C. L’inclinaison des bandes
D. La direction des raies.
E. Le relief déterminé à la surface.
A. Largeur de la bande. — En examinant le renversement de la bande de terre par le versoir de la charrue, nous avons indiqué que la largeur et la profondeur des raies doivent être dans le rapport de 1,41 à 1 pour mettre au contact de l’air la plus grande surface possible des parties profondes du sol.
Ce résultat est obtenu par une inclinaison des bandes à 45® ; on retire de cette disposi^on encore un autre avan-
tage : ces prismes de terre en saillie à la surface sont attaqués par la herse avec énergie; l’ameuDlissement devient très complet.
Mais, dans la pratique, on effectue souvent des labours légers; d’autres fois, des labours et alors les
proportions que nous venons de citer ne sont plus respectées. Avec des labours superficiels de 0’",08 à O"', 10, on arriverait à avoir des bandes de 0"’,14 de largeur maximum, le travail serait trop lent, la largeur est alors portée à deux fois la profondeur.
Pour les labours profonds, avec la proportion p : Z :: 1 : 1,41, on retournerait un cube de terre considérable ; on formerait une saillie énorme qui rendrait le passage de la herse aiffîcilo.
Le rapport est donc encore modifié, la largeur égale 1,2 ou 1,3 fois la profondeur.
B. Profondeur de la raie. — Suivant les exigences do la plante que l’on cultive, la nature du sol, les quantités d’engrais dont on dispose, on fait varier la profondeur du labour. On peut classer les labours en trois groupes en fonction de la profondeur : les tambours superficiels^ les labours ordinaires et les labours profonds.
Labours superficiels. — On définit ainsi ceux qui no remuent le sol que sur une épaisseur n’excédant pas 0*", 10. Ils sont empl(^és dans bien des circonstances différentes ; ce sont eux uo Ton doit exécuter pour enterrer es engrais pulvérulents et les semences. répandues à la volée. Quand le froment succède à la jachère ou à une plante sarclée, le sol ayant été bien ameubli et profondément travaillé, il y a lieu d’effectuer la semaillo par un labour superficiel.
Enfin les labours superficiels peuvent être pratiqués surtout avec succès après 1 enlèvement des céréales, et ils portent alors le nom spécial de labours de déchaumage.
Les araires et les charrues à avanttrain, surtout les premiers, ne peuvent être employés pour exécuter ces sortes de labours. Le peu de profondeur à laquelle pénètre l’instrument le rend très instable et Popération présenterait <ûne très grande difficulté. C’est surtout dans ce cas-là que les charrues multiples, ouvrant deux, trois, quatre ou cinq raies sont d’une véritable utilité. Elles économisent de la main-d’œuvre, de la traction, et cette traction est d’ailleurs plus régulière ; on s’en rend facilement compte en observant que l’obstacle qui arrête la charrue à un versoir répartit son action avec un polysoc sur trois ou quatre corps de charrue qui n’ont à supporter
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alors qu’un tiers ou un quart de la 1 résistance.
Los labours de déchaumag-e exercent une action fort importante sur la propreté dos terres. Ils ont pour but do déraciner les cliauines, les mauvaises herbes et do ftivoriser la germination des graines nuisibles aux plantes cultivées. Ils doivent être très légers et n’entarner que 0*”,06 à 0'",08 ; s’ils atteignaient O’*', 10 à il arriverait que
les semences des })lantes adventices seraient enterrées trop j)rofondément et ne pourraient germer (Voy. Gkaink).
Le déchaumage j)ratiqué dans les conditions que nous indiquons provouera, sous r influence des Y)luies et O la chaleur, une végétation abondante de myriades de jeunes plantes que Ton pourra enterrer par un labour ordinaire, détruire j)ar un nouveau labour de déchaumage, s’il est reconnu nécessaire, ou par dos façons suporticiollos : scariflages ou hersages.
