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el que le d?able n'y était pour rien. Nihil a dcemone, multa ficta, a morbo pauca. Le parlement prit connaissance de l'affaire, et conpamna Marthe à s'en retourner à Romorantin, chez ses parents, avec défense d'en sortir, sous peine de punition corporelle. — Cependant elle se fit conduire quelque temps après devant l'évèque de Clermont qu'elle espérait tromper ; mais un arrêt du parlement la mit en fuite. Elle se réfugia à Rome, où elle fut enfermée dans une communauté ; là finit sa possession. On peut voir sur cette affairé les lettres du cardinal d'Ossat, et une brochure intitulée : Discours véritable sur le fait de Marthe Brossiery par le médecin Marescol, qui assista aux exorcismes. (In-S». Paris, \ 599.)
Broacx>laquef, — voy. VampirES.
Brouette de la mort. — C'est une Opinion généralement reçue parmi les paysans de la Basse-Bretagne que, quand quelqu'un est destiné à rendre bientôt le dernier soupir, la brouette de la mort passe dans le voisinage/ Elle est couverte d'un drap blanc, et des spectres la conduisent; le moribond entend même le bruit de sa roue *. Dans certains cantons, cette brouette est le char de la Mort, carrick an NankoUy et le cri de la fresaie annonce son passage *.
Brown (Thomas) , médecin anglais, mort en 1682. Il combattit les erreurs dans un savant ouvrage ' que l'abbé Souchay a traduit en français , sous le titre û* Essai sur les erreurs populaires, ou examen de plusieurs opinions reçues comme vraies et qui sont fausses ou douteuses. 2 vol. in-12. Paris, 1733 et 1742. Ce livre, utile quand il parut, l'est encore aujourd'hui, quoique beaucoup de ces erreurs soient dissipées. Les connaissances du docteur Brown sont vastes , ses jugements souvent justes; quelquefois cependant il remplace une erreur par une autre. — VEssai sur les erreurs populaires est divisé en sept livres. On recherche dans le premier la source des erreurs accréditées; elles doivent naissance à la faiblesse de l'esprit humain, à la curiosité, à l'amour de l'homme pour le merveilleux, aux fausses idées, aux jugements précipités. Dans lé second livre on examine les erreurs qui attribuent certaines vertus merveilleuses aux minéraux et aux plantes : telles sont les qualités surnaturelles qu'on donne à l'aimant, et le privilège de la rose de Jéricho, qui dans l'opinion des bonnes gens fleurit tous les ans la veille de Noël. — Le
' Voyage de M. Cambry dans le Finistère, t. P»'.
* M. Keratry, Le Dernier des Beaumanoir, ch. 26. , 3 Pseudodoxia epidemica or enquiriei» tt)u vufgar errors, etc. In-fol. Londres, 1646.
troisième livre est consacré aux animaux, (t combat les merveilles qu'on débite sur leur compte et les propriétés que des ohartalans donnent à quelques-unes de leurs parties ou de leurs sécrétions. Le quatrième livre traite des erreurs relatives à l'homme. L'auteur détruit la vertu cordiale accordée au d(Mgt annulaire, le conte populaire qui feit remonter l'origine de saluer dans les éternuments à une épidémie dans laquelle on mourait en éternuant, la puanteur spéciale des juifs, les pygmées, les années climatériques. — Le cinquième livre est consacré aux erreurs qui nous sont venues par la faute des peintres; comme le nombril de nos premiers parents, le sacrifice d'Abraham, où son fils Isaac est représenté enfant, tandis qu'il avait quarante ans. L'auteur discute dans le livre sixième les opinions erronées ou hasardées qui ont rapport à la cosmographie et à l'histoire. Il combat les jours heureux ou malheureux , les idées vulgaires sur la couleur des nègres. Le septième livre enfin est consacré à l'examen de certaines traditions reçues , sur la mer Morte , la tour de Babel , les rois de l'Epiphanie, etc. Le savant ne se montre pas crédule; cependant il croyait, comme tout chrétien, aux sorciers et aux démons. Le docteur Hulchinson cile de lui un fait à ce sujet dans son Essai sur la .sorcellerie. En 1664 , deux personnes accusées de sorcellerie allaient êlre jugées à Norwich; le grand jury consuUa Brown, dont on révérait l'opinion et le savoir. Brown signa une attestation, dont on a conservé l'original, dans laquelle il reconnaît l'existence des sorciers et Tinfluence du diable ; il y cite même des faits analogues à ceux qui faisaient poursuivre les deux accusés « et qu'il présente comme incontestables. Ce fut cette opinion qui détermina la condamnation des prévenus.
, — lutin écossais. Le roi Jacques regardait Brownie comme un agent de Satan; Kirck en fait un bon génie. Aux îles d'Arkney, on fait encore des libations de lait dans la cavité d'une pierre appelée la pierre de Brownie, pour s'assurer de sa protection. Le peuple de ces iles croit Brownie doux et pacifique; mais si on l'ofiense il ne reparait plus.
Bruhesen (PiERRE Van), — docteur et astrologue de la Campine, mort à Bruges en 4171 . Il publia dans cette ville, en 1 550, son Grand et perpétuel abnanach^ où il indique scrupuleusement, d'après les principes de l'astrologie judiciaire, les jours propres à purger, baigner, raser, saigner, couper les cheveux et appliquer les vénlQuges. Ce modèle de ratnHinaeh de
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Liège fit d*auiant plos de mmeur à Bruges , que he magistrat, qui donnait dans Tastrologie^ fit trèfi-^expretees défense» à quiconque exer^ çait e» sa ville le métier de barberie, de rien eotreptendre sur le menton de ses concitoyens pendant tes joors néfasies, François Rapaërt» médecin' de Bruges^ poblia alors contre Bru-* hesen le grand et perpétuel almanach, ou fléau des empiriques et des charlatans ^. Mais Pierre Uaschaert, chirurgien, partisan de rastrologie, défendit Bruhesen dans son Bouclier astrologique contre U fléau des astrologues de François Rapaërt * : et depuis on a fait des almanachs sur le modèle de Bruhesen , et ils n'ont pas cessé d'avoir un débit immense.
