‹ Dictionnaire-manuel-illustré d'agricultureChapitre 231 sur 394 · MER · texte numérisé non relu

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griifiantes; cependant elles prennent quelquefois dans les prairies une grande extension qui les rend nuisibles, caries animaux les délaissent.

L’arrachage à la main , l’application d’engrais lesdétruisent ou en diminuent les proportions et les dimensions.

Les principales espèces sont: lamenthe sauvage {Mentha sylvest7^is)^ lamenthe aquatique (M, aquatzca)A3L menthe à feuilles rondes (J/, Menthe poivrée.

folia)^ la menthe pouliot (AI, piilegium),, la menthe des champs (AI. arvensis),, etc.

La menthe poivré© (AI. piperifa) est cultivée pour la production do l’essence de menthe (AVr/.).

lilopeiiiûiftlo. — Genre de plantes do la famille des Luphorbiacées.

I.os mercuriales sont dioïqnes, ce sont des herbes annuelles ou vivaces a leuilles opposées. La variété la plus répandue est la mercuriale annuelle (Alniyny^ialis (ninva)^ commune dans les jardins mal tenus. Elle répand une odeur nauseeuse. On l’appelle vulgairement ramherqc, et aussi foiroÙe, à cause do ses jiropriétés purgatives.

Dans les bois frais, on trouve la mercuriale des bois ou mercuriale vivace (M, perennis), velue, d’un vert sombre.

MérinoN (Race). — Le mouton inérinos est originaire d’Afri(juo d’où il passa en Espagne. Pendant fort longtemps, le mérinos fut considéré essentiellement comme producteur do laine.

Cette race possédait du reste des aptitudes spéciales sous ce rapport; elle fouinissait et fournit encore les laines les plus lines et les plus estimées; la quantité en est considérable, certains béliers produisant 12 kg. de laine, et la moyenne dans les trou])eaux atteignant environ G kg. par brebis.

Les premières tentatives d’introduction du mérinos en France furent faites jiar Colbert, mais les domaines do 1 Etat n’étant pas à cette époque disposés pour l’élevage, l’essai ne fut ])as heureux.

En 1776, Turgot, sur les instances de Daubenton, lit venir d’Espagne un troupeau mérinos qui fut réparti à Montbard (Bourgogne), en Berri et à Montigny-en-Brie. En 1786, une nouvelle importation directe fut faite et les sujets installés à la bergerie do Rambouillet, créée à cet effet. C’est ce troupeau de Rambouillet qui servit do souche aux mérinos de Brie, de Beauce et du Soissonnais.

Par d’autres importations, faites sous le Consulat, en l’an VIII, on fonda en France un grand nombre de bergeries qui introduisirent le mouton espagnol sur presque tout le territoire. C’est ainsi que furent établies des bergeries à la Malmaison, à Perpignan, à Arles, à Saint-Genêt, à Champagnelle, près de Clermont-Ferrand ; à Saint-Georgesde-Ronains, près Villefranche ; à Ober- Emmel, près Trêves ; au château de Palan, près Aix-la-Chapelle; au château de Clermont, près Nantes; â Gère, près Mont-de-Marsan. Tous ces étal)lissements disparurent les uns après les autres, parce que, à cette époque, le besoin de laines fines n’était pas considérable. En outre, dans l’ouest de la France, le climat océanien et le sol humide ne conviennent pas au mérinos, qui y contracte rapidement la cachexie ; c’est ainsi qu’il ne dépasse pas les départements de l’Eure, de Maine-et-Loiro et do la Vienne.

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Caractères du mérinos. — Ijeiir pliysionomio ost al>solumont typique : le crâne est fortement voûté, arqué d’arrière en avant, le front est saillant, ))ortant des chevilles osseuses à section trianjJTulaire.Chez les sujets français trrs améliorés au point de vue de la bouclierie, les cornes ont disparu ; mais on les retrouvera encore sur bon nombre do Ix'diers, tournées en spirale, embrassant les oreilles , com[)rimant quelquefois la face. Celle-ci est à profil arqué; le crâne est recouvert de laine, ainsi (jue les joues Chez le mâle,

Bélier mérinos français (Uacc améliorée).

le chanfrein est ridé transversalement, et, dans les deux sexes, à partir du menton, sous la gorge se trouve un pli longitudinal qui forme le fanon.

Autrefois, lorsque la laine était très chère, on avait tendance â provoquer ces plis, à les multiplier meme sur toute la surface du corps, à avoir dos sujets le plus plissés possible pour accroître la surface pileuse et le poids des toisons. Aujourd’hui, la destination du mouton ayant complètement chang^é, on arrive â supprimer presque entièrement le fanon.

La toison des mérinos est formée de filaments fins, nombreux, infléchis, serrés* les brins constituent des mèches volumineuses, tassées, imi)régnées d’un suint gras et onctueux.

On a obtenu une forme particulière do laine dont le brin n’était pas en tire-bouchon, mais simplement ondulé, analogue aux productions pileuses des chèvres et utilisé du reste comme elles â la confection des châles. Telle était la caractéristique du mérinos de Mauchamp, qui ne s’est pas maintenue, parce que la mode a fait disparaître le châle de la toilette féminine : c’est du moins la raison qu’en donne M. Sanson, suffisamment autorisé à émettre l'affirmation.

Mérinos de Mauchamp. — C'est le nom de la ferme où il fut obtenu par M. Graux, près Berry-au-Bac (Aisne).

En 1828, M. Graux trouva dans son troupeau un agneau â laine longue, opdulée, ce qui augmentait la longueur

du brin. AI. Graux eut l’idée dès 1829 de l'employer à la reproduction et deux brebis firent en 1830 des agneaux semblables au père. Celui-ci, de constitution malingre, donna â ses produits une mauvaise conformation, de sorte que rarnélioration des formes [)ar sélection fut très lente.

Yvart, directeur des bergeries de l’Etat, s’intéressa au mérinos de Mauchamp et créa une bergerie administrât iv^o à I^aliayevaux (Vosges). La localité n’étant pas favorable, la bergerie fut transportée en lieu plus sec, â Gcvrolles (Côte-d’Or), où on obtint un troupeau de mérinos soyeux, de conformation irréprochable. A l’expiration du bail de Gevrolles, la bergerie fut transférée aux Chainbois (Haute- Saône) et bientôt supprimée, les mérinos â laine soyeuse n’étant plus recherchés, ainsi que nous bavons expliqué plus haut.

Mérinos divers du Ghâtillonnais, de la Beauce, delà Brie. — Dans chacune de ces régions, la race mérinos a conservé les caractères qui sont la caractéristique de la race; ils descendent du reste, ainsi qu’on l’a vu, d’importations directes d’Espagne. Seulement, sous l’influence de la fertilité du sol, la taille s'est plus ou moins développée, l’habileté des éleveurs a contribué en outre, dans une large mesure à donner de l’ampleur aux différentes régions du corps.

Depuis surtout que le bas prix des laines rend presque insignifiant, sous le rapport de la toison, le produit des moutons, on s’est appliqué à faire du mérinos un animal de boucherie. La peau ne forme plus ou presque plus de plis à la surface du corps, le fanon

Mouton dishley— mérinos.

a presque disparu, la poitrine s’est ouverte et approfondie, le gigot a considérablement descendu. Ces progrès se sont du reste réalisés dans le Châtillonnais aussi bien que dans le Soissonnais, la Beauce ou la Brie; la toison est toujours restée très fine; seule la taille, comme précédemment.

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