FRA
jours et Tolévation do température.
Elles sont nuisibles dans les prairies par les monticules qu’elles org*anisent ; dans les jardins, elles se nourrissent do fruits; à Tintérieur dos appartements, elles envahissent les meubles où sont déposés des matières sucrées, qu’elles recherclient particulièrement. On peut les détruire dans les champs et les prés par remploi du pétrole ou de la chaux vive qui fuse à l’intérieur des galeries en asphyxiant larves et nymphes. Dans les jardins, on peut employer l’eau bouillante ; sur les espaliers, on installe des pièges formés par des flacons à moitié rem plis d’eau miellée ; dans les appartements, la fleur de soufre, la poussière de charbon de bois les font luir assez rapidement.
S'otiPiiil* — Le fournil est le bâtiment de la ferme où vient s’ouvrir le four. Très souvent on y dépose le pétrin dans lequel se manipule la pâte. Dans le sens de l’axe du foilr, la i)ièce doit être j)lus grande que la profondeur du four, de façon â pouvoir manœuvrer facilement la pelle à four.
Cette pelle s’accroche ensuite le long d’un mur. On doit réserver dans le fournil un endroit sufflsant pour déposer le combustible nécessaire â une fournée. Dans beaucoup d’exploitations rurales, le fournil sort en meme temps de buanderie, do chambre de cuisson des aliments destinés aux animaux, quelquefois môme de cuisine rurale : c'est ce qu’il faut éviter.
ï'oiirra^'Oi^. — On entend par fourrages tous les produits qui servent à l’alimentation du bétail. Ils sont étudiés â leur place ; il en est de môme pour leur préparation et leur conservation traitées dans des articles spéciaux.
— Le fraisier est une
Coulant.
Fraisier montrant un coulant à gauche.
plante do la famille des Rosacées, dont le réceptacle devient charnu à la maturité et fait l’objet de la culture.
Le fraisier est vivace au mo3' en d’un rhizome court donnant naissance à des stolons ou coulants utilisés pour la multiplication (Fif/.).
Les variétés très nomlircuses do fraisiers peuvent être ramenées à deux types : 1« celui des fraisiers à petits fruits ou (les quatre saisons; 2^ celui des fraisiers à qros fruits.
Fraisiers des quatre saisons. — Ils semblent dériver du fraisier des bois {Fraqaria vesca), ils i)résentent l’immense avantage cle fleurir pendant toute la belle saison et de donner des fruits pendantfort longtemps :
c’est ce qui leur a valu leur dénomination.
I^es variétés principales sont la fra ise Dura, la fraise Janus et la
fraise sans Fraisier des quatre saisons. filets {Fig.).
JjOS fraisiers des quatre saisons se multiplient le plus souvent de graines semées sur couches dans le courant, do mars et d’avril ou en pleine terre â bonne exposition vers le mois de mai.
Quand le plant a 5 feuilles, il est repiqué â 0”^,15 en tous sens; à la fin de l’été, il sera mis définitivement en place sur sol bien jiréparé et bien fumé à0’”,30 ou 0‘”,35 do distance. On peut aussi utiliser les filets pour la multiplication. Pendant la saison d’été, les planches de fraisiers doivent être paillées et arrospes; la récolte sc poursuit ainsi, avec des soins, et en prenant la précaution d’enlever les filets, jusqu’à l’automne. Après trois années de production, les fraisiers doivent être transportés sur d’autres carrés n’en ayant pas produit depuis plusieurs années ; c’est une condition essen tielle pour la réussite et l’obtention des fruits.
Fraisiers à gros fruits.
— On en connaît un très grand nombre de variétés, parmi lesquelles il faut citer :
Docteur Morère^ â chair rose, sucrée, hâtive {Fig.).
2^ Marguerite Lehreton, fertile et robuste, â fruit conique et sucré, se prête bien à la culture forcée avec la précédente
Vicomtesse Hériccirt de Thury,
juteuse et parfumée, do conformation irrégulière.
Jncintfhi^ tardive, très grosse, vari<'‘lé de grande culture.
r>‘* La ('hàlonnaise ; la Princesse royalii , très imuMtaiites égalenuMil .
