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Buoer ( MARTIN ), — grand parlisan de Luther, mort à Cambridge en 1551 . « Étant aux abois de la mort, assisté de ses amis, le diable s'y trouva aussi , l'accueillant avec une figure si hideuse, qu'il n'y eul personne qui , de frayeur, n'y perdît presque la vie. Icelui diable remporta rudement, lui creva le ventre et le tua en lui tordant le cou, et emporta son âme^ qu'il poussa devant lui, aux enfers^ . »
Buokîngl&am (GeORGE ViLLIERS, DUC De),
— favori de Jacques l*"", mort à Portsmouth en 1628 , illustre surtout par sa 6n tragique. — On sait qu'il fut assassiné par Fellon, ofïïcier à qui il avait fait des injustices. Quelque temps avant sa mprt, Guillaume Parker, ancien ami de sa famille, aperçut à ses côtés en plein midi le fantôme du vieux sir George Villiers, père du duc, qui depuis long-temps ne vivait plus. Parker prit d'abord cette apparition pour une illusion de ses sens ; mais bientôt il reconnut la voix de son vieil ami , qui le pria d'avertir le duc de Buckingham d'ôlre sur ses gardes, et disparut. Parker, demeuré seul, réfléchit à cette commission, et, la trouvant difficile, il négligea de s'en acquitrter. Le fantôme revint une seconde fois et joignit les menaces aux prières , de sorte que Parker se décida à lui obéir ; mais il fut traité de fou, et Buckingham dédaigna son avis. Le spectre reparut une troisième fois, se plaignit de Tendurcissement de son fils , et tirant un poignard de dessous sa robe : « Allez encore, dit-il à Parker ; annoncez à l'ingrat que vous avez vu l'instrument qui doit lui donner la mort. » Et de peur qu'il ne rejetât ce nouvel avertissement, le fantôme révéla à son ami un des plus intimes secrets du duc. — Parker retourna à la cour. Buckingham, d'abord frappé de le voir instruit de son secret, reprit bientôt le ton de la raillerie, et conseilla au prophète d'aller se guérir de sa démence. Néanmoins, quelques semaines après, le duc de Buckingham fut assassiné. On ne dit pas si le couteau de Felton était ce même poignard que Parker avait vu dans la main du fantôme. On peut, du reste, expliquer cette vision. On savait que le duc avait beaucoup d'ennemis, et quelquesuns de ses amis , craignant pour ses jours , pouvaient fort bien se faire des hallucinations.
Bttoon, — mauvais diable, cilé dans les Clavicules de Salomon. Il sème la jalousie et la haine.
Budaf, — hérétique qui fut maître de Mânes, et auteur de l'hérésie manichéenne. C'é-
* Delancrc, Tableau de l'inconstance dcs«k*m'>ns,ctc., liv. 1", dise. 1.
tait, dit Pierre Delancre^, un magicien élève des Brahmanes , et en plein commerce avec les démons. Un jour qu'il voulait faire je ne sais quel sacrifice magique , le diable l'enleva de terre et lui tordit le cou * : digne récompense de la peine qu'il avait prise de rétablir par le manichéisme la puissance de Satan !
Buer, — démon de seconde classe, président aux enfers ; il a la forme d'une étoile ou d'une roue à cinq branches , et s'avance en roulant sur lui-môme. Il enseigne la philosophie, la logique et les vertus des herbes médicinales. Il donne de bons domestiques, rend la santé aux malades, et commande cinquante légions .
Bttgnot (Etienne), — gentilhomme de la chambre de Louis XIV, auteur d'un livre rare intitulé : Histvire récente pour servir de preuve à la vérité du purgatoire , vérifiée par procèsverbaux dressés en 4663 et 4664, avec un Abrégé de la Vie d* André Bugnot , colonel d'infanterie, et de son apparition après sa mort. In-42, Orléans, 4665. Cet André Bugnot était frère d'Etienne. Son apparition et ses révélations n'ont rien d'original.
