‹ Dictionnaire-manuel-illustré d'agricultureChapitre 194 sur 394 · DEBIT · texte numérisé non relu

DEBIT

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Miaiiues naturelles

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Luzernièues

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IRRIGATION

IRRIGATION

Mais il faut observer que, pendant la durée do cliaquo arrosage, le débit du canal ne doit pas descendre audessous de 3 litres par seconde, car l’eau disparaîtrait par évaporation ou par infiltration dans les crevasses avant d’avoir pu recouvrir utilement le terrain.

Les grands canaux d’irrigation sont calculés à raison de 1 litre par seconde et par hectare, soit 36 me. par jour ou 1 500 me. pour six mois.

Pour les irrigations fertilisantes d'hiver, on cite des débits variables qui s’élèvent parfois à 70 litres et exceptionnellement à *264 litres par seconde et jiar hectare.

Les prés marcites de la vallée du Pô reçoivent pondant trois à quatre mois un débit continu de 42 litres par seconde et par hectare.

Régime des eaux. — La succession, la fréquence et la durée des arrosages varient suivant les régions, le climat et la saison ; nous nous bornerons à citer quelques exemples :

Dans la Campine belge, les irrigations commencent en automne aussitôt la coupe des reçains (deuxième quinzaine de septembre); l’eau est donnée on abondance pendant quinze jours à un mois sur les terres sablonneuses et pendant un temps moins long sur les terres peu perméables. Puis l^rrosagc est ensuite suspendu })our que le sol soit bien égoutté pendant les gelées d’hiver. L’irrigation est ensuite reprise au printemps (première quinzaine de mars), l’eau est donnée tout d’abord avec précaution, et dans les rigoles seulement, afin d’humecter le sol sans le recouvrir; ce n’est que plus tard, lorsque les gelées blanches ne sont plus à craindre, que l’eau peut recouvrir utilement le sol. La durée de ces arrosages diminue ensuite à mesure que les plantes se développent, afin que le sol puisse s’aérer convenablement, puis on cesse complètement d’arroser nuit ou dix jours avant la première coupe, pour laisser le sol s’égoutter et se raffermir. Huit ou dix jours après l’enlèvement de la première coupe, on reprend l’irrigation en donnant d abord peu d’eau à la fois et pendant la nuit tant que durent les fortes chaleurs, puis on augmente peu à peu l’importance des arrosages pour les interrompre enfin huit à dix jours avant la seconde coupe.

Lorsque les eaux sont troubles, il faut susi)endre l’irrigation dès que l’herbe a atteint un certain développenaent, afin d’éviter qu’elle ne soit souillée par le limon.

En Normandie, les prairies sont arrosées une fois par semaine pendant

l’automne et l’hiver, et deux fois par semaine au printemps et en été.

Dans le Nivernais, les arrosages d’automne durent de novembre aux [)remières gelées ; les arrosages d’hiver se font dans le courant do février et les arrosages do printemps commencent en avril, pour se terminer quelques jours avant de mettre le bétail à l’herbe.

Dans le Midi, les arrosages sont réglés, comme nous l’avons dit plus haut, d’avril à fin septembre.

Systèmes d’irrigation. — Toute irrigation comporte deux réseaux de canaux et rigoles : 1® le réseau d’arrosage comprenant le canal d*avienée^ les canaux de distribution et les rigoles d' ay^rosaye ; *2^ le réseau d’égouttement, comprenant les rigoles d'égouttement^ les rigoles de colature et le canal de colature, La disposition et l’enchevêtrement de ces réseaux, ainsi que le relief artificiel que l’on donne à sa surface, servent d’ailleurs à caractériser les divers systèmes d’irrigation.

Les systèmes d’irrigation sont extrêmement nombreux; nous nous bornerons à les énumérer et à décrire, comme exemple, quelques types de la Campine dus à Keelhofi.

1® Irrigation par submersion.

Oo Irrigation par déversement : ados; demi - planches ; rigoles de niveau; razzes.

3o Irrigation par infiltration.

