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dans l'espace d^une heure, il se livrait tous ' les matins à cet exercice solennel pendant cet intervalle de temps, et que les principaux officiers de TËtat, les généraux,' le chancelier, les vieux juges pirouettaient tous sur un seul pied pour imiter le prince et lui faire leur cour * ! — On assure qu'après le massacre de la Saint-Barthélenii, Charles IX vit des corbeaux sanglants, eut des visions effroyables, et reçut par d'affreux tourments le présage de sa mort prématurée. On ajoute qu'il mourut au moyen d'images de cire faites à sa ressemblance, et maudites par art magique, que sei ennemis, les sorciers protestants, faisaient fondre tous les jours par les cérémonies de l'envoûtement, et qui éteignaient la vie du roi à mesure qu'elles se consumaient *. En ces temps-là, quand quelqu'un mourait de consomption ou de chagrin, on publiait que les sorciers i avaient envoûté. Les médecins rendaient les sorciers responsables des malades qu'ils ne guérissaient pas.
CharlciXX,— duc de Lorraine. Vbt/. Sabbat.
Charlei-le-Téméraire, — duc de Bourgogne. ]1 disparut après la bataille de Morat; et, parmi les chroniqueurs, il en est qui disent qu'il fut emporté par le diable, comme Rodrigue ; d'autres croient qu'il se réfugia en une solitude et se fil ermite. Cette tradition a fait le sujet du roman de M. d'Ârlincourt , intitulé le Solitaire,
Charles XX, — roi d'Angleterre. Quoique fort instruit, Charles 11 était, comme son père, plein de confiance dans l'astrologie judiciaire. Il recherchait aussi la pierre philosophale. Voy. Alchimie.
Charmei, — enchantement, sortilège, cerliin arrangement de paroles, en vers ou en prose, dont on se sert pour pro(juire des effets merveilleux. Une femme, de je ne sais quelle contrée, ayant grand mal aux yeux, s'en alla à une école publique et demanda à un écolier quelques mots magiques qui pu.^sent charmer son mal et le guérir, lui promettslnt récompense. L'écolier lui donna un billet enveloppé dans un chiffon , et lui défendit de l'ouvrir. Elle le porta et guérit. Une des voisines ayant eu la môme maladie porta le billet, et guérit pareillement. Ce double incident excita leur curiosité; elles développent le chiffon et lisent : a Que le diable t'écarquille les deux yeux et te les bouche avec de la boue.... ». — Ddirio cite un sorcier qui, en allumant une certaine lampe charmée, excitait toutes les
' Curiosités de la littérature, traduit de l'anglais par Bertin, 1. 1", p. 249.
^ Peirio, pisquisit, mag., lib. m, cap. 1, qu^t. 3.
personnes qui étaient dans la chambre à danser devant lui. «Ces sortes de charmes, dit-il, s'opèrent ordinairement par des paroles qui font agir le diable. » — Toute l'antiquité a remarqué que les sorciers- charmaient les serpents, qui quelquefois tuent le charmeur. Un sorcier de Salzbourg, devant tout le peuple, fit assembler en une fosse tous les serpents d'une lieue à la ronde, et là les fit tous mourir, hormis le dernier, qui était grand, lequel sautant furieusement contre le sorcier le tua. a En quoi, il appert que ce n'est pas le mot hipokindo, comme dit Paracclse, ni autres mots semblables , ni certaines paroles du psaume 94 . qui font seules ces prodiges ; car comment les serpents eussent-ils ouï la voix d'un homme d'une lieue à la ronde, si le diable ne s'en fût mêlé ' ? » — Nicétas indique à ce propos un charme qui s'opère sans le secours des paroles : « On lue un serpent, une vipère et tout animal portant aiguillon , ditil, en crachant dessus avant déjeuner »
Figuier prétend qu'il a tué diverses fois des serpents de culte manière, mouillant de sa salive un bâton ou une pierre, et en donnant
un coup sur la tète du serpent — On cite
un grand nombre d'autres charmes dont les effets sont moins vrais qu'étonnants. Dans quelques villages du Finistère, on emploie celui-ci : on place secrètement sur l'autel quatre pièces de six liards, qu'on pulvérise après la messe ; et cette poussière , avalée dans un verre de vin, de cidre ou d'eau-de-vie, rend invulnérable à la course et à la lutte *. Ces charmes se font au reste à l'insu du curé; car l'Église a toujours sévèrement interdit ces superstitions. — Le grand Grimoire donne un moyen de charmer les armes à feu et d'en rendre l'effet infaillible ; il faut dire en les chargeant : « Dieu y ait part, et le diable la sortie ; » et, lorsqu'on met en joue, il faut dire en croisant la jambe gauche sur la droite: Non tradas.... Mathon. Amen^ etc. — La plupart des charmes se font ainsi par des paroles dites ou tracées dans ce sens; charme yieot du mot latin carmen , qui signifie non-seulement des vers et de la poésie, mais une formule de paroles déterminées dont on ne doit pas s'écarter. On nommait carmina les lois, les formules des jurisconsultes, les déclarations de guerre, les clauses d'un traité, les évocations des dieux s. Tite-Live appelle lex horrendi carminis la loi qui condamnait à mort Horace meurtrier de sa sœur. — Quand
I Bodin, Démonomanie, etc., liv. ii, ch. 2.
