‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 57 sur 319 · BER · texte numérisé non relu

BER

Bersold, — vùy, Berthold.

Berqain (Louis), — gentilhomme artésien, conseiller de Francis I«', qui se mit à déclamer contre les moines et à donner dans le luthéranisme. Ses livres furent brûlés, et la protection du roi le sauva seule d'une abjuration publique: mais on le reprît bientôt. Il se mêlait aux orgies des sorciers; on le convainquit d'avoir adoré le diable; on produisit contre lui de si tristes griefs, que le roi n'osa plus le défendre, et il fut brûlé en place de Grève le 47avriH529.

Berrid, — voy. PitrgATOIRE.

Bersen, — docteur en théologie et prédicateur visionnaire delà cour sousHenri III, qui s'imaginait élre Enoch, et qui voulait aller porter l'Évangile dans le Levant avec un prêtre flamand qui se vanlait d'être Élie. Taillepiod dit avoir entendu Berson prêcher celte bizarrerie devant le frère duroi , à Château-Thierry * .

BerthA, — voy. Robert, roi.

Dierthser (Guillaume-François), — c<Mèbre jésuite, mort en 4782. Vollaire a publié la relation de la maladie, de la mort et de l'apparilion du jésuite Berthier; maïs ce n'est qu'une assez mauvaise plaisanterie. Le père Berthier vivait encore.

Berthold. — Après la mort de Charles-le- Chauve, un bourgeois de Reims, nommé Berthold ou Bernold, gravement malade, ayant reçu les sacrements, fut quatre jours sans prendre aucune nourriture et se sentit alors si faible qu'à peine lui Irouva-Iron un peu de palpitation et de respiration. Vers minuit, il appela sa femme el lui dit de faire promptement venir son confesseur. Le prêtre était encore dans la cour, que Berthold dit : « Mettez ici un siège; car le prêtre vient. » Il entra, et dit quelques prières auxquelles Berihold répondit ; puis il tomba en extase ; et quand il en sortit, il raconta un voyage que son âme venait de faire. — Il était allé en purgatoire, conduit par un esprit, et y avait vu beaucoup de gens qu'on faisait geler et bouillir tour à tour. Parmi les prélats se trouvaient Ebbon, archevêque de Reims, Léoparflelle ou Pardule, évêque de Laon et l'évêque Énée, qui étaient vêtus d'habits déchirés et roussis; ils avaient le visage ridé, la figure

Perl 'hymelas, cum J.-F. Pici libris tribus rfe auro. yrseîlJB, 1698. In-B". — Tractattis de secretissimo philosophonim opère chimico, et responsio ad Thomam de «nonU. Bâie, 1600. — OpnneiHa chemica de lapide PMjnwphorum, en français. Anvers 1&67. —Bernard us TOiTitu», vel opus de chimiA, historîco-dogmaticum, è 8*liico in latinum ▼ersum. Francfort, 1625.

ç' Psycliologie ou Traité de l'apparition des esprits,

basanée. Ils l'appelèrent : « Recommandez à nos amis, dirent-ils, de prier pour nous. » Berthold le promit. Revenu à lui, il fit faire la commission, tomba derechef en e:itase et, retournant en purgatoire , il trouva à la porte Ebbon avec les autres prélats qui en sortaient habillés de blanc et qui le remercièrent. 11 vit ensuite l'âme du roi Cbarles-le-Chauve étendue dans un bourbier et tellement décharnée, qu'on pouvait compter ses os et ses nerfs, « Priez l'archevêque Hincmar de me soulager dans mes maux, B dit le roi. — « Volontiers, » répondit Berthold. Il fit encore la commission, et le roi Charles fut soulagé. De plus, il fit écrire aux parents du jeune monarque défunt l'état déplorable où il se trouvait. — Un peu plus loin» Berthold avait vu Jessé, évêque d'Orléans^ que quatre démons plongeaient alternative— ment dans la poix bouitiantp et dans l'eau glacée. « Ami, priez les miens de s'intéresser à moi, » dit-il à Berthold : le bon homme s'ea chargea encore ; et il vit le comte Othaire qui était dans les tourments. Il fit dire à la femme d'Olhaîre , à ses vassaux et à ses amis de faire des prières et des aumônes pour lui. Berthold, après tout cela, se porta mieux et vécut encore quatorze ans, comme le lui avait promis celui qui l'avait conduit devant tous ces personnages <

B«rthomé du Iiigiioii. dit Chamfxignai, — sorcier jugé à Montmorillon, en Poitou, dans l'année 4599. Il avoua que son père l'avait mené au sabbat dès sa jeunesse ; qu'il avait promis au diable son âme tt son corps; qu'à la Saint-Jean dernière, il avait eu un grand sabbat où le diable les faisait danser en rond; qu'il se mettait au milieu de la danse, en forme de bouc noir, donnante chacun une chandelle allumée, avec laquelle ils allaient lui baiser le derrière ; que le diable lui octroyait à chaque sabbat quarante sous en monnaie et des poudres pour faire des maléfices ; que quand il le voulait, il appelait le diable qui venait à lui comme un tourbillon de vent ; que la nuit dernière il était venu le visiter en sa prison, et lui avait dit qu'il n'avait pas moyen de le tirer d'où il était; que le diable défendait à tous de prier Dieu, d'aller à la messe et de faire les Pâques; et que lui avait fait mourir plusieurs personnes et bêtes, au moyen des poudres qu'on lui donnait au sabbat >.

