infaillible : c'est qu'un amateur n'a qu'à manger le cœur d'une belette encore palpitant pour prédire les choses à venir»....
Bèlîal, — démon adoré des Sidoniens. L'enfer n'a pas reçu d'esprit plus dissolu , plus crapuleux, plus épris du vice pour le vice même. Si son âme est hideuse et vile, son extérieur est séduisant. U a le maintien plein de grâce et de dignité. Il eut un culte à Sodome et dans d'autres villes; mais jamais ob n'osa trop lui ériger des autels. Delancre dit que son nom signifie rebelle ou désobéissant.
— Wiérus, dans son inventaire de la monarchie de Satan, lui consacre un grand article. « On croit, dit-il, que Bélial, Tun des rois de l'enfer, a été créé immédiatement après Lucifer , et qu'il entraîna la plupart des anges dans la révolte : aussi il fut renversé du ciel un des premiers. Lorsqu'on l'évoque, on l'oblige par des ofifrandes à répondre avec sincérité aux questions qu on lui fait. Mais il conte bien vite des mensonges si on ne l'adjure pas, au nom de Dieu, de ne dire que la vérité. Il se montre quelquefois sous là figure d'un ange plein de beauté, assis dans un char de feu ; il parle avec aménité; il procure les dignités et les faveurs, fait vivre les amis en bonne intelligence, donne d'habiles serviteurs. Il commande quatre-vingts logions de l'ordre des Vertus et de l'ordre des Anges. Il est exact à secourir ceux qui se soumettent à lui ; s'il y manquait, il est facile de le châtier, comme fit
> Histoire des diables de Loudun,
> Les Admirables Secrets d'Albert-le-Grand, liv. iii ch. 3.
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Snlomon , qui renferma dans une bouteille avec toutes ses légions, » lesquelles font une armée de cinq cent vingt-deux mille deux cent quatre-vingts démons. II fallait que la bouteille fût de grande taille. —Mais Salomon était si puissant que, dans une autre occasion, il emprisonna pareillement six mille six cent soixante-six millions de diables qui ne purent lui résister. — Des doctes racontent encore que Salomon mit la bouteille où était Bélial dans un grand puits, qu'il referma d'une pierre, près de Babylone; que les Babyloniens descendirent dans ce puits croyant y trouver un trésor ; qu'ils cassèrent la bouteille , que tous les diables s'en échappèrent, et que Bélial , qui avait peur d'être repris , se campa dans une idole qu'il trouva vide , et se mit à rendre des oracles ; ce qui fit que les Baby- Icniens l'adorèrent*.
Belîchc. — C'est le nom qu'on donne au diable à Madagascar. Dans les sacrifices, on lui jette les premiers morceaux de la victime, avec la persuasion qu'il ne fait point de mal tant qu'il a de quoi mettre sous la dent.
Bélier. — Le diable s'est quelquefois transmué en bélier, et des maléficiés ont subi cette métamorphose. C'est même sur une vieille tradition populaire qu'Hamilton a bâti son conte du Bélier. — Il parait que lo bélier a des propriétés magiques ; car , lorsqu'on accusa Léonora Galigaï , femme du maréchal d'Ancre, d'avoir fait des sorcelleries, on prétendit que, pendant qu'elle s'occupait des ma-^ léfices , elle ne mangeait que des crêtes de coq et des rognons de bélier.
Belîn (âlbkrt) , — bénédictin né à Besançon en 4640. On recherche parmi ses ouvra* ges : 4° le Traité des talismans, ou Figures astrales , dans lequel il est montré que leurs effets ou vertus admirables sont naturels, ensemble la manière de les faire et de s'en servir avec profit, in-42, Paris, 4674. On a joint à l'édilion de 4709 un traité du même auteur, de la Poudre de sympathie justifiée ; 2^ les Aventures du philosophe inconnu en la recher^ che et invention de la pierre philosophale, divisées en quatre livres , au dernier desquels il est parlé si clairement de la manière de la faire que jamais on n'en a traité avec tant de candeur. In-42; Paris, 4664 et 4671.