Lorsque le sol est infesté par des plantes à racines vivaces et traçantes, il faut compléter les labours de déchaumage par les scariflages et le hersage, afin do réunir ces racines et de les incinérer. C’est le seul moyen véritablement efflcaco d’ètre assuré do la destruction de ces plantes stolonifèrcs : chiendent, agrostis, avoine à chapelet, liseron, petite oseille. Leur vitalité est en oflet des plus remarquables; après une longue exposition à l’air et au soleil, elles semblent desséchées, mortes, mais cet aspect est généralement trompeur et avec les i)luies d’automne, de nouvelles racines se développent vite et la plante continue à infester les récoltes. J^e feu, il faut le répéter, est le remède efficace. Dans ce cas spé- .cial, les façons superficielles doivent être faites avec beaucoup de soin ; on no saurait trop s’attacher à ramasser les racines traçantes plutôt que de ^ chercher à les exposer à l’air par des passages do herses nombreux qui provoquent, il est vrai, l’ameublissement du sol, mais ont aussi pour but do diviser, do multii)lier les plantes dont nous parlons en ]^)roduisant de véritables boutures. Inexpérience et l’observation démontrent tous les jours que ce n’est pas la multiplicité des façons qui assurent la propreté du sol, mais bien la pratique intelligente et raisonnée des labours superficiels sagement comljinés avec les moyens que nous venons d'indiquer.
Les scarificateurs, cultivateurs, extirpateurs remplacent quelquefois les charrues dans l’exécution des labours légers et même avantageusement en raison de la rapidité avec laquelle ils eifectuent le travail. On no saurait
I toutefois les assimiler aux labours qui par définition ont pour but de retourner le sol, tandis que les scarificateurs ne font ([ue déchirer, émietter et remuer la terre sans pratiquer le retournement.
Labours ordinaires, — Les labours ordinaires sont ceux que l’on pratique le i)lus souvent. Ils ont pour but do j)roduire l’ameublissement et l’aération de la couche arable; c’est par eux que l’on enfouit les fumiers et les amendements. On les emploie encore dans la praticiue de la jachère et pour enfoiiir les plantes adventices, pour la pré])aration du sol avant le semis des plantes fourragères fauchablcs ou sarclées, des j>lantes alimentaires et industrielles.
Leur caractéristique, c’est donc leur fréquence; ils se distinguent encore par la nature et l’épaisseur du sol (|u’ils remuent. En général, la profondeur à atteindre varie de 0*”,10 à au delà de cette dimension, on rentre dans une autre catégorie de labour que le cultivateur n’a pas intérêt à renouveler très fréquemment.
La profondeur des labours ordinaires est déterminée par la nature minéralogique du sol, la disposition et l’épaisseur des couches du terrain agricole.
11 est possible que le maximum de ne puisse être atteint, si le sol repose sur une couche infertile voisine de la superficie ou si la couche imperméable se rapproche par trop de la couche arable.
Les instruments avec lesquels on
Ceut satisfaire aux exigences des laours ordinaires sont fort nombreux, et nous pouvons citer les araires, les charrues à avant-train et les charrues brabants doubles.
Labours profonds, — Chaque fois que le soc et le contre pénétreront à plus do 0"’,2*2 do profondeur, la charrue produira un labour profond. Ce qui caractérise encore ces sortes do labours, c’est leur périodicité, car ils no sont en effet appliqués sur le même terrain qu’après des intervalles de plusieurs années.
Les labours de défoncement ont été diversement appréciés par ceux qui les ont opérés. Les praticiens qui n’en ont pas retiré tous les avantages qu’ils en attendaient ont dû les entreprendre inconsidérément. Toutes les fois que le sol arable repose sur une couche infertile, argileuse généralement, l’effet d’un labour trop profond est une diminution de la productivité du sol. Nous avons expliqué quel est le phénomène qui se produit alors et nous savons qu’il doit être rattaché aux propriétés absorbantes de l’argile (Voy. Terre arable).
L’approfondissement doit donc être
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peu rapide et toujours suivi de fumures | abondantes ; faute de suivre cette prescription, on éprouvera un désappointement complet dans le résultat de Topération.
D'une façon générale, les labours profonds procurent d’heureuses moditications. Ils augmentent l’épaisseur de îa couche végétale où vivent les racines des plantes ; le système radiculaire peut donc atteindre un plus grand développement et fournir plus d'aliments à la partie aérienne ; la conséquence se traduit par une augmentation de récoltes.
Les labours profonds diminuent l’humidité du sol, car les eaux pluviales trouvent un plus grand cube de terre où se répandre, le plan d'eau est abaissé, les racines sont moins gênées par les eaux surabondantes; pendant l’été, cette eau emmagasinée dans les couches profondes remonte à la surface par l’elfet de la capillarité et procure aux végétaux une fraîcheur bienfaisante. La résistance des plantes à la séciieresse sera donc accrue en raison do l’augmentation de la profondeur du sol.
Knfin il existe une disposition des couches du terrain qui rend particulièrement favorable l’exécution d’un labour profond; elle se présente quand le sous-sol est formé d’éléments minéraux qui manquent à la couche supérieure. Tel est le cas, par exemple, d’un sol argileux reposant sur un soussol calcaire.
