SAM
e Medoro », essais; « Pietro Cossa e i suoi drammi », id., 1880.
Salzmann (Rodolphe), homme de lettres suisse, né, à Berne, le 28 novembre 1841, dut, aussitôt après sa sortie de l’École primaire, entrer, en qualité d’apprenti, dans l’atelier d’un menuisier. Une grave blessure qu’il reçut à Berthoud lors d’un incendie, et qui le laissa infirme, l’obligea en 1866 à renoncer à sa profession pour entrer en qualité d’expéditionnaire à l’imprimerie Allemann à Berne ; mais ses remarquables aptitudes intellectuelles le tirèrent peu-à-peu de cette humble position et lui ouvrirent, en dépit de son manque d’éducation première, la carrière du journalisme. M. S. est aujourd’hui correspondant de plusieurs feuilles suisses et agent d’une des grandes maisons d’émigration du Havre. Ses trop rares loisirs ont été consacrés soit à l’élaboration de drames populaires : « Le Grütlianer », 1867 ; « Amour fidèle, ou les corps-francs à Lucerne », 1868; « Le mort réconcilié », 1870; soit à la publication avec Arnold Lang du « Théâtre suisse » (à partir de 1878). Nous sommes également redevables à M. S. dans la sphère économique d’une brochure protectionniste : « Le Relèvement de l’industrie intérieure », 1869.
Samarelli (Pascal), poète et romancier ita- [ lien, né, à Molfetta, en 1836, fut élève de l’abbé Fornari et étudia le droit sous M. Capuana. Il entra dans l’enseignement privé qu’il quitta ensuite. Nous avons de lui: « Il diavolo bianco »; « Il duca di Durazzo » ; « Nina, o i Tedeschi a Venezia » ; « I ricordi del babbo » ; « Storia del cavalier Giacinto » ; « Pitture a guazzo » ; « Stella d’amore » ; < I caduti di Sahati » ; « Tra veglia e sonno », contes, Bologne, Zanichelli.
Samosch (Siegfried), homme de lettres allemand, rédacteur de la National Zeitung de Berlin depuis 1873, né, à Breslau, le 1er mars 1846, a fait son droit aux Universités de Breslau et de Berlin; après avoir séjourné en France et en Italie, il est devenu magistrat. En même temps, il collabore à la Deutsche Rundschau , à la Gazette Universelle de Munich et aux autres revues littéraires allemandes. Nous avons de lui en librairie : « Italienische und franzôsische Satiriker » ; « Pietro Aretino und Italienische Charakter- Kôpfe » ; « Machiavelli als Komœdiendichter und Italienische Profile ».
Sampolo (Louis), jurisconsulte italien, professeur de droit civil à l’université de Palerme, directeur du Circolo giuridico , né, à Palerme, le 3 décembre 1825, entra de bonne heure au Séminaire et en sortit pour faire son droit. En 1848, il s’enrôla volontaire sous les ordres de Joseph La Masa, et pendant la réaction (1849- 60) il exerça au barreau de Palerme. Nous avons de lui plusieurs insertions dans les journaux et revues de jurisprudence, plusieurs ar-
ifAt
ticles nécrologiques, et enfin : « I primi 25 anni délia Regia Università degli Studii di Palermo ».
Samuel (Simon), médecin allemand, professeur de pathologie et de thérapie générale et expérimentale et d’histoire de la médecine à l’Université de Kœnigsberg (Prusse), né, en 1833, à Glogau (Silésie), fit ses études au gymnase de Glogau, et aux universités de Berlin et Vienne sous les célèbres professeurs Millier, Schonlein, Nemak et Traube ; il est professeur à Kœnigsberg depuis 1873. Il a 'publié: « Die trophischen Nerven », O. Wigaud, Leipzig, 1860; « Der Entzündungsprocess », P. C. W. Vogel, id., 1873 ; « Die Entstebung der Eigenwârme und des Fiebers », id., id., 1876; « Handbuch der allgemeinen Pathologie als pathologische Physiologie », Stuttgart, 1871- 79; « Compendium der allgemeinen Pathologie », id., 1880 ; « Die Subcutane Infusion als Behandlungsmethode des Choiera », id., 1883 (traduit en espagnol par R. A. Garcia, Valladolid, 1886). Il est aussi collaborateur de la Eulenburg' schen Encyclopadie , et l’on trouve de lui plusieurs articles de médecine dans les Virchow's Arch.