Culture. —
Les variétés lie fraises à gros fruits doi vont toujours e t r e multipliées [)ar filets ou coul jamais par graines , j)Our évitiM' lie les voir dégénérer. Fraise Docteur Morère.
Les tilets
peuvent être séparés en fin juillet, et mis à raeiner dans les carrés parfaitement préparés , puis repiqués en septembre à demeure à 0'”, i0 en tous s e n s .
On peut se c O n t e n ter de la j)lantation aut O m n a 1 c' sans passer par les carrés de repiquage. A U P r intemi)S, il faut avoir soin de pail- 1er le sol convenableinentetirarroser assez Fraise
souvent. Marguerite Lebreton.
Une plantation nien soignée dure trois à quatre ans. La récolte commence avec les variétés hâtives en lin mai; elle se poursuit successivement jusqu’en juillet.
Dans la culture forcée, on a recours aux variétés hâtives; sans établir de couches, o>i arrive â d’excellents résultats en couvrant do coffres et do châssis les planches de fraisiers. On obtient ainsi en abondance des fruits dans les premiers jours de mai.
IjCs fraisiers redoutent les limaces et les hannetons; le ramassage de ces hô"es nuisibles est le meilleur mo^^en de destruction.
l'ritniHoiMOr. — Arbrisseau de la famille des Rosacées {liubus irlœtis), cultivé pour son fruit appelé framboise
Variétés. — Les variétés connues
so rattaclient â deux types, l’un ne fructifiant qu’une fois, l’autre donnant des fruits jus(|u'â Tarrière-saison, appelé [)our eett(5 raison remontant ou infère. Los variétf^s du premier type sont : la framboi e Pnlsiaff^ IJornet^ la //ollawte à fruit jaune. J^es variétés bifères comprennent : la mereeille des ([uatre saisons ; bette de Pontenny ; sur- I asse Palsta/f; surpasse Merveille ; sucrée de Metz.
Culture. — Le framboisier peut so multiplier do semis, mais on emploie préférablement les rejets lovés à chaque piod- I mère avant ou après riiiver.
La [)lantation so fait à 1 m.
en tous sens, et après la mise en j>laec' les tiges sont 1* a b a 1 1 lies à 0'”,40 de hauteur.
La fructifi- „ . ,
cation doit Framboisier (Uumeau de).
être guidée
l)ar la taille. Pour qu’elle soit utilement pratiquée, il n’y a qu’à so rappeler le principe suivant : I.es fruits au framboisier se développent sur les pousses de Vannée issues de boutons situés sur des pousses de deux ans.
Ces dernières meurent du reste après avoir fructifié. La taille se réduit donc à enlever les tiges mortes et â maintenir â 0"’,75 les rameaux d’un an.
Pendant la végétation, il ne faut garder â chaque touffe que cinq ou six bourgeons et maintenir le sol net de mauvaises herbes. En hiver, on donne un labour pour incorporer les engrais. Une plantation conduite de cette manière peut durer huit à dix ans.
Le moment de récolter s’annonce ' par la parfaite maturité ; cette époque passée, les framboises s’écrasent et manquent de qualité.
La framboise est consommée en nature ou convertie en sirops, confitures, liqueurs très estimées. Elle sert aussi â aromatiser les autres fruits.
l'rankontal. — Cépage produisant un raisin de table de qualité secondaire, mais ayant le mérite d’une grande production. On le distingue à ses grandes feuilles, vertes supéridurement, tomenteuses en dessous ; la grappe est très forte, ailée, â grains très gros, do couleur noirâtre.
Maturité de deuxième époque, se prête à la taille courte.
FRI
FRÊ
Freiie. — Lo frrnc commun {Fi^accimis exceLsior) est un ar))ro do la famille des Olëacées {Fii)-)-
Frône (Port de l'aibiej.
Les fleurs monoïques apparaissent enavril disposées en panicules(/^7//.); le fruit est une saniare tronquée au sommet {Fif/.). I^es feuilles sont opposées.
imparipennées, munies de 9-13 folioles lancéolées, finement dentées, d’un vert clair, donnant à l’arbre un couvert léger. Les bourgeons terminaux sont courts, noirs veloutés, en forme de pyramide quadrangulaire. Les racines sont très développées ; il en existe de pivotantes et de drageonnantes, ce qui explique lo tort que le frône cause à la culture arable.