BaîMon d'épînet. — Selon une coutume assez singulière , quand il y avait un malade dans une maison , chez les anciens Grecs , on attachait à la porte un buisson d'épines pour éloigner les esprits malfaisants.
Bullet (Jean-Baptiste), — académicien de Besançon, mort en 1 775. On recherche ses Dissertations sur la mythologie française et sur plusieurs points curieux de l'histoire de France. In-12, Paris, 1774.
Bnne , — démon puissant , grand-duc aux enfers. Il a la forme d'un dragon avec trois tètes dont la troisième seulement e^t celle d'un homme. Il ne parle que par signes ; il déplace les cadavres, hante les cimetières et rassemble les démons sur les sépulcres. Il enrichit et rend éloquents ceux qui le servent; on
ajoute qu'il ne les trompe jamais Trente
légions lui obéissent «. — Les démons soumis à Bune, et appelés Bunis, sont redoutés des Tartares, qui les disent très-malfaisaots. Il faut avoir la conscience nette pour être à l'abri do leur malice ; car leur puissance est grande et leur nombre est immense. Cependant les sorciers du pays les apprivoisent, et c'est par le moyen des Bunis qu'ils se vantent de découvrir l'avenir.
' Discours des spectres, liv. vni, ch. 5. '• Socrate, Histor. eccles.Jib. i, cap. 21. ^ Wierus, in Pseudoir.onurchiu da:mon.
4 Wierus, in Fscudominarchiâ deeingii.
BLR
BYL
Buogey (TiiOMAs), — xnoine anglais, amr de Roger Bacon , avec qui les démonographes l'accusent d'avoir travaillé sept ans à la merveilleuse tête d'airain qui parla , comme on saiti. On ajoute que Thomas était magicien, et on en donne pour preuve qu'il publia un livre de la magie naturelle, De magiâ naturaliy aujourd'hui peu connu. Mais Delrio l'absout de l'accusation de magie *, et il avoue que son livre ne contient qu'une certaine dose d'idées superstitieuses. Une autre preuve qu'il n'était pas magicien, mais seulement un peu mathématicien, c'est qu'on l'élut provincial des franciscains en Angleterre '.
BunU, — voy. BuNE.
Buplage OU Buptage. — a Après la bataille donnée entre le roi Antiochus et les Bomains, un officier nommé Buplage, mort dans le combat, où il avait reçu douze blessures mortelles, se leva tout d'un coup au milieu de l'armée romaine victorieuse , et cria d'une voix grêleà l'homme qui le pillait :
Ccsfic, aoldat romain, de dépouiller ainsi Ceux qui sont descendus dans l'cnfcr obscurci...
» Il ajouta en vers que la cruauté des Bomains serait bientôt punie , et qu'un peuple sorti de l'Asie viendrait désoler l'Europe; ce qui* peut marquer l'irruption des Francs ou celle des Turcs sur les terres de l'empire. Après cela , bien que mort , il monta sur un chêne, et prédit qu'il allait être dévoré par un loup.; ce qui eut lieu quoiqu'il fût sur un chêne : qnand le loup eut avalé le corps, la tête parla encore aux Bomains et leur défendit de lui donner la sépulture. Tout cela parait très-incroyable *. Ce ne furent pas les peuples d'Asie mais ceux du nord qui renversèrent l'empire romain.
Burgot (Pierre), loupgarou brûlé à Besançon en 4521 avec Michel Verdun.
Burrough (George), — ministre de la religion anglicane à Salem, dans la Nouvelle-Angleterre , pendu comme sorcier eo 469S. On l'accusait d'avoir maléfîcié deux femmes qui venaient de mourir. La mauvaise habitude qu'il avait de se vanter sottement qu'il savait tout ce qu'on disait de lui en son absence fut admise comme preuve qu'il communiquait avec le diable ^.
' Voyez Bacon.
' Oisquisit. magie, lib. i, cap. 3, qu. 1.
^ Naudé, Apol. pour les grands personnages, etc., p. 495.
^ Traité dogmatique des apparitions, t. II, p. 153. Lcloyer, p. 253.