' Hincmari archlep. Epist., t. II, p. 806. Leioycr, Disc, et hist. des spectres, liv. vi, ch. 13. Don Calmet, Traité sur les apparit., ch. 46. M. Garinet, Histoire de ja magie en France, p. 56.

> Discours sommaire des sortilèges et v^néflcus tiré des procès criminels jugés au siège royal dç MoQtmoril-* Ipn, en Poitou, çn l'année 1699, p. 29.

BÊT — 8G

BerthoroéeclelABedouohe, — voy, l^ON- NKVAULT.

-VOy. BÉRITH.

Bètes. — Il y a, dans les choses prodigieuses de ce monde , beaucoup de bêles qui fi- {purent avec distinction. — Les botes ont été long-temps des instruments à présages : les sorciers et les démons ont emprunté leurs for* mes; et souvent on a brûlé des chats et des vhiGns dans lesquels on croyait reconnaître un «lémon caché ou une sorcière. — Dans les r^mi()agnes on effraie encore les enfants de la menace de la Béie à sept tétes^ dont Timagi* nation varie en tous lieux la laideur. Uopinion de cette bète mohslrueuse remonte à la Hèle de V Apocalypse. — Des personnes accoutumées aux choses extraordinaires ont vu quelquefois des spectres de bétes. On sait la petite anecdote de ce malade à qui son méde- ' ci.i disait : « Amendez-vous, car je viens de voir le diable à votre porte. — Sous quelle forme? demanda le moribond. — Sous celle d'un âne. — Bon, répliqua lo malade, vous avfz eu peur de votre ombre. » — Des doUes croient encore que les animaux, à qui ils n'accordent point d'âme, peuvent revèit+r, et on cile des spectres de ce genre. — Mcyer, professeur à l'Université de Halle, dans son Essai sur les apparitions ^ § 47, dit qu» les revenants et lus spcctrca ne sont |)eutôtrc que les Ames des bétes qui, no pouvant allûi ni dans le ciel ni dans les enfers, restent ici ^rrantes et diversement conforuiées. Pour que celte opinion eût quelques fondement, ii faudrait croire, avec les péripatéticiens, que les bétes ont une âme quelconque : ce qui n'est pas facile. -* Les pythagoriciens sont aU lés plus loin^ ils ont cru que par la métempsycose les âiues passaient successivement du corps d'un homme dans celui d'un animal. Ils respectaient les brutes, et disaient au loup : a Bonjour, frère. » — Le père Bougeant, de la compagnie de Jésus, dans un petit ouvrage plein d'esprit, V Amusement philosophique sur le langage des LéteSy adopta par plaisanterie un système assez singulier. Il trouva aux bétes trop d'esprit et de sentintent pour n'avoir pas une âme; mais il prélendit qu'elles étaient animées par des démons qui faisaient pénitence sous cette enveloppe en attendant le jugement dernier, époque où ils aéraient ploagés en enfer. Ce système est soutenu de la manière la plus ingénieuse : ce n'était qu'un amusemeot; on le prit trop au sérieux. L'auteur fut gravement réfulé et obligé de désavouer piit)liquement des opinions qu'il n'avait mis^ «u jour que comme un délassement. —

^ BEV

Cependant, le père Gaston Pardies, de la même société de Jésus , avait écrit , quelque temps auparavant, que les bétes ont une certaine âme ^ et on ne l'avait pas repris. Mais on pensa qu'auprès de certains esprits l'ingénieux amusement du père Bougeant pouvait faire naître de fausses idées.

Beucre. — On crott, dans plusieurs villages, empêcher le beurre de se faire en récitant à rebours le psaume NoUte fieri «. Bodin ajoute que, par un effet d'antipathie naturelle, on obtient le même résultat en mettant un peu de sucre dans la crème ; et il conte qu'étant à Chelles en Valois, il vit une chambrière qui voulait faire fouetter un petit laquais, parce qu'il Tavait tellement maléficiée, en récitant à rebours le psaume cité, que depuis le matin elle ne pouvait faire son beurre. Lelaquaisrécitaalorsnaturellomenllepsaume, et le beurre se fit '. — Dans le Finistère, diton, Ton ensorcelle encore le beurre. On croit aussi dans ce pays que si Ton offre du beurre à saint Hervé, les bestiaux qui ont fourni la crème n'ont rien à craindre des loups, parce que ce saintétantaveuglesefaisaitguiderparunloup*.

