‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 95 sur 319 · GONIE · texte numérisé non relu

GONIE

Cochon. — Est-il vrai, comme le croit le peuple, que de tous les animaux le cochon soit celui dont l'organisation ait le plus de ressemblance avec celle de l'homme? « Sur ce point, dit M. Salgues, on ne saurait mieux faire que de s'en rapporter à Cuvier. Or, voici ce que lui ont révélé ses recherches. L'estomac de l'homme et celui du cochon n'ont aucune ressemblance : dans l'homme, ce viscère a la forme d'une cornemuse ; dans le cochon, il est globuleux; dans l'homme, lo foie est divisé en trois lobes; dans le cochon, il est divisé en quatre; dans l'homme, la rate est courte et ramassée ; da,ns le cochon, elle est longue et plate ; dans l'homme, le canal intestinal égale sept à huit fois la longueur du

" Le1oyer,Hl8t. et Disc, des spectres, etc., p. 346; post Wieruiti, Deprœst., lib. i, cap. 22.

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corps; dans le cochon, il égale quinze à dixhuit fois la même longueur. Son cœur présente des différences notables avec celui de l'homme ; et j'ajouterai , pdur la satisfaction des savants et des beaux-esprits, que le volume de son cerveau est aussi beaucoup moins considérable , ce qui prouve que ses facultés intellectuelles sont mférieures à celles de nos académiciens. » — Il y aurait bien des choses à dire sur le cochon. Le diable s'est quelquefois montré sous sa figure. On conte, à Naples, qu'autrefois il apparaissait souvent avec cette forme dans le lieu même où l'église de Sainte-Mane-Majeure a depuis été bâtie , ce qui réjouissait peu les Napolitains. Dès que l'église fut commencée, la singulière apparition ne se montra plus. C'est en mémoire de cet événement que l'évèque Pomponius fit faire le pourceau de bronze qui est encore sur le portail de celte église. — Camérarius raconte que, dans une ville d'Allemagne, un Juif malade étant venu chez une vieille, et lui ayant demandé du lait de femme, qu'il CToyait propre à le guérir, la sorcière s'avisa de traire une truie et en porta le lait au Juif, qui le but. Ce lait commençant à opérer, le Juif s'aperçut qu'il grognait et devina la ruse de la sorcière, qui voulait sans doute lui faire subir la métamorphose des compagnons d'Ulysse. Il jeta le reste du lait sans le boire, et incontinent tous les cochons du voisinage moururent*

Ooolèi (Barthélémy)', — chiromancien du seizième siècle. Il avait aussi des connaissances en astrologie et en physiognomonie. 11 prédit à Luc Gauric, célèbre astrologue du même temps, qu'il subirait injustement une peine douloureuse et infamante, et Luc Gauric fut en efiet condamné au supplice de l'estrapade par Jean Bentivoglio, tyran de Bologne, dont il avait pronostiqué l'expulsion prochaine. Coclès prophétisa qu'il serait luimême assassiné, et périrait d'un coup sur la tête; son horoscope s'accomplit ponctuellement, car Hermès de Bentivoglio , fils du tyran, ayant appris qu'il se mêlait aussi de prédire sa chute, le fit assassiner par un brigand nommé Caponi, le 24 septembre 4 504 ^. On assure même que, connaissant le sort qui le menaçait, il portait depuis quelque temps une calotte de fer, et qu'il ne sortait qu'armé d'une épée à deux mains. On dit encore que celui qui devait l'assassiner étant venu le consulter peu auparavant, il lui prédit qu'avant vingt-quatre heures il se rendrait cou-

' Camérarius, De nat. et afTect. démon., in prœmio. * M. Salguea, Dea Krreura et des préjugés.

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pable d'un meurtre. Il est probable que ces prophéties n'ont été faites qu'après coup. — Coclès a écrit sur la physiognomonie et la chiromancie ; mais son livre a subi des modifications. L'édition originale est ; Physiognomiœ ac chiromanciœ Anastasis, sive compendium ex pluribus et penè infinilis autori^us, cum approbatione Aleacandri Achillini, Bologne, 4504, in-fol. La préface est d' Achillini.

Ooooio, — démon sucoube, adoré aux Indes occidentales et mentionné par Bodin *.

Cooyte, — l'un des fleuves de l'enfer des anciens. Il entourait le Tartare et n'était formé que des larmes des méchants.

Code de* Soroîert, voy, SoRGlERS.

Oodronohî (Baptistr) , — médecin d'imola au seizième siècle. Il a laissé un traité des années climatériques, de la manière d'éviter le danger, et des moyens d'allonger sa vie '.

Cœlîooles, — secte juive qui adorait les astres, et les ange^ gardiens des astres.

Oœar . — Des raisonneurs modernes ont critiqué ce qui est dit dans VEcelésiaste , que le cœur du sage est au côté droit , et celui de l'insensé au côté gauche. Mais il faut entendre cette maxime comme le mot de Jooas, à propos de ceux des Ninivites qui ne savaient pas faire ta différence de leur main droite et de leur main gauche, c'est-à-dire du bien et du mal* -^ Que le cœur de l'homme soit situé aa côté gauche de la poitrine, c'est un sentiment qui, à la rigueur, peut être réfuté par l'inspection seule, dit le docteur Brown; car il est évident que la base et le centre du cœur sont exactement placés au milieu. La pointe à la vérité incline du côté gauche; mais on dit de Taiguille d'un cadran qu'elle est située au cen*tre, quoique la pointe s'étende vers la circonférence du cadran. — Nous rappellerons que quelques hommes ont eu le cœur velu. Voy»

ARISTOMèNE.

>. — On s'est formé différentes idées sur la membrane appelée coiffe , qui couvre quelquefois la tête des enfants lorsqu'ils sortent du sein de leur mère. Les personnes superstitieuses la conservent avec soin , comme un moyen de bonheur, et on dit d'un homme heureux qu'il est né coiffé. On a même dît que cette coiffe étend ses effets favorables jusque sur ceux qui la portent avec eux. Spartieo

I Démonomanie, Ut. ix, eh. 7.

* De annis climatericis, née non de ratione Titandi eorum pericula. itemque de modis ?Uain prodaGeQ<U commentariut. 1n-8». Bologne, 162il.

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