‹ Dictionnaire-manuel-illustré d'agricultureChapitre 220 sur 394 · LUT · texte numérisé non relu

LUT

LUZERNE

la voWe ou en lignes à raison do 1***,50 à 2 hl. à riiectaro. On peut le faire consommer en vert sur j)laco j^ar les moutons, mais on i:>out aussi le convertir en foin. Bien desséclié, il constitue un excellent fourrage pour les moutons et les chevaux. On le donne mélangé, haclié avec du maïs vert ou d’autres aliments.

Los lupins ont surtout été recommandés pour engrais verts : ils se développent en effet assez rapidement et arrivent à fournir ainsi dans un espace do temps assez court une assez grande quantité do matière organicpie. Los lupins tixent aussi beaucoup d’azote, car leurs racines se prêtent très h\on au développement des tubérosités dans lesquelles vivent les microbes fixateurs (Voy. Tehke arable).

Imptillne* — Voy. Minette.

— Cette expression désigne le moment de raccouplement des animaux de l’espèce ovine : on dit que les brebis sont luttées par le bélier.

Les breV^is no peuvent être fécondées que lorsqu'elles sont en chaleiu's^ ce qui s’accuse par les signés suivants : la vulve est gonflée, un peu distendue, il s’écoule un liquide glaireux, les femelles reclicrchent le bélier. Quand les troupeaux sont importants, on met au milieu un bélier tVes~ sai portant un tablier sous le ventre, maintenu sur le dos par quatre liens pour éviter raccouplement.

I^a durée des clialeiirs est importante constater par l’éleveur ; elles se montrent presque toujours apres le sevrage et durent 24, 36 ou 48 heures : ce sont les premières chaleurs. Les secondes chaleurs apparaissent 17 à 18 jours après les premières et sont moins longues; elles peuvent durer une nuit et cesser le jour.

Epoque de la lutte. ; — Elle dépend du moment où on fait naître les agneaux, l’agnelage dépendant luiluèmo des débouchés et des ressources de l'exploitation. Toutes les fois c[ue la chose est possible, l’agnelage d hiver est le plus avantageux. La durée de la gestation chez les ])rebis étant do cinq mois, la lutte a lieu dans ce cas en juillet pour so terminer en août. 8i, au ' contraire, l’agnelage doit se jjroduire en été, la lutte commence vers février ou mars. Pour que la lutte ne dure pas trop longtemps, on provoque l’apparition des chaleurs par une bonne alimentation et par l’introduction dans le tj'oupeau d’un bélier d’essai. Au moinent de la lutte, le bélier doit recevoir des grains excitants, de l'avoine par exemple, des fourrages d’excellente qualité, mais il faut éviter de l’engraisser.

Pratique de la lutte. — La lutte so pratique de deux façons : il y a la lutte en liberté et la lutte en main. Dans le premier cas, le bélier est abandonné au milieu du troupeau. C’est un procédé défectueux parce que bien souvent le mâle s’accouple plusieurs fois avec la mémo femelle et en délaisse d’autres, qui par ce fait ne sont point fécondées. En outre, le bélier s’épuise et ne peut lutter qu’un nombre restreint de femelles.

Dans la lutte en main, chaque brebis est conduite isolément au bélier lorsqu’elle en manifeste le désir; après l'acte, le bélier est de nouveau séquestré. Il faut par cette méthode moins de mâles, un bélier pouvant féconder soixante brebis. Après la copulation, les femelles doivent être marquées afln do distinguer celles qui n’ont pas été luttées, pour les soumettre à l’engraissement. — J. T.

M^inEejrne. — Historique. — La luzerne était connue des Grecs qui l’appelaient AI edicaï ; Romains la désignaient par Aledica. Elle a été ra[)portéo de Médie en Grèce, lors de la guerre contre les Perses, sous le règne de Darius, 470 ans avant notre ère. C’est de là qu’est venu le nom d’herbe de Médie ou médiquo {Medicago saliva) qui lui fut donné et que les Romains conservèrent après l’avoir introduite en Italie.