Bralefer. — C'est le nom que donnent les Véritables clavicules de Salomon â un démon ou esprit qu'on invoque quand on veut se faire aimer.
leBaat, — reine d'Austrasie, au sixième siècle , accusée d'une multitude de crimes et peut-être victime historique de beaucoup de calomnies. Dans le siècle où elle vécut , on ne doit pas s'étonner de trouver au nombre de ses forfaits la sorcellerie et les maléfices.
Bruno , — philosophe , né à Noie dans le royaume de Naples, au milieu du seizième siècle. Il publia à Londres, en 1584, son livre de ÏEicpulsion de la bête triomphante '. Ce livre fut supprimé. C'est une critique stupide dans le fond, maligne dans les détails, de toutes les religions, et spécialement de la religion chrétienne.— L'auteur ayant voulu revoir sa patrie, fut arrêté à Venise en 1598, transféré à Rome, condamné et briHé le 47 février de l'an 1600, pour ses impiétés flagrantes et ses mauvaises mœurs. Il avait consumé beaucoup de temps à l'étude des rêveries hermétiques ; il a même laissé deséjcrits sur l'alchimie ^, et d'autres ouvrages dont quelques-uns ont partagé son bûcher'. On s'étonnera peut-^être de cette rigueur, mais alors les crimes que Ton pour^ suivait ainsi et qui troublaient la société inspirsnent plus d'horreur que n'en inspire aujourd'hui chez nous l'assassinat.
Bmnôn. — « L'empereur Henri III atiait en bateau sur le Dantft3iB , en i^n duché de Ba-
' Magnum et perpetnitm almanach, «^ea empiricoruA et medicastromm flagellum. In-12, 1551.
* Clypéiiô aétftrtofçitiis contta flagettum aitroîogortiih Frakcricl Rii)>ardi. Ili-12, 15^1.
^ S|^cîo de la bctstia triomphante, proposto daGiove, efFeluato dal conseslo, revelato da Mercurio, recitato da Sofia, udito da Saulino^ registrato dal Nolano, diviso in tre dialogi, subdivisi in tre parti. In Farigi. Londres, 1584. In-8«».
* De compendiosa architectura et corrplemcnto artis Lullii, etc. In-lt». Paris, 1582, etc.
•' Particulièrement La Ccn.i de le crnori , descrita in cinquc dialogi, etc. In-t". Londres, l&til.
vière, accompagné de Brunon, évèque de Wurlzbourg, et de quelques autres seigneurs. Comme il passait près du château de Grein, il se trouva en danger imminent de se noyer lui et les siens dans un lieu dangereux; cependant il se tira heureusement de ce péril. Mais incontinent on aperçut au haut d'un rocher un homme noir qui appela Brunon, lui disant : « Ëvêque, sache que je suis un diable, et qu'en quelque lieu que tu sois, tu es à moi. Je ne puis aujourd'hui te mal faire ; mais tu me verras avant peu. » Brunon , qui était homme de bien, fit le signe de la croix ,et après qu'il eut conjuré le diable, on ne sut ce qu'il devint. Mais bientôt comme l'empereur dînait à Ébersberg , avec sa compagnie, les poutres et plafond d'une chambre basse où ils étaient, s'écroulèrent ; l'empereur tomba dans une cuve où il ne se fit point de mal , et Brunon eut en sa chute tout le corps tellement brisé qu'il en mourut. — De ce Brunon ou Bruno nous avons quelques cothmentaires sur les Psaumes. ^ » — Il n'y a qu'un petit malheur dans ce conte rapporté par Leloyer, c'est que tout en est faux.
BHttm. -^ Phitarque rapporte que peu de temps avant la bataille de Philippes , Brutus étant seul et rêveur dans sa tente, aperçut un fgint6me d'nne taille démesurée , qui se présenta devant Ini en silence, mais avec un regard menaçant. Brutus lui demanda s'il était dieu ou homme , et ce qu'il voulait. Le spectre lui répondit : « Je suis ton mauvais génie, et je t'attends aut champs de Philippes. » « Eh bien , nous nous y verrons ! » répliqua Brutos. Le fantôme disparut ; mais on dit qu'il se montra derechef au meurtrier de César la nuit qui précéda là bataille de Philippes, où Brutus se tua de sa main.
Bucaille (Marie), — jeune Normande de Yalogne, qui, au dernier siècle, voulut se faire passer pour béate. Mais bientôt ses visions et ses, extases devinrent suspectes; elle s'était dite quelquefois assiégée par les démons ; elle se faisait accompagner d'un prétendu moine, qui disparut dès qu'on voulut examiner les faits ; elle se proclama possédée. Pour s'assurer de la vérité des prodiges qu'elle opérait , on là fit enfermer au secret. On reconnut que !es visions de Marie Bucaille n'étaient que fourberies ; qu'elle n'était en commerce ni avec les auges ni avec le diable. Elle fut fouettée et marquée , et tout fut fini ^.
ï Leloyer, Disc, et hist. des spectres, liv. m, ch. 16.
* Lettres du médecin Saint-André sur la magie etsnr les maléliccs, p. 13Q et 431.
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