Cette essence vient en presque tous terrains pourvu qu^ils soient frais; elle
repousse bien do souche, mais elle est néanmoins peu cultivée en taillis. On la réserve pour les futaies et aussi comme alignement.
Lo bois est très élasticjuo, très dur, très estimé j)our le travail. On en fait des timons, des meubles, des attelles, des manches do fouets, des queues de billard. Comme chauffage il vient après lo hêtre.
— Cercle do fer que l’on pose à chaud sur les moyeux des roues pour les empêcher do fendre; on l’ajinlique aussi sur les jantes pour éviter i usure et donner de la solidité.
(Ituce). — Race bovine que l’on rencontre surtout dans le canton de Fribourg en Suisse et qui apparaît en France, notamment en Franche-Comté.
Les animaux qui composent cette race se distinguent par leurs formes amples et leur taille élevée; leur poids atteint fréquemment chez les vaches au delà de 600 kg. Le pelage les caractérise nettement; il est tacheté de blanc et de rouge {Fig.).
Vache fribourgeoise.
L’aptitude laitière est moyenne; elle correspond à peu près à une production de 6 litres par jour pendant toute l’année. L’engraissement est facile, la qualité do la viande suffisante chez les animaux bien traités.
— Le nom de friche est donné à toute parcelle abandonnée par la culture pendant un temps plus ou moins long. La friche est bien différente de la jachère (Voy. Jachkre).
1)0 nos jours la friche tond à diminuer do plus en plus, les progrès agricoles ne la font rencontrer que chez les cultivateurs routiniers. Il y a seulement vingt ans, après la culture des céréales, du blé principalement, on abandonnait le sol à lui-même pendant plusieurs années, prétextant que la terre no pouvait pas toujours produire et que son repos était nécessaire. Cette funeste pratique avait en outre le grave inconvénient de favoriser la végétation de plusieurs générations de plantes adventices qui se retrouvaient eu abondance dans la
FROMAGE
FROMAGE — 330
culture dos jolantos apres le défrichoinoiit.
Avec la propap;ation des bonnes méthodes de culture, on a i)ris Tliabitudo do scMiier dos plantes lé^^-uinineuses (trèlle, sainl^3in, luzerne) dans les c(‘réalos, si ])ion (|ii'aj)rès renlèvement de celles-ci lo sol so trouve ^arni rannée suivante d’une abondante ])roduction fourrag’êro. Si ron n'y i)rcnait gardo, si la j)rairio artiliciello était laissée trop longtemps sans être retournée, elle so trouverait à son tour envahio par des plantes nuisibles, des graminées et des coinl)osées, qui constitueraient une nouvelle friche.
D’une façon générale, les conditions économiques actuelles do la production agricole ont exercé une grande iiillucnco sur la disparition des friches. Da nécessité do produire des substances végétales ou des animaux pour parer aux inconvénients do la baisse des prix des céréales a fait transformer, surtout dans les pays de plaines, les systèmes do culture. Des engrais chimiques ont puissamment favorisé ce mouvement en avant par lequel la friche a disparu.
Cependant, dans certaines localités do l'ouest do la France où lo sol et le climat SC prêtent parfaitement à Tengazonnement du sol, on tend encore à conserver pendant quatre ou cinq ans des terres à friches appelées j)dtures ou pâtis. Il faut constater que les prairies temporaires et lo trèllo tendent à les remplacer et que d'ici un certain nombre d’années les cultivateurs, mieux éclairés, comprendront l’importance de faire rentrer toutes leurs terres dans la rotation d’un assolement régulier.
■«'roiiia^o. — Do fromage est constitué par la caséine du lait (Voy. Caskine) précipitée au moyen do la présure (Voy. Pkésuke) et isolée du petit-lait qui s"en est sépare par un égouttement plus ou moins prolongé.
Do point initial do la fabrication du fromage est donc la mise en présure.