^ Godwin, Vie des Nécromanciens.
Burion (Bobert) , — auteur d'un ouvrage intitulé : Anatomie de la mélancolie, par Démocrite le jeune, in-4°, 1624; mort en 4 639. L'astrologie était de son temps très-respectée en Angleterre, sa patrie. Il y croyait et voulait qu'on ne doutât pas de ses horoscopes. Ayant prédit publiquement le jour de sa mort, quand l'heure fut venue il se tua pour la gloire de l'astrologie et pour ne pas avoir un démenti dans ses pronostics. Cardan et quelques autres per&onnages habiles dans la science des astres ont fait, à ce qu'on croit, la même chose*.
Busat, — prince infernal. Voy. Pruflas.
Butadieu, — démon rousseau, cité dans des procédures du dix-septième siècle.
Biixtoff(JEAN), — Westphalien, savant dans la littérature hébraïque, mort en 4629. Les curieux lisent son Abrégé du Talmud , sa Bibliothèque rabbinique et sa Synagogue judaïque^. Cet ouvrage, qui traite des dogmes et des cérémonies des Juifs, est plein des rêveries des rabbins, à côté desquelles on trouve des recherches curieuses.
Byleth, — démon fort et terrible, l'un des rois de l'enfer, selon la Pseudomonarchie de Wierus. Il se montre assis sur un cheval blanc, précédé de trompettes et de musiciens de tout genre. L'exorciste qui l'évoque a besoin de beaucoup de prudence, car il n'obéit qu'avec fureur. Il faut, pour le soumettre, avoir à la main un bâton de coudrier ; et , se tournant vers le point qui sépare l'orient du midi , tracer hors du cercle où l'on s'est placé un triangle ; on lit ensuite la prière qui enchaîne les esprits, et Byleth arrive dans le triangle avec soumission. S'il ne paraît pas, c'est que l'exorciste est sans pouvoir, et que l'enfer méprise sa puissance. On dit aussi que quand on donne à Byleth un verre de vin, il faut le poser dans le triangle ; il obéit plus volontiers, et sert bien celui qui le régale. Il faut avoir soin, lorsqu'il paraît, de lui faire un accueil gracieux , de le complimenter sur sa bonne mine, de montrer qu'on fait cas de lui et des autres rois ses frères : il est sensible à tout cela. On ne négligera pas non plus, tout le temps qu'on passera avec lui, d'avoir au doigt du milieu de la main gauche un anneau d'argent qu'on lui présentera devant la face. Si ces conditions sont difficiles, en récompense celui qui soumet Byleth devient le plus puissant des hommes. —
I Curio&ités de la littérature, trad. de l'anglais, par Bertin, 1. 1"-, p. 51.
' Operis talmudici brevis recensio et Bibliotheca rabbinica. In-8». Bile, 1613. — Synaçoga judaïca. ln-8". Bàle, 1603, en allemand et en latin. Hanau , 16C4. Bâle, 1641.
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11 étail autrefois de Tordre des puis?anres ; il est)<»re un jour remonter dans le ciel sur le septième trône , ce qui n'est guère cioyable. I! commande quatre-vingts légions.
Byron. — Le Vampire, nouvelle traduite de Fanglais de lord Byron, par H. Faber; in-8o, Paris, 4819. Cette nouvelle , publiée sous le nom de lord Byron, n*est pas l'ouvrage de ce poète, qui Ta désavouée. L'aulenrn'a pas suivi les idées populaires sur les vampires, il a beaucoup trop relevé le sien. C'est un speclre qui
voyage dans la Grèce, qui fréquente les sociétés d'Athènes, qui parcourt le monde, qui se marie pour sucer sa femme. Les vampires de Moravie étaient extrêmement redoutés ; mais ils aN'aient moins de puissance. €elai-ci quoiqu'il ait Tœil gris-mort fait des conquêtes. C'est, dit-on, une historiette populaire de la Grèce moderne que lord Byron raconta dans un cercle , et qu*un jeune médecin écrivit à tort; car il remit à la mode , un instant , des horreurs qu'il fallait laisser dans Toubli.