Nous avons vu, en étudiant les charrues défonceuses, que le travail pouvait s’exécuter de deux façons différentes, suivant que le sous-sol était ramené à la surface ou qu’il était remué en place.
C. Inclinaison des bandes. — L’inclinaison des bandes résulte du rap-
f)ort qui existe entre leur largeur et eur profondeur. Nous savons que le rapport l : p :: 1,41 : 1 donne des bandes inclinées ù 45® ; on réalise alors ce qu’on appelle le labour normal.
Quand les labours s’effectuent à de grandes profondeurs, la largeur diminue par rapporta la profondeur et l’inclinaison des bandes se modifie, l’angle qu’elles font avec l’horizon étant plus grand que 45®. Le labour prend alors le nom de labour droit. Au contraire, pour les labours superficiels, la largeur est plus grande que p 1,41, la rotation de la bande accomplit plus de 135®, l’angle d’inclinaison est plus petit que 45® ; on obtient un labour jjlat.
D. Direction des raies. — La direction du labour n’est pas aussi indifférente qu’elle paraît de prime abord.
j Les facteurs qui interviennent pour modifier ou commander cette direction sont : la configuration des parcelles, la forme du labour et la pente du terrain.
Dans les pays où la culture est très morcelée, les parcelles offrent souvent peu de largeur et le labour doit s’effectuer dans le sens de la longueur. D’une manière générale, il est toujours avantageux de diriger le sens du labour suivant le grand côté du champ. I^es tournées trop fréquentes sont ainsi évitées et lorsqu'elles sont souvent répétées elles occasionnent de grandes pertes de temps.
Quand les propriétés physiques du sol ou son manque de profondeur commandent le labour en billons, il faut que les lignes soient tracées de sorte que l’orientation soit nord-sud. Les rayons du soleil frappent alors également les deux ailes des billons et il n’y a pas cette différence dans la végétation et dans la maturité des récoltes, qu’on observe quand l’orientation est établie suivant une ligne est-ouest. Mais il faut remarquer que la pente du terrain entraîne souvent l’abandon des considérations que nous venons de développer.
K. Relief de la surface. — Le relief de la surface détermine la forme du labour; on envisage facilement trois sections :
Les labours on billons.
Les labours en planches.
3® Les labours à plat.
Labours en bill6ns. — Les billons constituent des surfaces plus ou moins Vjombéos, plus ou moins étroites, séparées par un sillon ou dérayiire.
I^a largeur des billons est des plus variables suivant les localités. En Sologne, ils sont composés do deux raies; en Bretagne, ils sont formés de quatre raies ; leur largeur est de 0™,80 à 1 m. ; enfin, dans l’Est, les billons ont depuis 1*",50 jusqu’à 3 m.
Cette manière de disposer la terre offre des avantages dont les principaux sont l’augmentation de la couche végétale et l’assainissement de la partie surélevée. Dans les terrains qui manquent de profondeur, où la couche imperméable est près du sol actif, les pluies d’hiver noient rapidement le terrain, la pratique du billonnage est alors tout indiquée. I^es parties bombées s’égouttent dans le sillon et sur la crête des billons la végétation se trouve à peu près dans les conditions normales. Cependant les inconvénients de ce procédé sont si nombreux et si réels qu’il ne faut l’adopter que si on est dans l’impossibilité de s’en dispenser.
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Voici ce qu’on lui reproche :
1^ Les vents ont beaucoup de prise sur les crêtes saillantes, de sorte que
f)endant l’hiver la neige est balayée et a partie la plus fertile du terrain est exposée à toutes les intempéries.
Les ailes des billons sont battues par les pluies, la terre se ferme, l’aération est moins complète.
3® Les pluies d’été glissent à la surface inclinée du billon, elles pénètrent mal et les plantes sont privées d’une fraîcheur qui serait très utile à cette époque.
4® Les labours croisés, qui exercent beaucoup d’influence sur l’aération, l’ameublissement et le nettoiement des terres compactes, no peuvent être exécutés.
5*^ La répartition des semences est plus difficile.
6® Les instruments perfectionnés :
extirpateurs, scarificateurs, semoirs, moissonneuses, fonctionnent très difficilement.
*7® Il faut un outillage particulier :
des herses et dos rouleaux spéciaux ;
8^ La fumure répartie au centre du billon est souvent entraînée dans le sillon par les eaux.
9® Si l’orientation ne peut se faire suivant une ligne nord-sud, la végétation est irrégulière, de môme la maturité des céréales, et on constate souvent une avance de dix à douze jours pour l’aile exposée au midi.