Mise en présure ou coagulation du lait. — On dit aussi formation du caillé. Cette opération doit s’accomplir à la température de 25 à 35*^ qui est celle que l’on obtient en traitant le lait au sortir du pis de la vache. Mais, en pratique, on est obligé, pour atteindre cette température, de réchautfer lo lait “^ans des chaudières spéciales. Jja quantité de présure à ajouter dépend do sa force ; on s’en rend facilement compte par un essai sur une petite quantité do lait et en déterminant lo temps nécessaire à la coagulation.
Si l’on met trop de présure, le caillé est sec f)ar suite do contraction trop rapide, le fromage sera dur. Au contraire, la quantité étant trop faible, la coagulation no so j^roduit pas assez vite, le caillé reste mou, le fromage est aqueux et so conserve mal.
Pour étudier la fabrication des fromages, il faut établir la classification suivante :
P Fromages mous et frais : Fromages maigres; fromages à la crème; fromages suisses; fromages do Gouriiav, etc.
2® Fromages mous affinés : Fromages do lirie ; fromages de Camembert ; fromages de Pont-Dévêque, etc.
3® Fromages a rate ferme pressée :
Fromages do Roquefort; fromages du Cantal.
4® Fromages a pâte cuite et pressée : Fromages do Gruyère; fromages do Port-du-8alut.
Fromages mous et frais. — Fromages maigres. — Avant la coagulation, lo lait est préalablement écrémé, ensuite on met en présure. Puis le jietit-lait étant séparé du caillé, celui-ci est mis en moules dont le fond et les parois sont percés de trous ^ Fig.). Après égout-
Moule à fromages frais.
tement complet, le fromage est achevé, il doit être immédiatement consommé :
c’est le fromage à la pie.
Fromages à la crème. — On met en présure de suite après la traite; la coagulation doit se produire en six licurcs. Do caillé est mis à égoutter sur un tamis de crin, on y ajoute ensuite un peu de crème; après mélange intime, lo fromage est déposé dans des moules en osier garnis do mousseline. Deux heures après, on peut lo consommer.
Fromages suisses ou double crème. — Ils sont obtenus avec du lait auquel on ajoute avant la coagulation une certaine quantité de crème (5 litres pour 30 litres ao lait). Après égouttage, on malaxe encore avec de la crème pour former une pâte onctueuse exigée par le consommateur. Des fromages sont ensuite moulés dans une feuille de papier, de sorte qu’ils affectent une forme cylindrique de O"’, 03 à 0'“,04 de diam. environ sur 0’'h08 à 0*",09 do hauteur.
FROMAGE
FROMAGE
Fromages de Gournay. — Ils sont obtenus de la meme façon, et sont consommes frais ou affinés.
Fromages mous affinés. — Fromage de Brie. — Mise en présure immédiate apres la traite, à la température de 30*^, la coagulation dure une lieuro et demie. Ensuite le caillé est mis dans des moules do 0*'\30 et 0'”,40 do diamètre sur ou O"', 12 de haut {Fig .).
Les moules sont simplement constitués par des cercles do liétro, ils reposent sur dos clayonnages en jonc ou en paille {Fig ). Par le tassement,
Clayonnage en paille.
le caillé s’affaisse et lorsqu’il est à mi-hauteur du moule on le remplit à nouveau. L’égouttage complot dure vingt-quatre à trente-six heures; au bout de ce temps, on retourne le fromage en le salant sur une face ; le lendemain, c’est l’autre face qui subit l’opération. Le moule est enlevé, le from^e reste sur les paillassons.
Ensuite il doit subir Y affinage, qui doit transformer la caséine, sous Tinfluence de bactéries, en une substance très assimilable, dite caséone. L’affinage se fait dans la cave de maturation où la température doit osciller entre 12 et 14^; au bout de six semaines, les fromages peuvent etro livrés à la consommation.
Pour faire un fromage de O"', 10 de diamètre, de 0'",03 d’épaisseur, pesant 3 kg., il faut environ 20 litres de lait.
Le fromage dit do Coulommicrs se fabrique comme le Brio.
Fromage de Camembert. — Le lait est souvent écrémé; on écréme alors la traite du soir et on la mélange le lendemain avec la crème du matin.
La mise en ])résure se fait à la température do 27“ ; il faut que le caillé se prenne en quatre heures.
