‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 87 sur 319 · CHE · texte numérisé non relu

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daDS lesquelles Fauteur promet à Henri IV l'empire de Tunivers. Voy, Nostradamus.

Cbax ou Soox, — démon. Voy. Scox.

Cfaeke, — professeur de grec à Cambridge, mort en i 557. II a écrit un livre * qu'il adressa au roi Henri VIII , et qu'il plaça à la tète de sa traduction latine du Traité de Plutarque de la Superstition. Il avait des connaissances en astrologie, et croyait fermement à l'influence des astres, quoiqu'ils lui promissent du bonheur tout juste dans les occasions où il était le plus malheureux.

CShemens , — génies ou esprits que les Caraïbes supposent chargés de veiller sur les hommes. Ils leur offrent les premiers fruits , et placent ces offrandes dans un coin de leur hutte, sur une table faite de nattes, où ils prétendent que les génies se rassemblent pour boire et manger; ils en donnent pour preuve le mouvement des vases et le bruit qu'ils se persuadent que font ces divinités en soupant.

Chemise de néoeMîté. — Les sorcières allemandes portaient autrefois une chemise faite d'une façon détestable , et chargée de croix mêlées à des caractères diaboliques , par la vertu de laquelle elles se croyaient garanties de tous maux *. On l'appelait la chemise de nécessité. — Les habitants du Finistère conservent encore quelques idées superstitieuses sur les chemises des jeunes enfants. Ils croient que si elles enfoncent dans Teau de certaines fontaines, l'enfant meurt dans l'année ; il vit long-temps, au contraire, si ce vêlement surnage.

Chérîoort, — ange terrible, chargé de punir le crime et de poursuivre les criminels, selon la doctrine des guèbres.

Gkesnaye des Bois (FrançoiS-ÂLEXANDRE-

AuBERT DE la), — capuciu, mort en 478 i. On a de lui, r Astrologue dans le puits, 4740, in*42 ; et Lettres critiques, avec des songes moraux, sur les songes philosophiques de l'auteur des Lettres juives (le marquis d'Argens) , in-42,

CttMteb ou Ohereb, voy. Debbr.

Oheval.— Cet animai était, chez les anciens, un instrument à présages pour la guerre. Les Suèves, qui habitaient la Grermanie, nourrissaient à frais communs, dans des bois sacrés, des chevaux dont ils tiraient des augures. Le grand-prétre et le chef de la nation étaient les seuls qui pouvaient les toucher : ils les attachaient aux chariots sacrés, et observaient

' De Superstitionc, ad rcgcm Hcnricum.

* Bodin, DémoAomanie, lir. i"', ch. 3.

avec attention leurs hennissements et leurs frémissements. Il n*y avait pas de présages auxquels les prêtres et les principaux de la nation ajoutassent plus de foi. — On voit encore que chez certains peuples on se rendait les divinités favorables en précipitant des chevaux dans les fleuves. Quelquefois on se contentait de les laisser vivre en liberté dans les prairies voisines, après les avoir dévoués. Jules César, avant de passer le Rubicon, voua à ce fleuve un grand nombre de chevaux , qu'il abandonna dans les pâturages des environs. — Une tradition superstitieuse portait qu'une espèce de chevaux , qu'on nommait arzelSy et qui ont une marque blanche au pied de derrière du côté droit, était malheureuse et funeste dans les combats. Anciennement on croyait aussi que les chevaux n'avaient pas de flel ; mais c'est une erreur aujourd'hui presque généralement reconnue. Voy. Drapé, Bâtard, Troupeaux, etc.

Chevalier XmpérUl, — toy. ESPAGNET.

Chevelîen de l'Bnfer. — Ce sont des démons plus puissants que ceux qui n'ont aucun titre, mais inoins puissants que les comtes , les marquis et les ducs. On peut les évoquer depuis le lever de l'aurore jusqu'au lever du soleil , et depuis le coucher du soleil jusqu'à la nuit^

Chevalier (GUILLAUME), — gentilhomme béarnais, auteur d'un recueil de quatrains moraux, intitulé : Le Décès ou Fin du monde, divisé en trois visions, in-l»^ 458i.