■•Ummoûi, — herbe consacrée à Belenus, dont les Gaulois employaient le suc pour empoisonner leurs flèches. Ils lui attribuaient la vertu de faire toiDber la pluie. Lorsque le pays était affligé d'une sécheresse, on cueillait
* Wieros, In Pseudomôn. émmon.
cette herbe avec de grandes cérémonies. Les femmes des druides choisissaient une jeune vierge qui déposait ses vêtements et marchait à la tête des autres femmes, cherchant l'herbe sacrée; quand elle l'avait trouvée, elle la déracinait avec le petit doigt de la main droite ; en même temps ses compagnes coupaient des branches d'arbres et les portaient à la main en la suivant jusqu'au bord d'une rivière voisine; là on plongeait dans l'eau l'herbe précieuse, on y trempait aussi les branches que l'on secouait sur le visage de la jeune fille. Après cette cérémonie , chacun se retirait en sa maison ; seulement la jeune vierge était obligée de faire à reculons le reste du chemin.
Belloc (Jeanne), — sorcière du pays de La-* bour, prise à vingt-quatre ans, sous Henri lY. Pierre Delancre , qui l'interrogea , dit qu'elle commença d'aller au sabbat dans l'hiver de 4609 ; qu'elle fut présentée au diable, dont elle baisa le derrière, car il n'y avait que les notables sorcières qui le baisassent au visage. - Elle conta que le sabbat est une espèce de bal masqué où les uns se promènent en leur forme naturelle , tandis que d'autres sont transmuées en chiens, en chats, en ânes, en pourceaux et autres bèies. Voy. Sabbat.
Belmonte, — conseiller du parlement de Provence, qui eut au pied une petite plaie où la gangrène se mit; le mal gagna vite, et il en mourut. Comme il avait poursuivi les sorciers protestants et les perturbateurs réformés, les écrivains calvinistes virent dans sa mort prompte un châtiment et un prodige *. C'était au seizième siècle.
Bélomanoîe. — Divination par le moyen des flèches. On prenait plusieurs flèches, sur lesquelles on écrivait des réponses relatives à ce qu'on voulait demander. On en mettait de favorables et de contraires ; ensuite on mêlait les flèches , et on les tirait au hasard : celle que le sort amenait était regardée comme l'organe de la volonté des dieux. — C'était surtout avant les expéditions militaires qu'on faisait usage de la bélomancie. Les Chaldéens avaient grand'foi à cette divination. Les Arabes devinent encore par trois flèches qu'ils enferment dans un sac. Ils écrivent sur Tune : Commandez-moi, Seigneur; sur l'autre : Seigneur, empêchez-moi, et n'écrivent rien sur la troisième. La première flèche qui sort du sac détermine la résolution sur laquelle on délibère. Voy. Flèches.
Belphégor, — démon des découvertes et des inventions ingénieuses. Il prend souvent
z Voyez Chaasanion, Des Grands et redoaUblet Jugements de Dieu. Morges, 1531, p. 61.
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un corps de jeune TcMninc; il donne des richesses. Les Moabiirs. qui rappelaient Baal* phégor, Tadoraient sur le mont Phégor. Des rabbins disent qu'on lui rendait hommage sur la chaise percée , et qu'on lui offrait Tignoble résidu de la digestion. C'était digne de lui. r/ est pour cela que certains doctes ne voient dansBelphégor que le dieu Pet ou Crepitus; d'autres savants soutiennent que c'est Priape. — Selden , cité par Banier, prétend qu'on lui offrait des victimes humaines, dont ses prêtres mangeaient la chair. Wiérus remarque que c'est un démon qui a toujours la bouche ouverte; observation qu'il doit sans doute au nom de Phégor, lequel signiRe, selon Leioyer, creijosse ou fendasse, parce qu'on l'adorait quelquefois dans des cavernes, et qu'on lui jetait des offrandes par un soupirail.
