‹ Dictionnaire-manuel-illustré d'agricultureChapitre 109 sur 394 · DAR · texte numérisé non relu

DAR

DÉB

l^iiotylc^* — Plante de la famille des (jraniinées. Le da<ayl(3 pclotoriiiê ou a^^loiiuM’é {Dit et if Iis (/lomenitn) est vivace il croit eu toullcs assez

fortes dans les ])rairies et s\dève à 0*",G0dc liant.

11 est l’acilcinent rcconnaissalde à ses t i gc s a [) l a t i es et à ses éiiillets resserrés en nanicnle unilatérale. Pc dactyle pousse dans les terrains les plus divers, mais c’est (mi solsfraiscpiil acquiert ses ])lus grandes dimensions.

Il se développe alors avec une vigucurincom- J.3 a r a b 1 c et 1 O U r n i t les plus forts rendements.

I^es mérites de cette plante au point de vue nutritif sont fort discutés. Tandis que les herhagers normands lui attribuent peu de valeur, la plupart des auteurs recommandent d'employer le dactyle on mélange dans les prairies, sans doute à cause de sa rusticité et do son grand dévelopiienient. Toujours est-il qu'à moins de le couper au moment de la floraison, il fournit un foin dur et grossier.

ItiiiiiiàS. — Prune (Voy. Prunier).

Mupliiié. — Le Daphné est de la famille des Thvméléacées, on l'appelle vulgairement f)ois gentil, bois joli, et scientitiquement Daphné mezereum .

C'est un petit arlirisseau qui fleurit en mars avant d’avoir ses feuilles; ses fleurs sont odorantes; le fruit, rouge, est très vénéneux.

Dans les haies et les forets, on trouve à l’état spontané, le Daphné lauréolo (Z>. laureola)^ à feuilles persistantes, à fleurs jaune verdâtre, à fruit noir et vénéneux.

nArcl. — Ramification fruitière (Voy. Poirier et PomxMIer).

Dactyle pelotonné.

Meurtre (Art vétérinaire). — Affection <lc5 la p(3an caractérisée par une abondante production épidermi<jnc, de la rougeur, du jirurit et quelquefois des croûtes plus ou moins épaisses.

J^es dartres sèches cèdent très vite sous l'action d’une pommade composée en parties égales de soufre, de sel et do b e U r r e . Mais souvent il y a lieu <le faire s*ul»ir un traitem e n t interne suivant les conseils <lu vété-^ rinaire.

l^lanto de la famille des Solanées , orne- Datera stramoine.

mentale par

ses fleurs et ses feuilles, mais très vénéneuse. De datura stranioine (Z>.

stramonium) {Fi(j.) est appelé vulgairement pomme épineuse. pomme du diable^ en do r mie ^ toutes expressions qui justifient sa mauvaise renommée. Une infusion de 30 gr. de scs feuilles suffit pour provoquer la mort.

Maiiipliioollo.

— Genre de plantes de la famille des R e n O n c U 1 a cees.

Dans les moissons, on trouvciineplante adventice, la dauphinelle des blés ( Delphinium co7isolidu) qui se distingue par scs fleurs bleues en bouquet lâche, et la foliole supérieure du calice prolongée en éperon. I^es feuilles sont très découpées;

Dauphinelle des blés.

fleurs roses ou vdolettes apparaissant en juillet.

— De déboisement consiste â arracher et à enlever du sol des bois et dos forets les végétaux ligneux qui y ont poussé. De travail à

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effectuer est indiqué au mot Défrichf:men7\

Il est rare que l'on trouve avantai^e à déboiser un taillis ou une Ibrùt soumis à des coupes régulières et donnant par cela même un ])roduit soutenu.

L’opération ne serait à recommander que si Ton se trouvait en présence d’un terrain d’une remarquable fertilité.

En montagne, le déboisement produit des efiets désastreux en facilitant la formation des torrents et le ravinement des pentes. La loi du 18 juin 1859, très large en ce qui concerne le déboisement, a cependant limité ce droit pour les parcelles plantées en montagnes, lorsqu’elles ont une superlicio de plus de 10 liect.

Les forets jouent en outre un rôle utile au point do vue de la climatologie d’un pays, en régularisant la^ température et en formant des abris ' contre les vents (Voy. Défkichement, Reboisement).

