BRIG
une passion qu'elle partage à un jeune soldat nommé Stenio, qui s'est engagé dans la troupe de Trousse-Diable pour ne pas servir l'empereur d'Autriche. La reine des Bohémiens, Mabb, jalouse de Sarah, s'efforce do la perdre. Elle lui tait porter un bijou volé à un seigneur de Crackentorp. La jeune fille est arrêtée, conduite devant le juge qui se trouve être le comte d'Arnhcim. Dans son désespoir de no pouvoir prouver son innocence, elle veut se tuer d'un coup de poignard. Le comte arrête son bras, et découvre à un signe particulier que Sarah est sa fille. Le prologue explique l'origine de cette cicatrice, dont Stenio a été l'autour dans une circonstance où il a sauvé la vie à cette enfant. C'est une invention, à mon avis, trcs-hasardée, et qui a l'inconvénient d'un pléonasme dramatique.
Sauver trois fois la vie à une jeune fille dans un opéra, c'est deux fois de trop. Cela n'est supportable que dans un ballet. La reine Mabb, en effet, jalouse du bonheur de Sarah qui va enfin épouser Stenio, rentré en grâce auprès de l'empereur et reconnu pour un noble gentilhomme, veut faire tuer la jeune fille par un de ses hommes. Trousse-Diable détourne l'arme et la balle va frapper la reine Mabb elle-même. Je passe sur la scène dans laquelle le comte veut faire épouser à sa fille Narcisse de Crackentorp. La pièce a beaucoup plu en Angleterre et a peu réussi à Paris; c'est la meilleure partition do Balfe. L'ins[)iration manque un peu d'originalité et de force, mais elle est brillante et facile. La partie vocale est bien traitée et l'instrumentation colorée. Quant à la nature des idées, elle se subordonne trop aux moyens dramatiques employés alors par Donizetti et même par .Vrtolphe Adam. Ce dernier musicien, bien inférieur au compositeur anglais, a exercé sur lui une influence singulière, que l'on a remarquée surtout dans le Puits d'amour et dans l'Etoile de Séoille. L'ouverture de la Uokémienne est fort bien écrite pour les instruments. Elle plaît aux amateurs d'une intelligence musicale moyenne. Les modulations y sont trop fréquentes. Je citerai de cetouvrage le chœur des Bohémiens, la prière, dans le prologue; dans le premier acte, la marche du guet, la romance du rêve, le duo entre Stenio et Sarah; au deuxième acte, un bon quatuor et un duo de femmes; ensuite, un finale imité de Donizetti, et des soli de fiûte et de violon pendant les entr'actes. L'opéra de la Hohémiennc a été chanté par Monjauze, Lutz, Bacquié, M'ic Wertheimber et Brunet-Lafleur ; dans une autre distribu-
tion, on a remarqué Coppcl, Mlle Schrœder et Mme Dubois.
BORIS GODOUNOFP, opéra russe, musique de Mussorgski, représenté au théâtre Marie, de Saint-Pétersbourg, en 1872.
BOSCAJUOLO (il) [le Forestier] , opéra, musique de Flotow, représenté au théâtre Scribe, de Turin, le 30 novembre 1872. C'est une traduction italienne du livret de l'opéra représenté en France sous le titre de l'Ame e« pejne. (Voyez ce mot.) Chanté par Minetti, Cuyas, Beretta, Mn>os Pernjn, Zenoni.
BOULE- DE-NEIGE, opéra-bouffe en trois actes, paroles de MM. Nuitter et Tréfeu, musique de M. Jacques Offenbach, représenté sur le théâtre des Bouffes-Parisiens en décembre 1871. M. Offenbach tient absolument à faire sortir ses chansons du gosier des bêtes. Serait-ce pour punir la muse de ses résistances, ou pour mieux mystifier un public dont il a été pendant vingt ans l'enfant gâté? Nous avons eu le chien Barkouf, à l'Opéra-Comique, que Scudo appelait plaisamment une chiennerie en trois actes. Ici, c'est un ours, appelé Boule-de-Neige, qui est le héros de la pièce. Cet ours est le monarque imposé par le Grand Kan à un peuple ingouvernable et trop coutumier de révolu-' tions. Cet our.s, transformé en hospodar, signe do sa griffe les décrets les plus grotesques, sous l'injonction d'une dompteuse nommée Olga. Un vitrier réfractaire, amant de la dompteuse, se revêt de la peau d'un ours pour échapper aux sbires qui le pourchassent, et Boule-de-Neige est supplanté par lui. Le nom du premier ministre devrait servir de titre à la pièce. Il s'appelle Balabrelock. Le compositeur a formé sa partition de plusieurs morceaux de Barkouf et d'autres ouvrages de sa façon. On a remarqué la romance des Souvenirs, les couplets de la Muselière, la complainte de la grande Ourse, un quartetto et un sextuor syllabique. Cet ouvrage a été joué par Désiré, Berthclier, Montrouge, Edouard Georges, Duplessis, Mmi^s Peschard, Thierret, Bonelli et Nordet.
BOURSE OU LA VIE (la), opéra-comique en un acte, paroles de M. Galoppe d'Onquaire, musique de M. Charles Manry, joué aux Ncothermes le 7 juillet 1856.
BRIGANDS (les), opéra-bouffe en trois actes, paroles de MM. Henri Meilhac et Ludovic Halévy, musique de M. Jacques Offenbach, représenté au théâtre des Variétés le 10 décembre 1869. Le brigand Falsacappa est informé que le prince de Grenade envoie