Sanday (le rév. Guillaume), docteur honoraire en théologie de l’Université d’Edimbourg (1877), de Durham (1882), de Dublin (1887), professeur d’exégèse des Saintes-Ecritures à l’Université d’Oxford, est né, le 1er août 1843, à Holme Pierrepont et y a été élevé aux Collèges Oxoniens de Balliol et de Corpus Christi.
Après avoir couvert des charges ecclésiastiques importantes, il a été nommé en 1882 à la chaire d’exégèse à Oxford. Nous avons de lui : « Authorship and Historical character of the Fourth Gospel », 1873 ; « Commentâmes on Romans and Galatians », 1878 ; « The Gospels in the Second Century », 1876 ; il a contribué aux « Studia biblica », Oxford, 1885; à l’édition de la deuxième partie des « Old lutin Texts », id., 1886, et a inséré des articles à VExpositor, à la Classiccil Review , etc. Il a épousé en 1887 la dernière descendante du fameux Warren Hastings, gouverneur— général des Indes de 1773-85.
Sandri (Louis), professeur italien de mathématiques et d’histoire naturelle à l’Ecole normale des jeunes filles à Parme, est né, à Brescia, en 1848; en librairie: « Metodologia sull’insegnamento dell’aritmetica nelle scuole elementari », Parme, Battei, 1887.
Sanesi (Thomas), homme de lettres italien, ancien professeur de latin et de grec aux lycées du Royaume, est né, à Castel Fiorentino, le 27 décembre 1830, et a fait ses études classiques sous les Pères Scolopi. Il est actuellement directeur du Lycée Forteguerri de Pistoie. Nous avons de lui : « Compendio di grammatica greca » ; « Commento alla Ciropedia di Senofonte »; « Storia dell’antica Grecia », Florence, Le Monnier ; « Vocabolario italiano-greco »; « Compendio di Storia orientale e greca » ; « L’idea
politica nella mente di Vittorio Alfieri » ; « Commento ai libri XIII, XIV, XV dell’Uiade d’Omero », Prato, Alberghetti ; « Vocabolario greco-italiano », Pistoie, Bracali ; « Compendio di storia romana », 2me éd., id., id.; « Compendio di storia contemporanea », Firenze, Paggi.
Sauger (Max), médecin allemand, né, à Bayreuth (Bavière), en 1853, fit ses études aux Universités de Wurzbourg et de Leipzig et fut licencié en 1876. Assistant à l’Institut pathologique (1876-78), assistant à la clinique obstétricale et gynécologique de Leipzig (1878-81), agrège à la faculté de médicine (1881), opérateur de la clinique obstétricale (1883-76), il fonda en 1883 une clinique et une policlinique gynécologique privée. M. S. est membre de plusieurs sociétés savantes, et il a publié : « Der Kaiserschnitt bei Uterusfibromen », Leipzig, 1882; « Studien und Erfahrungen über Pilocarpin in der Geburtshilfe » (Arch. f. Gyncik .), 1879; « Zur Frage von der Nabelschmirstrangulation unter der Geburt » (id.), id. ; « Zum Anatom. Beweise für die Erhaltung der Cervix in der Schwangerschaft » (id.), id. ; « Todt in der Schwangerschaft unter Erscheinungen stattgefundener Verblutung » (id.), id. ; « Ueber die Gefahr unzeitiger Anweudung des Pilocarpin bei der Eclampsie » (id.), id. ; « Sarcom der Scheide bei einem dreijàhrigen Kinde » (id.), 1880. Il a fourni en outre un très grand nombre d’articles à VArch.f. Psych., à VArch. /. Gyncik ., à VArch. der Heilk ., au Centralhl. f. Gyncik. e à la Deutsch. med. Wochenschr.; il a traduit l’ouvrage très important de Daae : « Die Farbenblindheit und diren Erkennung », Berlin, 1878; et son ouvrage: « Der Kaiserschnitt », que nous venons de mentionner, a provoqué une ère nouvelle pour l’opération césarienne qui d’après la nouvelle méthode est connue dans le monde scientifique sous le nom d 'Opération de Sanger.