Cftaba , — voy. KaABA.
OuierinolAM, — nommé aussi Caassimolar et Ghssialabolas, grand président aux enfers. Il se présente sous la forme d'un chien , et il en a la démarche, avec des ailes de griffon. Il donne la connaissance des art libéraux , et ^ [)ar un bizarre contraste, il inspire les homicides. On dit qu*il prédit bien l'avenir. Ce démon rend l'homme invisible et commande trente-six légions*. — Le grand Grimoire le nomme Classyaîaboîas et n'en fiait qu'une espèce de sergent qui sert quelquefois de monture à Nébiros ou Naberus. Voy, Cerbère.
Oabadèt, — VOy. ZOUBDADEYER.
Cabale OU Cabbale. — Pic de La Mirandole dit que ce nrot, qui, dans son origine hébraïqne^ signifie tradition, est le nom d un héréç^\i& qui a écrit contre Jésus-Christ , et dont
lès sectateurs furent nommés cabaUsles —
L'ancienne cabale des Juifs est, selon quelquesuns, une sorte de maçonnerie mystérieuse; sekm d'autres , ce n'est que l'explication mystique de la Bible, l'art de trouver des sens cachés dans la décomposition des mots, et la manière d'opérer des ptodiges par la vertu de ces mots prononcés d'une certaine façon. Voy, Thé- MvitA et TnÉôMANciE. Cette science merveil- Leiise, si l'on en croit les rabbins, affranchit ceux qui la possèdent des faiblesses de Thumanité, leur procure des biens surnaturels , leur communique le don de prophétie^ le pouvoir de faire des miracles, et l'art de transmuer les métaux en or, ou la pierre philosophale. Elle leur apprend aussi que le monde sublunaire ne doit durer que sept mille ans, et que tout ce qui est supérieur à la lune en
' Wierus, iii Pseudumunarchia dœ:n.
doit durer quarante-neuf mille. Les Juifs conservem la cabale par tradition orale; ils croient que Dieu l'a donnée à Morse au pied du mont Sinaï; que le roi Sa'omon, auteur d'une figure mystérieuse que Ton appelle V arbre de la cabale (les Juifs ^ y a été très-expert V et qu'il faisait des talismans mieux que personne. Testât dit même que Moïse ne fai* sait ses mtrades avec sa verge, que parce que le grand nokn de Dieu y était grave. Valderame remarque que les apôtres faisaient pareillemeM des mirades avec le nom de Jésus, et les partisans de ce système citent plusieurs saints dont le nom ressuscita des morts. — La cabale grecque, inventée, dit-on, par Py- Ihagore et par Platon, renouvelée par les Valentiniens , tira sa force des lettres grecques conrH^inées, et §t des miracles avec l'alphabet. — La grande cabale, ou la cabale dans le seiis moderne proprement dite , est l'art de commercer avec les esprits élémentaires; elle tire aussi bon parti de certains mots mystérieux. Elle explique les choses tes ptus obscures par les nombres, par le changement de l'ordre des lettres et par des rapports dont les cabalistes ?e sont formé des règles. Or, voici quels sont, selon hs cabalistes» les divers esprits élémentaires.— Les quatre éléments sont habités chacun par des créatures particulières^ beaucoup plus parfaites que l'homme , mais soumises comme lui aux lois de la mort. L'air, cet espace immense qui est entre la terre et les deux, a des hôtes plus nobles que les oiseaux et les moucherons ; ces mers si vastes ont d'autres habitants que les dauphins et les baleines ; la profondeur de la terre n'est pas pour les taupes seulement; et Télément du feu , plus sublime encore que les trois autres, n'a pas été fait