Caractères. — C’est une plante vigoureuse, de la famille des Légumineuses, pourvue d’une très longue racine pivotante ; certaines racines ont plusieurs mètres et le musée de Berne en conserve une de 16 m. de long. La tige est rameuse et s’élève de 0'",50 à 0*^,70 ; elle porte des feuilles à trois folioles elliptiques, dentées au sommet, munies de stipules soudées au pétiole. Les fleurs sont violettes, disposées en grappes axillaires(/'7<r/.); le trait est une gousse polysperme enroulée en deux ou trois tours de spire ; la graine est jaune, affectant la forme d'un petit haricot.

Aire géographique. — Climat. — D'après son origine, il est facile de penser que la luzerne doit demander un climat chaud, de sorte qu’au nord du climat parisien, elle ne donne pas d'aussi grands produits. Elle se plaît surtout dans la région du maïs; ses longues racines lui permettent de résister aux sécheresses quand elles ne sont pas trop prolongées ; un milieu humide lui est absolument défavorable.

Végétation. — La luzerne commence à se développer à partir de -h 8'> et, d’après de Gasparin, il lui faut, à dater de ce moment, pour fleurir, 900'^ de chaleur totale au-dessus do -f- 8® ; de

LUZERNE

LUZERNE

sorte qu’à Oranp^e, où la température s'élève du 15 mars au 1®** novembre,

on no tenant compte que des degrés do -h 8®, à 4,800^, on peut obtenir

^ coupes et un regain ; à Pans,

~ ^ coupes ; en Algérie, grâce

aux irrigations, 8 coupes; à Madagascar et au Cap, 10 coupes. C’est donc

Luzerne (Tige fleurie).

une plante valeureuse, donnant le maximum de rendement sur des terrains de bonne fertilité.

Les froids de l’hiver sont peu préjudiciables si le sol est sain ; on a vu la luzerne résister dans ces conditions à des froids de — 93°; mais dans les sols argileux humides, la gelée, en déchaussant les racines, les expose à être atteintes par le froid et à périr.

Sol. — Il faut à la luzerne des terres profondes, perméables et un pou calcaires. Pour être assuré du succès, il est absolument indispensable que les racines trouvent un sous-sol pénétrable et qu’elles ne soient pas arrêtées par de l’eau stagnante. L’approfondissement du sous-sol et le drainage sont des opérations préliminaires à exécuter quand on veut se livrer à la culture de cette légumineuse sur des sols ne présentant pas les conditions que nous avons énoncées.

Fertilité. — La composition chimique du sol a tout autant d’influence sur le résultat final que les propriétés physiques. Il faut du calcaire, de l’acide phosphoriquc, de la potasse en grande quantité. D’après M. Joulie, dans les premières coupes de luzerne, pour 10 000 kg. de foin sec, il y a en éléments fertilisants :

Acide phosphoriquc

Potasse . ,

Chaux

48 kg, 00 à 08 kg, 30 130 , 50 h 273 , 20

qu’il importe de restituer au sol.

Le fumier de ferme contient tous ces principes, mais en quantités insuffisantes et non appropriées au besoin do la plante, do sorte qu’il faut compléter la composition chimique du terrain par des engrais complémentaires.

En ce qui concerne le calcaire, son apport par des chaulages et des marnages no suffit j)as toujours à assurer le succès do la luzerne, à moins qu’il n’ait été fourni à grande dose sur plusieurs cultures antérieures.

Préparation du sol. — Il faut qu’elle soit aussi complète que possible, do façon à procurer un ameublissement et une propreté exceptionnels : c’est dire que l’on devra préalablement occuper le sol par des plantes sarclées qui, si leur culture a été l’objet de tous les soins judicieux qu’elles réclament, laisseront le sol en état do fertilité et exempt de germes et de plantes adventices. De cette considération résulte encore que la luzerne sera semée dans une céréale d’hiver ou do printemps cultivée après plantes sarclées.

Choix des semences. — Caractères des bonnes graines. — Falsifications. — Le choix do la semonce est un point délicat sur lequel on ne saurait trop porter son attention. La graine do luzerne a la forme d’un haricot; sa coloration est jaunâtre ; elle a 2 mm. â omm 50 de longueur et 1 mm. d’épaisseur. Elle offre une radicule bien distincte dans la courbe interne et il est facile de distinguer le hile arrondi placé sur un des côtés étroits. Les bonnes semences sont bien jaunes, et pèsent 80 kg. l’hectolitre (1 kg. on renferme 450 000 environ). Enfin il faut absolument déterminer le degré de pureté et la valeur germinative des semences (Voy. Semences).

