TURC
de Flora. C'est une déclaration ; j e Tondrais dit-elle, être ceci, être cela, ex en dernier lieu:
Dans mes chimères Tes plus sottes Je voudrais.... Vous en ririez !
Etre le vernis de ses bottes, Pour passer ma vie à ses pieds.
Tels sont les passe-temps délectables de la gaieté française.
Encore une citation pour montrer nn échantillon de la culture politique et littéraire du peuple par le théâtre :
C'est l'envoyé du Koi Soleil Dont le grand règne est sans pareil; Les savants le traduisent par Ncc pluribus imj)ar, Salut à toi L'envoi, T'a toi, l'envoyé du grand roi.
Cet ouvrage a été conçu musicalement sur le même plan que les farces de M.OfTenbach, c'est-à-dire que M. Hervé y a multiplié les contrastes, les hyperboles, les parodies appliquées à tout. Tantôt c'est Mac-Razor qui excite le patriotisme de ses Ecossais burlesques sur une phrase du Choral de Luther; tantôt c'est une phrase de la Chanson de Marlborough intercalée dans la Ballade de la Ctyde. Après l'air de Marlborough, celui de Charles VI : Guerre aux tyrans, puis le chœur des montagnards de la. Dame blanche, etc., etc. Le musicien a encore recours à un autre procédé : il prend le rbythme d'un air, le reproduit exactement en changeant les intonations ; c'est ainsi que la vieille chanson : J'ai du bon tabac, a servi de timbre aux couplets du Baron des Trente-six tourelles, et à ceux de la folie de la Reine. Je ferai observer aussi que la modulation à la tierce majeure supérieure revient perpétuellement sous la plume de M. Hervé. L'ouverture offre une suite de petits motifs dansants, gigues, valses, etc., dépourvDS d'originalité. Il y a cependant une valse assez agréable dans cotte ouverture ; l'auteur en a fait la mélodie des couplets de la reine au deuxième acte. La meilleure page de musique de cette partition est la romance de Jane au troisième acte. Les principaux rôles ont été joués par Dupuis, Grenier , Léonce , Baron , Daniel Bac , Mnies Van Ghell, Chaumont, Legrand. A défaut de la science musicale et de l'inspiration, M. Hervé est incontestablement doué d'imagination comique. S'il eût consenti à ne pas mettre de côté tout jugement, à comprendre que la rime ne doit pas marcher sans la rai-
son, il eû.t peut-être produit quelque œuvre durable; mais, à l'exemple de son chef de file, M. Offenbach, il survivra à l'oubli de tous ses ouvrages, malgré la vogue de circonstance qu'ils auront obtenue par suite de l'éclipsé totale du goiit en France pendant vingt ans.
TU L'AS VOULU l Opérette, paroles de M.M. Emile Abraham et Jules Prevel, musique de M. Samuel David ; représentée aux Bouffes- Parisiens le 12 septembre 1869. Le sujet est la mésaventure d'un Georges Dandin quelconque. Une musique facilement écrite adonné quelque intérêt à cette bluette. Jouée par Lanjallais, Edouard Georges, Debeer et MUe Bonelli.
TURCS (les), opéra-bouffe en trois actes, paroles de MM. Hector Crémieux et Adolphe Jaime, musique de M. Hervé ; représenté au théâtre des Folies-Dramatiques le 23 décembre 1869. La tragédie de Racine, Dajazet, a servi de prétexte à une parodie par à peu près qui ne parodie rien du tout. Roxane aime Bajazet ; elle l'arrache à la mort que son frère lui préparait ; ils s'enfuient ensemble de Stamboul et se rendent à Babylono qu'assiège Amurat. Roxane est reconnue comme la fille du roi de Babylone, ce qui amène la paix. Cette pièce n'est qu'une succession de tableaux et de scènes qui n'ont d'autre objet que de piquer la curiosité du spectateur, souvent par des moyens d'un goiit douteux ; tantôt c'est l'éternelle lamentation du gardien du sérail qu'on a entendue dans cent ouvrages-, tantôt la charade du cordon ; puis une chasse grotesque ; ensuite la valse des houris ; un chœur de bayadères; un chœur de muets ; le fabliau d'Héloïse ; les odalisques au bain ; la scène de la tête de Turc ; un nocturne de bateliers ; la parodie bouffonne d'une prière au Soleil, d'un mauvais goiit achevé ; la chanson de la belle Géorgienne ; enfin une pantomime de combat.
Les valses, les polkas, les marches émaillent la partition de M. Hervé; pourtant il est juste de faire observer que l'habitude a singulièrement développé l'art d'écrire chez ce musicien, qu'à sa facilité mélodique naturelle est venue se joindre une entente mieux raisonnée des effets d'harmonie et que sa musique bouffonne est bien autrement traitée que celle de soa initiateur aa genre burlesque, M. Offenbach. Le disciple a dépassé le maître. Si au moins M. Hervé se séparait de lui plus complètement en ne se servant de cette habileté, de cette verve, de cette fécondité spi-