‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 7 sur 319 · ADA · texte numérisé non relu

ADA

Aebérutîe. — Marais d'Egypte près d'Holiopolis. Les morts le traversaient dans une barque lorsqu'ils avaient été jugés dignes des honneurs de la sépulture. Les ombres des morts enterrés dans le cimetière voisin erraient, disait-on, sur les bords de ce marais» que quelques géographes appellent un lac.

Aohmet. — Devin arabe du neuvième siècle, auteur d'un livre De V Interprétation des songes, suivant les doctrines de l'Orient. Le texte original de ce livre est perdu ; mais Rigault en a fait imprimer la traduction grecque et latine à la suite de VOntrocritique d'Artémidore ; Paris, 1603, in-4*».

Aoonoe (Jacques) , — curé du diocèse de Trente, qui, poussé par la débauche, embrassa le protestantisme en \ 557, et passa en Angleterre. La reine Elisabeth lui fit une pension. Aussi il ne manqua pas de l'appeler diva Elisabetha en lui dédiant son livre Des Stratagèmes de Satan * . Mais nous ne mentionnons ce livre ici qu'à cause de son titre : ce n'est pas un ouvrage de démonomanie , c'est une mauvaise et détestable diatribe contre le catholicisme.

Adalbert, — hérétique qui fit du bruit dans les Gaules au huitième siècle, regardé par les uns comme un habile faiseur de miracles et par les autres comme un grand cabaliste. Il distribuait les rognures de ses ongles et de ses cheveux, disant que c'étaient de puissants préservatifs ; il contait qu'un ange , venu des extrémités du monde, lui avait apporté des reliques et des amulettes d'une sainteté prodigieuse. On dit même qu'il se consacra des autels à lui-même et qu'il se fit adorer. Il prétendait savoir l'avenir, lire dans la pensée et connaître la confession des pécheurs rien qu'en les regardant. Il montrait impudemment une lettre de notre Seigneur Jésus Christ, disant qu'elle lui avait été apportée par saint Michel 2; et il enseignait à ses disciples une prière qui commençait ainsi : — a Seigneur,

I De Stratagennatibus Satanœ in religionis negotio , per sperstitionem, errorem , hœresim, odium , calumniam, schisma, etc., lib. viii. Bâlc, 1565. Sonyent réimprimé et traduit en plusieurs langues.

^ Baluzc, dans son Appendice aaxCapitulaires des rtàs francs, a publié cette lettre, dont voici le titre : — u Au nom de Dieu : Ici commence la lettre «le notre Seigneur Jésus-Christ, qui est tombée à Jérusalem, et qui a été trouvée par l'Archange saint Michel, lue et copiée par la main d'un prêtre nommé Jean, qui Ta envoyée à la ville de Jérémie à un autre prêtre nommé Talasius; et Taîasius l'a envoyée en Arabie à un autre prêtre nommé Léoban; et Léoban l'a envoyée à la ville de Betsamie, où elle a éié reçue par le prêtre M.acarius, qui Ta renvoyée à la montagne du saint Archange Michel : et par le moyen d'un ange, la lettre est arrivée à la viile de Rome, au sépulcre de s^aint Pierre, où sont les clefs du royaume des cieux ; et les douze prêtres qui sont à Rome ont fait des veilles de trois jours, avec des jeûnes et des prières, jour et nuit, « etc.

Page 1