Une semence marchande doit renfermer 98 0/0 de graines pures, desquelles 90 0/0 doivent germer, ce qui représente ])our 100 kg. de graines pures

“ 88*^^, 20 ayant la faculté

germinative. Ce chiffre do 88^^, 20 représente la valeur culturale de la semence.

Les vieilles semences de luzerne sont soumises à l’opération du huilage pour leur redonner le luisant qui a disparu. En mettant les graines sur une feuille de papier blanc, la sophistication est découverte, car il reste une trace très légère, mais qui suffit bien â caractériser la fraude.

La cuscute major) accompa-

LUZERNE

LUZERNE

ç^ne souvent les graines de luzerne; il ne faut acheter que des graines do luzerne gai^anties exemptes de cette plante parasite.

I^es luzernes de Provence renferment souvent la semence de deux mauvaises plantes : la centaurée jaune {Ceiitaurea solstitialis) et riielminthie fausse vipérine {Ilelrninthium echioides) ; celles qui ont poussé dans le centre de la France sont mélangées do carotte sauvage et de plantain.

Fa liipuline est quelquefois ajoutée à la luzerne; avec de rattention, il est facile de l’en distinguer, car elle est plus courte, plus arrondie, plus verte et en outre la radicule fait saillie dans la concavité près du hile.

Enfin les graines do luzerne tachetée (M. maculata) et do luzerne denticulée (J7. denticnlata) servent aussi souvent à falsifier la luzerne. Ces graines sont extraites des laines d’Amérique et d’Australie et ressemblent beaucoup au Medicago saliva, mais les fils d’acier provenant des cardes mettent sur la trace de la substitution. Toutefois comme les caractères do ces plantes sont essentiellement ditférents et que la fraude serait aussi reconnue par la végétation, on a soin de soumettre les graines à une température élevée pour les priver de faculté germinative, do sorte que, en l’absence de contrôle, on met sur le compte des intempéries, des insectes, une levée défectueuse.

Ee marchand a touché le prix de sa marchandise, mais l’agriculteur a dépensé son temps, son argent et n’a en perspective qu’une médiocre récolte fourragère qui sera encore de bonne heure compromise par l’envahissement des mauvaises herbes.

Epoque du semis. — On sème la luzerne sur sol 7iu ou sur sol ombragé, à l'automne ou au printemps, à la volée ou en ligues.

On sème à l’automne pour la région méridionale, afin que la plante soit assez forte au printemps pour résister aux sécheresses: dans la région du Centre et du Nord, on sème au printemps. Comme pour le trèfle, on répand la semence soit dans une céréale de printemps, soit dans une céréale d’hiver. Mais ici il no faut pas oublier que la réussite de la kizernière est le point essentiel, et souvent alors il y a avantage à semer la céréale très claire et à la faucher en vert. On réussit très bien encore le semis dans une culture de sarrasin.

Dans le Midi, par les semis d’automne, et dans l’Ouest où le climat est brumeux, on peut quelquefois confier la semence à un sol nu, mais c’est l'exception. C'est en s'inspirant des

conditions climatologiques dans lesquelles on se trouvera que l’on adoptera l’un ou l’autre des procédés.

Quant au modo de semis, il est encore le plus généralement pratiqué à la volée, mais les semis en lignes tendent avec raison à se répandre davantage.

Ils permettent le binage de la luzerne, le nettoiement du sol et la guerre contre renvahissement des plantes adventices.

Avec une semence culturale de 88,2 on répand 25 kg. à l’hectare et on recouvre par un léger hersage ; sur des terres très légères, un roulage suffit.

Association du trèfle et de la luzerne. — I..a luzerne ne donnant un produit abondant que la deuxième année, on a cherché à y associer du trèfle pour augmenter la première coupe. Schwartz a combattu cette pratique, faisant justement remarquer que sôuvent le trèfle, en prenant trop d’extension, compromettait l’avenir de la luzernière.

Association du sainfoin et du raygrass à la luzerne. — Il a alors été remplacé ])ar le sainfoin ou le raygrass d'Italie. Ces associations ne sont à prescrire que si la luzerne ne doit durer que quatre ou cinq ans.