Les moules ont 0’",12 do diamètre, autant de hauteur, ])ercés do trous, et reposent sur des paillassons ou des nattes en jonc. 11 faut 2 litres de lait l)our faire un fromage et la quantité de caillé correspondante est ajoutée au fur et à mesure du tassement. Deux jours après la mise en moule, les fromages sont retournés et salés sur les deux faces, puis transportés au séchoir.
Là, ils sont placés sur des claies en paille; la température y est d’environ 15°, et au bout de quinze jours on les fait passer dans la cave d’affinage. C'est là qu’ils acquièrent le goût particulier et le moelleux qui les fait apprécier.
rronutge de Pont-Lévegxie. — I^e lait est coloré avec do la teinture do rocou, mis en présure à 35°, la coagulation devant se produire on trente-cinq minutes. I^o caillé est divisé, mis à égoutter sur des nattes do jonc, i)lacé ensuite dans des moules en bois do forme carrée. L’égouttement, le salago et le séchage so pratiquent comme pour lo Brie et le Camembert; la durée do l’affinago est seulement de trois semaines.
Fromages à pâte ferme pressée.
Fromage de lioqnefort. — Il était autrefois exclusivement fabriqué avec du lait de brebis de la race do Larzac. L’industrie existe encore , mais on fait aussi des fromages façon Roquefort, très appréciés, avec du lait do vache.
La mise en présure a lieu vers 40^; elle doit durer une heure et demie. I^e caillé est divisé, serré avec une écumoire pour séparer lo petit-lait, puis
f)étri dans une toile pour activer ’égouttage. Les moules, de 0°^,20 de diamètre sur 0*”,10 de hauteur, à fonds percés de trous, sont remplis en trois fois ; chaque couche est saupoudrée do pain moisi finement broyé, qui communiquera ainsi à l’intérieur du fromage le germe des moisissures dues au Pénicillium glaucum. Ce champignon, en se développant, donnera les végétations bleuâtres qui constituent Toriginalité et la qualité du produit. Pour activer l’égouttage, lo caillé est pressé dans les moules au moyen de planches chargées de poids Après trois ou quatre jours dans le séchoir, les fromages sont portés dans les caves d’affinage. La maturité des
FROMENT
FROMENT
Roqueforts n’est complète qu’au bout de trois mois.
I^romaf/e du Cantal. — I^o lait est cmprésuré à la température de 33®, il doit coagrulcr en trois quarts d’iieure. Le caillé est alors divisé pour que le sérum s’échappe facilement, ensuite le caillé est comprimé au moyen d’une planche pour former une masse unique appelée tome. La tome est pressée avec les mains et les genoux, afin d’éliminer presque tout le petit-lait, puis on l’abandonne dans une cave pendant quelques jours. La pâte fermente, devient onctueuse; à ce moment, on peut mélanger intimement plusieurs tomes ensemble en les réunissant dans un moule qui sera soumis à la presse. On fait ainsi des fromages de 10 à 60 kg.
Au sortir de la presse, le fromage est transporté dans la cave où il s’affine.
Fromages à pâte cuite et pressée.
FroDULije de Gruyère. — La fabrication du gruyère n’est guère pratiquée en France que dans le Jura et le Doubs.
C’est une véritable industrie dans le détail de laquelle nous n’entrerons point. Disons siinj)lement qu’après emprésurage le caillé est cuit à 60^^, pressé et mis à fermenter pendant cinq à six mois dans des caves dites de perfection.
C’est pendant cette période que se développent à l’intérieur les cavités appelées yeux qui doivent être, dans les fromages bien réussis, peu nombreux, assez grands et humides.
Fromage de Port-du- Salut. — I^a fabrication est presque analogue à celle du gruyère. Mise en présure â 30®, coagulation en une demi-heure.
IjO caillé est divisé, puis chauffé à 36® en ayant soin de l’agiter pendant la cuisson. Quand elle est suffisante, ce qui se reconnaît au grain., on met en moules de de diamètre sur
0‘",10 do hauteur. Ensuite on presse.
