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duquel on a tiré le philactère abracadabra. Il est représenté sur des amulettes avec un fouet à la main. Les démonographes ont fait d'Abracax un démon qui a la tête d'un roi et pour pieds des serpents. Les basilidiens, hérétiques du deuxième siècle» en faisaient leur dieu suprême. Comme ils trouvaient quo les sept lettres grecques dont ils formaient son nom faisaient en grec le nombre 365, qui est celui des jours de Tannée, ils plaçaient sous ses ordres plusieurs génies qui présidaient aux trois cent soixante-cinq cieux, et auxquels ils attribuaient trois cent soixante-cinq vertus, une pour chaque jour. Les basilidiens disaient encore que Jésus-Christ n*étail qu'un fantôme bienveillant envoyé sur la terre par Abracax. Ils s'écartaient de la doctrine de leur chef. Voy, Basilide.
Abraham. — ^Tout le monde connaît l'histoire de ce patriarche, écrite dans les livres saints ; mais on ignore peut-être les contes dont il a été Tobjet. Les Orientaux voient dans Abraham un habile astrologue et un puissant magicien. Ils le mettent en rapport avec le diable et le constituent juge à la porte de l'enfer. Suidas et Isidore lui 'attribuent l'invention de l'alphabet et de la langue des Hébreux. Les rabbins font Abraham auteur d'un livre De l Explication des songes, que Joseph, disent-ils, avait étudié avant d'être vendu par ses frères. On met aussi sur son compte un ouvrage 'intiiulé Jetzirah, ou la Création, que plusieurs disent écrit par le rabbin Akiba : voy. ce nom. Les Arabes possèdent ce livre cabalistique, qui traite de l'origine du monde : ils l'appellent le Sepher. On dit que Vossius, qui raisonnait tout de travers là-dessus, s'étonnait de ne pas le voir dans les livres canoniques. Poslel l'a traduit en latin : on l'a imprimé à Paris en 1 552 ; à Mantoue en 1 562 , avec cinq commentaires; à Amsterdam en 1642.
On y trouve de la magie et de l'astrologie. — a C'est un ouvrage cabalistique très-ancien cl très-célèbre, dit le docteur Rossi. Quelquesum en font auteur Akiba ; d'autres le croient composé par un écrivain antérieur au Thaï-mud, dans lequel il en est fait mention. » — Le litre de l'ouvrage porte le nom d'Abraham ; mais ajoutons qu'il y a aussi des opinions qui le croient écrit par Adam lui-même '.
Abrahel^ — démon succube, connu par une aventure que raconte Nicolas Remy dans 8a Démonolâlrie, et que voici : — En Tannée 4581, dans le village de Dalhem, au pays de
' Les rabbins ont conté d'Abraham une Toule de choses prodigieuses. On un trouvera ]v résumé dans les Légendes de Vanclen Testament.
Limbourg, un méchant pâtre, nommé Pierron, conçut un amour violent pour une jeune fille de son voisinage. Or cet homme mauvais était marié ; il avait même de sa femme un petit -garçon. Un jour qu'il était occupé de la cri-r minelle pensée de son amour , la jeune fille qu'il convoitait lui apparut dans la campagne : c'était un démon sous sa figure. Pierron lui découvrit sa passion ; la prétendue jeune fille promit d'y répondre s'il se livrait à elle et s'il jurait de lui obéir en toutes choses. Le pâtre ne refusa rien, et son abominable amour fut accueilli. — Peu de temps après^ la jeune fille, ou le démon qui se faisait appeler Abrabel par son adorateur, lui demanda, pour gage de son attachement, qu'il lui sacrifiât son fils. Le pâtre reçut une pomme qu'il devait faire noanger à l'enfant; l'enfant, ayant mordu dans la pomme , tomba mort aussitôt. Le désespoir de la mère fit tant d'effet sur Pierron qu'il courut à la recherche d'Abrahel pour en obtenir reconfort. Le démon promit de rendre la vie à l'enfant si le père voulait lui demander cette grâce à genoux , en lui rendant le culte d'adoration qui n'est dû qu'à Dieu. Le pâtre se mit à genoux, adora, et aussitôt l'enfant rouvrit les yeux. On le frictionna, on le réchauffa ; il recommença à marcher et à parier. Il était le même qu'auparavant, mais plus maigre, plus hâve, plus défait, les yeux battus et enfoncés, les mouvements plus pesants. Au bout d'un an, le démon qui l'animait l'abandonna avec un grand bruit; l'enfant tomba à la renverse....