Ohevanes ( JACQUES ) , — capucin, plus connu sous le nom de Jacques d'Autun, du lieu de sa naissance, mort à Dijon en 4678. On a de lui V Incrédulité savante et la crédulité ignorante, au sujet des magiciens et des sorciers. Lyon, 4674, in-4o. Ce recueil plein d'extravagances curieuses , dont nous rapportons en leur lieu les passages remarquables , est une réponse à l'apologie de Naudé pour tous les grands personnages soupçonnés de magie. ' Heureusement pour l'auteur, dit labbé Papillon , l'irascible Naudé était mort depuis long-temps quand ce livre parut.

Cheveiohe , — espèce de chouette , que Torquemada définit un oiseau nocturne fort bruyant, lequel tâche d'entrer où sont les enfants; et, quand il y est, il leur suce le sang du corps et le boit. Les démonographes ont donné le nom de chevesche aux sorcières, parce que, semblables à cet oiseau, elles sucent le sang de ceux qu'elles peuvent saisir,

' Wierus, in Fseudomonaich . dœm , ad lînem .

CHK — 1

et principalemeDt des petits enfantai. C'est sans doute là l'idée mère des vampires. Les sorcières qui sucent le sang ont aussi quelque analogie avec les gholes des Arabes. Voy. La-

MIBS.

Chevwvx. — - « Prenez des cheveux d'une femme dans ses jours de maladie ; mettez-les sous une terre engraissée de fumier, au com«> mencement du printemps, et, lorsqu'ils seront échauffés par la chaleuk: du soleil, il s'en for«

mera des serpents* » — Quelques con-*

teurs assurent que les mauvais anges étaient amoureux des dieveux des femmes , et que les démons incubes s'attachent de préférence aux femmes qui ont de beaux cheveux. Les sorcières donnent de leurs cheveux au diable, comme arrhes du contrat qu'elles font avec lui ; le démon les coupe très-menu, puis les mêle avec certaines poudres : il les remet aux sorciers , qui s'en servent pour faire tomber la grêle ; d'où vient qu'on trouve ordinaire^ ment dans la grêle de petits poils , qui n'ont

pas une autre origine On lait encore, avec

ces mêmes cheveux, divers tnaléfices ^. — On croit en Bretagne qu'en soufflant des cheveux en l'air on les métamorphose en animaux ; les petits gerçons de Piougasnou, qui font des échanges entre eux^ confirment la cession en soufflant au vent un cheveu , parce que ce cheveu était autrefois Temblème de la propriété. Des cheveux, dans les temps nu)dernes, ont même été trouvés sous des sceaux : ils tenaient lieu de signatures *. — Enfin il y a des personnes superstitieuses qui croient qu'il faut observer les temps pour se couper les cheveux et se rogner les ongles. — Âutrefbis on vénérait le toupet, par lequel les Romains juraient, et qu'on offrait aux dieux. Il parait qu'ils étaient sensibles à cas présents , puisque , quand Bérénice eut offert sa chevelure, ils en firent une constellation. Chez les Francs, c'était une politesse de donner un de ses cheveux, et les familles royales avaient seules le privilège de les laisser pousser dans tout leur développement.

Cheirîiiement ,— sorte de maléfice employé par les sbrciers et surtout par les bergers. Il empêche d'uriner. Le nom de ce maléfice lui vient de ce que pour le faire on se sert d'une cheville de bois ou de fer qu'on plante dans la muraille, en faisant maintes conjurations. « J'ai connu une personne , dit Wecker, qui mourut du chevillement : il est vrai qu'elle

* Torquemada, Hexaméron, troisième journée.