Les fromages sont portés au séchoir, salés, puis passent au bout de quinze ’ours dans la cave d’affinage, où ils restent environ quarante jours avant d’etre arrivés à maturité. — J. Tri-
BONDEAU.
— Le froment {Triticum sativum) est une plante céréale de la famille des Graminées, désignée couramment sous le nom de blé. Son histoire est pleine d’obscurités et l’origine n’en est pas du tout certaine.
L’Orient ayan- été peuplé avant l’Occident, on s’accorde cependant pour considérer qu’il est venu d’Asie-Mineure.
Caractères. — Toutes les variétés de froments possèdent des racines fibreuses, très développées, s’éten-
dant horizontalement et obliquement jusqu’à 0'",60 de longueur; en outre elles se ramifient beaucoup, deviennent fasciculécs, de sorte qu’il est facile de comi)rendre qu’elles arrivent promptement à épuiser les couclies superficielles du sol {Fig.). .
Les premières feuilles, émises après la germination et pendant l’hiver, sont petites, souvent tordues, ondulées; ce n’est qu’au printemps que la plante émet des tiges vigoureuses constituant des chaumes atteignant dans les beaux blés une hauteur de 1”’,60 à 2 m. A la maturité, les chaumes deviennent la paille, dont l’aspect est différent suivant les variétés . Chez quelques-unes, la paille est formée de parois minces circonscrivant un large vide central : ce sont les froments à paille creuse; chez d’autres, la partie résistante du chaume est doublée intérieurement d’une couche plus ou moins épaisse de tissu cellulaire, on a alors les froments à paille demi-pleine.
Enfin la cavité peut être complètement remplie de cellules et donne les froments a paille pleine.
Les feuilles du froment s insèrent sur la tige à l’endroit des nœuds ; elles sont rubanées, lisses, glauques ou verdâtres, à nervures convergentes vers le sommet. La ligule est très petite, les oreillettes moyennes.
L’inflorescence est un épi couronnant la tige. Cet épi existe au centre du chaume longtemps avant de se montrer â l’extérieur ; il est formé par un aplatissement de la tige présentant alors des angles séparés par des entrenœuds très courts, convexes d’un côté
FROMENT
FROMENT
et concaves de Tautre. Sur chacun des anp;^les s'insc>rcnt les fleurs qui par leur réunion tbrmcnt Vêpillel ; il résulte donc do cet agencement que les éi)illets sont disposes alternativement à droite et gauche do Taxe.
Le nombre des épillots varie dans les limites assez restreintes suivant les diverses variétés do froment : les blés tendres en possèdent généralement 8 à 10 de cliacpio côté.
Chaque éi)illct a toujours plusieurs fleurs. Il est enveloppé par deux écailles dures, creusées en nacelle, quelquefois mucronées, mais jamais barbues; ce sont les dluvies. appelées vulgairement balles. A rinlérieur, les fleurs, au nombre de cinq généralement, sont insérées à droite et à gauche d'un petit axe très court {Fig- '2).
I^a fleur se compose d'un ovaire surmonté de deux styles plumeux, et do trois étamines renfermées dans deux écailles appelées glumelles.
L.’uno des glumelles est creuse en forme do nacelle, portant presque toujours il son sommet une dent ou une arête devenant une longue barbe dans un grand nombre d’espèces. La seconde glumelle s’emboîte <lans la première; elle possède deux nervures assez saillantes correspondant presque aux bords de celle-ci.
La floraison se produit quand l’épi est bien sorti et que la température se maintient à. 18 ou :20'’ ; h ce moment, les étamines sortent et restent sus-
Eendues sur l’épi par leur filet (Fif/- /).
,a fécondation est achevée à cotte époque, car elle paraît so produire ix huis clos.
Le fruit est un cai’yopso contenant une seule graine bien appliquée à la paroi interne du péricarpe. Sa forme générale est allongée; il est bombé sur une face, fendu sur l’autre; l’extrémité stylaire porte une houppe de poils, rautre renferme l’embryon {Fig. 4).
Pour étudier ce fruit, il suffit d’en faire deux coupes, l’une longitudinale et l’autre transversale.
Kn coupe longitudinale, on distingue trois parties essentielles : Yaviandc., formée par l’agglomération de petits corps arrondis; muo enveloppe., constituée par une série do membranes superposées ; à la base enfin , le germe {Fig. 5).
