I. — Matières minérales azotées
Nitrate de potasse. — On Tappcllo vulgairement salpêtre ou nitre. 11 se rencontre à Tctat naturel dans les Indes, à Ceylan et en Égypte. Recueilli, lessivé et purilié, il est ensuite exporté en Europe; mais on en prépare aussi des quantités importantes en traitant le nitrate de soude par le chlorure de potassium.
Le nitrate ou salpêtre dos Indes, livré au commerce, renferme :
Azote nitrique 1^2, 7o pour 100 kg.
T^e nitrate do potasse peut être falsifié par radjonction do chlorure de sodium (sel marin) ou de sulfate de soude, qui sont à très bon marché. II no faut racheter que sur garantie de dosage non seulement de Tazotc, mais aussi de la potasse.
Le j>rix de cet engrais devrait être établi d’après les cours de Tazoto nitrique et de la potasse, ce qui se présente rarement. Ainsi, il vaut environ 46 fr. dvcc la composition ci-dessus indiquée. Si nous appliciuions aux éléments fertilisants (azote et potasse) les prix qu'ils ont dans le commerce, en employant le nitrate de soude et le chlorure de potassium % le nitrate de potasse devrait coûter :
12 kg 75 azote à 1 b 40 17 b 85
42 » 80 Isolasse à 0 » 45 M> » 20
Soit 57 » 1 1
Il y a donc majoration de prix de 8^,79 (46^ — 37^,11) par 100 kg.; comme engrais azoté, il y a lieu de lui substituer le nitrate de soude ; comme engrais potassique, le chlorure de potassium ou le sulfate de potasse.
On utilisera le nitrate de potasse comme le nitrate de soude.
Nitrate de soude. — Do vastes gisements sont exploités au Pérou (province de Tarapaca), au Chili, et dans la Bolivie. Le nitrate est attaqué à la mine, concassé, traité par l’eau pour éliminer les impuretés, séché au soleil et expédié en Europe. Le nitrate de soude du commerce renferme environ 5 0/0 d’impuretés ; il est de coloration brunâtre, d'aspect sale, déliquescent, très soluble dans Veau. Comme il est très hygrométrique, il faut le conserver dans un local sec et clos.
1. Le nitrate de soude est cote 21 fr., dosant 15 h 10 0/0 d’azote; le kilogramme d'azote ressort donc à 1^,40, Le chlorure de potassium est coté à raison de 0^,45 le kilogramme de potasse.
JjO nitrate do soude peut être falsifié avec du chlorure de sodium et du sulfate do soude; il ne faut alors racheter cjuavec dosage d’azote à Vêlai 7iitri(/ue.
Ce sel est coté très bon marclié ; les cultivateurs le paient 91 fr. les 100 kg., ce qui fait ressortir le kg. d’azoto à P,4p.
Époques d' épandage des nitrates de potasse et de soude. — D’après ce que nous savons sur les propriétés absorbantes des sois, il résulte que les nitrates no sont pas fixés et retenus comme la potasse et l’acide phosphorique (Voy. Tehue arable). De plus, comme les nitrates sont très solubles dans l’eau, cette propriété tend encore à en faciliter la disparition. Pendant riiivcr , les nitrates antérieurement formés, ou ceux qui pourraient être apportés seraient infailliblement entraînés par les pluies abondantes et s’élimineraient par les eaux de drainage, ou par celles qui s’infiltrent entre la couche perméable et la couche imperméable pour les terrains non drainés.
Ces considérations nous montrent donc qu’il ne faut pas donner les nitrates longtemps à l’avance, sous peine de les voir disparaître sans être utilisés par la végétation. — Le nitrate do soude agit également dans tontes les terres, parce qu’il est absorbé en nature et qu’il ne subit préalablement aucune transformation.
Los nitrates ne seront donc jamais répandus riiivor. — Sur les céréales, l’application se fera en mars et avril, à l’époque du tallage. I^c nitrate de soude donne alors un nouvel essor à la végétation, et son emploi est indispensable lorsque les céréales ont beaucoup souffert d’un hiver long et prolongé.