Sangiorgio (Gaëtan), professeur italien aux Instituts techniques, est né, à Milan, le 15 septembre 1843. Il prit part aux campagnes garibaldiennes de 1860 et de 1866, et après avoir été reçu docteur en droit à l’Université de Pavie, il passa une année à Vienne ; de 1868-70, il enseigna l’histoire commerciale à l’Institut technique de Terni, d’ou il passa à l’Institut technique de Milan. M. le prof. S. a collaboré à la Rivista Europea du comte Angelo de Gubernatis, à la Rivista Contemporanea et à VArchivio Storico lombardo. Il a donné des conférences publiques d’histoire nationale à Milan en 1877, d’histoire commerciale en 1878, d’histoire contemporaine en 1884, et un cours d histoire des colonies en 1888-89. Nous avons de lui: « Primi scritti », Milan, Menozzi, 1879; « Vita di Gaetano Branca geografo », id., 1880 ; »« Le colonie italiane in Africa nel passato e nel présente », id., 1881 ; « Necrologia di Carlo Belgiojoso », id. id. ; « I Lombardi viaggiatori fuor
d’Europa », id., 1882 ; « I Latini in Europa », id., 1883 ; « Sulla denominazione degli Istituti tecnici », Florence, typ. éditrice, 1873; « Le Cronache italiane nel Medio Evo », Milan, Bortolotti, 1884 ; « Giulio Porro Lambertenghi, storico », Turin, Bocca, 1885 ; « Carlo Tenca », Milan-Pérouse, 1886 ; « L’Italia Marittima », Bocca, 1887 ; « Sui doveri délia nuova Italia commerciale »; « Ferdinando dal Verme, viaggiatore »; « Gaétan o Casati in Africa »; « La Società d’esplorazione in Africa » ; « La Geografia », exquisses ; « Il Congresso degli Economisé »; « Pietro Custodi economista »; « Di Suez, Indie e Panama », étude de l’ouvrage de M. G. Coen, Turin, Bocca, 1888.
San Quirico (Charles), professeur de Sciences médicales à l’Université de Sienne, né, à Tortone, en 1848, d’une famille de médecins célèbres. Contre les désirs de sa famille qui voulait en faire un avocat, il fréquenta la faculté de l’Université de Turin, et après avoir travaillé au laboratoire du prof. Bizzozzero pendant cinq ans, il obtint par concours la chaire de pathologie expérimentale. Nous avons de M. S. une quantité de mémoires publiés à VArchivio per le scienze mediche ; aux Atti delV Accademia delle Scienze de Turin, etc., et dont voici les titres : « Sulla digestions peptica nelle rane » ; « Sulla influenza del saksso sulla nutrizione dei tessuti » ; « Sulla composizione del siero del sangue dopo il salasso » ; « Sul destino dei globuli rossi nella trasfusione » ; « Sulla trasfusione del sangue nel peritoneo », 1882 ; « Sull’analisi bacteriologica dell’acqua di Siena » ; « Sull’uso del cloralio idrato nella vivisezione »; « Un caso raro di alterazione renale » ; « Sul cosidetto bacillo del cancro » ; « Lavaggio dell’organismo negli avvelenamenti acuti »; « Modificazione al processo delle lavature ».
Santa Ana, directeur de la Correspondencia de Espana , journal d’informations très répandu en Espagne ; successivement député et sénateur, M. S. A. qui est arrivé il y a une trentaine d’années à Madrid avec deux pièces de cent sous dans sa poche est aujourd’hui millionnaire.
