‹ Dictionnaire lyriqueChapitre 67 sur 773 · BALLET DE VINGT -QUATRE HEURES · texte numérisé non relu

BALLET DE VINGT -QUATRE HEURES

(le), opéra, paroles de Legrand, musique do Jacques Aubert , représenté à l'Opéra le 5 novembre 1722.

BAL MASQUÉ (le), opéra-comique en un acte, musique de Darcis, représenté à la Comédie-Italienne le \" avril 1772.

BALDASSAR , Opéra italien, musique de Mabellini, représenté à Florence en 1852.

BALDER'S DEATH (the) [La mort de Balder], opéra, musique de J. Hartmann, représenté en Danemark vers 1770.

BALDOVINO, opéra italien, musique de Zingarelli, représenté à Rome en isio.

BALDRACCA, opéra italien, musique de Draghi (Antoine), représenté à Vienne en

BALDUINO , opéra italien , musique de J. Niccolini, représenté à Venise en 1813.

BALIK GOSPODARSKI {Le haï champêtre), opéra polonais, musique de Kamienski, représenté à Varsovie vers 1780.

BALLERINA AMANTE (la) , Opéra italien» musique de Cimarosa, représenté à Naples au théâtre des Florentins en 1782.

BALLERINA RAGGIRATRICE (la) [La ballerine enjôleuse], opéra italien, musique de Caruso, représenté à Rome en 1805.

BALLO IN MASCHERA (il) [Le bal masqué], opéra en quatre actes, paroles de M. Somma, musique de M. Verdi, représenté pour la première fois à Rome, au théâtre Apollo, en 1859, et à Paris, au Théâtre-Italien, le 13 janvier 1861. Le sujet d'un Ballo in maschera est, sauf le' lieu de la scène, identiquement le même que celui de Gustave III ou le Bal masqué de Scribe, qui inspira à l'illustre auteur de la Muette une de ses meilleures compositions. Le Galop de Gustave III est, entre

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autres morceaux, resté célèbre. La mort tragique et mystérieuse du prince devait frapper l'imagination de M. Verdi, passionné, on le sait, pour les situations fortes, les caractères énergiques et les sombres dénoûmcnts. Chez nous, le côté chorégraphique de ce grand drame avait surtout séduit; aussi , au bout de quelque temps, le ballet fît oublier l'opéra, malgré les beautés musicales que la partition avait répandues sur le poëme, et on ne joua plus que le cinquième acte de Gustave dans des soirées extraordinaires. Kn Italie, le drame devait l'emporter sur la danse, et le Bal masqué de Verdi a ceci de singulier, pour un ouvrnge italien, et d'extrêmement rare, qu'on n'y danse pas du tout. L'auteur du libretlo est loin d'être un grand poëte, et ses vers n'ont guère plus de mérite en italien que ceux de Scribe en français ; Fiorentino prétend môme quelque part qu'il écrit assez peu correctement, mais c'est un auteur habile , ingénieux , plein de ressour • ces. Il s'est borné à traduire la pièce de Scribe et à la rendre méconnaissable. » Ce qui étonne, dit Fiorentino, c'est qu'ayant déjà écrit pour le théâtre et n'ignorant pas les exigences et les susceptibilités des différentes censures italiennes, il se soit flatté de faire accepter à jSIaples son Dallo in maschcra, au moment où l'on entendait de toutes parts, dans ce pays sourdement agité, des craquements sinistres, et où l'on dansait, à la lettre, sur un volcan. » Le Ballo in maschera était, en effet, destiné au thcùtre de San-Carlo, mais les difficultés et les tracasseries qu'on suscita au compositeur firent que Verdi, ramassant les feuillets de sa partition, prit résolument le bateau à vapeur et porta son ouvrage à Rome, où il fut joué avec un grand succès. On n'avait rien changé au librclto traduit pour San-Carlo. La scène était toujours à Boston, comme l'avait exigé la censure napolitaine, avec une foule de détails qui défiguraient singulièrement la pièce de Scribe. Mais le public italien ne fait pas la moindre attention aux paroles plus ou moins ridicules d'un livret d'opéra. Son imagination supplée aux pauvretés de l'ouvrage, et, pourvu que la situation musicale soit belle et entraînante, chacun met les vers qu'il rêve sous les notes du compositeur. Il faut suivre l'exemple des Italiens si l'on veut bien juger la partition à! Il Dallo in maschera. La pièce ne soutient pas l'analyse, bien que sur notre théâtre Vcntadour l'action se passe à Naples, rt non plus à Boston. Cette modification, qui a nécessité divers changements dans les noms

