‹ Dictionnaire-manuel-illustré d'agricultureChapitre 276 sur 394 · SANS · texte numérisé non relu

SANS

ENGRAIS

Ronnes gramin(5es.

Graminées des terrains humides. .

Légumineuses . . .

Plantes indilleren-

tes

Plantes nuisibles .

i^^OO — 30,15 —

Le rendement a en outre doublé.

Effets des 'phosphates sur les terres araoles. — En terres argileuses, imperméables, la quantité de matière organique est généralement suffisante pour dissoudre les phosphates naturels.

Mais dans les terres franches, il convient de donner la préférence aux superphosphates, à plus forte raison dans les sols calcaires et crayeux.

Mélange de phosphates an fumier, — Le phosphate en mélange avec le fumier subit au milieu de la masse en fermentation un changement d’état qui le rend plus assimilable.

Il ne faut pas croire que le phosphate a pour but de fixer l’azote et d’ompècher les déperditions ammoniacales. L’incorporation du phosphate au fumier amène simplement une plus grande solubilité do l’acide phosphorique et, à cet égard, l’opération doit être recommandée.

On peut mélanger le phosphate au tas de fumier ou à Tétable. Les doses qu’il convient d’employer sont, par tete et par jour, de par cheval;

1*^», 200 par bœuf; 80 gr. par mouton; 165 gr. par porc.

Superphosphates. — Les superphosphates sont des produits industriels phosphatés, résultant do l'action de l’acide sulfurique sur les phosphates minéraux ou les phosphates d’origine animale.

La fabrication se résume, d’après cette définition, à faire agir Tacide sulfurique sur le phosphate tribasique de chaux. Pour cela, on introduit le phosphate dans un malaxeur recouvert de plomb, muni intérieurement d‘un agitateur pour mélanger intimement le*s produits en contact. L’acide est amené on proportions voulues pendant que l’agitateur est en mouvement ; lorsque la masse est bien pétrie, on vide le malaxeur et le suxjerphosphate est mis en tas. Au bout d’un certain temps, toute la masse fait prise sous

l’action du plâtre qu’elle contient; il faut l’attaquer à la pioche ; puis elle est désagr(Sgée au moyen de broyeurs qui la rendent à l’état pulvérulent légèrement pâteux. ^

L’intervention de l’acide sulfurique dans la fabrication du superphosphate a eu pour résultat d’amener l'acide phosphori(xue sous un état soluble dans Veau. Le corps qui a pris naissance est un phosphate monocalcique.

Composition des superphosphates, — Les superphosphates minéraux ne se composent pas que de phosphate monocalcique ; quelques mois après la fabrication, ce sont des produits très complexes qui renferment :

1® Du phosphate de chaux monocalcique.

2® Du phosphate de chaux bicalcique.

3^ Du phosphate do chaux tribasique non attaejué.

4® De l’acide phosphorique libre.

5» Des phosphates de fer et d’alumine.

6^ Du carbonate do chaux non attaqué.

7° De l’acide sulfurique libre.

8° De l’argile et du sable.

I^e phosphate de chaux monocalcique est le produit principal de l’opération ; le pliosphate tribasique provient de ce que tout le phosphate minéral n’a pas été attaqué ; on s’explique aussi la présence de l’acide phosphorique libre, du carbonate de chaux non attaqué, de l’acide sulfurique, de* Targile, du sable.

Mais la formation du phosphate bicalcique, ainsi cjiie celle des phosphates de fer et d alumine, demande une explication. Le phénomène qui leur donne naissance porte le nom de rétrogradation,

Rétrogradation. — Quand on analyse les superphosphates quelque temps après la fabrication, le taux d’acide phosphorique monocalcique s’est abaissé ; la quantité d’acide soluble dans l’eau a diminué et la rétrogradation qui s’est ainsi produite tient â la formation do phosphate bicalciquc ainsi qu’à la x^résence de l’oxyde de fer et de l'alumine, qui forment aussi des X^hosphates rétrogradés.

Le phosphate bicalcique se forme de deux façons différentes :

D Par dédoublement du phosphate monocalcique ;

2^ Quand le phosphate acide ou monocalcique réagit sur le phosphate tribasique de chaux.

Les phosphates de fer et d’alumine se x^*roduisent surtout en grande quantité quand on traite des pliosphates riches en fer et en alumine^

PHOSPHATES

PHOSPHATES

Sous cet état, Tacide phosphorique rétrogradé n’est plus soIuIjIo dans l’eau; il est solu])le dans un réactif spécial, le citrate d'ammoniaque.

