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et des démons. Il rapporte des lettres faites par des plaisants assez malhabiles , et qu'il attribue à Lucifer, à Bolhomago et à d'autres dont elles portent les signatures. En voici une qu'il a transcrite scrupuleusement :
A M. Berbiguier.
a Abomination de la détestation , tremblement de terre, déluge, tempête, vont, comète, planète. Océan, flux, reflux, génie, sylphe, iaune, satyre, sylvain, adriadeet amadriade!
» Le mandataire du grand génie du bien et du mal, allié deBelzébuth et de l'enfer, compagnon d'armes d*Astaroth , auteur du péché originel et ministre du Zodiaque, a droit de posséder, de tourmenter, de piquer, de purger, de rôtir, empoisonner, poignarder et litifler le très-humble et très-patient vassal Berbiguier, pour avoir maudit la très-honorable et indissoluble société magique : en foi de quoi nous avons fait apposer les arineft de la société.
)> Fait au soleil, en face de la lune, le grand officier, ministre plénipotentiaire, le 584 S*' jour et la 584 9** heure de nuit, grand'oroii et tribun de la société magique. Le présent pouvoir aura son effet sur son ami Coco. (C'était l'écureuil de M. Berbiguier.)
» THÉSAUROCHBTSOlHtCOCRnYSinÈS.
j) Par son excellence le secrétaire,
» PlNCHlCHI-PlNCHI.
» SO mars 1818.
»P. S. Dans huit jours tu seras en ma puissance ; malheur à toi si iu fait paraître ton ouvrage ! »
Bérenger^ — hérétique du onzième siècle. Guillaume de Malmesbury raconte * qu'à son lit de mort Bérenger reçut la visite de son ancien ami Fulbert, lequel recula devant le lit où gisait le malade, disant qu'il n*en pouvait approcher, parce qu'il voyait auprès de lui un norrible et grand démon très-puant. Les uns disent qu'on chassa ce démon ; d'autres assurent qu'il tordit le cou à l'hérétique mal converti et l'emporta.
B^rgert . — On est encore persuadé , dans beaucoup de villages, que les bergers commercent avec le diable, et qu'ils font adroitement des maléfices. Il est dangereux, assure-t-on, de passer près d'eux sans les salueV* ; ils fourvoient loin de sa route le voyageur qui les oflfense, font naître des orages devant ses pas et des précipices à ses pieds. On conte là-dessus beaucoup d'histoires terribles. Voy. Danis. — Un voyageur, passant
' Xa Hiatorià Aiislor. Bub GulUtthno I.
— Bîm
à cheval à l'entrée d'une forêt du Mans, renversa un vieux berger qui croisait sa route, et ne s'arrêta pas pour relever le bon homme. Le berger, se tournant vers le voyageur, lui cria qu'il se souviendrait de lui. L'homme à cheval ne fît pas d'abord attention à cette menace; mais bientôt, réfléchissant que le berger pouvait lui jeter un maléfîce , et tout au moins l'égarer, il eut regret de n'avoir pas été plus honnête. — Comme il s'occupait de ces pensées, il entendit marcher derrière lui : il se retourne et entrevoit un spectre nu, hideux, qui le poursuit... C'est sûrement un fantôme envoyé par le berger... Il pique son bheval, qui ne peut plus courir. Pour combla de frayeur, le spectre saule sur la croupe du cheval, enlace de ses deux longs bras le corps du cavalier, et se met à hurler. Le voyageur fait de vains efforts pour se dégager du monstre, qui continue de crier d'une voii rauque. Le cheval s'effraie et cherche à jêftè^à terre sa double charge ; enfin une ruade do l'animal renverse le spectre, sur lequel Ib cavalier ose à peine jeter les yeux. Il a iihe barbe sale, le teint pâle, les yeux hagat^s; il fait d'effroyables grimaces... Le voyageur fuit au plus vite : arrivé au prochain village, il raconte sa mésaventure. On lui ap{)renr! que le spectre qui lui a causé tant de frayeui est un fou échappé qu'on cherfche depuis quelques heures *. — Les maléfices de bergers ont eu quelquefois des suites plus fâcheuses. Un boucher avait acheté des moutons sans donner le pourboire au berger de la ferme. Celui-ci se vengea ; en passant le pont qui se trouvait sur leur route, les moutons se ruèrent dans l'eau la tète fa première.
— On conte aussi qu'un certain berger avait fait UR sort avec la corne des pieds de ses bêtes, comme cela se pratique parmi tMjx pour conserver les troupeaux en sàntd. Il portait ce sort dans sa poche : uiî berger du voF^inage parvint à le lui escamoter; et, conihie II lui en voulait depuis long-lenips, h mit le sort eti poudre et l'enterra dans un( fourmilière avec une taupe, une grenouill varie et une (jueue de morue, en disant : mauditîon, perdition, destruction; et au bou de rteuf jours il déterra soti maléfice et le se ma dans l'endroit où devait paître le troupen de son voisin, qui fut détruit. — D'aulrf bergers, avec trois cailloux pris en différcnl cimetières et certaines t)aroles magiques, don nent des dyssenteries, envoient la gale à leur "ennemis, et font mourir autant d'animau qu'ils souhaitent. C'est toujours l'opinion de
I MadameGabrieUedeP**'',Hist. dmsFaatûmea^eic
BÉR
gens de village. Quoique ces pnuvres gens ne sachent pas lire, on craint si fort leur savoir et leur puissance, dans quelques hameaux, qu'on a soin de recommander aux voyageurs de ne pas les insulter, et de passer auprès d'eux sans leur demander quelle heure il est, quel temps il fera, ou telle autre chose semblable , si l'on ne veut avoir des nuées, être noyé par des orages, courir de grands périls, et se perdre dans les chemins les plus ouverts. — Il est bon de remarquer que, dans tous leurs maléfices, les bergers emploient des Pater, des Ave, des neuvaines de chapelet. Mais ils ont d'autres oraisons et des prières pour la conservation des troupeaux. Voy, Troupeaux ; et pour l'histoire des bergers de Brie, voy. Hogque.