2 Secrets d'Albert-le-Grand, p. 27.

3 Boguet, Discours des sorciers, ch. 25, p.. 156.

♦ M. Cambry, Voyage dans le Finistère, 1. 1*"*", p. 174 et 195.

avait la pierre. » Et le diable, qui parfois aime à se divertir, chevilla un jour la seringue d'un apothicaire en fourrant sa queue dans le piston. Voy. NoALs. — Pour empêcher l'effet de ce charme , il faut cracher sur son soulfer du pied droit avant que de s'en chausser. Ce qui approche de ce qu'on lit dans Tibulle, que les anciens crachaient dans leur sein par trois fois pour se désensorceler ou empêcher le sortilège. On voit dans un livre, intitulé l'Urotopé' gnie ou chevillement , que les tonneaux , les fers, les fours, les lessives, les moulins à vent et ceux qui sont sur les ruisseaux et rivières, peuvent être pareillement liés et maléficîés. Voy. Ligatures.

ChèYre*. — Ces animaux étaient fort révérés à Mendès en Egypte. Il était défendu d'en tuer, parce qu'on croyait que Pan , la grande divinité de cette ville , s'était c^jché sous la figure d'une chèvre ; aussi le représentait-on avec une face de chèvre, et on lui immolait des brebis. — Souvent des démons otf des sorciers ont pris la fbnrte de chêvfe. Claude Chappuis de Saint-Amour, qui suivit l'ambassadeur de Henri tll près la sublime Porte, conte qu'il vit sur une place publique de Constantinople des bateleurs qui faisaient faire à des chèvres plusieurs' tours d'agriilé et de passe-passe tout à fait admirables , après quoi, leur mettant une écuelle à la bouche, ils leur commandaient d'aller demander, pour leur entretien, tantôt au plus beau ou au plus laid, tantôt au plus riche ou au plus vieux de la compagnie : ce qu'elles faisaient dextrement , entre quatre à cinq miHe personnes , et avec une façon telle qu'il semblait qu'elles voulussent parler. Or qui ne voit clairement que ces chèvres étaient hommes ou femmes

ainsi transmués, ou démops (^éguisés?

Yo^. Bouc.

ChibMot, — secte de sorciers qui font merveille au royaume d'Angola.

Chîoota , — oiseau des fies Tonga qui a l'habitude de descendre du haut des airs en poussant de grands cris. Les naturels sont persuadés qu'il a le don de [ifédire l'dvéftir; quand il s'abaisse près d'un passant, o^ivoit que c'est pour lui annoncer quelque malheur.

Ohîoo* At«olan«i», — voy. Cbgco d'âsgoli.

Chien. — Les chiens étaient ordinairement les compagnons fidèles des magiciens ; c'était le diable qui les suivait sous cette forme , pour donner moins à soupçonner ; mais on le reconnaissait malgré ses déguise-

1 Delancre , Tncrédalité et mécréance da sortilège pleinement convaincues, ^aité 6, p. aitt.

CHI — i

ments. Léon de Chypre écrit que le diable sortit un jour d'un possédé, sous la figure d'un chien noir. — C'est surtout la couleur noire qui dénote le diable sous une peau de chien. Des bonnes gens se noient assez fréquemment à Quimper; les vieilles et les enfants assurent que c'est le diable , en forme de gros chien noir, qui précipite les passants dans la rivière >. Il y a beaucoup de superstitions qui tiennent au chien dans le Finistère, où les idées druidiques ne sont pas toutes éteintes. On croit encore, dans le canton sauvage de Saint-Ronal , que Vàmc des scélérats passe dans le corps d'un chien noir. — Les anciens mages croyaient aussi que les démons se moniraîent en forme de chiens; etPIutarque, dans la vie de Cimon, raconte qu'un mauvais génie , travesti en chien noir, vint annoncer à Cimon qu'il mourraîl bicnlôt. — Un charlatan, du temps de Justinien, avait un chien sî habite, que, quand toutes les personnes d'une assemblée avaient mis à terre leurs anneaux , il les rendait sans se tromper, Tun après l'autre, à qui ils appartenaioi^t. Ce chien distinguait aussi dans la foule, lorsque son maître Le lui ordonnait , les riches et les pauvres, les gens honnêtes et les fripons : « Ce qui fait voir, dit Leloyer, quM y avait là de la magie , et que ce chien était un démon «. » — Delancre Conte qu'en 4530 le démon, par le moyen d'un miroir, découvrit, à un pasteur de Nuremberg, des trésors cachés dans une caverne près de la ville, et enfermés dans des vases de cristal : le pasteur prit aveic lut un de ses amis pour lui servir de compagnon ; ils se mirent à fouiller et découvrirent une espèce de coffre auprès duquel était couché un énorme chien noir. Le pasleur s'avança avec empressement pour se saisir du trésor; mais à peine fut-il entré dans la caverne qu'elle s'enfonça sous ses pieds et Pengloutit '. Notez que c'est un conte et que personne n'a vu ce grand chien. Mais ot^ peut juger par ces traits quelle idée avaient des chiens les peuples mal civilisés. Chez les anciens, on appelail tes Furies les chiennes de lenfer ; on sacrifiait des chiens noirs aux divinités infernales. Chez nos pères on pendait entre deux chiens les plus grands criminels. Quelques peuples pensaient pourtant autrement; on a même honoré le chien d'une manière distinguée. Élien parle d'un pays d'Ethiopie dont les habitants avaient pour roi un chien; ils prenaient ses caresses et ses