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pour demeurer inutile et vide.— Les salamaiw dres habitent la région du feu ; les sylphes, le vague de Tair ; les gnomes , l'intérieur de la terre; et les ondins ou nymphes, le fond des eaux. Ces êtres sont composés des plus pures parties des éléments qu'ils habitent. Adam , plus parfait qu'eux tous, était leur roi naturel; mais depuis sa faute , étant devenu impur et grossier, il n'eut plus de proportion avec ces substances, il perdit tout l'empire qu'il avait sur elles et en ôta la connaissance à sa postérité.'—Qu'on se console pourtant, on a trouvé dans là nature les moyens de ressaisir ce pouvoir perdu. Pour recouvrer la souveraineté sur les salamandres , et les avoir à ses ordres , qu'on attire le feu du soleil , par des miroirs concaves, dans un globe de verre ; il s'y formera une poudre solaire qui se purifie ellemême desautrei éléments, et qui, avalée, est souverainement propre à exhaler le feu qui est en nous , et à nous faire devenir pour ainsi dire, de matière ignée. Dès lors, les habitants de la sphère du feu deviennent nos inférieurs, et ont pour nous toute Tamitié qu'ils ont pour leurs semblables, tout le respect qu'ils doivent au lieutenant de leur créateur. De môme , pour commander aux sylphes , aux gnomes , aux nymphes , qu'on emplisse d'air, de terre ou d'eau , nh globe de verre, et qu'on le laisse, bien fermé, exposé au soleil pendant un mois. Chacun de ces éléments ainsi punfié est \Bm aimant qui attire les esprits qui lui sont propres. —Si on en ptend tous les jours durant quelque mois, en voit biientôt dans les airs la république volante des sylphes, les nymphes venir en foule au riva'ge , et les gnomes , gardiens des trésors et des mines, étaler leurs richesses. On ne risque rien d'entrei* en commerce avec eux, on les trouvera fort honnêtes gens , savants , bienfeisanls el craignant Dieu. Leur âme est mortelle et ils n'ont pas l*espérance de jouir un jour de l'Être Suprême, quils connaissent et qu'ils adorent. Ils vivent fort long-temps, et ne meurent qu'après plusieurs siècles. Mais qu'est-ce que le temps auprès de réternité?... H n'est pourtant pas impossible de trouver du reraèdé à 6e mal ; car, de même que l'homme, par Tailiance qu'il a contractée avec Dieu , a été fait participant de la divinité , les sylvBs , les gnomes , te^ nymphes et les salamandres devienfient participants de l'inMiun-taltté , en cootraetant alliance avec l'homme ; (nous transeriveiid les docteurs cabatisles). Ainsi, une nymphe ou une sylphide devient immortelle , quand elle est assez heureuse pour se marier à on sage; et un gnome ou un sylphe cesse d'èlre mortel, du moment qu'il épouse une fille des hommes. -— Aussi ces êtres se platsent<ils
avec nous quand nous les appelons. Lei& cabatistes assurent que les déesses de l'antiquité, et ces nymphes qui prenaient des époux parmi les inortels, et ces démons incubes et succubes, et ces fées, qui dans les temps modernes ae montraient au dair de la lune , ne sont que des sylphes, ou des salamandres, ou des ondins. Il y a pourtant des gnomes qui aiment mieux mourir que risquer, en devenant imnwrlels, d'être aussi malheureux que les dé-^ fflons. C'est le diable ( disent toujours nos auteurs) qui leur inspire ces sentiments; il n'y a rien qu'il ne fasse pour empêcher ces pauvres créatures d'immortaliser leur àme par notre alliance. — ^Les cabalistes sont obligés de renoncer à tout commerce avec l'espèce hu- . maine , s'ils veulent pourtant ne pas offenser les sylphes et les nymphes dont ils recherchent l'alliance. Cependant, comme le nombre des sages cabalistes est fort petit, les nymphes et les sylphides se montrent quelquefois moins délicates, et emploient toutes sortes d'artifices pour les retenir. — Un jeune seigneur de Bavière était inconsolable de la mort de sa femme. Une sylphide prit la figure de la défunte, et s'alla présenter au jeune homme désolé, disant que Dieu l'avait ressuscilée pour le consoler de son extrême aflliction. Ils vécurent ensemble plusieurs années, mais le jeune seigneur n'était pas assez homme de bien pour retenir la sage sylphide ; elle disparut un jour, et