» Cambry, Voyage dans le Finistère, t. lïl, p. 195.
3 Bergier, Dictionnaire théologique, au mot Charme,
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les Turcs onl perdu un esclave qui s'est enfui, ils écrivent une conjuration sur un pefiier qu'ils attachent à la porte de la huile ou cellule de cet esclave, et il est forcé de revenir au plus vite devant une main invisible qui le poursuit à grands coups de bâton *. Pline dit que, de son temps, par le moyen de certains charmes, on éteignait les incendies, on arrêtait le sang des plaies, on remettait les membres disloqués, on guérissait la goutte^ on empêchait un char de verser , etc. — Tous les anciens croyaient fermement aux charmes, dont la formuleconsistaitordinairementen cer-* tains vers grecs ou latins.— Bodm rapporte, nu chap. 5 du liv. 3 de la Dèmonomanie , qu'en Allemagne les sorcières tarissent par charmes le lait dçs vaches, et qu'on s'en venge par un contre-charme qui esi tel : on met bouillir dans un pot du lait de la vache tarie, en récitant certaines paroles (Bodin ne les indique pas) et frappant sur le pot avec un bâton. En même temps le diable frappe la sorcière d'au^ tant de coups, jusqu'à ce qu'elle ait ôté le charme. — On dit encore que si, le lendemain du jour où l'on est mis en prison, on avale à jeun une croûte de pain sur laquelle on aura écrit : Sewozaw, Gozoza, Gober ^ Dom^ et qu'on dorme ensuite sur le côté droit, on sortira avant trois jours. — On arrête les voitures en mettant au milieu du chemin un bâton sur lequel soient écrits ces mots : Jérusalem, omnipotenSj efc, convertis -toi ^ arrête-toi là. Il faut ensuite traverser le chemin par où l'on voit arriv(3r les chevaux. — On donne à un pistolet la portée de cent pas, en enveloppant la balle (feins un papier où l'on a inscrit le nom des trois rois. On aura soin , en ajustant , de retirer son haleine , et de dire : « Je te conjure d'aller droit où je veux tirer. » — Un soldat peut se garantir de l'atteinte des armes à feu «vec un morceau de i)eau de loup ou de bouc, sur lequel on écrira, quand le soleil entre dans le signe du Bélier : « Arquebuse, pisloie<, canon ou autre arme à feu , je te commande que tu ne puisses tirer de par l'honrmje, etc.» —On guérit un cheval encloué en mettant trois fois les pouces en croix sur son pied, en prononçant le nom du dernier assassin mis à mort, en récitant trois fois certaines prières ^ Il y a une infinité d'autres
charmes. — On distingue le charme de l'enchantement, en ce que celui-ci se faisait p^r des chants. Souvent on les a confondus. Voy. Gontae-Charmes , Enchantements , Maléfices, Talismans, Paroles, Philactères, Ligatures, Chasse, Philtres, etc.