* Cambry, Voyage dans le Finistère, t. III, p. 22. ' Leloyer, Hist. et dise, des spectres, liv. r^, ch. 8. 3 Madame Gabrielle de P**^, Histoire des fantômes, p. ZJf.

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aboiements pour des marques de sa bienveillance ou do sa colère. — Les guèbres ont une grande vénération pour les chiens. On lit dans Tavernler que , lorsqu'un guèbre est à l'agonie, les parents prennent un chien dont ils appliquent la gueule sur la bouche du mourant, afin qu'il reçoive son âme avec son dernier soupir. Le chien leur sert encore à faire connattre si le défunt est parmi les él«is. Avant d'ensevelir le corps, on le pose à terre : on amène un chien qui n'ait pas connu le mort, et, au moyen d'un morceau de pain, on l'attire te plus près du corps qu'il est possible. Plus le chien en approche , plus le défunt est heureux. S'il vient jusqu'à monter sur lui et à lui arracher de la bouche un morceau de pain qu'oh y a mis, c'est une> marque assurée que le défunt est dans le paradis des guèbres. Mais l'éioignemen^ du chien est un préjugé qui fait désespérer du bonheur du mort. — Il y a aussi des gens qui tiennent à honneur de descendre d'un chien. Les royaumes de Pégu et de Siam reconnaissent un chien pour chef de leur race. A Pégu et à Siam on a donc grand respect pour les chiens, si maltraités ailleurs *. — On a toutefois honoré quelques individus de cetle race : tel est le dogue espagnol Barecillo qui dévorait les Indiens à Saint-Domingue, et qui avait, par jour, la paye de trois soldats... — Il y aurait encore bien des choses à dire sur les chiens. En Bretagne surtout, les hurlements d'un chien égaré annoncent la mort. II faut que le chien de la mort soit noir; et s'il aboie tristement à minuit, c'est une mort inévitable qu'il annonce à quelqu'un de la famille pour la personne qui l'entend. — Wiérus dit qu'on chasse à jamais les démons en frottant les murs de la chambre qu'ils infestent avec le fiel ou le sang d'un chien noir *. Voy. Aguippa, BRAGAona, Pormants, etc.

Chîfflet (Jean), — chanoine de Tournay, né à Besançon vers 161i. Il a publié : Joannis Macarii Abraxas, seu apistopistus , quce est antiquaria de gemmis basilidianis disquisiiio commentariis Ulust., Anvers, 4657, in-i«. Cette dissertation traite des pierres gravées portant le nom cabalistique abraxas , par lequel Basilide, hérétique du deuxième siècle, désignait le Dieu créateur et conservateur. Elle est curieuse, et le commentaire que Cbif- ' flet y a joint est estimé.

ChSJa OU Ohaja ( ABRAHAM Bbn ) , — rabbin espagnol du onzième siècle. 11 a écrit, en

I Hexaméron de Torqaemada, traduit par G. Chappuis, prfmière journée.

» De Pr«8t. d«m., lib. v, cap. 21.

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