ne lui laissa que ses jupes et le repentir de n'avoir pas voulu suivre ses bons conseils. — Plusieurs hérétiques des premiers siècles mêlèrent la cabale juive aux idées du christianisme, et ils admirent entre Dieu et l'homme quatre sortes d'êtres intermédiaires, dont on a fait plus tard les salamandres , les sylphes, les ondins et les gnomes. Les Chaldéens sont sans doute les premiers qui aient rêvé ces êtres; ils disaient que les esprits étaient les âmes des morts, qui pour se montrer aux gens d'îci-bas, allaient prendre on corps solide dans la lune. La cabale des Orientaux est encore l'art de commercer avec les génies , qu'on évoque par des mots barbares. Au reste, toutes les cabales sont différentes pour les détails ; mais elles se ressemblent beaucoup dans le fond. — On conte sur ces matières une multitude d'anecdotes. On dit qu'Homère , Virgile , Orphée furent de savants cabalistes. — Parmi les mots les plus puissants en cabale , le fameux mot agla est surtout révéré. Pour retrouver les choses perdues, pour apprendre par révélations les nouvelles des pays lointains, pour faire paraître les absents, qu'on se tourne vers l'orient , et qu'on prononce à haute voix le grand nom
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agla! Il opère toutes ces merveilles, même lorsqu'il est invoqué par les ignorants. Voy. Aglà. — On peut puiser sur les rêveries de la cabale des instructions plus étendues dans divers ouvrages qui en traitent spécialement, mais qui sont peu recommanda blés : \<* Le comte de Gabalis , ou Entretiens sur les sciences secrètes; par Tabbé de Viilars. La meilleure édition est de 1742. in-i-S ; 2° Les Génies assistants^ suite du Comte de Gabalis, in-i2, même année ; S» Le Gnome irréconciliable, suite des Génies assistants; i° NonveauQO entretiens sur les sciences secrètes, suite nouvelle du Comte de Gabalis, même année ; 5° Lettres cabalistiques, par le marquis d'Argens; La Haye, 1741, 6 volumes in-12. Il, faut lire dans cet ouvrage , plein comme les précédents de passages condamnés, les lettres du cabaliste Abukiback. Voy. Gnomes, On- DiNS, Salamandres, Sylphes, Zédéchias, etc.
Cabiret, — dieux des morts, adorés trèsanciennement en Egypte. Bochard pense qu'il faut entendre sous ce nom les trois divinités infernales : Pluton, Proserpine et Mercure; d'autres ont regardé les Cabires comme des magiciens qui se mêlaient d'expier les crimes des hommes, et qui furent honorés après leur mort. On les invoquait dans les périls et dans les infortunes. Il y a de grandes disputes sur leurs noms, qu'on ne déclarait qu'aux seuls initiés *. Cn qui est certain, c'est que les Cabires sont des démons qui présidaient autrefois à une sorte de sabbat. Ces orgies , qu'on appelait fôles des Cabires, ne se célébraient que la nuit : l'initié , après des épreuves effrayantes, était ceint d'une ceinture de pourpre, couronné de branches d'olivier et placé sur un trône illuminé pour représenter le maître du sabbat, pendant qu'on exécutait autour de lui des danses hiéroglyphiques.
Caoodémon, — mauvais démon. C'est le nom que les anciens donnaient aux esprits malfaisants; ils appelaient spécialement ainsi un monstre effrayant, un spectre horrible, qui n'était pas assez reconnaissabic pour être désigné autrement. Chaque homme avait son bon et son mauvais démon , cacodémon. Les astrologues appelaient aussi la douzième mai^ son du soleil, qui est la plus mauvaise do toutes, cacodémon, parce que Saturne y répand ses malignes influences, et qu'on n'en peut tirer que des pronostics redoutables.
Caotonît«, — pierre merveilleuse qui, selon quelques-uns, n'est autre chose que la cornaline. On lui attribue de grandes proprié-
tés. Les anciens en faisaient des talismans qui assuraient la victoire.