— Mot usité pour désigner le moment où s’ouvrent les bourgeons de la vigne enveloppés dans une sorte de bourre,

— Opération que l’on exécute aussitôt après la moisson dans le but de déraciner le chaume, d’ameublir la couche arable superficielle et do détruire les mauvaises herbes, soit en les coupant, soit en favorisant la germination rapide do leurs semences qui seront enterrées ensuite par les labours d’hiver.

Le déchaumage est une façon culturale très avantageuse qui contribue, avec les cultures d’entretien (Voy. Binage), à maintenir les terres en parfait état de propreté. Il s’exécute à Taide des bisocs, des pol^^socs (Vdy.

Charrue) et des scarificateurs (Voy.

SCARIFIGAl EUR).

Uceliaiiiiietir* — Instrument servant à exécuter les déchaumages (Voy. Charrue, Scarificateur).

— Le déchaussage des céréales se produit pendant l’hiver sous l’influence des gels et dégels alternatifs. La terre humide se soulève par la gelée ; au dégel, le sol s’affaisse, mais sans entraîner avec lui les plantes dont le collet et les premières racines se trouvent à nu : les niés et les avoines d’hiver sont ainsi déchaussés.

C’est pour remédier au déchaussage que l’on roule au printemps les céréales d’hiver, afin de rétablir 1 adhérence du sol sur les racines soulevées et brisées par l’action des froids rigoureux.

néclAmtion (Police sanitaire DU bétail). — En matière de police sanitaire (Voy. Police sanitaire)^ on appelle déclaration la forrnakté qui consiste, pour un propriétaire d’ani-

maux, à informer Ib maire de la commune, qu’ils sont atteints ou qu’il les soupçonne atteints de maladies conta- (jieuses. Cette déclaration est obligatoire, sous peine de j>oursuitcs correctionnelles.

■Béeoi*t/ie»tioii. — C'est l'opération qui consiste à enlever, sur le tronc des arbres ou les souches des vignes, les vieilles écorces creuses et ridées en môme temps que les mousses et les lichens. On détruit de la sorte un grand nombre d’insectes qui so réfugient sous les écorces fendillées, ainsi que des œufs qui y ont été déposés et des larves qui y sont écloses.

I^a décortication doit so pratiquer en hiver, pendant le rcfjos de la végétation ; on l’effectue avec des racloirs spéciaux ou des gants formés do mailles d’acier. Pour être tout à fait efficace, ce iravail sera suivi d’un badigeonnage au lait de chaux, dans lequel on fera entrer 5 kg. do sulfate de fer pour 100 litres d’eau.

— Mettre un bois ou une forêt en défends,, c'est en interdire l’accès aux animaux domestiques.

— Un bois ou une foret sont défensahles lorsque les animaux peuvent j^aître sans occasionner de dommages. Ce pâturage ne peut être pratiqué sans inconvénients que sous les futaies des forêts de l’Etat, à très longues révolutions, l^es bois des particuliers, qu’il s’agisse do taillis simples ou composés, sont toujours promptement endommagés quand la présence des troupeaux y est tolérée.

C’est donc une pratique â proscrire absolument en dehors des ca-s exceptionnels de disette fourragère.

uéfonceiiient. — On ai)pcllc défoncement un labour plus profond (jue le labour ordinaire et atteignant de â 0*",50 et même 0^,60 de profondeur. Les labours de défoncement sont exécutés â l’aide de charrues défonceusos(Voy. Défongeuse) et ces charrues sont tirées soit par des animaux, soit par dos treuils (Voy. Treuil de défoncement), soit par des machines â vapeur.

Oéfooceii!se^« — Les charrues défonceuses se divisent en deux catégories ;

1^ Celles qui ramènent le sous-sol â la surface : charrue révolution, charrue Bonnet, charrue Sack, etc.

2" Celles qui ameublissent le sous-sol sans le retourner : fouilleuses, soussoleuses.

Charrue révolution. — On s’est servi autrefois d’un brabant double, dit la révolntion do Vallerand, pour retourner d’un seul coup une bande de terre do de profondeur sur 0'”,50 de large

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avec six à hnit paires do hœuls. Mais devant le faibli? reiidenient d’un seniblable att(?la^^-o, on jiréfère exécuter le défonceinent en deux fois.