» Leloyer, Hist. et dise, des spectres, liv. iv, ch. 21. -■*- Thiers, Traité des superstitions, etc.
Ohartier (Alain), — poète du commencement du quinzième siècle. On lui attribue un traité sur la Nature du feu de ï Enfer, que nous ne somines pas curieux de connattre.
Chartumîns, — sorciers chaldéens, qui étaient en grand crédit du temps du prophète l^aniel.
ChAsdûM, -^ astrologues de la Chaldée. Us tiraient l'horoscope, expliquaient les songes et les oracles, et présidaient l'avenir par divera moyens.
Chaiiaiiioii (Jean de) , — écrivain protestant du seizième siècle. On lui doit le livre « Des grands et redoutables jugements et punitions de Dieu advenus au monde, principalement sur les grands, à cause de leurs méfaits. » ln-8»; Morges, 4581. Dans cet ouvrage très-partial, il se fait de grands miracles en faveur des protestants. Chassa ni on a écrit aussi un volume sur les géants *,
Chasse. — Secrets merveilleux pour la chasse. Mêlez le sucre de jusquiame avec le sang et la peau d'un jeune lièvre ; cette composition attirera tous les lièvres des environs. — Pendez le gui de chêne avec une aile d'hirondelle à un arbre; tous les oiseaux s*y rassembleront de deux lieues et demie. On dit aussi qu'un crâne d'homme, caché daos un colombier, y attire tous les pigeons d'alentour. — Faites tremper une graine, celle que vous voudrez, dans la lie de vin, fuis je^z-la aux oiseaux : ceux qui en tàleront s'enivreront, et se laisseront prendre à la main. Et le Petit Albert ajoute : « Ayez un hibou que vous attacherez à un arbre; allumez tout près un gros flambeau, faites du bruit avec un tambour; tous les oiseaux viendront en foule pour faire la guerre au hibou , et on en tuera autant qu'on voudra avec du mei\u plomb. » — Pour chasse de Saint-Hubert, voy. Veneur, et pour les chasseurs merveilleux, voy. Veneur, Arthus, m. de Laforèt, etc.
Ohassen (NicoLAs),— petit sorcier de Franeker, au dix-septième siècle, qui se distingua à rage de seize ans. Ce jeune homme, Hollandais et calviniste , étant à l'école , faisait des grimaces étranges, roulait les yeux et se contournait tout le corps; il montrait à ses camarades des cerises mûres au milieu de Tbiver; puis, quand il les leur avait offertes , il les reprenait et les mangeait. Dans le prêche, où les écoliers avaient uae place à part, il faisait sortir de l'argent du banc où il était assis.
^ De Gigantibus eornmque reliquiis atqne Us quae ante annns aliquot nostra œtate in GalHa reperta sunt. Iii-«". Bâle, 1580.
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Il disait qu'il opérait tous ces (ours par le moyen d'un esprit malin qu'il appelait Serug. — Balthazar Bekker dit, dans le Monde enchanté \ qu'étant allé à cette école, il vit, sur le plancher, un cercle fait de craie, dans lequel on avait tracé des signes dont Tun ressem^ait à la tête d'un coq, et quelques cbi£fres au milieu ; il remarqua aussi une ligne courbe comme |a poignée d'un moulin à bras : tout cela était à demi effacé. Les écoliers avaient vu Cbassen faire ces caractères magiques. Lorsqu'on lui demanda ce qu'ils signifiaient, il se tut d'abord ; il dit ensuite qu'il les avait fails pour jouer. On voulut savoir comment il avait des cerises et de l'argent; il répondit qup l'esprit les lui donnait, a Qui e^t cet esprit ? — Beehébui , » répondit-il. Il ajouta que le diable lui apparaissait sous forme humaine quand il avait envie de lui faire du bien , d'autres fois sous forme de bouc ou de veau ; qu'il avait toujours un pied contrefait; etc. {dais, dit Bekker, on finit par reconnaître que tout cela n'était qu'un jeu que Chassen avait essayé pour $e rendre considérable parmi les enfants de son âge ; on s'étonne seulement qu'il ait pu le soutenir devant tant de personnes d'esprit pendant plus d'une année.