Caoat, — espèce d'ogre de l'antiquité. Il était fils de Vulcain et vomissait du fou par la gueule. Ce monstre, de taille gigantesque, moitié homme et moitié bouc, mangeait les passants dans sa caverne, au pied du mont Aventin, et accrochait les têtes à sa porte. Il fut étranglé par Hercule. — Caciisa été peint quelquefois avec une tête de bêle sur un corps d'homme.
Cadavre. — Selon la loi des Juifs, quiconque avait touché un cadavre était souillé; il devait se purifier avant de se présenter au tabernacle du Seigneur. Quelques censeurs des lois de Moïse ont jugé que cette ordonnance était superstitieuse. Il nous parait, au contraire, dit Bergier, qu'elle était très-sage. C'était une précaution contre la superstition des païens, qui interrogeaient les morts pour apprendre d'eux l'avenir ou les choses cachées; abus sévèrement interdit aux Juifs, mais qui a régné chez la plupart des nations. Vvy. Aimant.
Cadmée OU Oadmîe , — qu'on appelle pIuS
généralement calamine, fossile bitumineux qui donne une teinte jaune au cuivre rouge, et que certains chimistes emploient pour faire de l'or.
Oadîère, — VOy. GlRARD.
Caducée. — C'est avec cette baguette ornée de deux serpents entrelacés, que Mercure conduisait les âmes aux enfers et qu'il les en tirait au besoin.
Cadulus, — pieux soldat, dont la légende rapporte qu'il était obsédé par le diable en forme d'ours '. Il s'en délivra par la prière.
Cfleculut, — petit démon né d'une étincelle qui vola de la forge de Vulcain dans le sein de Prenesta. Il fut élevé parmi les bêtes sauvages. On le reconnut à cette particularité, qu'il vivait dans le feu comme dans son élément. Ses yeux, qui étaient f(7rt petits, étaient seulement un peu endommagés par la fumée. Les cabalistes font de lui un salamandre.
Caf, — voy. Kaf.
Oagllottro. — Joseph Balsamo, célèbre aventurier du dix-huitième sic^cle, connu sous le nom d'Alexandre, comte de Cagliostro, naquit, dit-on, à Palerme en 1743, de parents obscurs. Il montra, dans ses premières années, un esprit porté à la friponnerie ; tout jeune il escroqua soixante onces d'or à un orfèvre, en lui promettant de lui livrer un lré«
' Delandine, L'Knfur des peuples anciens, cli. VA,
I Gollimdi Acta saiictorum, 21 aprilia.
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hr enfoui dans une groKc. sous la ganle des esprits infernaux; il le conduisit dans cette grotie, où te bonhomme fut assommé de coups (Je bâton. Cagliostro s'enfuit alors el voyagea avec un alchimiste, nommé Atthotas, en Grèce, en Egypte, en Arabie, en Perse, à Rhodes, à Malte. Ayant perdu là son compère , il passa en Anglererre, et d'Angleterre en France , vivant du produit de ses compositions chimiques ( il donnait dans la pierre philosophale), ou de jongleries et d'intrigues ignobles. Il se rendit à Strasbourg, où il fut reçu, en 4780, avec une sorte de triomphe ; il y guérit certains malades qui l'attendaient, avec une adresse si prompte, que Ton a cru qtiMls étaient apostës et leur mal supposé , à moins que le diable ne fût aux ordres de Cagliostro, comme beaucoup l'ont dit, et comme le faisait penser sa physionomie patibulaire. — Les uns l'ont regardé comme un homme extraordinaire, un inspiré; d'autres comme un vil charlatan; quelques-uns ont vu en lui un membre voyageur de la maç(mnerie templière, constamment opulent par les secours nombreux qu'il recevait des diverses loges de Tordre; mais le plus grand nombre s^accorde à donner au faste qu'il étalait une source moins honorable encore. — Il se vantait de converser avec les anges; et il faisait entendre en rase campagne (par ventriloquie) des voix venant du ciel. Il institua une espèce de cabale égyptienne. De jeunes garçons et de jeunes filles, qu'il