Charrue Bonnet. — La eliarrue Ibui net l'st forniéi? dun versoir

en deux partiels : un plan inrliné A qui remonte la terre du sous-sol et un versoir L <|ui la renverse. Cette défonccuso travaille derrière une charrue ordinaire (]ui ouvre une raie de à 0”\^25 do profondeur, oll<‘ prend, dans le fond de la jau^e, une nouvcdlc |)rofondeur do 0**“,ir> à 0"\18, remonte la terre du sous-sol et la renverse audessus do la bande rctournéo par la

première eliarrue. La profondeur totale sera à 0*", 13.

Charrue Sack. — La charrue 8ack {Fig.) porte, sur lo même aj^e, un

Charrue Sack.

premier corps de charrue ordinaire et un deuxième corps de charrue Bonnet :

elle etfectue ainsi, en une fois, les deu5c opérations dont nous venons do parler plus haut.

Cet instrument se conduit seul et peut défonrer jusqu’d à do pro-

fondeur.

Pouilleuses et sous-soleuses. — Les fouilleuses et les sous-soleuses, commo la charrue Bonnet, travaillent au fond do la raie ouverte par une charrue ordinaire, mais ne ramènent pas le sous-sol il la surface.

La fouilleuse Candelier (Fig.) est formée de trois solides dents de scarilicateur à écartement variable sur un bâti triangulaire.

La sous-soleuse Sack (Fig.) est composée d’un pied sous-soleur monté sur un age du meme constructeur.

Knfin les brabants doubles peuvent recevoir un appareil composé de trois pritfes fouilleuses {Fig!) qui prend la place de l’un des corps de eliarrue

après enlèvement du contre et de la rasette. La charruo ouvre la raie à.

l’aller et les ^''riliés fouilleuses, au retour, ameublisstuil b? sous-sol.

On a (‘ssayé é^iahmient de mettre une ou dc?u-x grilles fouilleuses derrière eliaque versoir, afin do faire lc.s dcMix f>p<'‘rat ions en même temps, mais le brabant devient très lourd et demande un attelage trop nombreux.

Travail. — J..e travail des défonceu.ses varie, avec la profondeur, la naiure du sol et la composition de l’attelapro, entre 12 et 25 ares par jour.

Le défonceinent doit être exécuté de préférence il la tin do l’automne et au commencement de l’hiver, afin que la terre ait le temps do s’aérer et de se tasser jiendant la mauvaise .saison.

Lorsque ron veut ramenc'r à la surface lo sous-sol, qui est presquo toujours moins richo que lo sol, il faut dispo.vor do ^'^randes quantités do fumiers ou d enprais, afin do ne pas voir les récoltes diminuer, ou bien il faut atteindre p^raduellement la profondeur désirée en augmentant un peu chaque année la profondeur du labour d’hiver.

charrue Homiel vaut de 80 à liO francs — Sack — 150 à *200

Les fouilleuses valent de 100 à 150 —

»érriclionieiit. — La première opération à eftectuor sur une terro n ayant jamais porté de récoltes, rocouVerto de sa vé^rétaiion naturelle, est ce que l’on appelle drfricitcmeut.

Les produits spontanés du sol sont variables, suivant sa formation g:éoloçique ; ils se composent quelquefois d’e:ç,vc/icc5 ligneuses., autrement dit de hois; d’autres fois, d’arbustes ou d’arbrisseaux, de plantes sous-frutescentes de petites clixnensions ; enfin lo sol peut être envahi par des eaux staprnantes constituant un excès d'humidité dont la présence amène le développement des plantes aquatiques.

Chacun do ces cas donne naissance à un mode spécial de défrichement et nous aurons â examiner :

1® Le défrichement des bois.

2® Lo défrichement des landes.

3® Le défrichement des terrains marécageux.

Enfin on pourra former une 4® catégorie de défrichement qui comprendra la première façon à aonner au sol après une prairie naturelle ou une prairie artiticiolle que l’on veut transformer en terre arable.

Charrue Bonnet.

DÉ FONCEUSES

Sous-soleuse Sack (vue par derrière). Brabant double monté en fouilleuse.

Défrichement des bois. — Lo défriclieinont des bois a pour 1)Ut do convertir une surlaco boisée en terre arable. On n’aura jamais intérêt à dc'dVicher une surface rocheuse, ni un terrain sujet au ravMiiement par les j)hries, pas plus qu’un sol exposé à do faraudes sécheresses où les plantes agricoles périraient en été.

