‹ Dictionnaire-manuel-illustré d'agricultureChapitre 129 sur 394 · VIF · texte numérisé non relu

VIF

Azutc

Acide f)ho8plioric|ue. . .

iTtiaux

Les algues sont employées sous des états divers ; tantôt c’est à l’état frais, après égouttage pour enlever l'eau de mer ; tantôt on les laisse exprès longtemps à la pluie i)our mieux enleverlo sel marin, ce qui est préférable. D’autres fois, on laisse le goémon fermenter et se décomposer, mais alors il a perdu un peu d’azote et de la potasse.

Dans le Finistère, on répand do GO à 80 me. à riiect. Ces l'iimures conviennent très bien aux J^égumincuses, aux Céréales, au lin, au chanvre, à la pomme de terre, aux navets, et sous rinlluence des engrais marins, les côtes de Guingamp, ^lürlaix, Drest constituent la ceinture dorée <lo la Hretagne.

Suivant M. de Kerjogu, le me. de goémon frais pèse iOO à dôO kg. ; une fumure de *i0 me. rei)résento IG à 18 000 kg.

Comme ces engrais doivent souvent stibir des frais do transport assez considérables, il importe de bien calculer leur ,prix do revient pour se rendre compte s’ils ne fournissent pas les éléments fertilisants à un prix trop élevé. Lorsque la distance dépasse 8 à 10 kilom, on les dessèche ; le me.

ne pèse plus que !250 à 300 kg. et vaut trois fois le goémon frais; on peut alors le transporter plus économiquement.

Dans certaines localités, on brûle les goémons; après l'incinération, ils no constituent plus qu’un engrais minéral avec potasse et chaux, presque tout l’azote ayant disj)aru [)ar la combustion. — J. Tribondeau.

— L’engraissement s’entend de la préparation des animaux la boucherie et cette préparation s’obtient par une nourriture appropriée qui fait déposer dans les tissus une certaine quantité do graisse. La graisse s’accumule en diHerents points suivant l’âge des animaux : chez les vieux, c’est surtout dans l’abdomen, autour des reins et des intestins, ])oiir constituer le suif\ chez les jeunes, elle t)énètre les interstices musculaires et fournit la viande dite pe7\sillée. tendre et savoureuse.

Kilo s’accuse aussi sous la peau dans le tissu conjonctif et forme, en terme do boucherie, la couverture. L’état d’en-

graissement des animaux s’apprécie par les maniements {\ oy , Maniements).

Engraissement du bœuf. — Choix des bêtes d'engrais, — Il no faut engraisser autant que possible que des animaux se rapprochant de l'état adulte; on recherchera ceux dont les formes sont amples et présentant une grande souplesse de peau. Ce caractère indique que le tissu cellulaire est abondant et que la graisse pourra s’y déposer en grande quantité. Un animal kpcnxi sèche et dure ne sera jamais avantageux à engraisser; la pratique enseigne aussi qu’il doit être bon mangeur, et conséquemment, fût-il très maigre, le ventre sera toujours rempli au niveau du grasset.

L’engraissement du bœuf peut se faire au pâturage ou à Vétable,

Engraissement au pâturage, — I^’engraissement au oâturage est réservé aux localités où le sol est riche et la pousse de l’herbe continue j)ar suite de circonstances climatériques favorables. Tel est le cas j)our les herbages do certaines jiarties de l’ouest de la France, de la Normandie, du Nivernais et du Charolais. Les animaux choisis consomment les herbes tendres très digestives et très nutritives présentant la relation 1/3,5 à 1/1. Kn Normandie, il est admis que 21 ares d’herbage do première qualité engraissent un bœuf du poids de 600 kg. ; que 40 ares do deuxième qualité engraissent un bœuf de 500 kg., et qu’il faut 32 arcs de troisième qualité pour engraisser un bœuf de 400 kg.

L’engraissement dure en moyenne trois à quatre mois, suivant l’aplitudo des sujets à prendre la graisse ; certains d’entre eux, les plus durs, doivent être retirés alors seulement qu’ils n'ont que queloues maniements, le grasset et le bora. Ce serait mal utiliser leur nourriture que de les conserver plus longtemps. L'herbager doit être apte à juger sûrement de l’augmentation do poids de ses animaux ; mais, si connaisseur qu’il puisse être, une bascule installée dans l’herbage lui donnera touurs d’excellents renseignements.

Engraissement à Vétable, — Cette méthode est surtout applicable lorsqu’il s’agit de n’engraisser que quelques animaux sur l’exploitation : vaches laitières ou bœufs de travail mis â la réforme. Mais il faut bien se rappeler que l’opération ne sera profitable qu’au- 'tant que les individus seront très tendres et doués d'un vigoureux a])pétit.