L’amande est blanche, cassante, facile à réduire en poussière; renvoloppe est colorée en gris, en jaune ou en rouge, elle est élastique. Le germe enfin est gris, mou, gras au toucher.
En coupe transversale, Tenveloppe présente une disposition spéciale toute
ijarticulière; après avoir contourné ’amande, elle pénètre à l’intérieur
et s’enfonce dans la masse sous forme do crochet. Elle détermine ainsi un sillon à l’extrémité duquel est logé le germe; de cet agencement résulte aussi 1 imjjossibili té absolue de décortiquer complètement le grain de froment {Fig. 6).
Il est d’usage dans la pratique do distinguer les froments suivant leur coloration en blancs et en rouges. Le siège de cette coloration so trouve dans la partie interne de renveloppo du grahi. Cette enveloppe étudiée isolément présente en elret six membranes, dont l’épaisseur totale no dépasse pas un dixième de millimètre.
Les trois premières membranes constituent le péricarpe., ainsi composé :
l® d’abord Ÿépicarpe; ^2® le mésocarpe., formé do cellules allongées; 3® Vendocarpe., dont les cellules sont perpendiculaires aux précédentes.
Après le péricarpe s’étendent trois autres membranes provenant du tégument séminal de la graine. Ce sont :
le testa, fait de cellules ai>laties, minces, qui deviennent colorées en jaune ou en rouge, incolores ou faiblement grisâtres, et communiquent au grain sa couleur particulière; au-dessous vient Vendoplèvre, x>uis enfin la membrane interne caractérisée par de grosses cellules à gluten à section rectangulaire {Fig. 3).
Suivant leur consistance, les froments sont classés en tendres et en durs. Les blés tendres ont presque toujours la paille creuse et le grain très farineux, mais il y a des exceptions.
La forme du grain donne un moyen assez précis do distinguer les grandes divisions des froments cultivés. Les blés tendres ont un grain renflé, dont la plus grande largeur so trouve vers le milieu de la longueur ; les poulards ont le grain renflé surtout dans la partie la plus voisine du germe : on dit vulgairement qu’il est bossu; les ])lés durs possèdent un grain effilé à section transversale généralement plutôt triangulaire qu’arrondie.
Variétés. — Elles sont excessivement nombreuses, mais on peut les classer en sept espèces principales :
1® Blés ordinaires ou tendres {Triticum sntivu77i\
2® Blés poulards ou renflés {T. tin^gidum).
3® Blés durs à grain g\aQè{T.duruni).
4^ Blés de Pologne (2\ polonicum).
5® Epeaiitres {T. spelta).
6® Amidonniers {2\ amyleum).
7® Engrains {T. ^nonococciim).
Blés tendres. — Ce sont de beaucoup les j3lus répandus en France. Les régions Nord et Nord-Ouest cultivent lus spécialement les variétés sans arbes ; dans le Midi et les pays do
FROMENT
FROMENT
montagnes, on donne plutôt la préférence aux variétés barbues. Ces dernières résistent mieux (pie les autres aux ravages dos oiseaux et à Tégrcnage sous l’action des vents, car les barbes en formant ressort empochent le choc des épis les uns contre les autres.
11 y a dans ce groupe des blés lisses et des blés velus; des blés blancs à grain blanc et à grain rouge,; des blés rouges à grain rouge et à grain blanc.
Voici les principales variétés :
1° Blés tendres d’hiver : épi blanc, grain blanc. — a. — Blé blanc de Flandre, dit encore de llergucs, très anciennement cultivé dans les Flandres. Très productif en paille et en grain, mais il exige des terres riches et fraîches, un climat doux, sans trop de sécheresse- II faut le semer de Jbonne heure, car il est tardif.
b. — Victoria blanc ou encore blé blanc de la Sarthe, blé Prince- Albert ; plus précoce que le précédent, à grain plus court.
c, — Blé originaire d’Ecosse.
Les épis sont allongés et possèdent des petites barbes assez déveloj)iiées.