Avant de défriclier, il faut conini<M\cer par débarrasser la surlaco du sol et le sous-sol des tiges et des racines. S’il se trouve des arbres à r haute tige, on > les abat à bras nécessairement ; le mieux est encore do les arracher , car rextraction des souches deviendrait ensuite excossivement diflicile. On fait autour do l’arbre une tranchée de 1 m. de largo et 0‘”,70 environ do profondeur ; à l’aiile do la touriiée piéniontaise on coupe les racines latérales. Cet instrument est muni d’un manche très fort do 1 ni. do long, et porte à chaque extrémité, dans doux plans perpendiculaires, une partie piémontaise.

coupante; les tranchants ont O"’, 00 de large ; l’instrument a 0”*,r>0 de long. Quand l’arbre ne possède plus que quelques racines, il est couché sur le sol au ino^ en d’une corde fixée préalablement à "la partie supérieure et sur laquelle on exerce une traction sufhsante. On procède ensuite à. l’exploitation des produits et à leur vidange.

S’il s’agit do taillis, on façonne les bois , on extirpe les souches. Après rarrachemont dos souches et l’enlèvement des produits, la surface du sol présente une série do cavités et de monticules qu'il faut niveler grossièrement. C’est le moment do faire intervenir une forte charrue j^our elfectuer un labour d’ouverture dont la profondeur sera proportionnée à la nature du sol. Ensuite on divise la terre avec de fortes herses pour l’ameublir et achever l'extraction des petites racines. l^uis, par des façons culturales appropriées, le sol sera mis en état de recevoir la céréale que l’on veut cultiver.

Avec l’aide des phosphates /'ossiles et des sco7nes de déphosphoration^ les

ressources que la végétation ligneuso a accumulées depuis do longues années pcriiiottent de [iroduirc deux ou trois récoltes de céréales : avoine ou blé noir, puis iVoment. Mais ensuite il faut recourir aux iilantes sarc lées ou fourrxigcres, fertiliser le sol par le fumier de l’orme et les engrais complémentaires, l’aire rentrer la parcelle défrichée dans un assolement régulier et la cultiver dorénavant avec tous les princi[ies do la culture améliorante.

Défrichement de landes. — En faisant l’étude^ dos landes (Voy. Eandi::), il est aisé d’apercevoir que colles sur lesquelles on doit praticjuer rojiération du défrichement sont de nature silicoargileuse, dépourvues de calcaire, ne donnant que des produits d’une faible valeur. La nature pierreuse des landes calcaires <lu jurassique et du cM*étacé no nermet pas d’en tenter la cuL turc araole.

Les landes sont en général une cause d’insalubrité pour les pays qu’elles couvrent ; l’assainissement préalable suivi de la niise en valeur constituo donc dans l’intérêt général une opération recommandable. L’introduction des pliosphatcs et l’emploi du calcaire ont contribué beaucoup à l’extension des défrichements. L’histoire des défricheurs de landes, luttant sans cesse contre les milieux sauvages à transformer, a été souvent marquée d’insuccès. C’est que les jircmiers défricheurs n’ont pas assez calculé les améliorations do toutes sortes qu’ils devaient apporter : construction de bâtiments, création de routes, de clôtures, achat de matières fertilisantes; ils n’ont pas vu do prime abord que ces dépenses très importantes s’ajoutaient au prix d’achat de la terre pour immobiliser un capital relativement élevé.

11 existe néanmoins trois cas où il est sûrement avantageux de défricher les landes :

Par accession, c’est-â-dire lorsque la lande fait partie d’un domaine déjà créé dont les terres sont de bonne qualité. L’agriculteur possède dans ce cas tous les éléments de succès et le défrichement devient une source do protits.

Quand les landes sont réellement do bonne nature et que les produits qu’elles peuvent fournir ont un débouché assuré.

3® Le défrichement s’impose quand on veut boiser une lande dont le sol peut s’accommoder d’essences ligneuses feuillues. Les quelques récoltes do céréales que l’on prélève indemnisent dos dépenses du défrichement et, d’un autre coté, les labours effectués pour

la culture sont favorables au semis ou à la plantation des espèces que Ton veut semer ou planter.

jyaoaux préliminaires de défrichement, — I^e problème du défrichement de la lande étant pose, il reste à voir par quels inovens on doit relfcctucr. 1^ il faut procéder àTécoulement des eaux, à rassainissement du terrain, ce ([ui s'obtient en creusant des fossés dans les parties déclives et les faisant aboutir hors de la surface à exploiter; 2® il faut arracher les rares arbres, les arbustes ou arbrisseaux qui s'opposeraient au passage des animaux; 3^ il faut enlever les cailloux apparents ; ils

fieuvent servir du reste pour empierrer es chemins avoisinants.