Par l’engraissement à l’étable, on se ])ropose, en effet, de donner autant d’aliments que possible, pour amener dans le plus bref délai les animaux à l’abattoir. Il importe, donc, pour

ENGRAISSEMENT

engraissement — 279 —

que la spéculation soit suttisaninicnt avantageuse, de distribuer la partie do la ration qui sert à faire vivre 1 animal, la ration d’entretien (Voy. Ration), pendant le plus court espace de temps et d’amener durant cotte période le sujet à l’état gras. Toute la science do Tengraisseur est là; elle repose sur les aptitudes présumées à engraisser des sujets choisis, mais aussi sur la combinaison résultant do 1 association dos aliments qui seront employés pendant la durée de 1 opération. ^

L’époque do l’engraissement n est pas indifférente. Pendant 1 été, la température est trop élevée, les animaux consomment moins ; en outre, l’alimentation est trop variée ; à chaque changement do régime, il y a porto do poids ou tout au moins peu d’augmentation. C’est ce qui fait que l’hiver est généralement choisi, en ayant soin do maintenir la température do l’étable à Ib"». If engraisseur a pu faire une abondante provision do foin, do racines et de tubercules qui constitueront la base do la ration ; la relation nutritive sera ramenée au rapport convenable par l’adjonction d aliments concentrés.

Ceux-ci seront choisis parmi les résidus industriels (tourteaux divers, farines, sons) qui présenteront, à dosage égal d’éléments nutritifs {protéine, matière r/rasse, hydrates de ca7'bone), le prix le moins élevé. Il ne faudra pas oublier de tenir compte de leur digestibilité.

C’est au début de l’engraissement que l’on donne les fourrages les plus grossiers parce que l’estomac et les intestins ne sont pas fatigués et que l’animal peut en absorber de grandes quantités. Mais, au fur et à mesure que la graisse s’infiltre, le sujet consomme moins et peut môme éprouver du dégoût pour les aliments qni^ lui sont servis, do sorte qu’il peut être utile d’opérer des substitutions.

Pour donner une idée exacte de la manière dont l’engraissement doit être conduit, voici des formules types do rations données xiar M. Sanson et administrées à une vache du poids initial de 538 kg.

/re période. — Depuis le début de l’engraissement jusqu’au moment où l'animal arrive en état (la peau est devenue partout souple, le poil couché et luisant, une certaine quantité de graisse s’est déposée au grasset et dans le tissu sous-cutané) :

Foin 5 kg ,)

Betteraves . 3(» »

Balles d’avoine ....... 4 »

Tourteau de colza 2 05

Son 1 75

Graine de lin 0 35

Le rapport nutritif = 1/4; la rela- |

tion adipo-protéïque = 1/3,7 (Voy.

Alimentation).

période. — Va jusqu’au moment où le cœur, le contre-cœur^ V avant-cœur , la poitrine et la côte sont nettement accusés (Voy. Maniements). L’animal est demi-gras.

Foin 5 kg »

Betteraves 33 »

Balles d’avoine 4 »

Tourteau de colza 3 05

Son 1 75

Graine de lin 0 45

I^e rapport nutritif = 1/3,5; la relation adipo-protéïque = 1/3, *2.

5^ période. — S’étend jusqu’au mo-

ment où la tranche, le flanc, le paleron, V oreillette et le dessous de la langue se prononcent nettement. L’animal est bien gras :

Foin 5 kg»

Betteraves 25 »

Balles d’avoine 2 »

Tourteau de colza 3 5

Son 2 >»

Farine de lin . 0 45

Relation nutritive = 1/3; relation adipo-protéiqùe = 1/3.

Avec cette alimentation, la vaclio avait augmenté de 153 kg. en quatrevingt-quatorze jours, soit une augmentation journalière de 1 kg. 627.

Ainsi que nous venons do le dire, les maniements accusent l’état do l’animal, mais il y a tout intérêt à se rendre fréquemment compte do l’accroissement par la bascule. Dès que le poids n'augmente plus suffisamment pour payer les aliments, la spéculation doit se terminer ; si elle se prolongeait elle deviendrait onéreuse.

Engraissement des veaux. — Aux environs des grands centres de consommation, l’engraissement des veaux constitue une opération le plus souvent très avantageuse, l^our que les veaux soient très estimés, il est nécessaire que la viande soit très blanche et, pour atteindre ce résultat, le lait pur doit être donné à satiété. C’est ainsi que l’on opère en Champagne et que l’on arrive à produire à trois mois des veaux du poids de 150 kg.

Si l’on considère qu’il faille 10 lit.

de lait pour produire 1 kg. de viande nette et que celle-ci atteigne le prix moyen de 1 fr., on voit que le litre do lait se trouve payé 0 fr. 10.

Dans certains cas particuliers, alors que l’industrie du beurre est fort rémunératrice, et depuis que les appareils centrifuges permettent de retirer instantanément la crème du lait, l’éleveur doit chercher à utiliser le lait écrémé pour l’engraissement des veaux en remplaçant la matière grasse disparue, voire même une fraction du

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