Béltts, — premier roi des Assyriens ; on dit qu'il se fil adorer dans des temples de son vivant. Il était grand astrologue : « J'ai lu dans les regi^tres du ciel tout ce qui doit vous arriver, disait-il à ses enfants, et je vous dévoilerai les secrets de vos destinées. » Il rendit des oracles après sa mort. Bélus pourrait être le même que Bel.
Belsèbuth OU Belsébob OU Beelsébuth, —
prince des démons, selon les Écritures '; le premier en pouvoir et en crime après Salan, selon Milton ; chef suprême de l'empire infernal, selon la plupart des démonographes. — Son nom signifie seigneur des mouches^ Bodin' prétend qu'on n'en voyait point dans son temple. C'était la divinité la plus révérée des peuples de Chanaan, qui le représentaient quelquefois sous la figure d'une mouche, le plus souvent avec les attributs de la souveraine puissance. Il rendait des oracles, et le roi Ochozins le consulta sur une maladie qui l'inquiétait; il en fut repris par le prophète Elisée, qui lui demanda s'il n'y avait point de Dieu en Israël , pour aller ainsi consulter Belzébuth dans le pays des Philistins. On lui attribuait le pouvoir de délivrer les hommes des mouches qui ruinent les moissons. — Presque tous les démonomanes le regardent comme le souverain du ténébreux empire ; et chacun le dépeint au gré de son imagination. Milton lui donne un aspect imposant , et une haute sagesse respire sur son visage. L'un le fait haut comme une tour ; l'autre d'une taille égale a la nôtre; quelques-uns se le figurent sous la forme d'un serpent; il en est qui le
' Notre Seigneur Jésus-Christ même lui donne ce nom (saint Matthieu, ch. 12, v. 24 ; saint Luc, ch. H, ?. 15). Les scribes reprochaient au Sauveur quMI chassait les diables an nom de Belzébuth, prince des démons.
* DémonoRianie des sorciers, liv. iv, ch. 3.
voiont aussi sous les traits d'une femme. — Le monarque des enfers, dit Palingène, in Zodiaco vitœ, est une taille prodigieuse*, assis sur un trône immense , ayant le front ceint d'un bandeau de feu, la poitrine gonflée, le visage bouffi, les yeux étiucelants, les sourcils élevés et l'air menaçant. Il a les narines extrêmement larges, et deux grandes cornes sur la tête; il est noir comme un Maure : deux grandes ailes de chauve-souris sont attachées à ses épaules ; il -a deux larges pattes de canard, une queue de lion, et de longs poils depuis la tête jusqu'aux pieds. — Les uns disent que Belzébuth est encore Priape ; d'autres, comme Porphyre, le confondent avec Bacchus. On a cru le retrouver dans le Belbog, ou Belbach (dieu blanc) des Slavons, parce que son image ensanglantée était toujours couverte de mouches, comme celle de Belzébuth chez les Syriens. On dit aussi que c'est le même que Pluton. Il est plus vraisemblable de croire que c'est Baël, que Wiérus fait empereur des enfers; d autant mieux que Belzébuth ne figure pas sous son nom dans l'inventaire de la monarchie infernale. — On voit, dans les Clavicules de Salomon, que Belzébuth apparaît quelquefois sous de monstrueuses formes, comme celles d'un veau énorme ou d'un bouc suivi d'une longue queue; souvent, néanmoins, il se montre sous la figure d'une mouche d'une extrême grosseur. Qtiand il est en colère, ajoute-t-oo, il vomit des flammes et hurle comme un loup. Quelquefois enfin Astaroth apparaît à ses côtés, sous les traits d'un âne.