Cette espèce résiste bien au froid.
rf. — Blé roseau à gros grains, long et presque toujours bien plein. C’est une des meilleures variétés pour les terres riches en climat tempéré.
2® Blés tendres d'hiver : épi blanc, grains rouge. — a. — Blé de Crépi, le plus vieux blé de France, longtemps cultivé dans l’Oise et l’Aisne, mais remplacé en partie par les variétés anglaises à rendement plus élevé. I^e grain est rouge pâle, demi-glacé, très riche en gluten.
b. — Bié Victoria d' automne ou blé géant de la Tréhonnais, ou Kessingland.
Très grand et très vigoureux, paille très forte, à épillets en éventail. Le blé généalogique de Hallett en est une sélection, les caractères essentiels sont les memes {^Fiq, 7).
c. — Blé de Saumur ou gris de Saint- Laud, originaire de la Loire, sensible au froid dans le nord de la France.
L’épi est carré, possédant au sommet quelques barlies courtes; il est, dans les années chaudes, un peu rosé ou saumoné. Legrain en est gros, souvent teinté de gris sur le germe v ce blé talle j>eu.
d. — Blé à épi carré^ à paille courte, à épi compact. I^e grain est demitardif,’ il est isujat à échauder, ce qui ne doit le taire cultiver qu’en climat tempéré.
e. — Blé de Vile de JVoé, vulgairement blé bleu (Fif/, S), Ce blé a été distingué en 1826 par M. Planté, meu-
nier il Nérac, dans un lot venant de Russie. I.e marquis de Noé Tintroduisit en Bcauce, d’où il s’est rajiidement réj)andu. Scs chaumes et ses feuilles possèdent jusqu’aux approclies do la maturité une teinte glauque, d’où lui vient son nom do bfé bleu. G*cst une variété assez sujette au charbon et à la rouille, mais sa grande productivité en t.crres fertiles comi^ense cet inconvénient.
Blés blancs, épi velu. — /Ué de haie ou blé Funsiall, à balles couvertes d’un duvet court et velouté.
4® Blés rouges à grain rouge. — a. — Blé roiuje d^ Ecosse ou blé Coldendrop. Très bonne variété à grain court et bien renflé ; il résiste bien aux intempéries, tallo beaucou]) et se distinguo tacilement, Thiver, par ses feuilles minces, pointues, tortillées, couchées sur le sol. La paille est forte, peu haute , colorée en rouge ainsi que l’épi.
h. — J lié rouge de Bordeaux, dit ronge inversable, blé turc, rouge do Lectoure {Fig. 9). 11 est très apprécié dans tout le centre de la France et présente comme le blé de Noé la teinte bleue ou glauque avant et après la floraison. Mais il s’en distingue par de la paille plus haute, plus flexible et moins creuse et réi)i complètement rouge à maturité. La paille demi-pleine au-dessous de Tépi constitue un caractère particulier.
c. — Blé Lamed, résultat d’un croisement entre le blé bleu do Noé et le blé do Bordeaux.
d. — Blé rovge de Saint-Laud, à épi carré à la base et courtement aminci au sommet, s’égrenant facilement à la maturité. Assez sensible au froid comme le blé de Saumur.
5® Blés rouges à grain blanc. — a. — Bed Chaff Dantzick, originaire des côtes de la Baltique. Il ne dilîcre du Victoria que ])ar la couleur de son épi, qui est rosé avec stries rouges; le grain est blanc, très renflé.
b. — Blé Dattel, obtenu par croisement du chiddam d'automne à épi rouge avec le blé Prince-Albert. A la différence du lamed, ce blé se reproduit parfaitement.
6® Blés barbus rouges à grain rouge. — Blé d'automne rouge barbu. Très bon blé, bien rustique et résistant à toutes les maladies. L’épi très rouge contraste avec la paille blanche.
Blés foulards. — Ils forment un groupe bien distinct; leur paille est forte, grosse, renflée aux nœuds, coudée, rarement droite et presque toujours pleine au-dessous de l'épi. Le tallement est moins considérable que dans les blés tendres. Les épis sont
FROMENT
Stigmalos, - ?
Môsocarpe^/^
Ëndoplèvre
Cellules gluten.
Antlièro.
Aiiüicrc.
Anthère.