DERNIÈRE DÉBAUCHE DE L'IVROGNE
(l.\), opéra, musique de Mederitsch, repré- .senté à "Vienne vers 1795.
DÉROUTE DE CULLODEN (la), opéra en trois actes, musique de Berlyn (Antoine), représenté à Amsterdam en 1846.
DÉSENCHANTEMENT (le), opéra-comiquc, avec des ballets, musique de Schubert (Joseph), représenté à Dresde vers 1781.
DÉSERT (le), ode-symphonie en trois parties, poésie de A. Colin, musique de Félicien David, exécutée dans la salle du Conservatoire le S décembre 1844, puis à l'Opéra-Coraique. Cette œuvre, dont la partie descriptive est très-remarquable, a excité un enthousiasme général et a enfin ouvert à M. Félicien David un accès aux faveurs de l'opinion publique.
Parmi les nombreuses productions musicales auxquelles l'admiration de la nature orientale a donné naissance, celle-ci est sans contredit la plus remarquable et la mieux caractérisée. C'est que l'auteur a fait mieux que de lire les Voyages en Orient de Chateaubriand, de M. de Lamartine, les Récits de lord Byron, les Orientales de Victor Hugo ; il a lui-même visité l'Orient à l'époque oii il faisait partie de la secte saint-simonienne. Alors fort jeune et doué d'une imagination disposée à recevoir vivement les impressions d'un spectacle nouveau pour lui, M. David tira un grand profit artistique de son voyage. Mélodiste partout et toujours, il sut s'emparer de tout ce que les mélopées sauvages et abâtardies des Arabes ont conservé de leur caractère primitif. Il a cherché l'effet en artiste, et là où l'un de ses prédécesseurs, Villoteau, n'avait recueilli que des notions confuses, contradictoires, des observations archéologiques de quelque valeur sans doute, mais subordonnées à un système préconçu , le compositeur rapporta des mélodies et des rhythmes d'un effet qui parut nouveau.
Dans son ode-symphonie du Désert, M. David ne s'est pas seulement montré musicien, mais il s'est révélé poète. L'orchestration de cette partition est imagée, pleine d'intentions. Nous ne nous étendrons pas sur les mérites d'une œuvre qui a fait sensation lors-
qu'elle a été exécutée pour la première fois et qu'on entend toujours avec un vif intérêt. Nous nous bornerons à en indiquer les principales divisions : 10 chœur Allali! allali! 20 Marche de la caravane; 3" La tempête au désert ; 4» Hymne à la nuit ; 5° Fantaisie arabe, danse des aimées ; 6° La liberté au désert ;T> La rêverie du soir; s» Le lever du soleil; 9« Chant du muezzin; 10» Le départ de la caravane. Les motifs les plus remarqués sont la Marche de la caravane, sur un rhythme original ; O nuit! 6 belle nuit! cantilène empreinte d'une vague langueur ; Ma belle nuit, 6 sois plus lente, charmante rêverie. Il est à remarquer que presque tous les motifs de M. Félicien David procèdent de l'intervalle do quarte-, depuis la célèbre romance des Hirondelles jusqu'aux thèmes de Lalla-Roockh, c'est toujours cette succession mélodique qui est le point de départ de son inspiration. C'est un fait que nous signalons, sans vouloir accuser pour cela M. Félicien David de monotonie. Enfin, nous rappellerons le Lever du soleil :
Des teintes roses de l'aurore
La base des cieux se colore ; L'astre du jour Rayonne tout à coup comme un hymne sonore Et remplit le désert de lumière et d'amour.
Les violons exécutent un trémolo sur le 7711 à l'aigu de la chanterelle pendant que les autres instruments font leur rentrée graduellement et déterminent à la fin un tutti éclatant. En 1844, c'était une trouvaille musicale; depuis, ce procédé a été reproduit à satiété et est tombé dans le domaine des effets communs : Assueta vilescunt. Il en sera toujours de même des procédés d'imitation en musique. Le plagiat est si facile, en pareille matière 1 II suffit de lire la partition d'orchestre. Ce qui l'est moins, c'est de s'emparer de l'inspiration du maître, de ses idées personnelles ; celles-ci restent et resteront toujours la propriété de M. Félicien David. C'est un compositeur original.
En 1846, on a représenté à Aix-la-Chapelle, dans la salle de spectacle, cette œuvre lyrique en costumes Quarante figurants et deux chameaux en carton ont paru dans la représentation. C'était pousser un peu loin l'amour de la couleur locale.
DÉSERT ou L'OASIS (le), opéra-comique, musique de Arquier, représenté à la Nouvelle-Orléans vers 1802.
DÉSERTEUR (le), drame en trois actes, en prose, mêlé de musique, paroles de Sedaine, musique de Monsigny, représenté aux Ita-
DESE
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liens le G mars 17G9. Cet ouvrage est assuivment le meilleur qui soit sorti de la plume (le ce compositeur. C'est au moins celui dans lequel sa sensibilité exquise s'est manifestée avec le plus de force et de charme. Tout le monde connaît l'air d'Alexis : Adieu , chère Louise ; le récit du gendarme Courcliemin , le Jtoi passait, au milieu duquel se trouve cotte phrase touchante : C'est mon amant, et s'il faut qu'il expire , que Adolphe Adam a si malheureusement refaite pour la i-epriso de cet ouvrage à l'Opcra-Comique le 30 octobre 1843. Monsigny a traité fort heureusement aussi la partie comique ; le duo, en forme de canon, chanté par le grand cousin et Montauciel est amusant, ainsi que la leçon de lecture et l'air Je ne déserterai jamais, qui a été chanté avec beaucoup de verve et de succès par Moeker.
DÉSERTEUR (le) , opéra prussien eu deux ;ictes, musique de Ebell, représenté à Berlin on 1799.
DÉSERTEUR (le), opéra en trois actes, livret de ^I. Ernest Pesqué , musique de M. F. Hiller, représenté à Cologne le 17 février 1865. Le sujet est différent de celui de l'opéra de Monsigny. La partition de M. Hil- Icr a été jugée remarquable.