Bénédîot (Jeanj, — médecin allemand du seizième siècle. On lui doit un livre sur les Visions et les révélations naturelles et sumalurelles, qui n'est presque pas connu ^
Bènott VXIX, — cent quarante-huitième pape, élu en 401 2, mort en 4024. On lit dans Platine , cité par Leioyer et par Wiérus *, que quelque temps après sa mort, Benoit YIII apparut, monté sur un cheval noir, à un saint évêque dans un lieu solitaire et écarté ; que l'évéque lui demanda comment il se faisait qu'étant mort il se montrât ainsi sur un cheval noir. Â quoi le pape répondit que, pendant sa vie , il avait été convoiteux d'amasser des biens ; qu'il était en purgatoire; mais qu'il n'était pas damné, parce qu'il avait fait des aumônes. 11 révéla ensuite le lieu où il avait caché des richesses, et pria le saint
< jAannis Benedicti Libellus de vislonibus et revels' tionibus naturalibus et divinis. In-8». Mogunti», 1650.
> Leioyer, Discours des spectres, liv. vi, ch. 13. Wiems, De PrKst., lib. i, cap. 16,
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évèque de les distribuer aux pauvres. — Après cela, le fantôme (selon le récit) se montra pareillement au pape son successeur, et le supplia d'envoyer en diligence un courrier à Odilon, abbé de Cluny, pour l'avertir qu'il priât Dieu pour le repos de son âme. Odilon le fil; et peu de jours après on vit un homme lumineux entrer dans le cloître, avec d'autres * personnes habillées de blanc, et se mettre à. genoux devant Odilon. Un religieux demanda qui était cet homme de si haute apparence, qui faisait tant d'honneur à l'abbé. Il lui fut répondu que c'était Benoit YIII qui , par les prières d'Odilon, jouissait de la gloire des bienheureux.
Benoit zz, — cent cinquantième pape, élu en 4033, dans un temps de troubles, où les partis se disputaient Rome. II eut à lutter contre des antipapes qui l'ont fort noirci. On a dit qu'il était magicien, et que, renversé du saint-siége par ses ennemis, il y remonta deux fois par son pouvoir magique. C'est un peu niais. On a dit encore avec autant de bon sens qu'il prédisait les choses futures, et qu'il était habile enchanteur '. — L'auteur calviniste des grands et redoutables juge* ments de Dieu ajoute même qu'il fut étranglé par le diable, et qu'après sa mort, son âme fut condamnée à errer dans les forêts, sous la forme d'une bête sauvage , avec un corps d'ours à longs poils, une queue de chat et une tète d'âne. Un ermite qui le rencontra lui demanda pourquoi il avait cette figure. « J'étais un monstre, répondit Benoît, et vous voyez mon âme telle qu'elle a toujours été. » C'est très-gracieux. Mais Benoît IX, au contraire, mourut dans la retraite sous le cilice, pieusement et saintement, en 4054. C'est encore là une des victimes de la calomnie historique.
Bensozîa. — Certains canonistes des douzième et treizième siècles s'élèvent fortement contre les femmes d'alors qui allaient à une espèce de sabbat, sur lequel il ne nous est parvenu que très-peu de Notions. On disait que des fées ou des démons transformés en femmes s'associaient toutes les dames qui voulaient prendre part à leurs plaisirs; et que toutes, dames et fées ou démons, montées sur des bêtes ailées, allaient de nuit faire des courses et des fêtes dans les airs. Elles avaient pour chef la diablesse ou fée Bensozîa , à qui il fallait obéir aveuglément avec |ine soumission sans réserve. C'était, dit-on , la Diane des anciens Gaulois ; on l'appelait
^ Kacde, Apologie pour tons les grands peisonnages P^opçonné» de itoagie, ch. 19.
aussi Nocticula, Hérodias ou la Lune. On voit, dans dos manuscrits de l'église de Cousérans , que des dames au quatorzième siècle avaient le renom d'aller à cheval aux courses nocturnes de Bensozia. Toutes, comme les sorcières au s^abbat, faisaient inscrire leur nom sur un catalogue, et après cela se croyaient fées. On remarquait encore au dernier siècle, à Montmorillon en Poitou, sur le portique d'un ancien temple, une femme enlevée par deux serpents dans les airs. C'était sans doute le modèle de la contenance des sorcières ou fées dans leurs courses de nuit^.