Ces travaux préliminaires accomplis, on pratique le défrichement soit à bras, soit à la charrue.

Défrichement à bras, — Go modo n’est plus maintenant en usage que pour de petites surfaces; c'est un défrichement à la tranche et il porte le nom spécial iïessartafje, Ga tranclic doit être bien coupante, do 0”b06 do largo environ ; elle est munie d'un manche très fort {Fig.). La lande est labourée à 0’",10 de profondeur; la croûte est ainsi partagée en petites mottes et en

meme temps on M/

enlève du sol les M/ï

racines de bruyè- M//

res ou d'ajoncs Mï

incomplètement M/

arrachées. Ce tra- M/

vail s’elfectuo m/f

pendant Thiver, M//

alors que les tra- M//

vaux sont peu Jm/

nombreux et la m//7

main-d’œuvre peu M// chère. Au prin- M// temps, on donne M/f plusieurs coups do hersage pour d 6 s a gr r 6 ger les ^ Tranche mottes ; a la hn déf?fchement

de 1 été suivant, à bras,

la préparation du

sol est complétée par un ou deux labours et on peut semer du seigle, de l’avoine ou môme du froment avec application de 800 à 1 000 kg. de phosphates par hectare.

Avant l’emploi des phosphates et du chaulage, pour combattre l’acidité des terres de landes, on a beaucoup conseillé la pratique de Vécobuaqe, C'est une méthode à abandonner, à part les cas indiqués (Voy. Écobuage).

Défrichement à la charrue, — Quand on veut faire un défrichement consi-

dérable, il faut recourir à la charrue; cet instrument doit être construit de façon à résister à toutes les difiicultés du travail, qui sont considérables dans un terrain n'ayant jamais été ouvert.

Le soc et le contre doivent être entreicnus très tranchants et il est prél'érable dattolcr des bœufs plutôt que dos chevaux. Ce labour s'opcio en hiver, de novembre à mars,a[)rès avoir enlevé de la surface du sol tout ce qui entraverait la marche de la charrue.

On jalonne l’enrayure que doit parcourir l’attelage pour effectuer la première raie dans le sens de la plus grande pente du sol, ce qui favorise son assainissement. A quelle profondeur doit s’effectuer ce premier labour? C’est une question qui a soulevé bien des discussions. Toutes les fois que le sol est garni de bruyère à balai {Frica scoparia) qui possède une forte racine, il faut labourer profondément pour la soulever, la charrue n’a alors que de faibles racines à couper, elle tient bien en terre, sa conduite est facile. Dans tous les autres cas, le labour doit être environ de O"’, 10 à 0*",15, les bandes renversées sens dessus dessous les unes à côté des autres.

Pendant cette opération, le laboureur doit indiquer par des piquets ou des gazons les endroits où se trouvent des pierres ou des roches dont l’extraction sera nécessaire.

La terre labourée reste ainsi jusqu’au printemps; elle subit pendant 1 hiver l’action do la gelée, se désagrège et peut recevoir des hersages.

On exécute ces laçons dans le sens du labour et perpendiculairement au labour, c’est-à-di2*e en croisant les trains. Ensuite vient le deuxième labour qui s'effectue à profondeur variable suivant la nature du sol; il a pour but do mêler les gazons déchirés et désagrégés à la coucfie arable.

Le terrain est ensemencé au mois d’octobre suivant en avoine. Pour cette céréale, on donne au sol un nouveau labour, on répand 700 à 800 kg. de phosphates fossiles, puis la semence, et enlin l’on enterre cette dernière par un coup de lierse en travers.

Le plus généralement la lande nouvellement défrichée peut porter deux récoltes consécutives do céréales. Voici le prix do revient d’un hectare do défrichement, la charrue étant tirée par *six bœufs. Pour une journée, la somme s’élève à ;

Nourriture (les G bœufs. ... ir> francs

Un loue heur '2 —

Un laboureur *2 —

Entretien et usure de la

charrue 3 —

22 francs

DÉFRICHEMENT — 23'i — DÉG

A répoqvio où Ton effoctno loff cliomcnts, los Jours sont courts, on no laboure j:ru<‘ro (|Uo 33 ar(3s jiar jour; le prix total s’élève donc à t>G f‘r. par lioctarc».