Soins d’entretien. — Dans les sols

j)ierreux, il faut énierrer et cette opé- JS

ration s’effectue rfiiver. Dans les terres ^

compactes, il faut lierser à partir de Æ

la deuxième année pour ameublir la ' ^ couche superficielle et détruire les *

herbes nuisibles; sur les vieilles lu- '

zernières, on ne doit pas craindre de remplacer le hersage par un scari- |

liage qui a encore pour objet de faire naître du collet de nouveiles ramifi- |

estions. j

II ne faut pas oublier d’apporter des engrais. Le plâtre favorise beaucoup la pousse de la luzerne ; aussi le plàtrage est-il un procédé classique appli- g

(|ué partout â la culture de la luzerne. ^

On répand de 100 à 500 kg. à l’hectare %

( V03’' . l^LÂT K E ) . ’

Quand on veut maintenir longtemps J

une luzernière sur des sols peu riches, M

il faut compléter la composition du «

sol par des substances potassiques et '3

nhosphatées : la suie, les cendres de ;■

bois, les composts, les engrais phos- ^

])hatés et potassiques proprement |

dits, etc. De fumier de ferme, si recom- |

mandé, doit être proscrit, car il exerce J

surtout une action bien marquée sur le |

développement des graminées qui en- ^

vahissent toujours trop vite la prairie ^

artificielle et commandent son défri- ,î

chôment.

Plantes nuisibles. — En terrains calcaires, la luzerne redoute : les bromes, J

la barkausie à feuilles de pissenlit, le â

LUZERNE

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chiendent . Kn sol argileux, Vagrostis^ Vavoine à chapelet.

Plusieurs végétaux parasites vivent aux dépens de la luzerne : la cuscute^ Xarobanche mineure et le rhizoctonia rnedicagini. Ce dernier est un champignon dont les filaments longs et nombreux s’enroulent sur les racines.

Insectes nuisibles. — Pe cercope écumeux (Cercopis spumaria)^ est un très petit insecte dont la larve vit aux dépens des jeunes pousses. Gomme cette larve craint le soleil, elle s'enveloppe d'une matière écumeuse qui l'isole de la chaleur.

I^’eumolpe obscur est surtout commun dans le Midi, où ses larves produisent de véritables désastres.

Enfin il y a encore des anguillules signalées par J. Kühn, appartenant au genre Heterodera^ qui s'attaquent aux racines.

Irrigations de la luzerne. — Dans le Midi, quand il est possible, on irrigue la luzerne pendant les périodes de sécheresse. Cette pratique, surtout usitée en Provence, donne un éssor* considérable à la végétation et permet d'obtenir d’énormes rendements.

Récolte. — La première coupe s’effectue en mai et juin; la deuxième, en juillet-août; la troisième de septembre à octobre. La tige se coupe très bien et un bon faucheur abat 50 à 60 ares.

Le fanage demande beaucoup d’attention et il faut réduire les manipulations autant que possible. Le procédé des faisceaux est à recommander.

En mai, la saison est souvent pluvieuse pour faner ; il peut se faire alors que l’on fasse consommer le fourrage en vert sur place ou à l’étable. Le seul inconvénient qu'il puisse y avoir, c'est que ia météorisation peut se produire ; pour l’éviter, il faut distribuer préalablement aux animaux une ration de paille ou de foin et ne pas donner la luzerne ayant subi un commencement de fermentation. La meme remarque est à faire pour l'utilisation des regains.

On peut encore ensiler les premières coupes.

Par le fanage, la luzerne perd 72 0/0, c’est-à-dire que 100 kg. se réduisent à 28 kg. de fourrage sec.

Rendements. — Ils sont excessivement variables suivant l’âge de la luzernière, le climat et la fertilité du sol. Dans le Midi de la France, on prend cinq à six coupes grâce aux arrosages ; dans les environs de Paris, on no dépasse pas trois coupes.

Pour une meme année et une meme luzernière, la première coupe est toujours plus abondante.

Aux environs de Paris, M. Dailly a récolté :

DICTIONNAIRE d’aGRICULTURE.

i>*c coupe 2c coupe 3c coupe

FOIN SF.C

Total .

Sur le domaine de Courquefontaine (Seino-ot-Marnc),los rendements ont été les suivants ;

\ ro

ANNEE

ANNEE

ANNEE

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