Benthamélèon. — *Titus, ayant pris Jérusalem, publia un édit qui défendait aux Juifs d'observer le sabbat et de se circoncire, et qui leur ordonnait de manger toute espèce de viande. Les Juifs consternés envoyèrent à Titus le rabbin Siméon, qui passait pour un homme très-habile. Siméon s'étant mis en chemin avec le rabbin Éléazar, ils rencontrèrent un diable, nommé Benthamélèon, qui demanda à les accompagner, leur avouant quelle était sa nature , mais se disant enclin à rendre service et leur promettant d'entrer dans le corps de la fille de Titus, et d'en sortir aussitôt qu'ils le lui commanderaient, afin qu'ils pussent gagner l'empereur par ce prodige. Les deux rabbins acceptèrent sa proposition avec empressement; et, Benthamélèon ayant tenu parole, ils obtinrent en effet la révocation de Tédit.
Béranae , — sorcière brûlée à Maubec , prèsBeaumont de Lomaignie, en 4577. En allant au supplice, elle accusa une demoiselle d'avoir été au sabbat; la demoiselle le nia; Bérande lui dit : « Ne sais-tu pas que la dernière fois que nous fîmes la danse, à la Croix du pâté, tu portais le pot de poison?.. . » Et la demoiselle fut réputée sorcière, parce qu'elle ne sut que répondre *.
Berbîguîer. — Alexis- Vincent -Charles Berbiguier de Terre-Neuve du Thym , né à Carpentras, est un auteur qui vivait encore il y a peu de temps, et qui a publié en 4 824 un ouvrage dont voici le titre : Lt% Farfadets, ou toiAs les démons ne sont pas de Vautre morde, 3 vol. in-S®, ornés de huit lithographies et du portrait de l'auteur, entouré d'emblèmes, surmonté de cette devise : Le Fléau des Farfadets, — L'auteur, qui était fou, débute par une dédicace à tous les empereurs , rois , princes souverains des quatre parties du monde. « Réunissez vos efforts aux
1 Dom Martin, Heligion des Gaulois, t. Il, p. 69 et 65.
> M. Jnlca Garinet, Histoire de la magie en France, p. 13-2.
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miens, leur dit-il, pour détruire rinflucnce defs démons, sorciers et farfadets qui désolent les malheureux habitants de vos États. » II ajoute qu'il est tourmenté par le diable depuis vingt-trois ans î et il dit que les farfadets se métamorphosent sous des formes humaines pour vexer les hommes. Dans le chapitre 2 de son livre , 11 nomme tous ses ennemis par leur nom, soutenant que ce sont des démons déguisés, des agents de Béizébuth; qu'en les appelant infâmes et coquins, ce n'est pas eux qu'il insulte, mais les démons qui se sont emparés de leurs corps. « On me fait passer pour fou» 6'écri6«-t*il ; mais i»i j'étais fou, mes ennemis ne seraient pas tourmentés comitie ils le sont tous les jours par mes lardoires, mes épingles, mon soufre , mon sel , mon vinaigre et mes cœurs de bœuf. » — Les trois volumes sont en (Quelque sorte les Mémoires de l'auteur, que lé diable ne quitte pas. U établit le pouvoir des farfadets ; il conte, au chapitre 4, qu'il s'est fait dire la bonne aventure en 4796 par une sorcière d'Avignon, appelée la Mansolte, qui se servait pour cela du jeu de tarots. « Elle y ajouta, dit-il , une cérémonie qui, sans doute, est ce qui m'a mis eatre les mains des farfadets. Elles étaient deux disciples femelles de Satan; elles se procurèrent un tamis propre à pas-» ser de la farine, sur lequel on fîxa une paire de ciseaux par les pointes. Un papier blanc pjié était posé dans le tamis. La Mansotte et moi nous tenions chacun un anneau deç ciseaux , de manière que le tamis était, par ce moyen, suspendu en l'air. Aux divers moun vements du tamis, on me faisait des questions qui devaient servir de renseignements à