‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 86 sur 319 · GHA · texte numérisé non relu

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fendre. Il y eut un combat acharné , à coups de sabre de la part du militaire , à coups de griffes et de dents de la part de la bête; cette lutte dura une heure; mais le diable finit par rester sur la place ; Taide-de-camp appela du monde, on reconnut un énorme chat sauvage qui , selon le rapport de Tbôte , avait déjà étranglé quinze personnes^-*On lit dans la Démonomanie de Bodin* que dés sorciers de Vernon, auxquels on fit le procès en 1566, . fréquentaient et s'assemblaient ordinairement dans un vieux château sous la forme d'un nombre infini de chats. Quatre hommes, qui avaient résolu d*y coucher, se trouvèrent assaillis par cette multitude de chats ; l'un de ces hommes y fut tué , les autres blessés ; néanmoins ils blessèrent aussi plusieurs chattes, qui se trouvèrent après en forme de femmes , mais bien réellement mutilées. — On sait que les chats assistent au sabbat, qu'ils y dansent avec les sorcières, et que lesdites sorcières, aussi bien que le diable leur maître, prennent volontiers la figure de cet animal. On lit dans Boguet qu'un laboureur près de Strasbourg fut assailli par trois gros chats, et qu'en se défendant il les blessa sérieusement. Une heure après , le juge fit demander le laboureur et le mit en prison pour avoir maltraité trois dames de la ville. Le laboureur étonné assura qu'il n'avait maltraité que des chats, et en donna les preuves les plus évidentes : il avait gardé de la peau. On le relâcha, parce qu'on vit que le diable était coupable en celte affaire. — On ne finirait pas si on rappelait tout ce que les démonomanes ont rêvé sur les chats, fioguet dit encore que la chatte, étant frottée d'une herbe appelée népeta , conçoit bur-Ie-champ , cette herbe suppléant au défaut du mâle'. Les sorciers se servent aussi de la cervelle des chats pour donner la mort ; car c'est un poison, selon Bodin et quelques autres*. Voy. Blokula, Beurrk des sorcières, Métamorphoses, etc.

Château du Biable. — Plusieurs vieux manoirs portent ce nom dans des traditions et des contes populaires.

Chat-huant , — VOy. HlROU , ChOUETTB ,

Chasse, Chevesche, etc.

Ohaudîère. — C'est Ordinairement dans une chaudière de fer que, de temps immémorial, les sorcières composent leurs maléfices,

» Gabrielle de P***, Hlst. des Fantômes et dis démons, etc., p. 203.

* Chap. 4, liv. ii, p. 257.

•^ Discours des sorciers, cli. 14, p. 81.

♦ Bodin, Démonomanie des sorciers, Hv. ni, cJi. 2. p. 32b. '

qu'elles font bouillir sur un feu de verveine et d'autres plantes magiques.

Chaudron (MAGDELEINE-MlCftELLE ), — Ge-

nevoise , accusée d'être sorcière en 1652. On dit qu'ayant rencontré le diable en sortant de la ville réformée, il reçut son hommage, et imprima sur sa lèvre supérieure son seing ou marque. Ce petit seing rend la peau insensible, comme l'affirment les démonographes. — Le diable ordonna à Michelle Chaudron d'ensorceler deux filles , elle obéit ; les parents l'accusèrent de diablerie, les filles interrogées attestèrent qu'elles étaient possédées. On appela ceux qui passaient pour médecins ; ils cherchèrent sur Michelle Chaudron le sceau du diable , que le procès-verbal appelle les marques sataniques; ils y enfoncèrent une aiguille. Michelle fit connaître par ses cris que les marques sataniques ne rendent point insensible.—Les juges , ne voyant pas de preuve complète, lui firent donner la question. Cette malheureuse, cédant à la violence des tourments, confessa tout ce qu'on voulut. Elle fut brûlée , après avoir été pendue et étranglée.

ChaudroD-duDîable, — goufl're qui se trouve au sommet du pic de Ténérifie. Les Espagnols ont donné le nom de Chaudron-du-Diable à ce gouffre, à cause du bruit que l'on entend lorsqu'on y jette une pierre ; elle y retentit comme un vaisseau creux de cuivre contre lequel bn frapperait avec un marteau d'une prodigieuse grosseur. Les naturels de l'ile sont persuadés que c'est l'enfer, et que les âmes des méchants y font leur séjour ».

Chauve-sourlf. — Les Cara'il)es regardent les chauves-souris comme de bons anges qui veillent à la sûreté des maisons durant la nuit; les tuer, chez eux, est uti sacrilège : chez nous, c'est un des animaux qui figurent au sabbat.

Chavigny (Jean-Aimé de) , — astrologue , disciple de Nostradamus, mourut en 4604. Il a composé : la Première face du Janus français, contenant les troubles de France depuis î 534 jusqu'en \ 589 ; Fin de la maison valésienne , extraite et colligée des centuries et commentaires de Michel Nostradamus (en latin et en français), Lyon , 4 594 , in-S® ; et nouvelle édition , augmentée, sous le titie de Commentaires sur les centuries et pronostications de Nostradamus, Paris, in-8®, rare; les Pléiades^ divisées en sept livres , prises des anciennes prophéties, et conférées avec les oracles de Nostradamus, Lyon, 4603 ; la plus ample édition est de 46U6. C'est un recueil de prédictions,

* La Harpe, Abrégé de l'Histoire générale des voyages, 1. 1«'. ^

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