OluMsi , — démon auquel les habitants des \\e& Mariannes attribuent le pouvoir de tour menter ceux qui tombent dans ses mains. L'enfer est pour eux la mai$on de Chassi,
Chastenet (LÉoNARDE ), — vieiUe femme de quatre-vingts an3, mendiante en Poitou, vers 4591, et sorcière, Confrontée avec Jkïathurin Bonnevault, qui soutenait l'avoir vue au sab-r bat, elle confessa qu'elle y était allée avec son mari ; que le diable, qui s'y montrait en forme de bouc , était une bête fort puante. Elle nia qu'elle eût fait aucun maléfice. Cependant elle ftit convaincue , par dix-neuf témoins , d'avoir fait mourir cinq îaboureiirs et plusieurs bestiaux. — Quand eWe se vit condamnée, elle confessa qu'elle avait fait pacte avec le diable , lui avait donné de ses cheveux et promis de faire tout le mal qu'elle pourrait. Elle ajouta que la nuit, dans sa prison, le diable était venu à elle en forme de chat, auquel ayant dit qu'elle voudrait être morte , iceluî diable lui avait présenté deux morceaux de cire, lui disant qu'elle en mangeât et qu'elle mourrait; ce qu'elle n'avait voulu faire. Elle avait ces morceaux de cire ; on les visita , et on ne put juger de quelle matière ils étaient
» Tome IV, p. 154.
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com|)Osés. Cette sorcière fut condamnée , et ces morceaux de cire brûlés avec elle*.
Çbaïuié. — Les livres de secrets merveilleux, qui ne respectent rien, indiquent des potions qui, selon eux, ont pour effet de révéler la chasteté, mais qui, selon Texpénence, nQ révèlent rien du tout.
Cluit. — (.e chat tient sa place dans l'histoire de la superstition. Un soldat romain ayan^ tué, par mégarde, un chat en Egypte, toute la ville se^ souleva ; ce fut en vain que le roi intercéda pour lui, il ne put le sauver de la fureur du peuple. Observons que les rois d'Ëgyple avaient rassemblé , dans j^^lexandrie , une bibliothèque immense, et qu'elle était publique ; les Égyptiens cultivaient les sciences et n'en adoraient pas moins les chats*. — Mahomet avait beaucoup d'égards pour son chat. L'animal s'était un jour couché sur la manche pendante de la veste du prophète, et semblait y méditer si profondément que Mahomet, pressé de se rendre à la prière et n'osant le tirer de son exlasCi coupa, dit-on, la manche de sa veste. A son retour, il trouva son chat qui revenait de sou assoupissement^ et qui , s'apercevant de l'attention de son maître , se leva pour lui faire la révérence, et plia le dos en arc. Mabomet, qui comprit ce que cela signiûait , assura au chat , qui faisait le gro^ dos, une place dans son paradis. Ensuite, passant trois fois la main sur l'animal, il lui imprima , par cet attouchement, la vertu de ne jamais tomber que sur ses pattes. Ce conte n'est pas ridicule chez les Turcs. — Voici une anecdote où le chat joue un mauvais rôle : — Un aide-de-camp du maréchal de Luxembourg vint loger dans une auberge don! la réputation n était pas rassurante. Le diable, disait-on , venait toutes les nuits dans une certaine chambre, tordait le cou à ceux qui osaient y coucher, et les laissait étranglés dans leur Ht. Un grand nombre de voyageurs remplissant l'auberge quand l'aide-de-camp y entra, on lui dit qu'il n'y avait de vide que la chambre fréquentée par le diable , où personne ne voulait prendre gîte. « Oh ! bien , moi, répondit-il,. je ne serai pas fâché de lier connaissance avec lui ; qu'on fasse mon lit dans la chambre en question, je me charge du reste, » Vers minuit, TofiBcier vit descendre le diable par la cheminée, sous la figure d'une bête furieuse, contre laquelle il fallut se dé-
' Discours sommaire des sortilèges et vénéfices, tirés des procès criminels jugés au siège royal de Montmorilion, en Poitou, en i'année 1599, p^l9.
^ Saint-Foix, Essais sur Paris, t. II, p. 300.
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