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les œuvres des arts spéciaux et anciens, il serait très-utile qu'il y eût un Théâtre rétrospectif où l'on fit représenter exclusivement les anciens opéras français et étrangers. Si le principe des subventions subsistait encore, l'appui que l'Etat accorderait à une telle entreprise aurait l'approbation générale, car il en résulterait plusieurs avantages : l'instruction musicale du public agrandie et améliorée; des modèles et des objets d'études offerts aux compositeurs; une école de style pour les chanteurs qui, nous ne craignons pas de le dire, ne peuvent être bien formés à l'interprétation intelligente et forte de leurs rôles que par l'étude du répertoire ancien. L'organisation spéciale de ce théâtre rétrospectif permettrait de monter ces ouvrages sans qu'il fût nécessaire de recourir à des frais considérables de mise en scène.

Les directeurs des autres théâtres, subventionnés ou non, renonceraient bientôt à puiser des pièces dans le domaine public, qui serait devenu l'apanage naturel du théâtre rétrospectif, et les auteurs contemporains auraient ainsi plus de chances de voir accueillir et représenter leurs ouvrages.

La critique musicale trouvera dans le Dictionnaire lyrique un vaste champ d'observations, des remarques de toute nature. Elle y pourra suivre les destinées de l'art musical, la marche du génie des maîtres, l'aptitude, les tendances, les goûts de chacun d'eux. Elle verra par le choix des sujets à quelles sources tel compositeur puisait de préférence ses inspirations. Les uns se sont cantonnés dans le même cercle d'idées et pendant toute leur carrière ont piétiné sur place; d'autres ont agrandi le cadre de leur toile, ont monté toujours, et chacun de leurs pas a été signalé par une victoire. C'est ainsi que Rossini s'est élevé de VEguivoco stravagante à Guillaume Tell; Spontini, de VEroismo ridicolo à la Vestale; Méhul de VAnacréon, de Gentil Bernard, k Joseph. De tels exemples sont-ils fréquents de nos jours? Il semble, au contraire, qu'on cherche quelque abaissement nouveau du goût et qu'on se défie de ce qui est beau, simple et grand. Le dédain des sentiments honnêtes, la substitution presque générale du libertinage à la passion, et par suite la recherche de l'effet vulgaire et du succès d'argent en dehors de l'art et de la littérature, voilà ce qui paraît avoir été dans ces derniers temps le caractère propre des productions du théâtre moderne.

La chronologie a aussi ses enseignements. On remarquera quel a été le grand caractère des œuvres lyriques représentées en Autriche, en Italie et en France pendant le xvii'' et le xviii'' siècle, et on suivra les péripéties du goût public depuis cette époque jusqu'à nos jours. Cette étude comparative sera très -propre à combattre cette infatuation, cette complaisance envers nous-mêmes et cet'e confiance naïve dans la supériorité de l'état social, moral et artistique pendant la seconde moitié du xix" siècle.

Le but principal qu'on s'est proposé dans l'Histoire des opéras a été

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