appelait ses pupilles, ou colombes, se plaçaient dans l'état d'iunocence devant une carafe de cristal , et là , abrités d'un paravant, ils obtenaient, par l'imposition des mains du grand coplUe (c'était lui qui était te grand cophte) , la faculté de communiquer avec les esprits : ils voyaient dans celte carafe tout ce qu'ils voulaient voir. — Les travaux de ces pupilles ou colombes ne se bornaient pas à cette cérémonie ; Cagliostro leur enseignait encore à découvrir les choses occultes, les événements à venir et les matières curieuses. On ajoute qu'il a fait paraître aux grands seigneurs de Paris et de Versailles, dans des glaces, sous des cloches de verre et dans des bocaux, des spectres animés et se mouvant, ainsi que des personnes mortes qu'on lui demandait à voir. On fait même ce conte. — Un jour que Cagliostro se trouvait en compagnie avec plusieurs de ses amis, ils témoignèrent l'envie de connaître ce que faisait en ce moment une dame de leur société. Aussitôt il forma sur le parquet un carré, passa les mains dessus , et l'ont vit se tracer la figure de la dame jouant aux tresseltes avec trois de ses amies. On envoya au logis
de cette dame , que l'on trouva cffeaivcment dans la même altitude, la même occupation, et avec les mêmes personnes, — On rapporte aussi que dans des soupers qui ont fait grand bruit à Paris, il invoquait les morts illustres : tels que Socrate, Platon, Corneille, d'Alembert, Voltaire, etc. Dans sa Lettre au peuple français, datée de Londres, le 20 juin 4786, il prédit que la Bastille serait détruite. Mais depuis long-temps on en avait le projet. — Cagliostro était très-lié avec un joueur de gobelets qui se disait assisté d'un esprit, lequel esprit , à ce qu'on prétend , était Tàinc d'un juif cabaliste qui avait tué son pèr(; par art magique avant la venue de notre Seigneur. Il disait effrontément que les prodiges qu'il opérait étaient l'efTet d'une protection spéciale de Dieu sur lui. . .; que l'Être Suprême, pour l'encourager, avait daigné lui accorder la vision béatiBque, etc.; qu'il venait convertir les incrédules. — Il se vantait d'avoir assisté aux noces de Cana ;... il était par conséquent contemporainde notre Seigneur. Il est dit ailleurs que Cagliostro était né avant le déluge *. — Il fut arrêté à Rome, en 1789, et condamné comme pratiquant à l'ombre de la franc-maçonnerie. Il s'étrangla dans sa prison en 1795. Il a écrit, dit-on, la relation do quelques opérations prétendues magiques, ainsi que d'une transmutation de métaux vils en or, faites à Varsovie en 1780. — On met sur son compte une plaie brochure qui apprenait aux vieilles femmes à trouver les numéros do la loterie dans leurs rêves. On vendait tous les ans, à Paris, un grand nombre d'exemplaires de ce fatras, dont voici le titre : Le vrai Cagliostro ou le Régulateur des actionnaires de la loterie, augmenté de nouvelles cabales faites par Cagliostro, etc., in-8®, avec le portrait de l'auteur, au bas duquel on a mis ces treize syllabes : Pour savoir ce qu*il es/, t7 faudrait être lui-même,
Oain — Los rabbins disent que, ne sachant comment s'y prendre pour tuer son frère Abel, Caïn vit venir à lui le diable, qui lui donna une leçon de meurtre en mettant un oiseau sur une pierre et en lui écrasant la tête avec une autre pierre. -^ Il y a eu, dans le deuxième siècle, une secte d'hommes effrovableà^qui glorifiaient le crime et qu'on a appelés ca'inites. Ces misérables avaient une grande vénération pour Caïn, pour les horribles habitants de Sodôme, pour Judas et pour d'autres scélérats. Ils avaient \\r\ évangile de Judas, et mettaient la perfection à commettre sans honte les actions les plus infâmes.
> Charlatans célèbres, t. I""-, p. 245.