des personnages, est due aux exigences d'un chanteur alors fort à la mode. M. Mario n'aurait jamais voulu chanter sa ballade du second acte en culotte courte, bas de soie, habit rouge et larges épaulettes en filigrane d'or; jamais il n'eût accepté le titre de comte de W'arwiek et les fonctions de gouverneur (le comte de Warwick remplaçait Gustave IH dans la pièce originale). Il a préféré -être grand d'Espagne, s'appeler le duc d'Olivarès et se déguiser en pécheur napolitain, s'occupant d'ailleurs assez peu de l'exactitude du rôle qui lui devenait ainsi plus avantageux. L'entreprise do mettre en musique un sujet déjà si heureusement abordé par M. Aubcr était audacieuse ; car, outre le larcin trop commode du livret de Scribe, elle ne supposait rien moins, do la part de Verdi, que l'intention de contre-balancer , peut-être même de détrôner une partition que la France compte encore aujourd'hui dans son répertoire musical, n Sans vouloir entamer entre les deux Gustave un parallèle qui n'aboutirait pas, puisqu'il s'agit de deux compositeurs de tendances diamétralement opposées, écrivait M. Fr. Schwab à propos d'une représentation du Dallo in maschera à Bade, il est permis néanmoins de reconnaître que Verdi a singulièrement réalisé dans cette circonstance l'adage Audaces fortuna juvat, et que sa témérité a été justifiée par un chef-d'œuvre. » — « Quant à la musique d'Un Dallo in maschera, dit Fiorentino, elle est, certes, une des meilleures que Verdi ait écrites, et si elle n'a pas eu d'emblée le même succès que Jli- Qoletto et le Trovatore, c'est que l'exécution a péché surtout par la faute du ténor, qui a la plus grande responsabilité de l'ouvrage. ■> Mario, en effet, avait eu de beaux moments dans la soirée, mais ses forces le trahirent au dernier acte. Verdi avait écrit ce rôle jiour Fraschini.

Après l'introduction et un petit choeur de courtisans, on a surtout applaudi la suave romance de Richard ,

La rivcdra nelV stasi-, écrite dans la pénétrante tonalité de fa dièse majeur; le cantabile de baryton qui suit:

Alla vila che t'arride avec cor solo ; la ballata du page :

XoUa la terrea fronic aile stellc.

[Tcrrca est ici pour tcrrena.)

La, musique de cette ballade est pleine d'audace et de brio. Le second tableau du premier acte (car on (ait baisser la toile avant l'invocation de la sorcière) contient d'abord une scène et un air de contralto : l'entrée du

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comte de Warwick ou du duc d'Olivarès ; un fort beau trio, où Amélie vient révéler à la magicienne qu'elle aime Richard, tandis que celui-ci entend l'aveu , caché dans un angle de la grotte ; puis la chanson du ténor, une ravissante mélodie napolitaine , que Nicolini enlève avec beaucoup de grâce, et un fort joli quinque où les parties de soprano et de ténor, se détachant sur les basses , produisent un effet délicieux. L'acte se termine par une sorte de God save qui pouvait avoir sa raison d'être quand il s'adressait à un gouverneur anglais, mais qui, chanté par des pêcheurs du Pausilippe en l'honneur d'un duc espagnol, n'a plus aucun sens. Parmi les plus beaux morceaux du second acte (ou du troisième, selon la nouvelle distribution), il faut citer l'air du soprano :

Ma daW arido stelo, le duo, le trio et surtout le quatuor final, qui rendent d'une façon très-satisfaisante une des plus belles situations de l'ouvrage. Ce quatuor est une de ces pages émouvantes où l'auteur de lîigoletto e.\celle, et où, par la vigueur du coloris, la variété du rhythme et la science des oppositions, l'effet, déjà si puissant du drame et de la mise en scène, arrive au paroxysme de l'expression. Au dernier acte, à l'approche de la catastrophe, rien de plus beau que la touchante supplication d'Adelia ou d'Amélie aux genoux de son mari prêt à l'immoler pour venger son honneur outragé : les pleurs du violoncelle, la tonalité voilée de mi bémol mineur, poussent aux dernières limites de la douleur cette imploration de l'épouse et de la mère :

Mono, ma prima in grazia;

puis l'air du baryton :

Eri iu che macchiavi guelV anima,

avec son lugubre début en ?-e mineur, suivi du

pathétique cantabile qu'annoncent la harpe et

la flûte :

0 dolcezze perdute !

Cette inspiration merveilleuse rend la salle palpitante et est toujours redemandée au théâtre. Le trio et le quatuor de la conjuration et son vigoureux unisson, un beau quinque où se détache le papUlonnant allegro au page,

Ah ! di che fulgor.

et plus loin la canzone,

Saper vorreile, qu'il chante aussi , sans omettre la romance du ténor, sont les morceaux saillants du dernier acte. La scène du bal, qui , avec l'assassinat, termine l'ouvrage, est relativement

la plus faible de la partition de Verdi, tandis qu'elle est la plus saillante de celle d'Auber.

Ont créé Un Ballo in maschera au Théâtre- Italien de Paris : MAL Mario, le comte de ! Warwick ou duc d'Olivarès ; Graziani, Renato ; Mmes Alboni, la devineresse Ulrica; Penco, Amélie ou Adélia ; Battu , le page Oscar ou Edgar. Fraschini et Mlle Lagruay ont tenu avec éclat les rôles principaux en

BALOARDO (il), opéra italien, musique de F. Orlandi, représenté à Venise en 1807.

BANC DE SABLE (le) , mélodrame , musique de Schaffner représenté à la Porte-Saint- Martin vers 1820.

BANDIERA D'OGNI VENTO, opéra italien, musique de Farinelli, représenté en Italie vers 1791.

• BANDIT (le), opéra en deux actes, musique de Eykens, représenté à Anvers en 1830.

BANDIT (le), opéra, musique de Van Bree , représenté au théâtre français de La Haye vers 1840.

BANDITI (i) , opéra italien , musique de Garcia (Manuel-del-Popolo-Vicente), représenté à New-York vers 1827.

BANDOLERO (le) , opéra en cinq actes , paroles de Henri Boisseaux, musique de Debillemont, représenté à Dijon en 1850. On y remarqua deux septuors, un boléro et une intéressante instrumentation.

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