10® Les dérayures souvent répétées entraînent une perte de terrain d’environ 0*", 25; pour des billons do 1 m., cela représente le quart de la surface du champ.
Ce qui démontre bien que ces inconvénients sont réels, c'est qu’il n’est pas rare de voir beaucoup de cultivateurs dans la région de l’Ouest adopter les billons pour l’hiver et faire leurs cultures de printemps complètement à plat. C’est donc la nécessité d’assainir le sol, de lui enlever de l’humidité pendant la saison pluvieuse, qui les conduit il appliquer ce système pour les ensemencements d’automne.
Exécution des billons. — S’il s’agit de billons étroits, le champ est préalablement labouré à plat et la surface est ameublie et nettoyée avant le billonnage. Ensuite on fait intervenir une charrue ou un butteur.
Si on procède avec une charrue, on enraye à la limite, vers la gauche suivant NY Sy le versoir étant à droite, de
façon à rejeter la terre sur l’intérieur de la parcelle suivante ; arrivé au bout du voyage, on tourne à droite et, en revenant, une deuxième bande est appliquée contre la première en marchant de D vers E. Ce premier billon formé,
la charrue effectue une tournée à zéro vers la gauche et fait un troisième voyag-e CD qui constitue la moitié du deuxième billon, lequel sera complété en descendant suivant FG.
Pour que la charrue ait un point d’appui dans l’exécution de la dérayure, il faut que la deuxième raie de chaque sillon soit plus profonde que la première. Le terrain ainsi disposé présente une série de crêtes et de dépressions qui disparaîtront en partie par le passage de la herse, l’aspect général ofl’rant alors une série de mamelons {Fig. 9).
Avec un buttoir on dispose le terrain en une série de prismes triangulaires qui prendront la forme demi-circulaire par le passage de la herse. On commence à une distance du bord du champ égale à la demi-largeur d’un billon et, arrivé en A, le buttoir tourne à droite et ouvre un nouveau sillon à 0"',50 du premier en complétant le premier billon et formant la moitié du deuxième. Le travail se poursuit ainsi jusqu’à ce que toute la surface soit labourée {Fig. 10).
Les billons d’une plus grande largeur comportent 3, 4 ou 5 raies et s’effectuent toujours à la charrue. Sup-
f)osons qu’il s’agisse de former des bilons do 4 raies d’une largeur de 0"',80. On enraye à O”’, 80 du bord du champ en formant une première bande 1 ; arrivée à l’extrémité, la charrue tourne à gauche et forme la deuxième raie en revenant vers le point de départ 2. Arrivée à cet endroit, la charrue tourne de droite à gauche et adosse une deuxième bande 3 sur la première; à l’extrémité du rayage, la tournée s’effectue dans le meme sens et on ajoute la bande 4 à la bande 2 {Fig. 12).
En se transportant 0™,80 plus loin et procédant dans le même ordre, on arrivera à billonner toute la surface.
Les crêtes disparaissent par le hersage et le tassement, et les dérayures se comblent en partie {Fig. 13). Avec des billons do 0"',80, le surélèvement du sol au sommet du mamelon est d^environ O"’ ,25.
Labours en planches. — On désigne sous le nom de planches des surfaces planes d’une largeur plus grande que les billons, séparées par un sillon appelé dérayure .
On distingue suivant leurs dimensions trois sortes de planches : 1® les grandes planches, de 16 à 20 m. ; 2® les planches moyennes de 8 à 12 m.; 3® les planches étroites de 5 à 6 m.
Les planches étroites sont préférées dans les sols compacts, humides, la dérayure servant d'écoulement pour les eaux ; les grandes sont surtout adop-
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tdes en sol sain et dans les pays de grande culture, afin d’avoir un nombre aussi petit que possible de dérayures qui nuisent toujours au bon fonctionnement des instruments perfectionnés.
Dans l’exécution des planches, il faut veiller à restreindre la longueur des tournées et d’un autre côté, elles doivent se faire sur un certain parcours pour éviter le pivotement sur place dit aussi tournée à cul ou à zéro. I^a tournée qui fait perdre le moins de temps et qui se produit^ le plus régulièrement est celle cjue l’on obtient en faisant parcourir à 1 attelage une ligne de 5 m. C'est alors la tournée normale; au-dessous on se rapproche do la tournée à cul, dans laquelle les animaux sont gênés et se prennent souvent dans leurs traits ; au-dessus de 5 ni., l'attelage doit parcourir en ligne droite une certaine longueur avant de décrire un arc de cercle pour regagner la raie ; il y a donc perte de temps.