Santa Anna Nery (Frédéric- José), docteur en droit de l’Université de Rome, chargé de mission pour le gouvernement impérial du Brésil en Europe, agent du gouvernement de l’Amazone (Brésil) en Europe, rédacteur en chef et co-propriétaire de la Revue du Monde latin de Paris, représentant à Paris du Jornal do Commercio de Rio-de-Janeiro, le Times brésilien, né, à Parà (Brésil), le 28 mai 1849. Il à fait ses premières études à Manâos (Brésil). En 1862, il est venu en Europe les perfectionner et a été reçu bachelier ès-lettres et ès-sciences en France ; puis docteur en droit à Rome. Dès 1870, il a embrassé la carrière des lettres, et en 1871 est devenu correspondant du premier journal de son
pays, où il a créé une chronique de quinzaine qui a eu un succès retentissant, et s’est attaché à faire connaître le Brésil à la presse européenne par de nombreuses publications de tout genre. En 1878, il a pris part au Congrès littéraire international de Paris, présidé par Victor Hugo, et a été nommé membre honoraire de la Société des gens de lettres de France. En 1879, vice-président de l’Association littéraire internationale. En 1880, il a fait à Paris une série de conférences sur la littérature portugaise et sur Camoëns. En 1881, il a attaché son nom à la fondation d’un organe brésilien à Paris, dont il est le premier rédacteur en chef. En 1882, le gouvernement du Brésil lui a confié une mission confidentielle en Europe. En 1883, il est nommé agent du gouvernement de la province de l’Amazone en Europe. Nommé en 1884 membre-correspondant de l’Institut du Brésil, dont toutes les séances sont présidées par l’empereur Don Pedro II, il fut en 1885 l’un des organisateurs de l’Exposition du Brésil à Anvers, où il exposa lui-même une collection de produits de l’Amazonie qui obtint de hautes récompenses. En 1886, il fonda à Paris la Société Internationale d’Etudes brésiliennes, dont il fut un des présidents. En 1887, il parcourut une grande partie du Brésil, l’étudiant en détail et donnant des conférences dans plusieurs villes. En 1888, il fut nommé directeur du comité franco-brésilien pour l’Exposition Universelle de Paris. Nous avons de lui des œuvres nombreuses en plusieurs langues et sur un grand nombre de sujets. Citons les principales: « Les finances pontificales », Florence, impr. royale, 1871; « La logique du cœur, étude de philosophie morale », Rome, Salviucci, id. ; « Le prisonnier du Vatican » , id., impr. Bartoli, id. ; « Lettres sur le Brésil », Paris, Hennuyer, 1880; « Le pays du café », id., impr. nouvelle, 1882 ; « La question du café », id., Guillaumin, 1883; « La bataille de Riachelo », id., chez l’auteur, id.; « L’Italia al Brasile », id., Balitout, 1884; « Le Pays des Amazones », grand in-8° de 400 pages, avec plus de cent illustrations et deux cartes, id., chez Frinzine, 1885 ; « La civilisation dans l’Amazonie », id. , id. , id. ; « Um Homm de lettras », id., id., id. ; « La Place de Parà », id., Balitout, 1887 ; « L’Emigrazione italiana », id., id., 1888; « Folk-Lore Brésilien », id., Perrin, id. ; et un très grand nombre d’articles et d’études dans la Revue du Monde Latin, V Économiste français, la Revue pédagogique , la France commerciale, le Temps , le Secolo, YEmporio pittoresco de Milan, etc. En ce moment, M. de S.-A.-N. écrit l’« Histoire du peuple brésilien pendant le règne de Don Petro II ». L’ex-souverain lui a fait adresser une lettre pour lui dire « qu’il applaudit à son idée avec enthousiasme ».
Sant’Augelo-Spoto (Hippolyte), professeur ita-
lien d’économie statistique et de sciences de finances à l’Université de Palerme, né, à Vallelunga (Province de Caltanisetta), le 17 janvier 1858, étudia au Séminaire épiscopal de Gozo (Malte), au Lycée de Palerme et à l’Université. U exerce au barreau de sa ville natale. Nous avons de lui les ouvrages suivants : « La Simonia ed il Papato nella Divina Commedia », Palerme, 1881 ;
« L’architettura nel regno animale », id., 1883 ;
« La questione del pane », Florence, Cellini, 1885; « Le cucine economiche popolari a base cooperativa », Palerme, 1885 ; « Sicilia », Union typ. édit, turin., 1886; « Importanza delle monografie di famiglia negli studii sociali », Florence, Galli ; « La tendenza delle classi sociali inferiori nella 2a metà del secolo XIV », Palerme, Pedone ; « La famiglia in rapporto alla quistione sociale », Turin, Loescher, 1886 ; * La question agraire en Sicile », Paris, au bureau de la Réforme sociale, 1887 ; « Trapani », Union typ. édit.; « Le assicurazioni sulla vita ed il loro movimento in Italia », Palerme, Pedone; « La monografia d’officina », Bologne, Fava et Garagnani.
Santero (Xavier), médecin et auteur dramatique à la fois, est le fils du célébré médecin de la Faculté Royale Don Thomas S. Il est né, à Madrid, en 1848. Après une brillante campagne à l’Athénée et dans les sociétés scientifiques, il donna au théâtre son premier drame: « Angel! », qui obtint un grand succès. U est professeur à l’École de médecine.
