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CAVE

CECC

éclairée par une lampe. Au-dessus s'élève une forêt qui avance jusqu'aux premières coulisses. Un épisode du Gil Blas de Le Sage a fourni le sujet. Séraphine, fille du comte Alvar de Guzman, vient d'être enlevée par des voleurs, et séparée de son époux qu'elle croit tué. Léonarde , servante de la bande, la console à sa manière ; Gil Blas est touché de son malheur et jure de la dôlivi-er. Il trouve le moyen de sortir de ce repaire. Rolando, le capitaine , devient amoureux de la captive, (ju'il est oI)ligé de faire i-e.specter à plusieurs reprises par ses complices. Toutefois, malgré l'horreur que Séraphine lui témoigne, Rolando renonce à employer la contrainte, et ce farouche brigand s'efforce plutôt de se concilier son estime par les procédés les plus délicats. Alphonse de Leiva, qui n'a été que blessé, s'est travesti en vieil aveugle, et s'introduit dans la caverne, auprès de sa femme, absolument comme Blondel dans Richard Cœur de Lion. Les voleurs, irrités contre leur chef, complotent à la fois contre sa vie, contre celle de l'aveugle et aussi contre l'honneur de Séraphine. Un drame sanglant so prépare, lorsque Gil Blas arrive en libérateur ; l'entrée de la caverne est forcée par les amis d'Alphonse de Leiva. Mais ce chef si débonnaire et si courtois, quel peut-il être? Ce Rolando est le propre frère de Séraphine, dont il voulait faire sa maîtresse ; c'est don Juan de Guzman qui, livré à toutes sortes d'égarements, a fini par devenir chef de bandits. Il abjure ses torts et se dispose à aller se jeter dans les bras de son père. Passe encore pour tant d'invraisemblances; mais le dialogue est d'une platitude telle qu'on n'aurait pu rien imaginer de mieux, si on avait voulu écrire une parodie. Heureusement la musique rachète tous ces défauts. L'ouverture est bien faite , mais n'a rien de remarquable. Le désespoir de Séraphine et la sympathie qu'éprouvent pour elle Léonarde et Gil Blas, sont parfaitement exprimés dans un premier trio en ut mineur. L'air suivant, de Gil Blas, est en la mineur. La chanson de Léonarde, qui est jolie d'ailleurs, est en sol mineur. Cette succession de trois morceaux dans la tonalité mineure donne de la monotonie au début de l'ouvrage ; mais le chœur des brigands de la scène YW, la Bonne aubaine, est traité de la manière la plus intéressante. Le rhythme est énergique et l'harmonie originale. Ce chœur est resté longtemps célèbre. Le duo entre Séraphine et Rolando offre de iolies phrases; il n'est pas assez scénique. Le motif chante par Alphonse, dans la forêt, est

plein d'un charme mélancolique. Dans le second acte, l'air de Séraphine se distingue par sa largeur , celui du faux aveugle par le perpétuel mode mineur, et l'allégretto , Il y a cinquante ans et plus , chanté par Léonarde, par son bizarre accompagnement sur le chevalet à toutes les parties et surtout par le sens leste des paroles. L'ensemble final est le morceau le mieux réussi de cet acte. Le troisième acte débute par le chœur des voleurs révoltés. L'air de Rolando est trop long. En revanche, le quatuor : Quel intérêt vous faites naître, est un des meilleurs morceaux que Lesueur ait écrits ; mais il est plus musical que dramatique. Pendant le siège de la caverne, on entend un double chœur, celui des voleurs et celui des assaillants, lesquels chantent derrière la scène. Lorsque la mêlée est générale, lorsque la caverne s'écroule, que le.s brigands sont tués ou mis en fuite, que Gil Blas, Alphonse et ses amis apparaissent ou libérateurs, que Séraphine se jette dans les bras de son époux et de son fi-ère, le publio est peu disposé à prêter l'oreille à des combinaisons harmoniques et rhythmiques. La musique chorale accompagne mal des actes de violence et des scènes de reconnaissance. Au lieu de confier ce rôle aux voix , Lesueur aurait mieux fait de le donner à l'orchestre, et surtout de ne pas refroidir le dénoûmeut en prolongeant le finale. En somme, cet opéra est l'œuvre d'un très-grand musicien.

CA'VERNE (la) , drame lyrique en trois actes, paroles de Forgeot, musique de Méhul, représenté à l'Opéra-Comique le 4 décembv, 1795. Le sujet est le même que celui de l'opéra de Lesueur, qui l'emporta dans la faveur du public.

CA'VERNE MAGIQUE (la) , opéra anglaise musique de Shield, représenté à Covcnt-Garden en 1784.

CECCHINA, OSSIALA BUONA FIGLIUOLA (la), opéra italien, livret de Goldoni, musique de Piccinni, représenté à Rome en i7ôo, et à Paris, sur le théâtre de l'Académie royale de musique, le 7 décembre 1778. La Cecchina fut un des premiers ouvrages du célèbre compositeur. Son opéra d'Alessand/o nelV Indie avait favorablement disposé le public, qui fit à la Buona Figliuola l'accueil le plus enthousiaste. C'est en effet le plus remarquable opéra-bouffe qui ait été composé avant le Matrimonio segreto, de Cimarosa. La coupe des airs, la variété du rhythme, la fréquence des modulations, le développement , intéressant des finales, tout cela parut nou-

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