Les superphosphates du coniinerce ont différents titres :

1® Los superpliosphatos bas titre renferment 10-12 0/0 d’acide phosphorique soluble au citrate d’ammoniaque;

Les superphosphates moyens dosent 12-14 0/0 d’acide phosphorique soluble au citrate;

3® Les superpliosphatos riches dosent 15-17 0/0 d’acide pliospliorique soluble au citrate d’ammoniaque.

Superphosphates dos. — Les os sont formés do graisse, de matière azotée et de substances minérales représentées surtout par du carbonate et du phosphate de chaux.

Les supvorphosphatcs qu’ils produisent par l'attaque do l’acide sulfurique ne rétrogradent pas, car ils sont exempts do fer et d’alumine.

Les os peuvent être employés bruts ou dégélatinés.

Les os bruts, simplement dégraissés, fournissent par le traitement à l'acide sulfurique le produit appelé os dissous, renfermant 12-14 0/0 d’acide phosplioriquo soluble à l’eau.

Les os dégélatinés renferment souvent 15-17 0/0 d’acide phosphorique quand la fabrication a été bien conduite.

Etats de V acUle phosphorique dans les superphosphates. Prix. — Ainsi que nous venons de le voir,, l’acide phosphorique revôt trois formes :

1® A Tétât de i^hosphate soluble à Teau.

2^» A l’état de phosphate rétrogradé insoluble dans Teau, mais soluble dans le citrate d’ammoniaque.

3® A l’état de phosphate tribasique de chaux non attaqué par Tacide sulfurique.

Le prix des superphosphates minéraux s’établit en tenant compte de Tacide phosphorique soluble au citrate d’ammoniaque; le prix du kilogramme est actuellement d’environ 0^*',35 à 0fr,40.

Pour les superphosphates d’os, Tacide phosphorique coûte 0^**,45 à 0^^,55 le kilogramme.

Phosphate PRÉCIPITÉ. — C’est le produit que Ton obtient en traitant les os par Tacide chlorhydrique ; on obtient de la sorte de Tacide |)hosphorique bicalcique, soluble au citrate, mais très assimilable à cause de son grand état de division.

IjOS phosphates précipités sont de composition variable ; ils renferment de 36 à 40 0/0 d’acide phosphorique.

On doit les acheter d’après la teneur

en cet élément, en payant le kilogramme 0*^**,45 à

Application des superphosphates et du phosphate précipité. — Quand on s’adresse au superphosphate d’os ou au superphosphate minéral de fabrication récente, ne contenant que de Tacide phosphorique soluble à Teau, à l’état de })hospliate monocalcique, il s’unit dans le sol au fer et à rahimine pour former des phosphates do fer et d’alumine. Cet acide phosphorique se retrouve donc engagé dans les memes combinaisons que les phosphates naturels, mais il présente sur ces derniers un avantage immense, c’est qu’il a pu avant son insolubilité, en raison x^lo sa division extrême, se diffuser autour des particules terreuses : il est donc partout à la portée des racines des végétaux.

La rétrogradation qui s’accomplit dans le sol a encore pour but d’empôcher Tacide phosphorique d’être entraîné par les eaux de pluie.

Le phosphate bicalcique des phosphates précipités et celui des superphosphastes minéraux rétrogradé agit par son état de division qui le fait facilement entrer en combinaison avec l’humus et facilite son assimilation.

Epandage. Quantités à répandre. — La dose à employer dépend do la nature de l’engrais, de la récolte à obtenir et de la composition du sol. En règle générale, il faut donner au sol une quantité d’acide phosphorique soluble au citrate d’ammoniaque double de celle qu’exige la récolte.

I^es superphosphates d’os, en terres légères (calcaires et sablonneuses), paraissent préférables aux superphosphates minéraux quand il s’agit de semailles de printemps.

Les superphosphates et phosphates précipités doivent être enterrés assez profondément surtout quand il s’agit de plantes pivotantes. C’est donc à la charrue et par des labours plus ou moins profonds que Ja dissémination est effectuée.

Sur les prairies, nécessairement, on ne peut donner ces engrais qu’en couverture. et le meilleur moment pour les employer est la fin de l’hiver.

Broyage. — Préalablement au semis, il faut broyer la matière, surtout le superphosphate, qui est quelquefois dur ou trop humide.

Sauf le nitrate do soude, tous les engrais peuvent être incorporés et mélangés aux superphosphates et phosphates précipités. Le nitrate do soude pourrait en effet être décomposé et donner lieu à une déperdition d’azote.

Scories de déphosphoration. — ; Les scories constituent un sous-produit do

PHOSPHATES

PHOSPHATES

la fabrication des aciers quand les fontes sont traitées par le procédé Tliomas et Gilchrist. Le commerce les désigne sons différentes appellations :

scories de déphosphoration, phosphates métal! urg*iques, phosphates TJjoinas.