40 Irrigation combinée au drainage.

Le choix de l'un de ces types dépend de la quantité d’eau disponible et aussi do la pente générale. Ainsi :

La submersion convient aux terrains à pente très faible, inférieure à 0*",01 par mètre.

Les ados perpendiculaires à la pente s’appliquent aux mêmes terrains jusqu’à une pente maxima de 0™,015 i>ar mètre.

Les ados dans le sens de la pente s’accommodent de pentes plus fortes^ jusqu’à 0™,25 par mètre.

Les demi-planches superposées no s’emploient que pour des x^entes comprises entre 0*“,25 et 0™,100 par mètre.

Les rigoles de niveau^ à partir de 0®,025 jusqu’à 0*",300 par mètre.

Les y^azzes s’imposent pour les terrains accidentés, pour les sols mamelonnés.

1^' infiltration est réservée aux cas où l’eau fait défaut.

Enfin V ij'rigation combinée au drainage ne i)eut que très rarement se réaliser.

Irrigation par submersion. — L’irrigation par submersion donne de bons résultats avec des eaux limoneuses ; elle est peu coûteuse et facile à con-

IRRIGATION

IRRIGATION

diiire, mais Veau fait souvent défaut en été et les gelées sont à craindre on hiver.

Le terrain ayant une légère ponte dans le sens do la flèche YX on

Irrigation par submersion.

trace, dans le sens de cotte pente, une rigole cde venant du canal d’amonéo a 6, puis on entoure de digues des compartiments AB, A' B', etc., et Ion transforme par des transports do terre la pente générale YX en deux pentes vers la rigole centrale, ainsi que le montrent les flèches A, B, A' et B'. Enfin on dispose des buses et des vannes aux points cde.

Voici les principales dimensions de cette irrigation :

Rigole centrale : largeur 0*«,50 au plafond, profondeur 0"’,35,

Digues : largeur 0™,50 à la crête, hauteur 0*”, 17 ; compartiments: largeur 25 m., pente vers la rigole 0"',005 par mètre. Pour trouver la longueur d’un compartiment, on divise la dilîérence de ni veau,0“',555,^ qui existe entre le plan de l’eau dans le compartiment AB et celui qui est au-dessous A' B', par la pente primitive des terrains.

Soit une pente YX de 0”',008, la longueur du compartiment sera :

Cette irrigation permet l’arrosage d’un compartiment isolé, aussi bien

le premier que l’un quelconque des suivants, les autres restant à sec, ou bien l’arrosage simultané de deux ou plusieurs compartiments.

Voici, d'après Keelhoff, le coût, par hectare, d'une semblable installation :

Tracé des travaux 4 francs

Terrassements 7K —

Rigoles et digues 35 —

Ruses et vannes en bois. . 8 —

Défonceinent préalable du

sol —

Total 272 —

Irrigation par ados. — L’irrigation

par ados perpendiculaires à la pente (les seuls dont nous nous occuperons ici) est considérée comme la plus parfaite, mais elle est coûteuse d’établissement et d’entretien ; de plus la prairie ne se prêtant pas au pacage, elle doit être fauchée, car le piétinement des animaux dégrade les ados.

Le terrain ayant une faible pente suivant la flèche on étaVjht des

ados de 25 m. de long et 8 à 10 m. do large dont les faces inclinées ont une pente de 0“,03 à 0"*,05 par mètre. Ces ados forment comme une succession de toitures ayant toutes leur crête au même niveau.

Au sommet do Tados se trouve une rigolo do déversement A longue de 23’”, 50 et au pied de Tados des rigoles

d’égouttement C longues de 24 mètres.

L’eau d’arrosage, fournie par le canal d’amenée A, est conduite aux rigoles de déversement par le canal de distribution ; elle se déverse en nappe sur les flancs et à l’extrémité des ados, pour être recueillie ensuite par les rigoles d’égouttement qui se jettent dans les rigoles de colature.

L’enlèvement du fourrage s’effectue par un chemin enherbé qui est arrosé

Irrigation par planches en ados. (Loi’sque la pente est insiiftisante, on établit des planches en ados. L’eau est amenée dans une rigole B qui suit la crête de Tados, se déverse sur les ailes et est recueillie par des rigoles d'assainissement C).

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