A CVrcay, en Sologne, M. I^ecfu’i* toux <a^iiiptait les dT^penses snivaiitcîs i)Our la mise en valeur do 1 hcet. de* lande :

KnlôvcMnciU drs rarincs do

Iji iivrrtî

franes

Lahour île . .

r» liiTSîijç(*s

1 licrsai^es <le semailles. . .

haies cl'cb'üulement

francs

Knscmcneeinciit en seigle,

*2 hcelolitrcs à 13 francs. .

r>00 kilogr. ptioHpIiutes fos-

Fauchage el liaj^e

Ucnlrée des j*ei*hes

ti)

Loyer du sol peinJant deux liniiécs

franes

Voici los produits :

hcel. do solj<!c ^ li fpanos.

francs

Paille '2tioü kilo^r. à fr. le

mille

francs

Bénéfice net : 383 — iio = i:i8 fr. par licct

Mais cotto culture no peut durer lonj^tcinps ; il faut songer dès la troisième année à fertiliser los landes par rapport dos fumures appropriées. Les plantes de la famille des Crucifères y ilonncnt après les céréales do bons produits. Si la nature du sol et son neu de profondeur ne se prêtent ni à la culture arable ni à rétablissement do prairies, il faut le boiser par le pin maritime ou par le pin sylvestre.

Vingt ou vingt-ciiu] ans anrès, los pins pourront être exploités; ils fourniront des produits qui rembourseront au pro-

1)riétairo son capital, intérêts compris. "]n outre, le terrain aura encore été amélioré; en défrichant à nouveau, il sera possible do se livrer à la culture pendant plusieurs années et do boiser ensuite par dos essences feuillues qui prendront possession du sol.

Défrichement des terrains marécageux. — La première opération h pratiquer c’est l’assainissement (Voy . Assainissement); ensuite l’on défriche et, par l’intervention do matières calcaires, la mise en culture est facile. Très souvent ces terres marécageuses assainies sont assez fertiles et leur transformation est plus avantageuse que celle des landes.

Comme complément aux défrichements des lanaes, il est nécessaire de faire des plantations constituant des

abris. Ces abris sont installés du côté des vents dominants ; on les forme généralement j>ar des rideaux d essences résineuses. Les surfaces flél'riché(>*s doivent être aussi clôfiiréc*s : on les (Uitoiiro d<i hau‘s vives qui, après (|uebiues années, fournissent un coinbuslible rechcrcJié. On adapte li^ssence à la nature <lii sol et à sa profondeur.

Défrichement des prairies. — Le défriclioinont des prairie^ naturelles et artiliciclles constitue une opération ni us facile. Il est exécuté par un lahonr après les semailles aautomno, do façon que le sol soit exposé pendant riiiver à l’action des gels et dégels.

Si l’on veut cultiver après les prairies artiiicielles un froment (rautomno, il est imlisponsablo d eifeetner le défrichement dès la lin d’août ou les premiers jours do septembre, afin quo le sol ait le temps do so tasser avant los semailles. Autrement, si le labour do défrichement était pratiqué moins d'un mois avant le semis, la céréale serait sujette à se déchausser pendant l’hiver et la récolte serait compromise.

Après défrichement d’automne, on sème une céréale de printemps, do l’avoine presque toujours; on peut encore se livrer à la culture des pommes de terre. — J. Tkibondeau.

— Opération qui consiste à enlever lo gazon des prairies sur do polîtes surfaces surélevées quo l’on veut abaisser. On pourrait aussi so proposer le contraire : dégazonner une cuvette, remblayer et réengazonncr lo remblai.

Le dégazonneinont se fait avec un instrument spécial appelé hache des prés {Fifp), En s’aidant d’un cordeau, le gazon est découpé par bandes paralèles ae do largeur ;

lerpendiculairoment à la orcmièro direction, les :)andos sont coupées ensuite à. 0’”.30 de longueur, do façon à obtenir des gazons do 0"",% x 0’”,30 qui seront détachés sur une profondeur de 0”\oè avec la pelle d’acier. Les gazons sont transportés à la brouette hors la surlace Hache à niveler et replacés quand prés,

le travail est clfeclué.

Pour favoriser leur reprise, on les tasse avec une daine en bois; l'arrosage est tout indiqué si on peut l’of-

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