Beurre de» soroière». — Le diable donnait aux sorcières de Suède, entro autres animaux destinés à les servir, des chaU qu'elles appelaient emporteurs, parce qu'elles les envoyaient voler dans le voisinage. Ces emporteurs, qui étaient très-gourmands, profitaient de roccasion pour se régaler aussi, et quelquefois ils s'emplissaient si fort le ventre qu'ils étaient, obligés en chemin dé rendre gorge. Leur vomissement se trouve habituellement dans les jardins potagers. « 11 a une couleur aurore, et s'appelle,le beurre des soicières *. »

BeverUnd ( ADRIEN ). —avocat hollandais, de Middelbourg, auteur de Recherches philosophiques sur le péché originel^, pleinesde grossièretés infâmes. Les protestants mêmes , ses co-religionnaires , s'en indignèrent et mirent cet homme en prison à Leyde ; il s'en échappa et mourut fou à Londres en M\^. Sa folie était de se croire constamment poursuivi par deux cents hommes qui avaient juré sa mort 7.

ï Dans son Disc, de la connûîwaiicc des bêU*s. Pnrts, 4'^ éd., 1«96.

2 Tliiers, Traité des superstitions, t. I".

•'' Démonoraanie des sorciers, liv. ii, ch. l".

4 Cambry, Voyage dans le Finistère, t . I'-», p. U et 15.

s Dekkcr. Le Monde enchanté, liv. iv, ch 29.

6 Iladriani Beverlandi peccatura originale philologicè clucubratum, à Themidis alun^no, lileutheroi>«.li, in horto Hesperidum, lypis Adami ei h.vaj, torr» fil. ln-8". 1678. La JusU dotestalio libelli scélérat issimi Hadriani I3everlandi de peccalo originali. In-8«. Goriocbcmii, 1680, est une réiutation de cet écrit dtîtestabk, dont (il/ a publié en 1734, in-lU, une imitation mêlée Ue contf s aussi méprisés.

: CJabrii'l Peiguot, Dn-t. des livres condamnés au feu.

BiE — 87

B«yrevra, — démon indien, chef des ômc« qui errent dans Tenace, changées en dénions aériens. On dit qu'il a de grands ongles trèscroehud« BrahoQa ayant un jour insulté un dieu supérieuri Beyvera chargé de ie punir lui coupa une lôte aveo aon ongle. Brahms bu* oiilié demanda pardon ; et le diou Eswara lui prônait, pour ie consoler, qu'il ne aérait pag inoiad re»pectéaveo les quatre tètes qui lui restaient, qu'il ne l'était auparavant avec cinq.

Bîatsle , *-- berger sorcier: Voy. Hocqub.

Bible du diable. -* G*est sans dluto le gr!^ moire ou quelque autre ftilras de ce genre. Mais Delancre dit que le drable fait croire aux sorciers qu'il a sa Bible , ses cahiers sacrés , SD Ihéologle et ses professeurs ; et un grand magicien ovtouà, étant sur la sellette au parlement de Paris, quil y avait à Tolède soixantetreize maîtres en la faculté de magie, lesquels prenaient pour texte la Bible du diable ^ i>

BîblioDaan«ie , — divination, ou sorte d'épreuve employée autrefois pour reconnaître les sorciers. Elle consistait à mettre dans un des côtés d'une balance la personne soupçonnée de nnagie , et dans l'autre la Bible ; si la personne pesait moins, elle était innocente. Si elle pesait plus, elle était Jugée coupable t ce qui ne manquait guère d'arriver, car bien peu d'in-Mo pèsent ua sorcier. — On consultait encore la destinée ou le sort , en ou<^ vrant la Bible avec une épingle d'or, et e» tirant présage du premier mot qui se présentait.

BSetka. — U y avait ea 4597 À Wiina, en Pologne ^ use &ilie nonuuée Bietka ^ qui était recherchée par u« jeune homme appelé Zacbarie. Lee parents de Zacbarie ne consentant point à aon mariage ,. il tomba dans la mélancolie e4 8'f§trdDgla. Peu de temps après sa mort, il apiiarut à BieXka, lui dit qu'il venait s'unir à elle et lui tenir sa promesse de mariage. Elle se laissa persuader ; le mort l'épousa donc , maià sans témoins. -5-C€ftte singularité ne demeura pas long-temps secrète , on sut bientôt le mariage de Bietktf avee un esprit, on accourut de toutes parts peur voir la mariée; et son aventure lui rapporta beaucoup d'argent, car h revenant se môûtrait et rendait des arades ; mais il ne donnait ses répooaea que du consentement de sa femme , qu'il fallait gagner. Il faisait aussi beaucoup de louns ; il connaissait tout le présent, et prédisait un peu l'avenir. — Au bout de trois ans, un magicien ^taliea ayavA laissé échapper depuis ce temps un esprit qu'il avait long-temps maîtrisé, vint en Pologne, sur le bruit des mer-

' Delancre, Incrédulité et mécrt^ance Hu sortilège, utc, traité 7. Voyez Université.

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