Pour former les planches, on laboure soit en endossayit^ soit en refendant, lu' endossement se fait en tournant autour du terrain labouré ; les bandes sont dans ce cas appuyées les unes contre les autres {Fig- 14) \ la refente consiste à rejeter à droite et à gauche les bandes do terre retournées et à tourner à l'intérieur do la surface travaillée {Fig. io).
Da première raie est appelée enrayure^ la dernière, celle qui sépare les planches, est dite dérat/ure. Pour que cette dernière raie soit facile à exécuter, il est indispensable de diminuer la profondeur à l’avant-dernière raie afin de pouvoir l’augmenter à nouveau pour la dernière ; de cette façon le sep de la charrue s’appuie sur un onglet qui produit un creux au fond de la raie et que l’on appelle le frayon. Ce frayon peut être ensuite enlevé et •couché sur le labour {Fig. //).
Exécution des planches. Grandes planches. — Supposons qu’il s’agisse d’obtenir des planches de "20 m., les plus employées du reste ; deux moyens se présentent :
On partage le terrain en demiplanches par des lignes jalonnées espacées de 10 m.; la première demiplanche est partagée en deux parties égales et on fait une enrayure suivant AB; on laboure en endossant une largeur de 10 m., soit 5 m. de chaque côté de l’endos jusqu’à la ligne CD vers l’intérieur du champ. La troisième demi-planche est endossée suivant les mêmes indications etles dernières raies occupent les lignes GH et LM {Fig. 16).
Entre ces deux demi-planches, il reste la deuxième qui q’est pas labou-
rée ; elle est refendue, c’est-à-dire que l’on commence à la retourner suivant HG en redescendant suivant CD et la première dérayure se trouve placée d’après la ligne EF. Le labour se poursuit ainsi en endossant les demi-planches impaires et refendant les demiplanches paires. A la fin, la parcelle est divisée en planches de 20 m., sauf la première et la dernière qui auront 15 m. Par ce moyen, la tcurnée normale sera obtenue puisqu’on opère sur dos demi-planches de 10 m. Quand on effectuera un second labour, ce travail se fera dans un ordre inverse ; ce seront les demi-planches paires que l'on endossera et les demi-planches impaires que l’on refendra; la première planche et la dernière n’auront plus que 5 m. de largeur.
Si on veut éviter l’irrégularité des planches extrêmes, on a recours au système suivant. On fait la première enrayure à T"’, 50 du bord du champ et on endosse 15 in. ; ensuite à 15 m. de la dernière raie ouverte on fait une nouvelle enrayure et l’on endosse 10m.; entre ces doux parties labourées, il reste une largeur de 10 m. que l’on refend et la dérayure occupe la ligne MN. Se reportant à 15 m. de la dernière raie ouverte, on trace une nouvelle enrayure et l’adossement et la refente s’opèrent toujours -sur une largeur de 10 m. La tournée est encore normale et les planches ont une égale largeur de 20 m. {Fig. 17).
Seulement au deuxième labour cette symétrie se trouvera détruite et do cliaque côté de la parcelle il y aura deux planches inégales.
Planches moyennes. — Elles ont une largeur d’environ 10 m. et leur exécution est très facile. Soit à labourer la surface ABCD {Fig. 18).
A une distance de AB égale à la moitié des planches, on exécute une enrayure EF; le labour se fait en endossant jusqu’à ce que la charrue soit arrivée à la ligne AB et la planche EFGH est terminée. A partir de GH et à une distance égale à la moitiié des planches, on exécute une deuxième enrayure, on laboure en endossant la surface GHIK et l’on déraye en GH.
Le travail se poursuit ainsi jusqu’à l’extrémité de la pièce qui se trouve divisée en planches d’égale largeur par les dérayures équidistantes.
Planches étroites. — La multiplicité des enrayures et des dérayures est une cause de difficultés ainsi que la faible largeur des tournées, mais on peut augmenter ces dernières en s’y prenant de la façon suivante : Le terrain à labourer est divisé en demi-planches de 3 m. par exemple si Qn fait 4©^
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(suite)
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planches do 6 m., soit les demi-planelles 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, etc. On [irocède alors à l’endossement des demiplanches 1 et 4 sur les demi-planches 2 et 3; celles-ci sont ensuite refendues et la déravure est placée suivant AB. I^e travail se poursuit en endossant 5 et 8 sur 6 et 7 qui sont refendus, et ainsi de suite jusqu’à la limite de la parcelle {Fig, 19),