ceux qui voulaient me mettre en leur possession. Les sorcières demandèrent trois pots : dans l'un elles enfermèrent quelques-uns des ta* rots jetés sur la table, et préférablement le^ cartes à figures. Je les 4vais tirées du jeu les yeux bandés. Le sècbnd pot fut garni de sel^ de poivre et d'huile; le troisième de laurier. Les trois pots, couverte, furent déposés dans une alcôve, fet les sorcières se retirèrent peut attendre l'effet... Je rentrai chez mol à dix heures du soir ; je Irduvài meâ trois croisées ouvertes , et j'entendis au-dessus de ma tête un bruit extraordinaire. J'allume mon flambeaii ; je ne vois rien. Le bruit que j'entendais ressemblait au mugissement des bêtes féroces ; îl dura toute la nuit. Je souffris trois jours diverses tortures, pendant lesquelles les deux sorcières préparnifent leurs nialëfices. Elles . ne cessèrent, tant que dura leur manège, de me demander de l'argent. Il fallait aussi que je fusse là pour leur donner du sirop, des
rafraîchissements et des comestibles ; car leurs entrailles étaient dévorées par le feu de l'enfer Elles eurent besoin de rubans de différentes couleurs, qu'elles ne m'eut jamais rendus. PendanI huit jours que dura leur magie, je fus d*uiie tristesse accablante. Le quatrième jour, elles se métamorphosèrent en chats , venant sous mon lit pour me tourmenter. D'autres fois elles venaient en cliiens : j'étais accablé par le miaulement des uns et l'aboiement des autres. Que ces huit jours furent longs ! » Berblguiër s'adressa à un tireur dé cartes, qui se chargea de eotnbattre les deux sorcières ; mais il ne lui amena que de nouveaux tourments. Dans les chapitres suivpnts, l'auteur se fait dire encc»/e eq bonne aventure et se croit obsédé; il entepd sons cesse à ses oreilles des cris de bêtes affreuses ; il a des peurs et des visions. Il vient à Paris pour un procès, fait cooQaisaaoce d'une nouvelle magicienne, qui lui tif^ les cartes. « Je lui demandai, ditr^il, si je serais toujours malheureux ; elle me répondit que non ; qMe, si je voulais , elle me guérirait des luaux présents et à vemr, et que je pouvais moS-même faire le remède.-- Il faut, meditnelle, acheter une chandelle de suif chez la première marchande dont Ib, boutique aura deux issues, et tâcher, en payant, de vous faire rendre deux deniers. » Elle me recommanda de sortir ensuite par la porte opposée à celle par laquelle je serais entré, 01 de jeter les deux deniers en l'air ; ce que je fis. Je fus grande-* ment surpris d'entendre le son 4e deux éous au lieu de cehû des cleut déniera, t'g^ge qu'elle m^ dit de faire cle la chanclelle fui d'allumer d'abord mon feu, de jeter dedans du sel, d'écrire sur un papier le nom de la première personne qui m'a persécuté, die pi<-< quer ce papier dans tous les sens, d'eu enve-* lopper la chandelle en l'y fixant avec une épingle, et de la laisser brûler entièrement ainsi. Aussitôt que j'eus tout exécuté , ayant eu la précaution de m'armei: d'un couteau en cas d'attaque, j'entendis un bruit effroyable dans le tuyau de ma cheminée; je m'imaginai que j'étais au pouvoir du magicien Moreau, qye j'avgjs consulté à Paris. Je passai la nuit à alimenter le feu, en y jçiant de grosses poignées de sel et de soufre, pour prolonger le supplice de mes ennemis. . . » — M. Berbiguier fît neuf jours de suite la même opération, sans se voir* débarr^assé des farfadets et magiciens, — Les trois volumes sonl partout de cette force, et nous ne dirons rien de trop en rangeant cet ouvrage parmi les plus extravagantes productions. L'auteur se croyait en correspondance nret; dieô êtorcitîîl