— Cette histoire décousue et incomplète se termine par ces mots dans la narration de Nicolas Remy : « Le corps de l'enfant, d'une puanteur insuppoHable, fut tiré avec un croc hors de la maison de son père et enterré dans un champ. » Il n'est plus question du démon succube, ni du pâtre.
. AbMlon. — On a écrit bien des choses supposées à propos de sa chevelure. Lepelletier, dans sa dissertation sur la grandeur de l'arche de Noé , dit que toutes les fois qu'on coupait les cheveux à Absalon, on lui en était trente onces
Abftiaenoe. — On prétend qu'Abaris no
mangeait pas et que les magiciens habiles peuvent , s'abstenir de manger et de boire.
— Sans parler des jeûnes merveilleux dont il est fait mention dans la vie de quelques saints, Marie Pelet de Laval, femme du Hainaut, vécut trente-deux mois (du 6 novembre 4754 au 25 juin 1757) sans recevoir aucune nourriture, ni solide, ni liquide. Anne Harley, d'Orival près de Rouen , se soutint vingt-six
an$; pn buvant sculcmont un peu de lait qu'elle vomi8sait quelques moments après l'avoir avalé. ' — Dans les idées des Orientaux, les génies ne se nourrissent que de fumées odorantes qui ne produisent point de déjections.
Acoïdentf . — Beaucoup d'accidents peu ordinaires, mais naturels^ auraient passé autrefois pour des sortilèges. Voici ce qu'on lisait dans un journal de iSi\ : — «Mademoiselle Adèle Mercier ( des environs de Saint- Gilles), occupée il y a peu de joijrs à arracher dans un champ des feuilles de mûrier, fut piquée au bas du cou par une grosse mouche qui, selon toute probabilité, venait de sucer le cadavre putréfié de quelque animal, et qui déposa dans l'incision faite par son dard une ou quelques gouttelettes de suc morbifique dont elle s'était repue. La douleur, d'abord extrêmement vive, devint insupportable. Il fallut que mademoiselle Mercier fût conduite chez elle et qu'elle se mît au lit. La partie piquée s'enfla prodigieusement en peu de temps: l'enflure gagna. Atteinte d'une fièvre algide qui acquit le caractère le plus violent, malgré tous les soins qui lui furent prodigués et quoique sa piqûre eût été cautérisée et alcalisée, mademoiselle Mercier mourut le lendemain dans les souffrances les plus atroces. » — Le Journal du Rhône racontait le 3 juin : « Un jeune paysan des environs de Bourgoin, qui voulait prendre un repas de cerises, commit l'imprudence , lundi dernier, de monter sur un cerisier que les chenilles avaient quitté après en avoir dévoré toutes les feuilles. Il y avait vingt minutes qu'il satisfaisait son caprice ou son appétit, lorsque presque instantanément il se sentit atteint d'une violente inflammation à la gorge. Le malheureux descendit en poussant péniblement ce cri : fétouffe! f étouffe! Une demi-heure après il était mort. Les chenilles, ajoute notre correspondant, déposent dans cette saison sur les cerises qu'elles touchent une substance que l'œil distingue à peine, mais qui n'en est pas moins un poison. C'est donc s'exposer que de manger ces fruits sans avoir pris la sage précaution de les laver. »
AooouohemenU prodigieux. — Voy, IMA- GINATION, Couches, Aétite, etc.
Aoham, — démon que l'on conjure le jeudi. Voy. Conjurations.
Acharai-Rioho , — chef dcs enfers chez les Yakouts. Voy. Mang-taar.
Aohëron, — fleuve de douleur, dont les eaux sont amères ; l'un des fleuves de l'enfer des païens. Dans des relations du moyen âge, l'Achéron est un monstre. Voy. Fondal.