Les fontes sont toujours très charg-ées d’acide phosphorique, souvent plus de l 0/0, et celles de la Moselle en contiennent jusqu’à 9 0/0. On est arrivé à retirer cet acide phospliorique en traitant la fonte au convertisseur Bessemer par de la chaux caustique pendant la transformation en acier. Cette base se combine avec les différents acides et forme une véritable scorie composée de carbonate, do silicate, de phosphate et de sulfate de chaux avec du fer à l’état de protoxyde. Les scories possèdent un aspect boursouflé; elles sont de couleur grisâtre et noirâtre; pour être employées par la culture, il faut qu’elles soient broyées et pulvérisées aussi convenablement que possible.

En France, les usines qui produisent les scories sont :

Celles de Jœuf et Mont-Saint-Martin (Meurthe-et-Moselle).

Celles do Stenay et Cominercy (Meuse).

Celles de Dcnain et Trith-Saint- Léger (Nord).

Celles du Creuset (Saône-et-Loire).

Pulvéï'isation, — I^a mouture a une influence capitale sur Tutilisation de l’acide phosphorique ; elle s'elfectue ou par l’intermédiaire de meules verticales en fonte analogues aux tordoirs des huileries, ou par des moulins â boulots.

Les scories sont ensuite blutées et ensachées.

Composition. — La composition des scories de déphosphoration est variable suivant la composition de la fonte employ^ée, celle du calcaire mis en contact et suivant la durée du contact do la scorie avec la fonte. Les scories retirées au début de l’opération contiennent seulement 7 0/0 d’acide phosphorique; à la fin, la proportion s'élève de 14 à 18 et jusqu’à 20 0/0; la chaux s’y rencontre à raison de 40 0/0.

Ce qui caractérise surtout cette matière, c’est que l’acide phosphorique se trouvant à l’état de phosphate ti'ibasiqiie est beaucoup plus soluble dans les réactifs faibles que celui des phosphates minéraux; ainsi on constate que le citrate d'ammoniaque peut en dissoudre 7 à 10 0/0. En pratique, du reste, on a observé que les scories donnaient des résultats presque analogues à ceux des superphosphates, dans les sols où les phosphates naturels restaient sans action.

Pour expliquer cette efficacité, indépendamment de la solubilité dans le citrate d’ammoniaque, on a pensé qu'il existait dans les scories un phosphate particulier à 4 équivalents de base, désigné sous le nom do phosf^hato tétracalcique, très soluble dans l’eau chargée d’acide carbonique et dans les acides organiques.

If acide phosphorique des scories se paie 0^**,24 à 0^*',25 le kilogramme; c’est un prix minime, surtout si l’on tient compte de la chaux qui effectue un véritable chaulage.

Emploi des scories. — Dans toutes les expériences tentées, les scories se sont montrées supérieures aux phosphates naturels; c’est surtout sur les terres acides, riches en matières organiques, que l’emploi est à conseiller.

Généralement, c’est par l'acide phosphorique que le phosphate métallurgique agit ; cependant, dans les terres acides, la chaux joint son action à celle de l’acide phosphorique, les deux éléments concourent à l’amélioration du sol, à sa fertilité et à la production des récoltes. Aussi, c’est sur les

f)rairies marécageuses, tourbeuses, que ’on a constaté les effets les plus remarquables.

Les scories s’emploient généralement à la dose de 800 à 1 000 kg. par hectare.

Os. — Les os sont une source importante d’acide phosphorique. Ainsi les os bruts renferment en moyenne 20 0/0 d’acide phosphorique et le poids du squelette des principaux animaux est le suivant :

Bœuf à 53kjlogr.

(Jieval 40 à 45 —

Mouton 4à6 —

Porc 8 à 12 —

Veau 6à 7 —

Les os sont rarement employés à l’état brut ou vert ; ils sont préalablement dégraissés ou dégélatinés.

Os dég?'aissés. — Le dégraissage s’opère par Teau bouillante, la benzine ou le sulfure de carbone. Ensuite les os sont broyés et vendu-s sous le nom do poudî'e à' os.

La composition est la suivante :

Eau 0 à 10 0/0

Azote 3,5 à 4 —

Acide phosphorique • . 20 à 20 —

Potasse 0,2 à 0,3 —

Chaux 30 à 32 —

Magnésie 1 à 1,5 —

Os dégélatinés. — Par le dégélatinage, la matière azotée de l’os ou osséine se transforme en gélatine utilisée dans l’industrie.

La composition des os dégélatinés est en général très uniforme :

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