Sur les prairies, c’est en mars qu’il faut faire la répartition. — Ifincorporation au sol ne peut se faire dans ces deux cas qu’en couverture; le mélange avec la couche superttcielle s’effectue par un hersage.
Quand il s’agit de plantes de printemps, betteraves ou pommes de terre, il est préférable d’enterrer le nitrate par un labour.
Quelles que soient les récoltes auxquelles les nitrates sont destinés, il faut toujours avoir soin de les répandre avec une grande uniformité. Préalablement au semis, les sacs sont vidés sur une aire propre et résistante afin de pulvériser au pilon les cristaux agglomérés. Dans les grandes exploitations on ne saurait trop recommander l’usage du broyeur de nitrates.
Le nitrate de soude peut être mélangé au plâtre, aux phosphates mi-
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néraux, cendres, etc., pour faciliter Tepandage ; mais il faut se garder do Tunir aux superphosphates pour éviter dos déperditions d'azote (Voy.
Semoir).
Sulfate d’ammoniaque. — C’est le sel formé par de l’acide sulfurique et de l’ammoniaque. Les matières premières do la fabrication sont surtout : les
eaux vannes ; ^2® les eaux ammoniacales du gaz d’éclairage. Qu’il s’agisse do traiter Tun ou l’autre do cos produits, la cristallisation do l’ammoniaque se fait dans do l’acide sulfurique à 56® Baumé ; le sulfate obtenu est alors égoutté et séché.
Dans le commerce, le sulfate d’ammoniaque n’est jamais chimiquement pur; il est légèrement coloré, à saveur vive et piquante. Les produits français dosent en moyenne 20 0/0 d’azote ; au-dessous de ce titre, le sulfate d'ainmoniaque est mal fabriqué. Quand il présente une couleur brun rougeâtre, avec sa richesse normale d’azote, il renferme fréquemment du siilfocyanure (ï ammonium très nuisible pour la végétation et qui peut détruire des récoltes entières.
Le sulfate d’ammoniaque peut être falsifié par le chlorure de sodium, le sulfate do soude et de fer, le sable. Il faut donc toujours l’acheter avec garantie de sa teneur réelle en azote. Le sulfocyanurc d'ammonium est décelé par le perchlorure do fer : quelques gouttes ajoutées â une solution en contenant donnent immédiatement une couleur rouge caractéristique.
Le sulfate d’ammoniaque vaut environ 25 fr. les 100 kg. avec un dosage de 20 0/0 d'azote ; le kg. d’azote revient donc à B, 25.
Epoques eVépandage du sulfate d'ammoniaque. — IjG sulfate d'ammoniaque est très soluble dans l’eau, mais il n’est pas toutefois entraîné par les eaux de drainage, parce que, avant d’etre absorbé, il subit une décomposition.
Sous l’influence du carbonate cle chaux du sol, il y a production de sulfate de chaux et de carbonate d’ammoniaque.
Ce dernier sel est fixé, ainsi que nous le savons, d’après les propriétés absorbantes des terres arables, par l’argile et l’humus. En terres très calcaires, cette double décomposition pourrait quelquefois être très rapide, et comme, d’autre part, ces sortes do sols renferment peu d’argile et d’iiumus, les déperditions seraient à craindre.
Les conséquences pratiques de cet exposé sont les suivantes : dans les terres fortes, on i^out donner en hiver une assez grande quantité de sulfate d’ammoniaque ; dans les sols calcaires.
il est prudent do fractionner les doses : moitié à l'automne, moitié au printemps en couverture ; dans les terres très calcaires, le sulfate d’ammoniaque ne convient pas, car l’oxydation étant continue, la nitrification de l’ammoniaque est trop intense. Les engrais azotés organiques sont mieux appropriés à la nature de ces terrains.
Au printemps, le sulfate d’ammoniaijue doit être enterré par le labour de semailles. Avant de le répartir, il faut toujours vider les sacs pour détruire les agglomérations. Ce sel peut être mélangé avec d’autres engrais, ou des suostances inertes afin de faciliter l’épandage. Il est de toute rigueur d’éviter le contact avec la chaux et les scories do dépliosphoration qui, en le décomposant, mettraient rammoniaque on liberté.