Sapeto (Joseph), orientaliste italien, ancien missionnaire, professeur d’arabe à l’École de commerce de Gênes, il entreprit, soit pour son compte, soit aux frais de l’État, plusieurs voyages sur la côte occidentale de la Mer Rouge. Nous avons de lui : « Viaggio e missione cattolica fra i Mensa, i Bogos e gli Hababi », Rome, 1857; « Grammatica araba volgare ad uso delle scuole teoniche », Florence, 1867 ; « Assab e i suoi critici », Gênes, Pellas, 1879; « Prodromo allô studio délia Cussitide abissina », Florence, Le Monnier ; « Grammatica italiana-araba volgare », id., Pellas, 1885; « Dialoghi o conversazioni scientifiche nelle due lingue italiana e araba », id., id., 1886 ; enfin : « Gli ultimi cent’anni délia monarchia abissina »; et « Statistica descrittiva del Tigré » ; « L’ambasciata francese a Negussie ».
Sarcey (Francisque), critique et romancier français, né, à Suttières, en 1827. Il fit ses études au Lycée Charlemagne , partageant les prix et les couronnes avec Edmond About, qui, plus tard, lui servit d’introducteur dans le monde littéraire. Tous deux entrèrent à l’École Normale en 1848, en même temps que MM. Taine, H. d’Audigier et Assolant. A la sortie de l’école, les deux amis se séparèrent ; M. About partit pour l’école d’Athènes, d’où il rapporta son premier ouvrage, « La Grèce contemporaine ». M. S.,
plus modestement traité par le sort, fut envoyé à Chaumont comme professeur de troisième. L’espèce de soumission exigée des universitaires, qu’on traite trop souvent comme une brigade enrégimentée, a plus d’une fois enrichi le journalisme au détriment de l’enseignement public. Des esprits libres et indépendants, comme MM. Dechanel et Despois, avaient déjà montré le chemin. M. S. ne devait pas tarder à marcher sur leurs traces. Rien de plus curieux que de suivre la marche de M. S. sur Paris, dans des « Mémoires sur la jeunesse », qu’il a publiés tout récemment dans la Revue politique et littéraire. — Son premier acte d’hostilité contre l’administration, un manifeste charivarique adressé au recteur à l’occasion de la circulaire qui enjoignait aux professeurs de couper leurs moustaches, lui valut une disgrâce. Il fut envoyé à Lesneven (Finistère), puis à Rodez et à Grenoble, où il professa la philosophie. Menacé souvent de destitution, il demanda un congé en 1859, et courut à Paris essayer du journalisme. Présenté par M. E. About, il entra au Figaro , puis successivement à la Revue Européenne, au Nain Jaune , à l’ Illustration et à Y Opinion Nationale. Dans cette dernière feuille, il fut chargé de la critique dramatique et il occupa cette position jusqu’en 1867. A cette époque il entra comme critique dramatique au Temps. Maintenant pour n’avoir pas à recourir aux « Souvenirs personnels » de M. S. (ce qui serait peut-être le meilleur moyen de dire toute la vérité, car M. S. est d’une sincérité parfaite, toujours et partout), nous allons rechercher l’homme et le critique dramatique dans son œuvre même et dans ses biographies les plus autorisées, parmi lesquelles il faut surtout citer celle de M. Jules Lemaître. — « Un gros homme gris, rond, bon, toujours « allègre et de bonne humeur ». — C’est par ces mots de Beaumarchais que l’on se représente M. S., et tel il est en effet. Journaliste, il a une figure à part et une manière qui est bien à lui. Il est toujours naturel et il a toujours l’air de s’amuser de ce qu’il dit, même quand ce n’est guère amusant. C’est probablement là ce qui fait qu’il a conquis, subjugué absolument, une masse énorme de lecteurs qui ont une foi aveugle dans son jugement et qui ne sauraient avoir une opinion autre que la sienne sur une pièce, et même sur une question quelconque. Et il faut ajouter que ses lecteurs n’ont vraiment pas tort. Sa qualité maîtresse, c’est le bon sens, qui, à ce degré, ne va pas sans un grain de défiance à l’endroit de la sensibilité et de l’imagination. Là, où le bon sens suffit, M. S. triomphe; là, où le bon sens ne suffit peut-être pas, dans certaines questions délicates qu’il est porté à simplifier un peu trop, M. S. fait encore bonne contenance et mérite d’être écouté. « Du bon sens il en a tant montré, si souvent, si régulièrement et si longtemps, qu’il s’en est fait