Bérith, — duc aux enfers, grand et terrible. Il est connu sous trois noms ; quelquesuns le nomment Béai, les Juifs Bérith et les nécromanciens Bolfri. Il se nàontre sous les traits d'un jeune soldat habillé de rouge des pieds à la tète, monté sur un cheval de même couleur, ayant une couronne sur le front; il répond sur le passé, le présent et l'avenir. On le maîtrise par la vertu des anneaux magiques ; mais il ne faut pas oublier qu'il est souvent menteur. Il a le talent de changer tous les métaux en or ; aussi on le regarde comme le démon des alchimistes. Il donne des dignités et rend la voix des chanteurs claire et déliée. Vingt-six légions sont à ses ordres. — C'était l'idole des Sichemites, et peut-être est-Kïe le même que le Béruth de Sanchoniaton, que des doctes croient être Pallas ou Diane. L'auteur du Solide trésor du Petit Albert, conte de Bérith une aventure qui ferait croire que ce démon n'est plus qu'un follet ou lutin, si toutefois c'est le même Bérith. — « Je me suis trouvé, dit-il, dans un château où se manifestait un esprit familier, qui depuis six ans avait pris soin de gouverner l'horloge et d'étriller les chevaux. Je fus curieux un matin d'examiner ce manège : mon étonnement fut grand de voir courir l'étrille sur la croupe du cheval, sans être conduite par aucune main visible. Le palefrenier me dit qu'il avait attiré ce farfadet à son service, en prenant une petite poule noire, qu'il avait saignée dans un grand chemin croisé ; que du sang de la poule, il avait écrit sur un morceau de papier : « Bérith fera ma besogne pendant vingt ans, et je le récompenserai ; » qu'ayant ensuite enterré la poule à un pied de profondeur, le même jour le farfadet avait pris soin de l'horloge et des chevaux, et que de temps en temps lui-même faisait des trou-
vailles qui lui valaient quelque chose »
— L'historien semble croire que ce lutin était une mandragore ^ Les cabalistes n'y voient autre chose qu'un sylphe.
Bern« (Benedbtto), — sorcicr qui, au rapport de Bodin * et de quelques autres démonographes, avoua, à l'âge de quatre-vingts ans, qu'il avait eu des liaisons pendant quarante années avec un démon qu'il nommait Hermione ou Hermeline, et qu'il menait partout avec lui sans que personne l'aperçût : il s'entretenait fréquemment , dit-on , avec cet esprit, qu'on ne voyait pas ; de manière qu'on le prenait pour un fou (et ce n'était pas autre chose). Il confessa aussi avoir humé le sang de divers petits enfants, et fait plusieurs méchancetés exécrables. Pour ces faits il fut brûlé.
BemaoheOuBeriiaoie, —voy. MACREUSES.
Bernard. — Cardan pense que la sorcellerie ne fut souvent qu'une espèce de nnaladie hypocondriaque, causée par la mauvaise nourriture des pauvres diables que l'on poursuivait comme sorciers. Il raconte que son père sauva un jour un paysan nommé Bernard, que l'on allait condamner à mort pour sorcellerie, en lui changeant sa façon ordinaire de vivre : il lui donna le matin quatre œufs frais, et autant le soir avec de la viande et du vin ; le bon homme perdit son humeur noire, n'eut plus de visions et évita le bûcher.
Bernard ( SAMUEL ), — VOy, PoULB NOIRE.
Bernard de Thnrînge , — ermite qui vers le milieu du dixième siècle annonçait la fin du monde. Il appuyait son sentiment sur un passage de l'Apocalypse, qui porte qu'après mille ans l'ancien serpent sera délié. II prétendait que ce serpent était l'Antéchrist; que par conséquent l'année 690 étant révolue, la venue de l'Antéchrist était prochaine. Il disait que quand le jour de l'annonciation de la sainte Vierge se rencontrerai avec le Vendredi saint ce serait une preuve certaine de la fin du monde ; celte prédiction a eu vainement des occasions de se vérifier.
Bernard-le-TrèvItan , — alchimiste du
quinzième siècle, que quelques-uns croient avoir été sorcier, né à Padoue en H06. Il a beaucoup travaillé sur le grand œuvre, et ses ouvrages inintelligibles sont recherchés des alchimistes ; ils roulent tous sur la pierre philosopha le \
' Admirables secrets da Petit Albert, p. 122. * Bémonomanie des sorciers, liv. il, p. 279. 3 De PhilosophiA henneticà, lib. iv. Strasbourg, 1567, 1682; Nuremberg, 1643. «-Opus historico-dogmaticum